‹ Cours de navigation intérieure, fleuves & rivièresChapitre 21 sur 104 · FH · texte numérisé non relu

FH

~ 9 pj

revient à mettre en regard d’un côté — - et de l’autre 3H.

La valeur de x sera inférieure à celle de X quand on aura -0J ~ 2H > 3H ou H <~

Si w .= 60 cette relation devient H < 7 m. 50.

Observation géné rate sur la forme à donner aux bajoyers.

Condition qui est satisfaite pour les écluses de navigation intérieure mais qui ne l’est pas toujours pour les écluses à la mer.

La tension sur l’arête de la base, du côté ou s’exerce la pression, est égale à R^ — R2.

Je laisse de côté cette digression sur les maçonneries supposées élastiques et je reprends la suite de mon examen.

En calculant comme je l’ai fait les dimensions à donner aux diverses parties d’nn bajoyer, je ne me suis préoccupé que de la résistance des matériaux et de la forme donnant le moindre volume à égalité de résistance. Mais en exécution, d’autres considérations peuvent avoir une certaine influence sur le choix des dimensions les plus convenables.

Si on fonde sans épuisement ou du moins à peu de frais et si la maçonnerie est chère, il peut y avoir intérêt à élargir la surface de fondation de manière à réduire le cube des maçonneries ; c’est le cas général que j’ai admis.

Si au contraire, les fondations sont très- difficiles et si la maçonnerie est à bon marché, on

est conduit à réduire la surface de fondation et à augmenter le cube des maçonneries. Le bajoyer peut alors avoir ses deux 'parements verticaux; il peut même présenter un léger surplomb du côté des terres. Celte dernière solution a, paraît-il, été souvent admise en Hollande où les matériaux sont rares.

Dans le même but on a souvent donné au bajoyer courant une section insuffisante, mais on l’a soutenu par des contreforts. Cette méthode est aujourd’hui abandonnée; on a reconnu que l’emploi des contreforts n’apporte qu’une économie insignifiante dans la dépense des maçonneries. Ils exigent en effet plus de sujétion, plus de parements, plus d’angles, et une fondation de forme irrégulière ; toutefois ils paraissent susceptibles de mieux arrêter les filtrations qu’un parement rectiligne. (Minard, Cours de Navigation, page 1G9.)

Le mur en retour qui à chaque extrémité du bajoyer le rattache à la rive est un simple Murs eu retour, mur de soutènement. On calcule donc ses dimensions suivant la hauteur du remblai à supporter. On lui donne une épaisseur d’environ 1 mètre à son extrémité qui doit pénétrer dans les terres d’au moins 0 m. 80 c. en arrière de la crête du talus de la berge. Sganzin conseille même de donner 1 mètre à cet enracinement. (Sganzin, Cours de Construction , page 111, 28e leçon.)

Les remblais en arrière du bajoyer de rive et de ses murs en retour, doivent être corroyés Remblais corroyés

et faits avec les précautions que j’ai indiquées en parlant des digues en terre. (2e volume de ,cn, .

1 1 1 ° x arrière ues bajoyers.

ce cours, page 56.)

Le corroi doit être fondé à peu près au même niveau que le mur ; son épaisseur varie suivant la nature du terrain naturel et suivant la hauteur de la chute. Il doit s’enraciner dans la berge comme les murs en retour.

J’ai dit au commencement du chapitre précédent que l’écluse est généralement accolée Bajoyer du large, à la passe navigable. Le bajoyer du large ne se trouve donc pas dans les mêmes conditions que le bajoyer de rive.

Si la passe navigable est établie au droit de la tête d’aval, le bajoyer du large supporte extérieurement la poussée de l’eau de la retenue. Mais comme c’est précisément en partant de cette hypothèse que les calculs du bajoyer de rive viennent d’être présentés, ces mêmes calculs peuvent s’appliquer à la détermination des diverses parties du bajoyer du large.

Lb parement intérieur du bajoyer du large est symétrique de celui du bajoyer de rive.

Quant à son parement extérieur, les figures de la planche 2 font voir qu’il est vertical pour les barrages éclusés de la Marne. Toutefois je pense qu’il serait généralement avantageux de lui donner un fruit, ainsi que je l’ai expliqué dans les paragraphes précédents.

Au droit de la passe navigable seulement, le parement extérieur du bajoyer du large doit être vertical pour mieux se raccorder avec les appareils mobiles de fermeture de la passe.

Je continue l’étude des diverses parties d’une écluse en prenant pour type comme précé- Radier de l'écluse, demment l’une des écluses de la Marne, et j’arrive au radier.

Le radier est le massif en maçonnerie qui compose le fond de l’écluse entre les deux / bajoyers.

En allant de l’amont vers l’aval, le radier présente successivement :

Buse et faux buse.

1° Une plate-bande d’amont en pierre de taille appareillée généralement avec des joints parallèles à l’axe de l’écluse.

2° Une plateforme bétonnée ou parementée en moellons d’appareil.

3° Une plate-bande en pierre de taille encadrant la chambre des portes d’amont.

4° La chambre des portes d’amont parementée en moellons d’appareil et dont le niveau est de 0 m. 25 c. ou 0 m. 30 c. en contre-bas de la plate-bande d’amont, afin qu’il reste un jeu de 0 m. 10 c. à 0 m. 15 c. en dessous des portes qui doivent s’appuyer d’environ 0 m. 15 c. contre le buse.

5° Le buse en pierres de taille appareillé comme une voûte et relevé au même niveau que la plate-bande d’amont.

6° Le mur de chute couronné par les pierres de taille qui forment les claveaux du buse.

7° Le radier du sas dont le niveau est généralement le même que celui du buse d’aval. Ce radier est quelquefois revêtu de moellons d’appareil sur toute sa longueur. Sur la Marne on s’est borné à exécuter ce revêtement sur 20 mètres de longueur à partir du mur de chute ; le surplus qui est moins exposé aux courants sortant des ventelles est simplement bétonné jusqu’aux claveaux du buse d’aval ; dans ce cas, on arase ordinairement le niveau de tout le radier du sas, depuis le mur de chute jusqu’au buse d’aval à 0 m. 25 c. ou 0 m. 30 c. en contre-bas de ce dernier, ce qui évite de faire une chambre avec encadrement en pierre de taille pour les portes d’aval comme pour les portes d’amont.

8° Le buse d’aval.

9° Une plateforme revêtue de moellons d’appareils.

10° Une plate-bande d’aval en pierre de taille dont les joints verticaux convergent vers l’aval afin de mieux résister aux poussées qui peuvent provenir de la retenue quand le sas est plein.

Cette plate-bande et la plateforme qui la précède sont arasées au même niveau que le buse d’aval.

J’ai peu de chose à ajouter à cette simple énumération.

J’ai déjà parlé précédemment de la saillie du buse. J’ai dit que la valeur de 0 m. 20 c. admise par Bélidor pour la tangente de l’angle a de l’un des côtés du buse avec la normale à l’axe de l’écluse est trop faible et donne une poussée transversale trop considérable.

J’ai ajouté que la valeur de tang a varie ordinairement entre 0 m. 25 c. et 0Nm. 35 c. et que le plus souvent elle est voisine de 0 m. 33 c. pour les écluses de moyenne largeur et de 0 m. 25 c. pour les écluses de grande largeur.

Les portes ne viennent pas battre directement contre les claveaux du buse, les chocs pourraient ébrécher ces derniers et ébranler leurs joints ; en outre le contact entre la pierre et le vantail étant incomplet, il y aurait une fuite plus ou moins abondante.

Pour éviter ces inconvénients, on applique contre les claveaux deux pièces de bois, dont la hauteur est égale à la profondeur de la chambre des portes et dont l’épaisseur est de 0 m. 28 c. à 0 m. 30 c.

Le faux buse ainsi formé est scellé sur les claveaux au moyen de goujons horizontaux, dont une extrémité élargie en pied de biche, pénètre dans la pierre de taille et dont l’autre

munie d’un* pas de vis et d’un écrou, traverse la pièce de bois et vient affleurer sa face d’amont. On scelle d’abord les goujons dans la pierre, puis on présente le faux buse, on perce les trous à la demande des goujons et quand il est mis en place après avoir serré les écrous on coule du ciment dans le vide qui veut rester entre le bois et la pierre.

Le nom de buse vient du latin Boscus (bois), les buses des premières écluses étaient en effet en bois et simplement composés d’une ferme en charpente couchée sur le radier.

Sur les rivières qui charrient des pierres, des cailloux ou même du gravier, il peut arriver Buses découpés, que ces matières soient poussées par le courant contre le buse et empêchent les portes de se fermer. Une pierre, placée entre le buse et un vantail en un point assez rapproché de la bourdonnière, pourrait faire sortir le vantail de sa crapaudine inférieure, ou desceller les pierrres d’attache du collier du poteau tourillon.

Pour éviter ces graves inconvénients, on adoptait autrefois les buses découpés; M. Minard cite plusieurs exemples exécutés avec plus ou moins de succès de 1773 à 1835 sur la Charente, sur la Saône, sur le Doubs, sur le Tarn, sur le Lot, etc. (Minard, Cours de Navigation , page 146.)

Les figures 5 et 6, planche 4, sont extraites de cet ouvrage et représentent le buse de l'écluse de Saint-Livrade, pour laquelle M. Minard dit que le succès a été complet.

Les découpures consistent en deux ouvertures de 1 m. 60 c. sur la face d’amont du buse et 1 m. 20 c. à l’aval. Le fond des découpures fait partie d’un plan incliné qui a son origine à environ 2 mètres en amont dn buse et qui s’étend en entonnoir dans la chambre des portes.

Les parties du radier de la chambre des portes qui ne sont pas comprises dans ce plan incliné ne sont qu’à 0 m. 02 c. au dessous de chaque vantail.

Chaque vantail à une ventelle qui descend jusque sur le plan incliné correspondant et qui peut s’élever d’environ 0 m. 60 c. plus haut, de sorte qu’en levant la ventelle, on dégage un orifice d’environ 1 m. 60 c. sur 0 m. 60 c. au droit de la découpure du buse et, le courant produit, entraîne les matières apportées.

Les figures produites n’indiquent pas de faux buse, mais celui-ci pourrait être découpé comme le buse en pierre.

Les pierres du sommet du buse doivent être solidement encastrées dans le radier et être posées en délit.

Pour une écluse plus large, on pourrait avoir deux découpures sous chaque vantail.

Je crois que ce système n’est plus guère employé aujourd’hui.

On se contente de tenir le bas des portes à 0 m. 15 c. au dessus du radier de la chambre, et on entretient en amont de l’écluse une petite fosse, dans laquelle tombent et s’arrêtent les pierres et cailloux entraînés par le courant. On a d’ailleurs la ressource du scaphandre pour nettoyer et visiter au besoin le buse.

J’ai expliqué dans un paragraphe précédent dans quelles circonstances il peut être avan- Mur de chute, jb tageux d’établir le buse d’amont à un niveau supérieur au buse d’aval.

Le mur de chute rachète alors la différence de niveau qui existe entre le buse d’amont et le radier du sas.

Son parement d’aval qui seul est vu, se projette horizontalement suivant un arc de cercle,

Page 1