‹ Cours de navigation intérieure, fleuves & rivièresChapitre 22 sur 104 · III · texte numérisé non relu

III

Tracé.

Epaisseur.

de telle sorte que ses tangentes aux naissances soient parallèles au buse ; il en résulte qu’en représentant, comme je l’ai fait précédemment par a l’angle du buse avec une normale à l’axe de l’écluse et par 21 la largeur de l’écluse entre les bajoyers, l’arc de cercle, servant de base au cylindre suivant lequel se profile le mur de chute, aura pour rayon :

sin a

et sa flèche sera représentée par :

f — 1 tang — a.

Enfin le surbaissement a pour expression :

21 ~ 2 ang 2 a’

On place les naissances à environ 1 m. 20 c. en aval de l’angle arrondi du chardonnet. On a ainsi une épaisseur de voûte bien suffisante pour résister à la poussée des portes et à la pression directe de l’eau. Une plus grande épaisseur réduirait sans nécessité la longueur utile du sas, et ne permettrait pas de faire des claveaux d’un seul morceau.

Le mur de chute est appareillé en voussoirs sur chaque assise; il résiste comme une voûte et non comme un simple mur de soutènement. Les diverses assises ont la même épaisseur que le couronnement, et cette épaisseur est donnée par les dimensions des claveaux du buse qui se prolongent un peu en amont de la saillie du heurtoir contre lequel viennent battre les portes.

Si l’on avait une chute d’une hauteur exceptionnelle et une grande largeur d’écluse, on devrait se rendre compte de la courbe de pression qui peut se réaliser dans la voûte du mur de chute ; mais l’épaisseur résultant du tracé que je viens d’indiquer suffit en dehors de circonstances exceptionnelles.

« A l’égard de l’épaisseur des murs de chute, dit Gauthey, il est d’usage de la faire fort « considérable ; mais je n’en vois pas la nécessité ; en lui donnant la même épaisseur qu’aux « hajoyers, elle serait bien suffisante. » (Canaux de Navigation, page 68.)

D’après Sganzin : « l’épaisseur des murs de chute doit être réglée par la charge d’eau en « amont et plus encore par la nécessité d’intercepter l’eau des filtrations et de résister aux « chocs des bateaux. Cette dimension est ordinairement de I mètre à l m. 50 c. pour les « chutes de 2 m. 60 c. Par les mêmes motifs on fonde le mur de chute ainsi que les parties « du bajoyer attenantes plus bas que le reste des maçonneries. » ( Cours de Construction , résumé de la 28e leçon, page 1 10.)

On a quelquefois donné un fruit au parement vu du mur de chute ; mais cela a l’inconvénient de compliquer beaucoup l’appareil et de réduire la longueur utile du sas. Je pense qu’il est généralement préférable d’adopter pour parement un cylindre à génératrices verticales.

Quelquefois on répartit la différence de niveau du radier entre deux murs de chute dont l’un est situé à l’amont et l’autre à l’aval des portes d’amont ; le premier est alors dérasé à

environ 0 m. 20 c. en contre-bas du niveau du plat fond normal du bief d’amont, l’autre est disposé de manière que les ventelles des portes soient noyées en partie par les eaux du bief d’aval, pour que les bateaux ne soient pas inondés par le jet des ventelles.

Cette disposition a été admise pour les écluses du canal de la Marne au Rhin. (Graeff, Construction des Canaux , page 85.)

Le radier d’une écluse doit résister aux sous pressions auxquelles il peut être exposé, soit pendant la construction, soit pendant les manœuvres de service, soit pendant la mise à sec pour réparations.

Il ne peut en général résister par son propre poids, sans tenir compte des liaisons de ses divers éléments ; en effet, en désignant comme précédemment par :

h la hauteur de l’eau extérieure au dessus du radier mis à sec,

e l’épaisseur du radier,

t: le poids du mètre cube d’eau,

% le poids du mètre cube de la maçonnerie du radier.

La sous pression qui agit sur un mètre carré est représentée par «(h-t-e), or le poids de la maçonnerie correspondante est w'e. Il faudrait donc pour l’équilibre que :

ich h- ice = ic'e

7rh

ou e — — -

Page 1