‹ Cours de navigation intérieure, fleuves & rivièresChapitre 24 sur 104 · BC · texte numérisé non relu

BC

ir

d’où

æe2 + 212e — 2l2h = 0

et

- 1* + Wl* + 2bw

Cette formule diffère de celle donnée par M. Mary dans son Cours de V école; il considère le monolithe du radier comme simplement posé sur deux appuis, tandis qu’il me parait parfaitement encastré, et il arrive à l’expression inapplicable, seion moi :

- 312 | 1 y/gi-2 [2hw e“ 2gj

Il faut maintenant voir quelle valeur on peut adopter pour w.

La charge que l’on peut admettre par centimètre carré sur du béton bien pris et déjà âgé de plusieurs mois ne doit pas dépasser 4 kilog. En outre, d’après Rondelet, la résistance du

mortier à l’extension n’est que le -y environ de sa résistance à l’écrasement. Par conséquent,

la plus grande valeur admissible pour la traction supportée par centimètre carré de béton

paraît être de -g- = 0 k. 50.

Soit donc « = 5T.

L’application de la formule (A), en supposant 21 = 12 mètres et h = 3 mètres, donne :

J’examine maintenant le cas où le massif du radier constitue une voûte en plate-bande en maçonnerie ordinaire.

On sait que dans une plate-bande, la pression à la clé passe au tiers, vers l’extrados, de l’épaisseur; on sait en outre que tous les joints doivent converger vers le centre d’un cercle tangent à la pression à la clé et passant par la naissance de la plate-bande; c’est-à-dire par l’angle commun à la plate-bande et à la culée. (Dupuit, Traité des Voûtes, page 97.)

La pression à la clé, que je désigne par Q, doit faire équilibre aux forces qui agissent sur la moitié du radier ; ces forces sont la pesanteur ft'le et la sous pression xl (h-j-e), en négligeant la cohésion des divers voussoirs entre eux.

Calcul de l’épaisseur d’un radier appareillé en voûte en plate-bande.

Prenant les moments par rapport à la naissance on a l’éqnation :

ou en supposant :

d’où

Q x j e = t:1 (li + e) x y — rc'le x — ^=1T et *' = 2T

2 ~ /u s l2 Qe = (h — e) —

La pression par mètre carré dans le voisinage de l’intrados a pour expression

ou

d’où on tire :

et

CS = T><T“ = — Te

3(h - (‘II3

2se3 + 31*e — 312h = 0

4üî

Comme il s’agit ici de résistance à la compression seulement, sur de la maçonnerie ordinaire on peut admettre :

Et en prenant les mêmes données que dans l’application précédente :

21=12 et h = 3

on a :

Ainsi, tandis que le radier en béton devrait avoir une épaisseur de 2 m. 55 c., il suffirait de 1 m. 25 c. pour un radier en maçonnerie, disposé en voussoirs.

Mais il faut encore observer que pour construire une écluse de 12 mètres de largeur, par exemple, il faut laisser entre les bâtardeaux supposés en béton et destinés à être incorporés dans les bajoyers, une largeur d’environ 14 mètres; de sorte que dans l’exemple précédent, il faudrait faire faire 1 = 7 et non 1 = 6, pour l’application de la formule relative au radier en béton ce qui donne e = 2 m. 64 c. pour l’épaisseur nécessaire pendant la période de construction.

Les épaisseurs adoptées pour les radiers en béton, sont généralement moindres que celles qui résultent de la formule (A) que je viens de donner et qui, pour s = 5T, se réduit à

- 1* + 1 VD+TÔF

Aussi plus d’un radier doit-il se soulever quand on met le sas à sec; c’est ce qui est arrivé devant moi, en 1857, à l’écluse de Pont-Remy, sur le canal de la Somme, pendant une réparation.

Au lieu d’araser le radier horizontalement, on le dispose quelquefois suivant un arc de

cercle renversé dont la flèche est environ-^- de la corde. Cette forme est plus favorable à

la résistance, mais en raison du fort surbaissement de l’arc, la différence est peu sensible, et les formules données précédemment peuvent encore être appliquées au calcul de l’épaisseur du monolithe ou de la voûte.

L’eau qui prend naissance au fond d’une fouille ne vient pas toujours du cours d’eau ambiant, elle peut constituer une véritable source communiquant avec un réservoir naturel plus ou moins éloigné, situé à un niveau supérieur à celui de la rivière ; on doit autant que possible par une étude géologique du terrain reconnaître d’avance les couches perméables qui peuvenKoccasionner des embarras sérieux pendant les travaux.

La partie du radier qni est voisine de la tête d’amont reçoit par les vantelles de remplissage un courant plus ou moins violent contre lequel on doit la protéger, lorsqu’il est formé uniquement d’un massif de béton. On lui donne sur environ 20 mètres, à partir des portes d’amont, un revêtement en moellons piqués.

Sur le surplus de la longueur, la surface du radier se compose de béton convenablement dérasé et régularisé.

C’est la disposition admise pour les écluses de la Marne. (PL 2.)

En dehors des têtes d’une écluse, le radier n’est pas toujours absolument indispensable.

Si le fond est naturellement assez résistant et s’il ne fournit que des sources d’un débit faible pendant la durée d’une manœuvre d’écluse, on peut à la rigueur ne pas faire de radier dans le sas ou se borner à un simple revêtement du fond naturel, les bajoyers du sas sont alors fondés à l’abri de batardeaux posés sur le sol.

Dans ce cas, l’eau a beaucoup plus de facilités pour passer par dessous les bajoyers et pour détremper les remblais qui produisent des poussées plus considérables. 11 faut en outre veiller à l’entretien du fond pour qu’il ne se produise ni affouillements nuisibles aux fondations voisines ni soulèvement nuisible à la navigation.

Le radier de la tête d’aval est analogue à celui de la tête d’amont, seulement on doit appareiller en voussoirs la plate-bande en pierre de taille qui le termine à l’aval, cette plate-bande peut en effet avoir à résister à des poussées horizontales provenant du buse.

Aux deux extrémités de l’écluse on augmente l’épaisseur du radier de manière à mieux combattre les infdtrations et les affouillements.

Le petit massif qui se trouve ainsi en saillie sur la face inférieure du radier, prend le nom de mur de garde ou de parafouille ; ses dimensions doivent varier suivant que le terrain naturel est plus ou moins perméable et affouillable. On lui donne généralement au moins 0 m. 50 c. de saillie et 1 m. 50 c. à 2 mètres de largeur comptée parallèlement à l’axe de l’écluse.

L’eau qui s’échappe de la tète d’aval pendant les manœuvres du sas peut produire des

Revêtement d’un radier en béton.

Cas où le radier n’est qu'un revêtement du fond naturel du sas.

Radier

de la tête d’aval.

Murs de gardé.

Avant et arrière radiers.

Forme du sas.

Sas perrevés.

affouillements si le terrain n’est pas suffisamment résistant ; on doit donc le protéger sur 15 ou 20 mètres de longueur, suivant sa nature, en aval de l’écluse.

Le mode de défense peut varier de bien des manières ; on se borne souvent à mettre des enrochements dans une fosse draguée préalablement sur environ 1 m. 50 c. à 2 mètres de profondeur en contre-bas de la plate-bande d’aval de l’écluse.

Ces enrochements doivent être assez volumineux et assez denses pour ne pas être déplacés par le courant. On peut les maintenir au moyen de pieux battus en quinconce et recepés à 0 m. 20 c. en contre -bas du fond normal du bief d’aval.

On a rarement recours à un plancher fixé sur un grillage porté par des pieux, à cause du prix élevé de construction et des difficultés que présente la surveillance des érosions qui peuvent encore se produire sous le plancher.

Aux écluses de la Marne l’arrière radier est formé de la manière suivante :

Sa longueur est de 15 mètres, son épaisseur est de 1 m. 10 c., elle atteint 1 m. 50 c. sur 1 mètre de longueur à l’extrémité d’aval ; il se compose d’une couche d’enrochements de 0 m. 60 c, d’épaisseur, recouverte d’une couche de béton fortement pilonnée de 0 m. 50 c.

d’épaisseur ; il est encadré à l’aval par une ligne de pieux demi-jointifs défendue elle-même par un enrochement de 5 mètres de longueur sur 1 m. 50 c. d’épaisseur. Cet arrière radier est arasé à 0 m. 10 c. en contre-bas de la plate-bande d’aval de l’écluse.

11 est rare qu’on ait besoin de faire des travaux analogues en amont de l’écluse. Il y aurait inconvénient à y mettre des enrochements qui pourraient être entraînés dans la chambre des portes d’amont. Ce qu’il y aurait de mieux à faire serait de draguer en amont de la tête d’amont une fosse de 1 m. 50 c. environ de profondeur et d’une longueur plus ou moins grande suivant la nature du terrain et de la remplir de glaise bien damée recouverte d’une chape de ciment. Le sol ainsi formé résisterait bien au courant et aux filtrations.

Mais le plus souvent on conserve le terrain naturel en amont des écluses.

La forme la plus naturelle d’un sas doit être celle d’un rectangle, puisque les bateaux ou convois auxquels il s’agit de donner passage ont à peu près cette forme.

On a construit autrefois des sas de forme ovale sur le canal du Midi. On pensait probablement qu’en donnant aux bajoyers une forme courbe tournant sa convexité vers le remblai, on aurait de meilleures conditions de résistance à la poussée, mais j’ai déjà observé qu’un bajoyer peut avoir à résister dans les deux sens et qu’ainsi sa courbure n’est pas motivée. Au reste cette forme n’est plus usitée. Elle ne serait pas admissible pour une écluse en rivière, puisque l’un des deux bajoyers est dans le lit même du cours d’eau.

J’expliquerai plus loin que tout en restant rectangulaire, la largeur du sas peut différer de celle des têtes, suivant le mode de construction du sas, par exemple s’il s’agit d’écluses dont les têtes seules sont en maçonnerie.

On peut le long du sas remplacer les bajoyers en maçonnerie par de simples perrés inclinés.

Du côté de terre, la rive est dressée suivant un talus convenable puis revêtue d’un perré.

Du côté du large, le sas est limité par une digue imperméable dont les trois faces vues sont revêtues comme le talus de rive.

Ce mode de construction présente des avantages et des inconvénients.

Un sas en terre est généralement plus économique qu’un sas avec bajoyers sur toute la longueur. En outre une avarie à la digue ou au perré d’un sas en terre se répare vite et à peu de frais, tandis qu’une avarie à un bajoyer, un affouillement de la fondation, par exemple, peut exiger des travaux plus longs et plus dispendieux.

Les sas en terre ont encore l’avantage de laisser plus d’espace aux convois de bateaux et de diminuer les frottements latéraux pendant leur passage dans l’écluse.

Mais si on s’en rapporte à l’expérience des sas en terre de la Haute-Seine, ce système est exposé à des avaries plus fréquentes que celui des bajoyers continus en maçonnerie. Dans tous les cas, il exige des précautions minutieuses de construction et d’entretien et on a dû y renoncer pour plusieurs écluses.

La planche 5 donne les détails d’une écluse de la Haute -Seine construite en 1860-61 .

La digue du large a 3 mètres de largeur au sommet et des talus perreyés à 45°.

Le corps de la digue contient un noyau de glaise ou d’argile de 3 mètres d’épaisseur à la base et de 1 mètre au sommet, et qui descend jusque sur le terrain solide. On le met en place au moyen d’un coffrage qu’on enlève ensuite et qui peut être utilisé plusieurs fois. Le surplus de la digue est formé de remblais quelconques, les trois faces sont recouvertes de perrés, le perré du côté du sas est fondé sur un massif de béton qui descend, comme le noyau, jusqu’au terrain solide ; le perré extérieur est fondé sur enrochement.

Les perrés ont d’abord été faits à pierres sèches et reposant sur un matelas de craie pilonnée. Mais on a reconnu bien vite le vice de cette disposition. Les variations fréquentes du niveau de l’eau dans le sas avaient pour effet de laver les joints des perrés, de les vider peu à peu et de produire des affaissements en arrière.

Ces perrés doivent être faits en maçonnerie avec mortier hydraulique et être rejointoyés avec soin de manière que l’eau ne puisse rien entraîner de l’intérieur de la digue. Le perré du large devrait être fondé sur béton comme celui de l’intérieur, et le béton devrait être assez résistant pour ne pas être dégradé peu à peu par le frottement des bateaux comme on l’a observé dans les sas de la Haute-Seine.

Le couronnement qui est submersible, puisqu’il est au même niveau que les têtes de l’écluse, doit être fait avec les mêmes soins que le perré.

Le bajoyer du large de chaque tête a en plan une forme trapézoïdale pour se raccorder avec la digue.

Les sas en terre ont une capacité plus grande que les sas avec bajoyers, et par conséquent le temps de la vidange et du remplissage est un peu augmenté ; mais quand on dispose de larges aqueducs, la différence est sans intérêt sur une rivière où il importe peu jusqu’à présent de dépenser plus ou moins d’eau.

Lorqu’on a démoli la digue de l’écluse du Port-à-l’Anglais, sur la Haute-Seine, pour la remplacer par un bajoyer en maçonnerie, on a constaté que le noyau en argile était e'tanclie mais qu’il n’avait pas été fondé assez bas et qu’il avait été entamé par des filtrations inférieures ; on a constaté en outre qu’il était très-difficile d’empêcher les filtrations aux deux extrémités à la jonction avec les têles. Il est vrai que le projet primitif comprenait malheureusement une file de pieux et palplanches (ravèrsant la digue, à chacune de ses extrémités, in. il

Prévenu d’avance, comme on l’est maintenant de cette difficulté, on aurait pu la combattre en évitant déplacer sous la digue ni moise ni ligne transversale de pieux et palplanches, en donnant une forme particulière à la surface de contact de la digue et de la maçonnerie, de manière à bien enchevêtrer l’une dans l’autre, en établissant la continuité entre le béton de fondation de chaque tête et le béton de fondation des deux perrés de la digue, perrés qui doivent faire corps à leurs extrémités avec la maçonnerie de chaque tête; enfin en donnant tous les soins connus à la confection du noyau étanche qui doit également se rattacher au béton de fondation et aux maçonneries des têtes.

En résumé, quand les fondations ne présentent pas de grandes difficultés, sur un fond de roche par exemple, et quand les matériaux ne sont pas rares, les bajoyers continus tout le long du sas me paraissent préférables ; mais sur un mauvais terrain de fondation ou quand la maçonnerie est chère, le sas en terre est plus économique et constitue un système rationnel parfaitement admissible.

Dispositions Dans le cas d’un sas en terre avec digue du côté du large, il y aurait plus de sécurité

diverses de la digue corqre ies filtrations et plus de calme aux abords des têtes en disposant la digue de manière du large du sas. . r °

à lui faire dépasser les deux têtes. On éviterait d’ailleurs ainsi la forme un peu bizarre du

bajoyer du large des écluses de la Haute-Seine, ce bajoyer deviendrait absolument semblable

à celui de rive, et l’écluse serait parfaitement symétrique comme celle d’un canal. La largeur

de 3 mètres en couronne parait d’ailleurs suffisante avec cette disposition comme avec celle

admise sur la Haute-Seine.

La planche 7 (fig. 4, 5, 6,) qui représente l’écluse de Mauloy, sur la rivière d’Ourcq, donne un exemple de la disposition de digue dont je viens de parler.

Cette écluse offre d’ailleurs un système de fondations différent de celui adopté aux écluses de la Marne et de la Haute-Seine : c’est pour ce double motif que j’en reproduis les dessins.

La rivière d’Ourcq est canalisée sur une longueur de 1 1,688 mètres entre Port-aux- Perches et l’origine du canal de l’Ourcq, un peu en avant de l’écluse de Mareuil. Les projets de cette canalisation ont été présentés en 1838 par M. Vuigner.

En ce qui concerne le système des fondations des écluses de cette partie de rivière, M. Vuigner observe que lu mauvaise qualité du sol composé d’une forte couche de tourbe, appuyée sur une couche de sable recouvrant des couches de gravier, l’a décidé à admettre une plateforme en charpente sur pilotis comme pour les anciennes écluses, et suivant la méthode de fondation généralement usitée encore aujourd’hui en Amérique.

Une couche de béton ou mieux de maçonnerie de 0 m. 50 c. d’épaisseur repose sur la plateforme et forme le massif imperméable de la fondation.

En exécution et sur l’avis de M. Mary on a supprimé le plancher et les lôngrines sur 2 mètres de longueur au dessous du buse et sur toute la largeur de la fondation. On a rempla'cé le plancher, sur cette longueur, par un massif de béton descendu à 0 m. 80 c. sous le grillage, et dans ce massif on a noyé des tirants en ‘fer reliant les pieux de la partie d’amont à ceux de la partie d’aval de la plateforme.

En somme, ce système est plus coûteux que celui adopté sur la Marne et sur la Seine. Il ne serait motivé pour la navigation intérieure que par la présence d’un terrain excessivement mauvais dont on n’aurait pu s’écarter.

Dans les ports à marée, au contraire-, la fondation sur grillage est recommandée, mais je n’ai pas à en parler ici.

La mauvaise qualité du sol a nécessité aussi des précautions particulières pour les fondations des perrés du sas. On a adopté des lignes de pieux avec chapeaux dans le sens de la longueur du sas et reliées par des moises transversales pour éviter le renversement.

Cette disposition n’est guère admissible que pour les écluses de petite largeur et encore dans ce cas l’emploi du bois sous l’eau reste un. inconvénient que l’on doit chercher à éviter.

Aux écluses de la Haute-Seine on avait mis au début des glissières en bois sur les perrés Glissières du sas afin de faciliter les mouvements d’abaissemement des bateaux qui auraient pU sur les perrés du sas s’échouer sur ces perrés pendant la vidange du sas ; mais ces glissières placées en saillie étaient arrachées ou brisées fréquemment par le passage des trains de touage. On a pris le parti de ne pas les remplacer ; malgré cela, les échouages que l’on avait craint ne se sont pas produits.

Je pense donc qu’on peut se dispenser de mettre des glissières, mais si l’on en met, elles doivent ne présenter que peu de saillie et avoir sur celte saillie une forme arrondie.

J’emprunte à M. l’inspecteur général Chevallier les renseignements qui suivent sur Écluses avec tètes certaines écluses hollandaises réduites à leur plus simple expression. ( Annales des ponts et incomplètes. chaussées , année 1867, 2e semestre, page 309.)

On construit en Hollande depuis quelques années des écluses où la maçonnerie est considérablement économisée.

Le sas est en terre. Les talus inclinés à 2 de base pour 1 de hauteur sont simplement gazonnés ou revêtus de fascinages. (PI. 4, fîg. 1, 2.)

Pour chaque tête, le bajoyer et les radiers se terminent en amont à un plan vertical transversal qni passe par le sommet du buse, et en aval à un autre plan parallèle au premier et qui laisse seulement aux maçonneries l’épaisseur nécessaire pour résister à la poussée des portes.

Les musoirs d’amont sont ainsi supprimés et les chambres des portes sont notablement diminuées de longueur ; mais, pour que les portes ouvertes se trouvent garanties contre les abordages, on a battu sur l’emplacement de chaque musoir supprimé un groupe de trois pieux formant patte d’oie.

La forme du sas avec ses longs talus augmente, il est vrai, la consommation d’eau et la durée des manœuvres ; le système ne peut donc pas s’adapter à toutes les circonstances, mais il est surtout avantageux quand la maçonnerie est coûteuse, comme en Hollande.

Pour ce même motif d’économie, le radier de chaque tête est en maçonnerie sur une plateforme en bois. Trois lignes transversales de palplanches, une à chaque extrémité de la plateforme et l’autre vers le milieu servent à empêcher les filtrations inférieures; en outre, chaque bajoyer est renforcé en arrière par un long contrefort qui forme écran et s’oppose aux filtrations latérales.

Ce mode d’écluse pourrait être imité dans bien des circonstances, quand l’insuffisance des ressources impose à l’ingénieur la plus stricte économie.

On a construit, en 1863, deux écluses de ce système sur une dérivation de la Meuse, entre

Écluses en charpente.

Escaliers.

Poteaux de défense.

Perrés aux abords d’une écluse.

Gorcum et Mœrdyk l’une à la bouche en amont de Helsloot, l’autre à la bouche en aval de Kirkvorschkil.

Le radier et les bajoyers d’une écluse peuvent être faits en charpente.

La glaise ou l’argile sablonneuse humectée de lait de chaux, composent un corroi étanche pilonné sous le plancher du radier et en arrière des revêtements formant bajoyers.

On peut ainsi confectionner une écluse sans pierre et sans mortier. Il en existe des exemples en Hollande, en Russie et aux États-Unis. (Minard, Cours de Navigation , page 182.)

Toutefois je ne connais dans ce système que de très-petites écluses rachetant de petites chutes. Son adoption ne peut être motivée que par la grande cherté de la maçonnerie et par l’abondance de la charpente.

M. Michel Chevallier donne dans son ouvrage sur les Voies de communication aux États- Unis (tome Lr, p. 464 et pl. N), la description d’une écluse composée de charpente et de maçonnerie à pierres sèches, et construite sur le canal de Schuylkill, en Pensylvanie.

L’absence de maçonnerie permet de faire les réparations pendant les gelées, c’est-à-dire quand la navigation subit un chômage forcé.

Je ne crois pas utile d’insister davantage sur ces écluses qui ne paraissent guère susceptibles d’applications en France, mais qui pourraient convenir à d’autres climats.

On doit toujours mettre des escaliers contre chaque tête d’écluse, afin de faciliter, soit la la lecture des côtes aux échelles de hauteur d’eau, soit l’embarquement et l’approche des batelets, etc.

De même, dans le sas, il est utile d’avoir un escalier ou une échelle de 50 mètres en 50 mètres environ.

La planche 5, montre comment sont établis les escaliers des têtes d’écluses sur la Haute- Seine. Ceux le long du sas sont semblables.

Pour protéger les maçonneries contre le choc et le frottement des bateaux, on a employé le procédé suivant aux écluses de la Haute-Seine.

Dans les coulisses des bajoyers on a placé des madriers verticaux en bois blanc faisant saillie de 0 m. 03 c. environ sur le parement de la maçonnerie, les arêtes de ces madriers sont légèrement arrondies sur la partie en saillie. Ce sont eux qui ont à supporter les chocs et les frottements, ils protègent d’une manière très-efficace les maçonneries des têtes et surtout les portes d’écluses.

Ils réduisent à la vérité la largeur de l’écluse de quelques centimètres, mais cela n’a pas d’inconvénient et d’ailleurs on peut le prévoir en construisant l’écluse.

Le mur en retour qui relie le bajoyer à la berge est d’autant plus long que le talus de cette berge est lui-même plus allongé. On doit donc, par un motif d’économie, donner une assez forte inclinaison au perré, contre chaque tête d’écluse.

Aux écluses de la Haute-Seine, on a admis un angle de 45°.

Aux écluses de la Marne, on a admis une inclinaison de 1 m. 25 c. de base pour 1 mètre de hauteur.

Ces inclinaisons se raccordent par une surface gauche avec le talus de 3 de base pour 2 de hauteur qui est admis pour les .perrés plus éloignés des tètes,

La longueur de surface gauche de raccordement est d’environ 10 mètres.

La longueur de rive qu’il convient de protéger par un perré, varie d’ailleurs avec le régime du cours d’eau et avec la nature ou la disposition des rives.

Aux écluses de la Marne, le perré d’amont à 10 mètres de longueur et celui d’aval 60 mètres.

J’ai indiqué dans le tome 1er de ce cours (page 60) divers modes de construction de ces perrés.

L’éclusier a souvent besoin de traverser son écluse pour se rendre, soit à la passe navigable, soit au déversoir, soit en un point du chenal.

Or, quand toutes les portes de l’écluse sont ouvertes et que le sas sert de chenal libre, ce qui a lieu une partie de l’année, il faut se servir d’un batelet pour atteindre le bajoyer du large.

Il est encore utile d’avoir un batelet à sa disposition pour franchir l’écluse quand le barrage fonctionne et que l’écluse est fermée. En effet, si le sas est long, s’il a 180 mètres par exemple et si l’éclusier se trouve vers la tête d’aval quand celle d’amont est seule fermée, il faut faire un trajet de 360 mètres pour atteindre le bajoyer du large de la tête d’aval, tandis qu’il n’y a que la largeur du sas à traverser.

Il me paraît donc nécessaire que l’éclusier ait un batelet amarré à la rive immédiatement en amont de la tête d’amont et un autre immédiatement à l’aval de la tête d’aval et, par suite, il faut disposer contre chacune de ces têtes, une petite gare pour recevoir ce batelet et le mettre à l’abri des chocs et des frottements des convois montants ou descendants.

J’ai souvent eu à regretter que ces gares n’aient pas été projetées aux écluses de la Haute- Seine où il n’est pas prudent d’amarrer un bateau contre les têtes, le perré n’étant que de 0 m. 50 c. en retraite sur le bajoyer.

On verra sur les dessins des déversoirs de la Haute-Seine (PL 24) que, contre l’épaulement de chaque déversoir, on a ménagé une gare pour le bateau de manœuvre du barrage. C’est une gare analogue que je voudrais voir établir en dehors de chaque tête d’écluse, au moyen d’un petit allongement du mur en retour et d’une disposition convenable du perré aux abords.

On doit disposer sur les têtes d’écluses, le long du sas et aux abords, soit des anneaux, soit des pieux, soit des champignons métalliques, auxquels les bateaux puissent s’amarrer.

Dans les endroits où les saillies seraient gênantes, sur les parements horizontaux ou verticaux des bajoyers, par-exemple, on peut placer une pierre de taille dans laquelle on creuse une demi-sphère p dans cette demi-sphère on scelle des croisillons en fer qui affleurent, comtfie là pierre de taille, le parement de la maçonnerie, et qui servent de point d’amarre.

J’ai déjà donné dans le premier volume de ce cours (pages 65 et 79) divers détails sur les poteaux d’amarre et sur les organeaux. Je n’y reviens donc pas.

Le niveau de la plateforme de l’écluse se trouve placé, comme je l’ai dit dans un paragraphe précédent, à quelques décimètres au dessus des plus hautes eaux de navigation. Ce niveau peut donc se trouver très-différent de celui de la rive naturelle et du chemin de halage aux abords.

Gare pour batelet contre

chaque tête d’écluse.

Points d’amarre.

Raccordement

du

chemin de halaqe.

Le raccordement entre ce chemin et la plateforme se fait alors au moyen de pentes douces partant des têtes de l’écluse.

lienal aux abords. Aux abords de l’écluse, le chenal doit se trouver à la même profondeur que le "buse voisin,

et sa largeur doit être suffisante pour le croisement des trains et des bateaux.

J’ai déjà dit en effet que le sas de l’écluse doit être ouvert complètement dès que les eaux naturelles présentent un mouillage suffisant. Le sas et les abords forment donc un chenal libre pendant une partie de l’année.

Il faut en outre prévoir le cas où, même pendant les eaux basses, on serait dans la nécessité de transformer le sas en chenal libre pour effectuer quelques réparations à la passe navigable ou au déversoir; réparations qui forceraient à supprimer momentanément la retenue. Il est utile également de pouvoir livrer le sas à la navigation pendant que l’on construit la passe navigable. Pour ces divers motifs, le chenal d’amont de l’écluse doit être, comme celui d’aval, dragué jusqu’au niveau des buses et même un peu au dessous pour diminuer l’ensablement de la chambre des portes.

Sur la Haute-Seine, on a donné à ce chenal une largeur de 30 mètres et on l’a tracé sur 160 mètres dans le prolongement de l’axe du sas, tant en amont qu’en aval.

Page 1