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ÉCHELLES A POISSONS

On sait que certaines espèces de poissons quittent, à des époques déterminées, les plages Utilité des échelles, maritimes et remontent les eaux douces pour trouver des endroits favorables à leur reproduction.

La canalisation- des rivières est venue apporter un obstacle à cette migration périodique, et j’ai à expliquer les ouvrages très-simples, connus sous le nom d’échelles à poissons, au moyen des quels le saumon, la truite, l’ombre, l’anguille, etc., franchissent facilement les obstacles naturels ou artificiels qu’ils rencontrent sur leur trajet.

Ces échelles forment une annexe presque indispensable de beaucoup de barrages éclusés, elles existent aux barrages de Martot et de Bougival, sur la Seine, au barrage de Manzac, sur la Dordogne, à l’embouchure de la Scorf, aux barrages de la Moselle, etc. Il est donc nécessaire d’en faire mention dans ce cours.

M. Coste a donné dans son Ouvrage , imprimé en 1 861 , divers renseignements sur les échelles à saumons, mais c’est dans le Rapport de 1862, de M. l’ingénieur en chef Coumes, que j’ai trouvé les détails les plus complets sur ce sujet. ( Rapport sur la pisciculture et la pêche fluviale , en Angleterre, en Irlande et en Écosse.)

C’est en 1834 que, pour la première fois un sieur Smith, propriétaire d’usines, situées Historique, sur la Teith, dans le comté de Perth, imagina d’établir sur son barrage une passe inclinée munie de cloisons transversales à orifices alternatifs.

Le succès de cette idée très-simple ayant été promptement constaté on s’empressa de la mettre en application sur d’autres rivières, en apportant au type primitif quelques améliorations de détail.

En Irlande, les propriétaires des barrages construits dans un but quelconque sur les rivières à saumons, postérieurement à la loi de 1842, doivent établir dans les formes et dimensions approuvées par l’administration supérieure, un passage spécial ou échelle qui demeure ouvert à des époques déterminées pour donner au poisson la faculté de monter ou de descendre.

Les propriétaires des barrages, existant antérieurement à 1842, sont assujétis à laisser exécuter ces échelles par les personnes intéressées à la pêche.

Le type d’échelle approuvé par les commissaires du gouvernement Anglais est représenté sur la planche 32, fig. 1 , 2, 3, 4.

La figure 4, planche 36, représente une variante exécutée sur une cataracte naturelle de la rivière de Ballysadare, près de Sligo, en 'Irlande, elle permet aux saumons de remonter une chute de 9 mètres.

Voici quelles sont, d’après M. Coumes, les conditions principales d’établissement de ces ouvrages.

Poissons C’est principalement pour le saumon que les échelles sont construites, parce que la

pour migration est indispensable à son développement, tandis que la truite, l’ombre, etc.,

lesquels on construit . . , ...... T, . ,

les échelles. peuvent prospérer sans quitter les sommités des cours d eau qu ils habitent. Il ne convient

pas d'ailleurs de favoriser à la fois la remonte de la truite et du saumon, en même temps,

parce que la truite détruit le frai du saumon ; mais il est difficile d’arrêter l’une et de laisser

passer l’autre.

Les échelles doivent servir à des poissons de grande taille, présenter par conséquent des' passages larges et alimentés par plus d’eau que celles qui seraient destinées uniquement à la, truite dans des rivières où ne vient pas le saumon.

Chutes Ce n’est pas tant à l’élévation de l’obstacle qu’à la manière dont l’eau s’y déverse et au

pour lesquelles les voiume qUi y coule que l’on doit juger s’il est nécessaire dê pratiquer un passage spécial

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sont nécessaires. pour le saumon. Ce poisson franchit facilement d un bond les chutes de 1 à 2 mètres, pourvu qu’il y ait une nappe d’eau assez volumineuse, et une profondeur suffisante au point où tombe cette nappe.

En général, on ne trouve pas d’échelles rachetant des chutes de moins de 1 m. 50 c. Un vannage suffit pour ces chutes, si elles ne présentent pas en quelque endroit les conditions de volume et de profondeur que je viens d’indiquer.

11 n’existe pas de règle précise pour la forme des échelles; la première sur la Teith, était simplement un plan incliné de 24 de base pour 1 de hauteur, avec cloisons intermédiaires et ouvertures alternées pour réduire la consommation de l’eau.

Une échelle construite à Selkirk, en Écosse, a la forme d’un plan incliné au dixième sans cloisons transversales; mais avec des auges uniformément espacées en contre-bas de la ligne générale de pente.

D’autres échelles sont composées de deux, trois, où un plus grand nombre de chutes fractionnant la chute principale, et raccordées par un ou plusieurs paliers où l’eau perd une partie de sa vitesse.

Le type le plus répandu est celui qui est représenté sur la planche 32.

L’expérience prouve que le saumon préfère une rigole inclinée avec un courant modéré par les cloisons, plutôt qu’une série de cascades tombant verticalement ou à peu près d’un palier sur un autre.

L’expérience prouve aussi qu’une inclinaison de y convient très-bien. Une pente plus douce augmenterait inutilement les dépenses et les difficultés d’agencement.

Pour livrer un passage commode au poisson, les orifices intermédiaires et celui du bas doivent avoir environ 0 m. 30 c. de largeur, mais celui du sommet doit être au moins double parce que la vitesse de l'eau y est plus petite.

Forme des échelles.

L’espacement des bajoyers et la distance des cloisons transversales doivent être d’environ 5 fois la largeur des orifices intermédiaires, soit 1 m. 50 c. au moins.

La hauteur des cloisons transversales est fixée de manière qu’elles ne soient pas surmontées par la masse liquide pendant les eaux ordinaires. La hauteur de 0 m. 30 c. paraît généralement suffisante. Pendant les crues, au contraire, les eaux doivent déborder par dessus les cloisons, car alors les poissons remontent par la voie la plus courte.

Un vannage est nécessaire à l’embouchure supérieure afin de régler à volonté l’alimentation, et il vaut mieux partager l’orifice supérieur en deux vannes dont l’une au moins est

soulevée en entier, afin de ne pas obliger le poisson à traverser à la fin de son ascension une veine liquide animée de trop de vitesse.

S’il règne un peu d’arbitraire dans la forme à donner à l’échelle, il n’en est pas de même Emplacement, pour l’emplacement. C'est de son choix que dépend surtout le succès.

Le poisson se dirige en suivant la nappe qu’il trouve la plus vive et la plus abondante, il se tient dans les parties les plus profondes, creusées sous la cataracte, et c’est là qu’il attend le moment de s’élancer vers l’amont.

C’est à proximité de ces points qu’il faut placer le pied de l’échelle après avoir étudié les habitudes du poisson et consulté les pécheurs de profession.

On doit autant que possible écarter l’échelle de la rive, afin delà rendre moins accessible aux maraudeurs.

Aux barrages de la Moselle, les échelles sont placées dans l’intérieur des piles (PL 40), et cette disposition paraît excellente. Elle a pour conséquence un léger allongement de la pile qui renferme une échelle.

Les échelles se font de préférence en maçonnerie. Les cloisons sont composées de dalles Matériaux. Dépense d’un seul morceau. On estime en Angleterre que, pour une chute de 2 mètres, la dépense est d’environ 1 ,200 francs.

tu.

Utilité de ces lignes.

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