CHAPITRE II
Mode d’exécution des Travaux.
I 1er. TERRASSEMENTS, CLAYONNAGES, PLANTATIONS ET SEMIS, PAVAGES ET
EMPIERREMENTS.
(43) Avant l’ouverture des travaux, le tracé des ouvrages sera fait par les soins de l’ingénieur ; l’entrepreneur sera tenu d’y assister.
S’il s’agit d’une dérivation ou d’un canal, il sera établi sur l’axe des piquets numé-
rolés, d’abord aux extrémités de chaque alignement droit ou courbe et ensuite dans l’intervalle, à des distances d’environ 200m 00 (deux cents mètres) les uns des autres, en choisissant pour ces derniers l’emplacement de ceux des profils en travers de l’avant-métré qui en seront le plus rapprochés.
Les piquets devront avoir de 0m 08 à 0m 10 (huit à dix centimètres) de diamètre et prendre une fiche de lra 00 à lm 50 (un mètre à un mètre cinquante centimètres). Leur tête sera établie à un nombre exact de décimètres au dessus du plat fond et ces différences seront consignées dans un état de piquetage qui sera remis à l’entrepreneur par l’ingénieur.
L’entrepreneur complétera lui-même le piquetage du canal ou de la dérivation, en plaçant, au droit de chaque piquet mis par l’ingénieur, d’autres piquets pour marquer les limites des déblais et les arêtes des digues et des contre-digues. Indépendamment de ces piquets, complétant les profils choisis par l’ingénieur, l’entrepreneur en placera sur des profils intermédiaires dont la distance n’excédera pas 50m 00 (cinquante mètres).
S’il s’agit d’une fouille d’ouvrage d’art, le plan du plat fond de cette fouille sera tracé sur le terrain et un repère, élevé d’un nombre exact de décimètres au dessus de ce plat fond, sera solidement établi à peu de distance. L’entrepreneur déterminera alors et piquetera les arêtes extérieures de la fouille, d’après l’inclinaison du talus qui aura été fixée par l’ingénieur.
S’il s’agit d’emprunts, d’élargissements de lits de rivières, de remblais, etc..., et en général de mouvements de terre prévus ou non, le piquetage en sera effectué préalablement et conformément à ce qui vient d’être prescrit.
(44) L’entrepreneur sera tenu de veiller à la conservation des piquets ; il devra remplacer
ceux qui seraient dérangés par une cause quelconque.
(45) L’entrepreneur commencera les travaux de terrassement, aussitôt que le délai fixé par
l’article 106, pour la vérification des profils, sera expiré.
(46) Les déblais seront employés à la formation des remblais utiles, toutes les fois que
cela sera possible.
L’entrepreneur s’assujétira dans leur exécution aux directions, niveaux, pentes et talus qui lui seront prescrits,' de manière à n’avoir à faire aucun déblai sur des remblais, ni à rapporter des remblais sur des emplacements déjà déblayés. Cependant, quand on prévoira que la reprise des déblais en terre franche et argileuse, pourra être utile pour les corrois ou remblais à faire derrière les maçonneries, ces déblais seront déposés à proximité, sur les points qui seront indiqués et de manière que le remaniement puisse s’en faire facilement.
Comme application des conditions précédentes, l’entrepreneur devra disposer les rampes nécessaires pour monter les déblais des fouilles des canaux, dérivations ou élargissements de lits de rivière, de manière qu’il n’y ait jamais à remblayer pour former les talus dans les emplacements qu’elles occupaient. Elles devront, en conséquence, soit être ménagées dans les déblais à enlever, soit être construites au moyen de plats-bords fixés sur de petits pieux.
Conservation des piquets.
Commencement des terrassements.
Exécution des déblais.
Triage et emmétrage des moellons, sable, etc., trouvés dans les déblais.
Dépôts et emprunts.
Transports des / remblais au bateau.
Exécution des remblais
En général, l’exécution des déblais sera rigoureusement conforme aux indicationsdes profils du projet. Si l’entrepreneur venait à dépasser ces profils, en déblayant audelà, il sera tenu de rétablir à ses frais les formes voulues ; soit au moyen de remblais, s’il s’agit d’excavations faites dans les talus de canaux, délits de rivière, d’emprunts, etc..., soit au moyen de bonnes maçonneries, s’il s’agit d’excavations faites dans les fouilles d’ouvrages d’art, en contre-bas du niveau fixé pour leurs fondations. 11 se conformera d’ailleurs en tous points aux dispositions qui lui seront prescrites pour réparer le mal.
(47) Si, dans les fouilles, il se rencontre des pierres, des moellons, du sable ou tout autre
espèce de matériaux, susceptibles d’être utilisés, l’entrepreneur les extraira séparément et les fera transporter etemmétrer sur les emplacements qui lui seront indiqués.
(48) Les déblais qui resteraient encore disponibles, après que les remblais utiles auront
été exécutés, seront retroussés sur les côtés et disposés en cavaliers de dépôt, suivant les formes qui seront déterminées par l’ingénieur.
Lorsque les déblais seront insuffisants pour compléter les remblais, les terres nécessaires proviendront d’emprunts, dont les emplacements et les dimensions seront indiqués à l’entrepreneur.
Il ne sera jamais fait de dépôts ni d’emprunts, sans l’autorisation de l’ingénieur. En cas d’infraction à cette disposition, les terres déposées seront enlevées et les chambres d’emprunts comblées aux frais de l’entrepreneur, sans préjudice des indemnités qui pourraient être dues pour les dommages causés aux propriétaires riverains et que l’entrepreneur sera tenu de payer.
(49) Les transports des terres s’effectueront généralement à la brouette ou au tombereau.
Néanmoins, lorsque pour l’achèvement des digues, contre- digues, terres-pleins, etc..., des canaux ou des dérivations, il sera nécessaire d’employer des terres prises dans des cavaliers de dépôts situés à de grandes distances, ce travail, à moins d’une nécessité urgente, sera ajourné jusqu’au moment où l’eau pourra être mise dans le canal, et les transports se feront au bateau.
L’entrepreneur veillera, sous sa propre responsabilité, à ce que dans le chargement, le déchargement ou le trajet des bateaux, les ouvriers ne jettent, ni ne laissent tomber dans le canal aucune terre, ni aucuns matériaux. Si, néanmoins, le cas venait à se présenter, l’entrepreneur serait tenu d’enlever à ses frais et de transporter au lieu d’emploi les dépôts ainsi formés, et cela dans le délai qui lui sera prescrit par l’ingénieur. Faute par l’entrepreneur de satisfaire à cette dernière condition, l’enlèvement des dépôts aura lieu en régie et à ses frais.
(50) Les remblais à exécuter sont de plusieurs espèces :
1° Remblais corroyés, sur certains points des canaux ou des dérivations, derrière les maçonneries des ouvrages d’art, dans les batardeaux, etc...
2° Remblais pilonnés, pour la formation des levées de ces canaux ou dérivations, dans les parties où il faut s’opposer au passage des eaux.
3° Remblais ordinaires ou simplement régalés, en contre-haut du niveau de l’eau, ou derrière les massifs destinés à contenir l’eau, ou pour rampes de ponts, etc...
4° Remblais en excédant des besoins, employés à former des cavaliers de dépôt.
Remblais corroyés. La préparation de la terre nécessaire aux corrois, sera généralement faite en régie. L’entrepreneur ne sera chargé, dans ce cas, que du transport et de l’emploi. L’administration se réserve même la faculté de faire exécuter ce dernier travail sans l’intermédiaire de l’entrepreneur, si elle le juge convenable.
Dans tous les cas, les matières employées ne contiendront aucun fragment de craie, de tuf ou de pierres ; elles seront divisées en très-petites parties, étendues par lits de 0m 10 (dix centimètres) d’épaisseur au plus, humectées au besoin et pilonnées jusqu’à ce que chaque couche soit parfaitement Maisonnée avec la couche inférieure et forme avec elle une masse homogène, dans laquelle on ne reconnaisse plus la séparation des parties composantes.
Les corrois seront ainsi élevés sur les épaisseurs et les hauteurs prescrites.
Ceux d’entre eux, et généralement les remblais de toute espèce à exécuter derrière les maçonneries des ouvrages d’art, ne seront commencés que lorsque l’entrepreneur aura été autorisé à le faire et seront conduits de manière, à ne pas enfermer l’eau des fouilles.
Remblais 'pilonnés. Les remblais de la seconde éspèce seront élevés par couches de 0m 12 (douze centimètres) d’épaisseur au pins et, sans être aussi bien exécutés que les corrois, ils devront être faits cependant, avec tout le soin qu’exige leur destination. Ainsi, les terres dont ils seront formés devront être divisées à la bêche, arrosées au besoin, puis fortement battues jusqu’à ce qu’elles soient entièrement brisées et bien Maisonnées avec celles de la couche inférieure.
11 ne sera admis de fragments de pierres, de tuf ou de craie, qu’en très-petite quantité, et encore, les plus gros devront-ils pouvoir passer en tous sens dans un anneau de ôm OC (six centimètres) de diamètre.
Remblais ordinaires. Les terres destinées à former les remblais de la troisième espèce seront étendues par couches de 0m 20 (vingt centimètres) au plus, et les mottes en seront soigneusement brisées.
L’entrepreneur devra, en outre, disposer les roulages ou transports, de manière à faire passer les brouettes ou tombereaux successivement sur chaque partie des remblais ; il se conformera, à cet égard, aux dispositions qui lui seront prescrites.
Lorsque des remblais de la seconde et de la troisième espèce devront se liaisonner dans le sens de l’épaisseur des massifs, l’entrepreneur ne pourra élever d’abord les remblais de la seconde espèce et y juxla-poser les autres plus tard : ces remblais seront exécutés simultanément et par couches de même épaisseur, en sorte qu’ils ne diffèrent les uns des autres que par l’opération du pilonnage.
Lorsque ces remblais devront être exécutés en lit de rivière ou sur des terrains recouverts d’eau, la première couche en sera arasée à 0m20 (vingt centimètres) au dessus du plan d’eau. Les terres dont elle sera formée ne seront jamais versées directement dans l’eau : elles seront déposées sur le bord des portions déjà faites et poussées ensuite à la pelle.
Essartage.
Pilonnage et régalage.
Dressement des talus.
Remblais de dépôt. Les remblais de la quatrième espèce seront déposés sur les points qui seront désignés et suivant les formes prescrites, en donnant aux couches une épaisseur de 0m 30 (trente centimètres) au plus ; les déblais les plus menus et de la meilleure qualité seront réservés, autant que possible, pour les surfaces extérieures.
(51) Les surfaces des terrains qui devront recevoir les remblais des trois premières
espèces seront préalablement essartées et piochées. On enlèvera ensuite les racines, gazons, souches ou pierrailles et on brisera les mottes de terre.
On rejettera des mêmes remblais, pendant leur exécution, les racines, herbes et autres corps étrangers qu’ils pourraient contenir.
(52) Les dames et pilons, employés au pilonnage des terres, auront les formes et les
poids déterminés par l’ingénieur. Ils seront manœuvrés par des ouvriers choisis parmi les plus robustes du chantier et dont le nombre sera déterminé par la condition que chacun d’eux corresponde à un atelier de rouleurs, et n’ait ainsi qu’environ 15m 00 (quinze mètres cubes) de terre à pilonner par jour : toutes les fois que cette condition n’aura pas été remplie, il ne sera pas compté de pilonnage à l’entrepreneur.
Le nombre des régaleurs, pour les remblais des trois premières espèces, sera déterminé par la condition que chacun d’eux corresponde au plus à deux ateliers de rouleurs et n’ait qu’environ 30ra 00 (trente mètres cubes) de terre à régaler par jour.
(53) Moyennant les prix portés à la série, soit pour rextrâction des déblais, soit pour le
régalage- des remblais, l’entrepreneur doit livrer les talus de déblais et de remblais dégrossis, sans bosses ni Haches notables et ayant leurs arêtes régulières. On entend par dressement de talus une main-d’œuvre spéciale, destinée à les rendre d’une régularité parfaite et qui ne sera exécutée que sur les points où elle aura été prescrite par les devis particuliers.
Sur ces points, les déblais et remblais seront exécutés de manière qu’il y ait toujours quelque peu de terre à reprendre pour dresser le talus.
Après avoir tracé bien exactement les arêtes supérieures et inférieures, on déterminera de distance en distance l’inclinaison à suivre ; puis, avec des cordeaux et des voyants, on établira des points de repère intermédiaires, au moyen desquels il sera facile d’enlever l’excédant de terre avec la précision convenable.
Les arêtes des levées, banquettes, etc., devront être parfaitement régulières; ou elles seront très-droites, ou elles suivront exactement les courbes prescrites.
Les talus seront plans ou courbes, suivant que les directrices seront ou non parallèles, droites ou courbes. Us seront sans Haches, sans saillies et ne devront présenter aucune trace du fer de la bêche ou de l’outil dont on se sera servi pour les exécuter.
Les talus de remblais seront battus pendant l’exécution avec des dames plates à manche incliné, afin d’affermir les terres et les empêcher de couler par les
Les terres détachées ou roulées au pied des talus par suite de leur dressemenl, seront relevées et transportées sur les dépôts les plus voisins.
(54) S’il est prescrit à l’entrepreneur d’employer en étanchement des corrois en craie, les
matériaux destinés à cet usage seront préalablement régalés par couches de 0m 08 (huit centimètres) d’épaisseur et recoupés à la bêche en petits fragments, puis battus avec une dame en fonte, de manière à faire disparaître tous les vides intérieurs. On facilitera la liaison des parcelles de craie en les arrosant pendant le pilonnage.
(55) Les talus à ensemencer devront être mis à vif et leurs surfaces éraillées au moyen
d’un rateau. La semence sera ensuite jetée avec soin, puis recouverte d’un peu de terre végétale que l’on comprimera légèrement par un battage à la dame plate.
Les semis ne seront exécutés qu’au printemps et à l’automne.
(56) Les gazonnements qu’il sera reconnu utile de faire, pour consolider certaines parties
de talus ou assurer leur conservation, s’exécuteront de deux manières: ou bien, les plaques de gazons seront posées à plat ; ou bien, elles le seront par assises perpendiculaires à la surface des talus.
. Dans l’un et l’autre cas, on ne lèvera chaque jour que la quantité de gazons qui pourra être employée dans la journée. Toute fourniture qui, levée prématurément, présentera un commencement de dessication, sera refusée.
Avant de gazonner un talus, on en piochera légèrement la surface, on l’arrosera, on posera ensuite les gazons au cordeau par assises réglées, à joints recouverts et sans laisser de vides au derrière ; on garnira le dessous des plaques et les interstices en bonne terre végétale ; le revêtement étant terminé, il sera battu avec des dames plates, pour établir une bonne liaison entre le terrain et le gazon qui le recouvre.
Dans les talus raides, on pourra exiger que les gazons soient assujettis par des fiches ou de petits piquets de bois.
Lorsque le gazon sera posé de champ ou normalement aux surfaces, le -chevelu sera placé en dessous, et les bords des gazons seront recoupés après la pose, pour former un parement parfaitement régulier.
Quel qu.e soit le, mode de pose des gazons, l’entrepreneur sera tenu de les arroser, si besoin est, jusqu’à ce qu’ils aient repris.
(57) Les lignes des clayonnages, qu’il serait jugé utile d’établir pour s’opposer aux
corrosions de la rivière, seront horizontales et espacées de 0m 50 (cinquante centimètres) entre elles. L’ingénieur prescrira, dans chaque cas, la hauteur à leur donner.
Les piquets qui les formeront, placés à 0m 50 (cinquante centimètres) d’axe en axe, seront d’abord enfoncés de manière que leurs têtes s’élèvent de 0m 15 (quinze centimètres) au dessus de la hauteur indiquée. On tressera ensuite les clayons en les faisant plonger ; leurs gros bouts étant placés au couronnement du clayonnage. Les clayons seront retenus de deux en deux piquets par des chevilles, en cœur de chêne, qui en traverseront la tête, ou par des crochets naturels, et ce n’est que
Corrois on craie.
Semis fies talus.
Gazon nemenl des talus.
Tunages et clayonnages.
Haies
vives et sèches.
Plantations
d’arbres.
lorsque la ligne sera entièrement tressée que l’on achèvera le battage de ces piquets à la hauteur fixée.
(58) Les haies vives d’aubépine ou autres plants, seront composées de vingt-cinq brins au
moins, par mètre courant.
Ces brins seront plantés à égale distance les uns des autres, enfoncés de 0m 25 (vingtcinq centimètres dans le sol et recepés ensuite uniformément à 0m 10 (dix-centimètres) au dessus. .
Les piquets, qui formeront le bâti des haies sèches, seront espacés d’un mètre d’axe en axe et enfoncés de 0m 70 (soixante-dix centimètres) dans le sol, au moyen de la masse à deux manches.
Le corps de la haie sera formé, par mètre courant, de cinquante brins d’épines au moins, taillés horizontalement et maintenus par deux cours de liens horizontaux, placés respectivement à 0m 50 (cinquante centimètres et 1 m 10 (un mètre dix centimètres) du sol. Les deux liens formant un même cours, seront fortement réunis l’un à l’autre par des harts ; il y aura au moins trois ligatures par mètre courant ; l’assemblage des baguettes consécutives d’un même lien aura au moins 0m 50 (cinquante centimètres) de longueur et présentera deux ligatures.
(59) Les trous destinés à recevoir les arbres, auront 0m 80 (quatre-vingts centimètres)
de côté, sur 0™ 70 (soixante-dix centimètres) de profondeur dans les terrains en remblais ; mais dans les terrains vierges, la craie ou le gravier, les dimensions pourront être portées à 1 m 00 (un mètre) et même à 1 111 50 (un mètre cinquante centimètres) en tous sens. Ils seront ouverts deux mois au moins avant la plantation.
Les plantations auront lieu du 1er novembre au 1er février suivant. Le fond des trous sera d’abord rempli en terre végétale, jusqu’à 0ra 50 (cinquante centimètres) en contre-bas du niveau du terrain ; l’arbre sera alors placé verticalement ; ses racines, étalées avec soin, seront recouvertes d’une couche de terre végétale, meuble, bien divisée, jetée à la main pour ménager le chevelu, et l’on achèvera ensuite de remplir le trou, en comprimant légèrement la terre au pourtour de l’arbre. Pour maintenir ce dernier dans sa position, un tuteur sera placé, si l’ingénieur en reconnaît la nécessité; et enfin, pour en faciliter la reprise, l’entrepreneur sera tenu d’effectuer, pendant le délai de garantie, les arrosages et binages qu’exigera son état.
Lorsque les trous seront ouverts dans des terrains improductifs, les déblais qui proviendront de la fouille seront, sur l'ordre de l’ingénieur, transportés en dépôt et remplacés, sur les bords du trou, par des terres végétales, prises aux endroits qui seront indiqués à l’entrepreneur.
Les arbres seront placés aux distances fixées par l’ingénieur. Ils jalonneront des lignes parfaitement droites, ou des courbes parfaitement régulières, suivant que les portions correspondantes du canal ou de la dérivation seront droites ou courbes.
L’administration possédant des pépinières sur les francs-bords ou autres dépendances
des canaux déjà construits, l’entrepreneur sera tenu de planter les arbres qui en proviendront, en se conformant aux obligations imposées ci-dessus.
Ceux de ces arbres qui languiraient ou périraient pendant la période de la garantie, seront remplacés par l’entrepreneur et à ses frais; mais les nouveaux sujets lui seront fournis par l’administration.
(GO) Les boutures d’osiers plantées sur les talus ou les terrains exposés aux corrosions des eaux seront alignées au cordeau et disposées en quinconces. Les intervalles seront de 0® 15 (quinze centimètres) entre les rangées et entre les plants. On les enfoncera de 0m 20 (vingt centimètres) dans des trous faits avec un plantoir et l’on pressera ensuite la terre avec la main. Pendant toute la durée de la garantie, l’entrepreneur sera tenu de sarcler les plantations en temps utile pour en assurer la réussite. 11 sera responsable des dégradations que ces opérations pourraient occasionner aux talus.
(61) L’entrepreneur ne commencera les chaussées en pavés ou en empierrement, qu’après
que l’ingénieur aura vérifié l’inclinaison des pentes et rampes, et se sera assuré que l’encaissement est préparé partout à la profondeur et suivant la forme prescrites. Dans les parties en remblais de plus de 1 m 00 (un mètre) on ne construira la chaussée que deux mois au moins après l’achèvement des terrassements.
Ces chaussées, à moins d’ordres contraires, auront un bombement égal au cinquantième de leur largeur ; pour le régler, l’atelier sera muni d’une cerce exécutée aux frais de l’entrepreneur, d’après le profil donné par l’ingénieur.
(62) Pour les chaussées ou les caniveaux à établir en pavés, l’encaissement en ayant été
convenablement préparé, on répandra et on régalera suivant le bombement ou les pentes transversales fixées, une couche de sable de 0,n 15 (quinze centimètres) d’épaisseur. On commencera par poser les bordures ; elles seront établies suivant les alignements et pentes déterminés, bien de niveau d’un bord à l’autre, affermies au marteau et garnies de sable dans leurs joints.
On posera ensuite les pavés par rangées droites, d’une largeur uniforme et perpendiculaires à l’axe de la chaussée ; ils seront en liaison de moitié de leurs parements d’un rang à l’autre, joints en bouts et en rive et soigneusement garnis de sable. Au fur et à mesure de la construction, un ouvrier dressera les pavés et les bordures, en les battant à la hie jusqu’à ce que la percussion ne produise plus aucun tassement.
L’entrepreneur devra remplacer, sans délai, les pavés qui s’écraseraient ou se fendraient par l’effet de cette main-d’œuvre et réparer les flaches qu’elle produirait.
Enfin, après la visite du pavage, et sur l’ordre de l’ingénieur ou du conducteur des travaux, il sera répandu sur la surface de la chaussée une couche de sable de 0“ 02 (deux centimètres d’épaisseur.
(63) Pour les chaussées à établir en empierrement, l’encaissement ayant été convenable¬
ment préparé, on répandra uniformément et suivant le bombement fixé, les matériaux destinés à le remplir.
ni 52
Plantations de.boutures d’osiers.
Chaussées en pavés ou en
empierrement.
Pavages des chaussées.
Empierrement des chaussées.
Dans le cas on les matériaux n’auraient pas été emmétrés sur le lieu même de leur emploi et où, par suite, leur transport serait à effectuer, la chaussée sera commencée au point le plus rapproché des lieux de dépôt, de manière que les brouettes et les. voitures ne passent que sur des portions de chaussées déjà faites et jamais dans l’encaissement à nu.
Les chaussées en empierrement auront 0m 25 (vingt-cinq centimètres) d’épaisseur, au moment de leur construction.
Dans les endroits où il sera reconnu nécessaire d’en faire la fondation en gros blocs, les pierres brutes destinées à ce travail seront posées de champ, sur celui de leurs bords le plus épais, et aussi jointivement que possible sur le fond de l’encaissement. Les interstices en seront remplis avec des pierres moins grosses qui y seront enfoncées à la masse et qui compléteront l’épaisseur qui sera indiquée par l’ingénieur pour la couche de fondation, dans laquelle, d’ailleurs, il ne pourra être employé aucune pierre dont la hauteur excéderait cette épaisseur. Une fois cette fondation terminée, on procédera à la confection de la couche supérieure, comme il a été dit ci— dessus pour les chaussées formées d’une seule couche.
Après l’achèvement de ces chaussées, et lorsque l’examen en aura été fait, il sera étendu à leur superficie une couche de 0m 03 (trois centimètres) de tuf ou de sable pour en hâter la prise et rendre la circulation facile.