MAÇONNERIES
Extinction de la chaux.
(04) La chaux sera éteinte en poudre par immersion, ou en pâte par le procédé ordinaire.
Pour éteindre la chaux en poudre, on l’immergera dans des paniers en fer à clairevoie et dans lesquels elle sera clfargée au moyen de pelles grillées ou à jour ; on la laissera plongée dans l’eau pendant quelques secondes, puis on la déposera immédiatement sous des hangars bien abrités du vent et de la pluie, dans des futailles ou de grands encaissements, où la chaleur puisse se concentrer. Lorsqu’elle sera refroidie, on la passera à travers un bluteau à toile métallique, présentant au moins soixante-quatre mailles au centimètre carré, et on la mettra ensuite, à la manière du plâtre, dans des sacs de toile serrée pour la conserver et la transporter à pied-d’œ'uvre.
Pour éteindre la chaux en pâte par le procédé ordinaire, on la répandra à la pelle, dans des bassins imperméables, exécutés soit en bois soit en maçonnerie. On l’y étendra par couche de 0m 20 à 0m 25 (vingt à vingt-cinq centimètres) d’épaisseur. On y amènera, ou on y jettera de l’eau au fur et à mesure et de telle manière qu’elle puisse circuler et pénétrer facilement dans les vides que les fragments de chaux vive laisseront entre eux. A mesure que l’effervescence se manifestera, on continuera de jeter alternativement de la chaux et de l’eau, en se gardant bien de broyer la matière, ou de la réduire en laitance.
Si quelques parties fusent à sec, on y dirigera l’eau par des rigoles tracées légèrement dans la pâte ; et de temps en temps on enfoncera un bâton pointu dans les endroits où l’on soupçonnerait que l’eau a pu manquer. Si le bâton en sort enduit d’une chaux gluante, l’extinction est bonne ; s’il s’élève, au contraire, une fumée farineuse, c’est une preuve que la chaux a fusé à sec ; on élargira alors le trou, on en fera d’autres à côté et l’on y amènera l’eau.
Le résultat immédiat de l’extinction devra produire une pâte bien homogène, à la fois ductile et ferme, comparable à celle de l’argile à poterie. Toute bassinée, noyée ou fusée à sec sera de rebut.
On n’éteindra ainsi que la chaux nécessaire à la consommation d’une ou de deux journées; elle devra avoir, au moment de l’emploi, au moins vingt-quatre heures et au plus soixante heures d’extinction.
Les bassins dans lesquels se fera l’extinction devront être établis sous des hangars, à l’abri de la pluie et du soleil.
(65) Tous les mortiers., excepté ceux destinés à la pose du moellon calcaire piqué, de la meulière smillée et de la pierre de taille employés en parement, seront faits au moyen de manèges établis à cet effet sur les chantiers. Dans des auges en pierres se mouvront deux roues inégalement éloignées du centre de rotation, montées sur des essieux distincts, et disposées de telle façon qu’elles embrassent exactement toute la largeur du fond de l’auge et en parcourent successivement tous les points. A l’essieu de chacune d’elles, seront fixés une espèce de soc de charrue et des couteaux destinés à ramener vers le milieu de l’auge, en les divisant, les matières qui adhéreraient aux parois.
Les roues dont on se servira seront à jantes larges et au moins aussi fortes que celles que Ton emploie au gros roulage sur les grandes routes.
Dans certains cas, et pour les ouvrages de peu d’importance, l’entrepreneur pourra être autorisé à préparer le mortier sur une aire en madriers ou en pierres, au moyen de pilons ou de battoirs, dont les formes et les dimensions seront indiquées par l’ingénieur.
Le mélange des matières qui entreront dans la composition des mortiers, devra êtrë parfait. A cet effet, si la chaux a été éteinte par le procédé ordinaire, on commencera par la broyer séparément dans le manège, et par la réduire en pâte sans addition d’eau. On aura. soin, pendant cette opération, et avant, s’il est possible, de retirer les biscuits et les incuits, ou tous autres corps étrangers, et ces déchets seront immédiatement remplacés par un volume égal de bonne chaux. Quand il sera fait usage de pouzzolane, on la jettera alors dans l’auge ; le mélange sera broyé, de manière à le rendre intime et à l’amener à la consistance qui vient d’être indiquée ; puis on y ajoutera successivement et par petites doses, le sable à employer. Enfin, quand toutes les matières seront entrées dans la broyée, le manège, qui n’aura pas cessé de marcher depuis le commencement de l’opération, continuera de se mouvoir jusqu’à ce que le mélange ne laisse rien à désirer.
Il ne sera généralement ajouté d’eau dans la chaux que lorsqu’on fera usage de
Fabrication des mortiers.
pouzzolane. Dans tous les cas, l’autorisation de l’ingénieur sera nécessaire pour en employer, et la proportion en sera indiquée par lui. Tout mortier dans lequel on aurait mis furtivement de l’eau sera immédiatement enlevé de l’atelier.
Lorsqu’il sera fait usage de chaux éteinte en poudre par immersion, on ne jettera dans l’auge du manège que la quantité d’eau rigoureusement nécessaire pour l’amener à l’état de pâte ferme.
Les mortiers destinés à la pose du moellon piqué, de la meulière smillée et de la pierre de taille, seront préparés sur des aires en pierres. Ils seront faits avec un soin particulier, par petites quantités, au moyen de pilons en fonte de la forme d’une demi-sphère, et dont le modèle sera remis à l’entrepreneur.
Les mortiers devront, en général, être fermes ; ils présenteront une consistance telle, qu’une boule de sept à huit centimètres de diamètre puisse se soutenir sur une surface plane, sans se déprimer de plus de quatre à cinq millimètres. Le mortier qui serait plus mou, au moment de l’emploi, sera rejeté et les maçonneries où il en serait entré, pourront être démolies.
Les mortiers seront fabriqués et conservés sous des hangars, à l’abri de la pluie et du soleil.
Le mortier destiné à l’exécution des massifs de remplissage, qui n’aura pas été employé dans les douze heures qui suivront sa fabrication, devra être broyé de nouveau. Onrebattera le mortier de pouzzolane qui n’aurait pas été employé dans les deux heures qui suivront sa fabrication.
Lorsque les mortiers auront été mouillés par la pluie sur les maçonneries, iis seront broyés de nouveau avec de la chaux éteinte en poudre par immersion, et en quantité suffisante pour qu’ils reprennent une consistance convenable. On pourra exiger qu’ils soient reportés au manège.
On agira de la même manière, quand les pluies auront rendu le sable tellement humide qu’il y aura impossibilité d’amener le mortier à une dureté suffisante.
Dans tous les cas, l’entrepreneur sera tenu de se conformer immédiatement et ponctuellement à tous les ordres qu’il recevra, tant pour la bonne confection et le bon emploi des mortiers de toute espèce, que pour toutes les mains-d’œuvre qui s’y rattachent.
Toutes les matières qui entreront dans la composition des mortiers, seront mesurées par l’entrepreneur et à ses frais, en présence des agents de l’administration. Ce mesurage sera fait dans des coffres de brouettes, dont les formes et les dimensions seront déterminées par l’ingénieur.
Le mortier de chaux et de sable sera composé d’une partie de chaux et de deux parties de sable.
Le mortier de chaux, sable et pouzzolane sera composé de cinq parties de chaux, neuf de sable et une de pouzzolane.
Le mortier de chaux et ciment commun sera composé de deux parties de chaux et de trois de ciment.]
Le mortier bâtard ou de chaux, sable et ciment commun, sera composé de cinq parties de chaux, sept de sable et trois de ciment.
Le tout mesuré en volume, la chaux étant en pâte ramenée à l'état compact, et non en morceaux entremêlés de vides, telle qu’on l’extrait des bassins.
(66) Le ciment de Vassy ne sera généralement mis en œuvre que par des ouvriers Ciment de Vassy.
spéciaux, habitués à la trituration et à l’emploi de cette matière. Néanmoins, dans les cas imprévus et urgents, ou bien lorsqu’il ne s’agira que de travaux d’une faible importance, cet emploi pourra être confié, à des maçons habiles pris sur l’atelier.
La trituration du sable et du ciment se fera à l’aide de la truelle, sur une table de 0m 80 (quatre-vingts centimètres) de longueur, sur 0m 60 (soixante centimètres) de largeur, portant sur trois de ses côtés des rebords de 0m 15 (quinze centimètres) environ de hauteur. On n’opérera à la fois que sur de très-faibles volumes, deux décimètres cubes environ ; et quand, après avoir été gâchées quelques instants, les matières seront intimement mélangées, l’emploi en aura lieu immédiatement. Tout mortier qui par un commencement de prise serait devenu trop dur pour être employé, sera jeté hors du chantier. Jamais il ne sera permis de le ramollir, en le gâchant de nouveau avec une nouvelle addition d’eau.
Les proportions, en volume, des mélanges à opérer seront les suivantes :
Pour les rocaillages en maçonneries ordinaires, une partie de sable et une de ciment.
Pour les rejointoiements, deux parties de sable et trois de ciment.
Pour les enduits et les étanchements, une partie de sable et deux de ciment.
Pour les scellements, le ciment pur.
(67) Les pierres cassées, les cailloux ou les graviers destinés à la confection du béton, Fabrication
après avoir été parfaitement purgés des matières étrangères, seront, au moment et emPloi du béton
de l’emploi, chargés dans des brouettes grillées ou à jour, au moyen de pelles ou
de petits vans également grillés ; ils seront ensuite lavés à grande eau, de manière
que toutes les faces soient nettes et humides, et conduits immédiatement sur le
lieu où devra s’opérer le mélange avec le mortier. Ce mélange se fera soit dans
des bétonnières, soit à bras sur une aire en planches, au moyen de griffes et de
pelles en fer ; quel que soit le mode employé, il ne sera considéré comme achevé
que lorsqu’il en sera résulté une masse parfaitement homogène et dans laquelle
chacune des pierres sera bien entourée d’une gangue de mortier.
Le béton sera composé de trois parties de pierrailles contre deux de mortier.
Un ordre de service spécial déterminera, dans chaque cas particulier, l’espèce de mortier à employer, ainsi que les proportions de la pierre cassée et du gravier qui devront constituer la pierraille proprement dite.
L’immersion du béton aura lieu au moyen de caisses à fond ouvrant, contenant au moins 0m 20 (vingt centièmes) de mètre cube, manœuvrées par des treuils posés, soit sur des échafaudages, soit sur des radeaux. Chaque caisse sera doucement descendue sans frein jusqu’au fond de la fouille où on l’ouvrira. L’opération corn-
Maçonneries en pierres de taille.
mencée à l’une des extrémités de la fouille, se continuera de manière que la couche entière de béton s’avance progressivement sur toute sa hauteur vers l’autre extrémité. La laitance, poussée en avant avec des balais plats, sera enlevée à la drague à mesure qu’elle se formera.
Autant que possible, le travail se continuera sans interruption ; mais si quelques suspensions étaient indispensables, après chacune d’elles, le talus de la couche de béton coulé et que doit recouvrir la couche de béton à couler, sera balayé avec soin.
Lorsque le volume à immerger sera peu considérable, que la hauteur de l’eau dans la fouille sera de 1 m 00 (un mètre) au plus et que la surface supérieure de la couche de béton devra s’élever au dessus du niveau de l’eau, on procédera ainsi qu’il suit :
On fera dans l’un des angles de la fouille, au moyen d’une caisse ou d’une trémie, un champignon sur lequel on versera à sec le béton transporté dans des brouettes ; puis à l’aide de la pression des pieds, et par un mouvement lent, on fera descendre et avancer la masse peu à peu, de manière qu’elle présente toujours à l’eau la même surface. On continuera ainsi à verser le béton sur le massif déjà coulé, en ayant soin de ne l’ébranler que le moins possible et d’enlever la laitance et les matières vaseuses poussées en avant du talus.
Quand le béton sera employé à sec, il sera étendu par bandes perpendiculaires à la longueur, en donnant immédiatement à la couche qu’il doit former son épaisseur définitive, puis avant qu’il ait eu le temps de faire prise, on le comprimera ou on le battra fortement.
(68) Pour poser la pierre de taille, on commencera par dégrader le mortier de l’assise inférieure^ afin d’en enlever les fragments friables et de faire disparaître toute surface lisse. On nettoiera vigoureusement la pierre à recouvrir par de nouvelles maçonneries et on l’arrosera légèrement. On y étendra une couche de mortier d’une épaisseur convenable ; puis, la pierre, après avoir été nettoyée et humectée, sera abattue ou placée à la louve sur son lit, bien de niveau. On l’assurera au moyen de masses ou de Lies en bois, de telle sorte que le mortier s’échappe de toutes parts. Les joints montants seront alors fichés avec du mortier de pose, de manière à remplir tous les vides, dans les plus grands desquels on enfoncera ensuite, à coups de mailloche, des tuileaux ou des éclats de pierres qui seront ainsi entièrement noyés dans le mortier.
Jamais, dans aucun cas, les joints ne pourront être remplis avec du coulis.
L’emploi de cales pour la pose des pierres est expressément interdit. Néanmoins, si la pose sur mortier de quelques-unes d’entre elles, de grandes dimensions, offrait trop de difficultés, l’ingénieur pourrait tolérer l’emploi de cales dont il fixerait la forme et la nature et qui devraient être enlevés immédiatement après la pose de la pierre. Dans ce cas, les lits seront remplis avec soin en mortier au moyen de la fiche à dents.
Les pierres seront posées à joints recouverts de 0m 25 (vingt-cinq centimètres) au
moins ; la largeur des joints des li Is sera de 0m 008 (huit millimètres) au plus et celle des joints montants de 0m 005 à 0m 006 (cinq à six millimètres).
On aura soin dans le bardage et la pose, de ne jamais poser la pince qu’à 0m 30 (trente centimètres) au moins du parement, et de se servir de valets ou de paillassons pour prévenir toute écornure des arêtes.
(69) Les moellons à employer en parenïent, quelle que soit leur nature, durs ou tendres, piqués, demi-piqués ou smillés, après avoir été préalablement arrosés, ainsi que la place qu’ils doivent occuper, seront posés sur une épaisse couche de mortier étendue, tant sur le lit de l’assise inférieure que sur le joint de celle dont ils font partie, serrés ensuite en lit et joint à coups de mailloche, de manière à faire refluer le mortier sur le pourtour, garnis de mortier par derrière et calés avec des éclats de pierres dures.
Les assises seront composées de moellons ayant tous exactement la même hauteur. Les lits de chacune d’elles seront bien horizontaux et d’une régularité parfaite. Leur largeur sera de 0m 015 (quinze millimètres) au plus pour les assises de moellons smillés et 0m 008 (huit millimètres) au plus pour les autres ; celle des joints sera de 0m 012 (douze millimètres) au plus pour les premières, et 0m 005 (cinq millimètres) au plus pour les secondes.
Le parement vu des maçonneries de moellons, sera établi à 0ra 02 ou 0m 03 (deux ou trois centimètres) en retraite sur celui des maçonneries adjacentes en pierres de taille, et à chaque assise de ces dernières devront correspondre exactement deux ou trois assises de moellons, suivant les indications de l’ingénieur qui fera connaître également l’ordre à adopter dans leur superposition.
Les moellons de parement seront posés en liaison d’au moins 0m 10 (dix centimètres) .
Les longueurs en queue de deux moellons adjacents différeront de 0m 10 (dix centimètres) au moins et, ainsi qu’il a été indiqué à l’article 10, il sera employé sur cinq moellons une boutisse de 0“ 50 (cinquante centimètres) de queue.
Dans les radiers, le moellon sera posé par rangées bien régulières. On garnira les queues avec le plus grand soin en mortier et éclats de pierres bien noyés.
Dans l’exécution des voûtes, les cintres et les couchis ayant été placés suivant les précautions qui seront indiquées, on élévera la voûte simultanément des deux côtés sur toute la longueur, en ayant soin de faire correspondre exactement deux ou trois rangs de moellons aux claveaux en pierres de taille des têtes et des chaînes intermédiaires. Les moellons de la douelle seront posés par rangées droites et parallèles ; leurs lits et leurs joints devront être normaux à la surface de l’intrados.
Les reins et le reste de l’épaisseur de la voûte seront bien Raisonnés avec les parements et exécutés par bandes dont les lits tendront au centre, et formeront le prolongement de ceux des moellons de l’intrados.
On ne décintrera qu’après avoir donné au mortier le temps de prendre un durcissement convenable. Ce délai sera déterminé par l’ingénieur.
Maçonneries en moellons pour parements vus.
Maçonneries de remplissage en moellons bruts.
L’ébousinage et la taille des moellons devront être faits en dehors des maçonneries, en sorte qu’il n’y ait plus qu’à mettre ces derniers en place, une fois qu’ils seront arrivés à pied d’œuvre.
(70) Les moellons à employer dans les maçonneries de remplissage, après avoir été nettoyés et ébousinés sur le chantier, et non sur les maçonneries, seront arrosés au moment de la mise en œuvre, pour que toutes les surfaces en soient nettes et humides. Chacun d’eux sera présenté à sec dans l’emplacement qu’il doit occuper, enlevé ensuite et replacé après que cet emplacement aura été rempli de mortier, tassé alors au moyen d’une mailloche en bois, de manière que le mortier
souffle sur tout le pourtour, et enfin calé avec des éclats de pierres dures,
enfoncés de champ à la mailloche dans les interstices préalablement garnis de mortier.
L’emploi de têtus ou autres instruments en fer pour tasser les moellons est interdit ; et afin de prévenir les inconvénients pour les maçons, du maniement des matériaux mouillés en contact avec la chaux caustique, il leur sera fourni par l’entrepreneur, ou à ses frais par l’administration, du goudron dont ils pourront se frotter les mains plusieurs fois par jour.
Chaque moellon sera placé sur le côté qui présentera le plus d’assiette, et autant que possible sur son lit de carrière ; aucun d'eux ne devra en toucher un autre sans l’intermédiaire du mortier. Tout moellon cassé pendant la pose sera relevé, et la cassure remplie de mortier. Enfin, la maçonnerie ne devra présenter aucun vide, ni aucun moellon vacillant, ni aucun intervalle un peu considérable rempli uniquement en mortier.
Les maçonneries de remplissage ne seront jamais arasées dans l’intérieur d’un massif, soit au moyen d’une couche générale de mortier, soit au moyen d’éclats posés à plat. On devra, au contraire, laisser subsister le plus d’aspérités possible, afin de mieux relier les unes aux autres les parties successivement construites et d’en former ainsi un seul et même bloc. On s’attachera de même à bien liaisonner les maçonneries de remplissage avec celles de parement.
Les parements du côté des terres seront bien dressés ; les moellons dont ils seront formés auront au moins 0m 30 (trente centimètres) de queue ; ils seront grossièrement épincés de manière à prendre une bonne assiette et à laisser moins de vides entre eux. Au moment de l’exécution, on relèvera le mortier des joints de ces parements, on le pressera et lissera fortement à la truelle, en le raccordant avec la face des moellons, de manière à obtenir un bon jointoiement. Les moellons sur lesquels il sera établi une retraite, devront avoir en queue les mêmes dimensions augmentées de toute la largeur de la retraite.
Lorsqu’il s’agira de recouvrir par des maçonneries neuves des maçonneries antérieurement faites, ces dernières seront parfaitement nettoyées avec un fort balai; tous les moellons ébranlés seront enlevés avec le mortier qui les entoure ; les joints des moellons restants seront dégradés et nettoyés avec soin ; puis on les arrosera légèrement., de manière qu’elles soient humides sur toute leur surface, sans cepen-
dant qu’il y reste de flaques d’eau, et l’on commencera immédiatement la nouvelle maçonnerie.
On agira de la même manière, quand on joindra latéralement une maçonnerie h une autre.
Lorsque l’on concevra des doutes sur les qualités des matériaux, l’entrepreneur devra, sur l’ordre qui lui en sera donné, faire avant l'exécution des maçonneries la séparation des moellons les meilleurs et reconnus inattaquables à la gelée. L’ingénieur reconnaîtra ces approvisionnements et ils seront employés exclusivement sur une épaisseur de 0m 60 (soixante centimètres), derrière la maçonnerie de parement. Si le triage n’est pas fait convenablement et en temps opportun, il y sera'procédé aux frais de l’entrepreneur. Les mains-d’œuvre résultant de l’accomplissement de ces conditions seront considérées comme faisant partie des faux-frais de l’entreprise et ne donneront lieu à aucune allocation supplémentaire.
Le mortier ne pourra être déposé à pied-d’œuvre que dans des caisses ou des tinettes disposées à cet effet, et pour l’empêcher de durcir, s’il n’est pas employé promptement, les maçons ou leurs servants devront le corroyer de temps à autre, mais sans y ajouter d’eau, Tout mortier dans lequel on aurait ajouté de l’eau sera de rebut et immédiatement enlevé du chantier.
Les maçonneries fraîches seront, pendant les chaleurs, maintenues dans un état constant d’humidité par de fréquents arrosements, ou couvertes par des paillassons ou des toiles goudronnées, afin de prévenir une dessiccation trop rapide des mortiers.
Les éclats destinés à garnir les vides que présenteront les moellons, ne seront jamais préparés sur les maçonneries ; à défaut d’éclats de pierres de taille, l’entrepreneur fera casser, sur les ateliers,, les moellons choisis parmi les plus durs.
Les brouettes employées au service des maçonneries, ou à tout autre service, ne pourront circuler sur celles-ci qu’en passant sur des madriers disposés préalablement sur toute l’étendue du trajet à parcourir.
(71) La brique, au moment de l’emploi, sera plongée dans l’eau pendant quelques secondes,
et lorsqu’un lit sera terminé, on aura soin, avant de commencer le lit supérieur, d’en bien humecter la surface.
Le mortier, moins ferme que celui que l’on emploiera dans les autres maçonneries, sera étendu en couche plus forte qu’il n’est nécessaire ; afin qu’en pressant la brique et la serrant en joint, on puisse le faire jaillir de tous côtés. L’épaisseur des lits et joints sera de 0m 01 (un centimètre) environ.
Les briques seront posées en liaison de moitié de leur longueur.
Les parements vus de cette maçonnerie seront parfaitement plans, ou exécutés suivant les courbes prescrites ; les arêtes en seront bien nettes et bien rectilignes, ou régulièrement courbes suivant les formes prescrites.
(72) L’aire, destinée à recevoir les carreaux, sera en gravier fin, de 0m 04 (quatre centi¬
mètres) d’épaisseur, parfaitement dressée, bien damée et arrosée avec du lait de
in. 53
Maçonneries de briques.
Carrelage.
«chaux. Les carreaux, posés sur une bonne couche de mortier ou de plaire, seront serrés en joints, de manière que le mortier souffle sur leur pourtour ; ils devront, comme l’aire, présenter après leur pose une surface parfaitement dressée.
Ragrémenis (73) Les ragréments seront exécutés à mesure que l’on élèvera les maçonneries et cornet jomtoiements. piétés ensuite de manière qu’après leur achèvement, on n’aperçoive dans les
■ parements, ni jarrets, ni balèvres, ni ondulations.
Les parements de toute espèce seront jointoyés, au fur et à mesure de leur avancement, avec le mortier qui aura servi à l’exécution. Le mortier sera pressé d’abord avec l’extrémité d’une petite truelle, puis frotté ensuite avec des lissoirs courbes, à surface plane ou concave, dirigés par une règle de manière que les joints se dessinent en lignes parfaitement droites. Les joints seront rentrants, et les arêtes des pierres, des moellons ou des briques parfaitement dégagées de toute bavure de mortier.
Si, par suite d’un défaut de pose ou de taille inaperçu lors de la construction, des pierres ou moellons se touchaient en un ou plusieurs points de leurs arêtes, on ouvrira le joint à l’aide du ciseau pour y introduire le mortier. • •
Lorsqu’il y aura lieu de refaire des joints qui se trouveraient dégradés, le mortier de pose, ou vieux mortier, sera enlevé à l’aide d’un crochet, jusqu’à une profondeur de 0m 03 (trois centimètres) au moins. On balayera fortement les joints mis à découvert ; on les arrosera à grande eau, à l’aide d’une petite pompe à main ; avant qu’ils n’aient eu le temps de sécher, on y introduira le mortier nouveau avec une lame de fer, faite pour cet usage, et l’on achèvera le travail, comme il est dit ci-dessus.
Les joints seront abrités ou arrosés pendant les chaleurs, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus à craindre qu’ils se fendillent.
Si, dans les rejointoiements, l’on emploie du ciment de Yassy, au lieu de mortier, les • procédés à suivre seront les mêmes ; à l’exception, qu’après avoir introduit et
pressé fortement le ciment dans les joints, on se hâtera de dessiner ces derniers à l’aide de la règle et du lissoir, sans y revenir après coup pour les lisser et troubler ainsi la prise du ciment.
Crépis et enduits. (74) Pour les crépis à l’extérieur, lorsque les maçonneries seront suffisamment sèches, on
nettoiera les joints des pierres, on arrosera la superficie du parement, ongarnirales joints les plus creux de mortier ou de plâtre dans lequel on enfoncera, lorsque cela sera possible, des éclats de pierres dures de manière à aplanir la surface, autant que possible ; et sur ce rocaillage ou renformis, on fouettera immédiatement le crépi, soit à la truelle, soit au balai.
Pour les enduits intérieurs, on nettoiera les joints et on arrosera comme pour les crépis extérieurs. On crépira le parement avec de gros mortiers ou du plâtre, en le râclant pour en remettre sur les endroits où il en manque, et former une surface qui présente des aspérités et puisse se lier avec l’enduit proprement dit ; ce dernier sera étendu le plus régulièrement possible, dressé à la truelle bretée et frotté.
Les aires et les plais fonds se feront de la même manière. Seulement, la dernière couche sera mêlée de colle, appliquée en pâte molle et frottée jusqu’à ce qu’elle ait pris un beau poli.
(75) Les chapes ne seront exécutées qu’après le décintrement, et leur épaisseur sera indi¬
quée dans chaque cas particulier par l’ingénieur.
Elles seront en béton ou en mortier. Dans le premier cas, les pierrailles employées dans le béton n’auront pas plus de 0m 02 (deux centimètres) en tous sens.
On dégradera convenablement les joints de la maçonnerie; on y jettera le béton ou le mortier sur l’épaisseur convenable ; on le pétrira et battra fortement ; on le lissera ensuite à la truelle, et à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’il ne paraisse plus de gerçures.
La chape, aussitôt après son achèvement, sera recouverte par des paillassons, des toiles, ou une couche de sable et arrosée fréquemment, au besoin, pour prévenir une dessiccation trop prompte.
(76) Les déversoirs des barrages seront essentiellement composés d’un noyau en menus
matériaux renfermés latéralement entre des cloisons en charpente ou en maçonnerie et recouverts par un pavage en glacis.
On commencera par couler, contre les pieux demi-jointifs du vannage d’aval de ces déversoirs, un diaphragme de 0m 60 à 0m 80 (soixante à quatre-vingts centimètres) de largeur, en moellons assez gros pour ne pouvoir passer, en aucun sens, par les intervalles des pieux ; en ayant soin, autant que possible, de remplir successivement en moellons plus petits les vides que les premiers laisseraient entre eux. Aussitôt que ces matériaux pourront être placés à la main, c’est-à-dire, à partir de 0m 30 à 0m 40 (trente à quarante centimètres) en contre-bas du niveau de l’eau, cette espèce de maçonnerie sera faite avec le plus grand soin ; tous les moellons seront posés sur le côté qui présentera le plus d’assiette, ceux des parements étant assujettis entre les pieux, les autres serrés contre eux, et tous ne laissant entre eux aucun vide qui ne soit exactement rempli par des éclats. On immergera ensuite les pierres cassées ou les pierrailles formant le noyau du déversoir, en arasant ce massif aux differents niveaux, ou suivant les différentes formes que doit présenter sa surface supérieure, et enfin on procédera à la pose des bordures et des pavés du glacis. Ces pavés seront posés normalement au plan du glacis et par assises bien régulières, serrés en lits et joints, de manière à se toucher sur toutes leurs faces, et calés soigneusement, de manière à ne laisser aucun vide. Leurs parements devront former une surface parfaitement plane, sans bosses ni flaches.
Si, dans quelques cas, eu égard à la nature particulière et à la régularité des formes des matériaux fournis par les carrières désignées, les devis particuliers autorisent la construction des glacis des déversoirs en moellons bruts avec parements à joints incertains, ces moellons seront choisis parmi les mieux gisants ; ils devront avoir au moins 0m 50 (cinquante centimètres) de queue, et être dégrossis au têtu sur la face et les joints. Ils seront posés le plus jointivement possible et soigneusement calés en queue. Les vides que présentera le parement n’auront que 0m 05 (cinq
Chapes.
Maçonneries en pierres sèches pour les déversoirs des barrages.
Maçonneries en pierres sèches pour perrés.
Enrochements et risbermes.
centimètres) au plus, dans leur plus grande dimension. Ils resteront ouverts jusqu’après l’achèvement du pavage, et seulement alors, après une autorisation expresse donnée par l’ingénieur, ils seront remplis au moyen de cales en pierres dures, enfoncées au marteau, de manière à serrer fortement tous les moellons les uns contre les autres.
(77) Les perrés auront rigoureusement les inclinaisons et les épaisseurs prescrites dans les
devis particuliers ; leur socle de fondation, qu’il soit descendu sous l’eau ou construit entièrement à sec, sera exécuté d’une manière analogue à celle qui est indiquée à l’article précédent pour le corps des déversoirs, et avec tout le soin prescrit pour cette espèce de maçonnerie.
Lorsqu’il faudra établir un perré sur un remblai, on laissera tasser les terres le plus longtemps possible ; dans tous les cas, ces terres devront être pilonnées avec le plus grand soin et arrosées sur une épaisseur de 0m 50 (cinquante centimètres) au derrière du massif. Puis on étendra sur le sol ainsi préparé, une couche de gravier ou de menues pierrailles de 0m 10 (dix centimètres) d’épaisseur.
Les pierres de taille, les moellons épincés, demi-épincés ou smillés qui, suivant les cas, formeront les parements, auront leurs lits placés perpendiculairement à la surface du talus et rempliront, du reste, les mêmes conditions que pour les maçonneries avec mortier. On ne tolérera pas de cales dans le parement ; mais il en sera placé avec soin dans les vides que laisseront entre elles les queues de ces pierres, afin de les faire porter en joints et d’assurer ainsi leur stabilité,
La maçonnerie de remplissage sera faite en moellons ordinaires, mais non gelifs, posés en liaison et dans le prolongement des assises du parement. Les plus grands soins seront apportés à son exécution. Les moellons devront être bien gisants, et tous les vides qu’ils laisseront entre eux remplis exactement d’éclats de pierres.
Lorsque les devis particuliers autoriseront la construction de perrés avec parements à joints incertains, ces parements seront exécutés avec tout le soin et suivant les règles prescrites, à l’article précédent, pour les parements analogues des glacis des déversoirs, à l’exception seulement de la longueur de queue des moellons qui pourra n’être que de 0m 55 (trente-cinq centimètres), au lieu de 0m 50 (cinquante centimètres).
(78) Les enrochements et risbermes seront exécutés en pierres de fortes dimensions ; la
moitié d’entre elles devront, comme il a été dit à l’article 13, cuber au moins 1/25 (un vingt-cinquième) de mètre cube. Les pierres les plus petites seront répandues sur le fond et les plus grosses à la surface ; celles qui formeront le parement, quand l’enrochement ne sera pas recouvert de plus de 0m 30 (trente centimètres) d’eau, seront posées à La main, de manière à former une masse pleine et bien liaisonnée.
Lorsque ces risbermes ou ces enrochements seront exécutés sur des points où devront passer les bateaux, on apportera le plus grand soin à ce qu’aucun des moellons employés ne dépasse le niveau fixé pour la surface supérieure de l’ouvrage. Tout
Fondations sur sable.
Démolition de maçonneries.
moellon qui ferait saiilie sera immédiatement enlevé par l’enlrepreneur, ou à ses frais, et sous sa propre responsabilité.
(79) Dans le cas où l’on jugerait à propos d’exécuter sur sable la fondation de murs ou
d’autres ouvrages d’art, le sable devra avoir toutes les qualités exigées pour celui à employer dans les maçonneries; il sera répandu dans la fouille par couches de 0m 10 (dix centimètres) d’épaisseur, fortement arrosé et pilonné.
(80) Si, dans l’exécution des travaux, l’on rencontre d’anciennes maçonneries qu’il faille
démolir, ce travail s’exécutera avec soin et de manière à n’endommager les matériaux que le moins possible. Ceux qui composaient les parements seront déposés sur les chantiers, de manière à pouvoir être mesurés facilement ; les moellons bruts y seront emmétrés ; les uns et les autres seront préalablement nettoyés du mortier qui pourrait rester adhérent à leurs surfaces.
(81) L’entrepreneur ne sera pas libre de prendre la pierre de taille, les moellons et autres Conditions diverses
matériaux de construction, à sa convenance et indistinctement dans toutes les relatives
à Texécution des
carrières ou sablières indiquées aux devis particuliers ; il se conformera rigoureu- maçonneries sement à la désignation des carrières à exploiter pour chaque ouvrage et il ne pourra substituer les matériaux d’une carrière à ceux d’une autre, sans une autorisation écrite. À plus forte raison, ne pourra-t-il exploiter, sans l’accomplissement de cettè formalité, une carrière non indiquée.
L’entrepreneur devra éviter de mêler dans un même ouvrage des pierres de plusieurs carrières ; chaque ouvrage, ou au moins chaque partie d’ouvrage devra être faite en matériaux de même nature eide même apparence. L’entrepreneur sera tenu de se conformer, à cet égard, aux instructions qui seront données.
Il ne pourra pas être exécuté d’ouvrages de maçonneries, au-delà du quinze octobre; ni de jointoiements, passé le quinêe septembre de chaque année.
Aussitôt que les travaux seront arrêtés, le dessus dés maçonneries devra être garanti des gelées par l’entrepreneur et à ses frais. A cet effet, on y étendra une couche de paille, qu’on recouvrira par de la terre grasse, bien battue, occupant toute la largeur des maçonneries et disposée de manière à rejeter les eaux pluviales en dehors. La couche de paille ne pourra avoir moins de 0m 08 (huit centimètres) d’épaisseur, 'mesurée après la mise en place de la couverture en terre. Ce travail de conservation devra être achevé le vingt octobre au plus tard.
A l’ouverture de la campagne suivante, au moment de la reprise des travaux, lorsque les maçonneries seront découvertes, elles seront soigneusement visitées par l’ingénieur qui fera opérer la démolition et l’enlèvement de toutes les parties qui auraient souffert de la gelée.
Avant d’élever la nouvelle maçonnerie, les surfaces de l’ancienne seront soigneusement grattées pour enlever les parties peu adhérentes ; les joints seront profondément dégarnis et la superficie balayée et arrosée.
Quand bien même l’entrepreneur n’aurait fait usage que de matériaux provenant des carrières indiquées au devis, ou dont l’exploitation aurait été autorisée, il n’en restera pas moins responsable, pendant le délai de garantie, de la conservation de
Charpentes pour ouvrages permaments.
Charpentes des ouvrages provisoires.
ces matériaux et il remplacera tous ceux qui auraient souffert de la gelée, ou dont les vices seraient reconnus.
Il répondra également déjà conservation des mortiers,, et il devra démolir et refaire, à ses frais, toutes les parties de maçonnerie dont les mortiers viendraient à être détériorés par les gelées.
Avant l’exécution des fondations d’un ouvrage d’art quelconque, il sera posé, pour servir de repère, auprès de l’emplacement de cet ouvrage, sous la surveillance
de l’ingénieur et aux frais de l’entrepreneur, une borne en pierre de taille
engagée dans un massif de maçonnerie avec mortier. L’entrepreneur veillera à la conservation de ces repères qui ne pourront être enlevés avant la réception définitive.
Il est expressément interdit à 1'entrep.reneur de faire exécuter à la tâche les mortiers, bétons et maçonneries de quelque espèce que ce soit.
(82) Tous les bois employés dans les charpentes, seront solidement réunis par des
assemblages traités avec le plus grand soin et fixés très-fortement après avoir été couverts de goudron ou de bitume. Les tenons devront remplir parfaitement les mortaises et ne pouvoir y pénétrer qu’avec de grands efforts.
L’ingénieur déterminera, suivant les cas, le mode des assemblages à adopter et les dimensions à leur donner ; mais généralement, et à moins de prescriptions contraires dans les devis particuliers, les tenons auront une épaisseur égale au tiers de la largeur de la face dans laquelle ils sont pris, et une longueur double de cette épaisseur ; les traits de Jupiter auront, y compris les tenons, une longueur égale à trois fois la largeur de la face sur laquelle ils seront tracés.
Les bordages des portes d’écluses et des vannages, seront bien dressés en tous sens et devront joindre parfaitement. Les madriers formant les planchers inférieurs des ponts seront, au contraire, espacés de 0m 0 1 (un centimètre). Les uns et les autres embrasseront d’un seul morceau toute la largeur, soit de la porte ou de la vanne, soit du pont, et devront avoir une largeur uniforme de 0m 20 (vingt centimètres) au moins.
Les seconds planchers des ponts seront traités avec le même soin que les premiers et n’en différeront que par l’essence du bois et la largeur des planches, qui ne sera que de 0m 10 à 0ra 12 (dix à douze centimètres) au lieu de 0m 20 (vingt centimètres.)
(83) Les cintres des voûtes seront solidement construits suivant les dessins qui seront
remis à l’entrepreneur. Les couchis seront bien fixés sur les vaux et posés à la règle et à la cerce.
Les bois d’échafaudages, d’étais, de blindages, de batardeaux, en un mot, de tous les
ouvrages provisoires, de ceux même que l’entrepreneur exécuterait à forfait et à sa charge, seront assemblés solidement avec des liernes ou des moïses en nombre et d’un équarissage suffisants pour en assurer la solidité et ne pas compromettre la sûreté des ouvriers. L’ingénieur aura le droit de prescrire les changements qui lui paraîtraient nécessaires pour satisfaire à ces conditions.
Les boulons des échafauds ne devront jamais pénétrer dans les maçonneries.
(84) Le battage des pieux et palplanches aura lieu au moyen de moutons pesant de 4 à 500
kilogrammes,, montés généralement sur des sonnettes à tiraudes qui devront être manœuvrées par des ateliers de 24 à 30 hommes ; l’emploi de sonnettes à déclic ne pourra être autorisé que pour le battage des pieux seulement.
Les pieux seront, suivant les cas, enfoncés au refus, ou seulement jusqu’à ce qu’ils aient atteint une fiche déterminée. Un pieu sera enfoncé au refus quand trois volées consécutives de trente coups d’un mouton, tombant de lm 50 (un mètre cinquante centimètres) de hauteur, n’auront pas produit sur lui d’effet sensible.
Les palplanches seront toujours battues par panneaux et jamais isolément. A cet effet, après le battage des pieux, on relèvera exactement les. espaces qu’ils laissent entre eux, au moyen de règles appliquées verticalement sur leurs faces, on en tracera l’épure et l’on assemblera les palplanches par panneaux correspondant à ces espaces, de manière à remplir parfaitement ces derniers et en ayant soin d’introduire dans chaque panneau une palplanche légèrement taillée en coin. Aussitôt après leur mise en fiche, toutes les palplanches, composant un même panneau, seront fortement reliées entre elles par des moises horizontales, armées de coins à leurs extrémités. Le battage s’en opérera ensuite en promenant à plusieurs reprises, d’une extrémité à l’autre du panneau, le mouton qui, dans chacun de ses passages, ne devra enfoncer chaque palplanche que de 0m 25 à 0m 30 (vingt-cinq à trente centimètres) au plus, et dont les derniers coups seront toujours réservés pour la palplanche formant coin.
Les pieux et palplanches ne seront armés de sabots que sur l’ordre de l’ingénieur ; ceux ou celles qui se fendraient sous le choc du mouton, ou dévieraient de leur position, seront arrachés et remplacés par l’entrepreneur et à ses frais.
(85) Les bois employés dans la menuiserie, parfaitement sains et nets, comme il a été dit,
ne devront présenter ni fentes, ni trous, ni tampons, ni mastic. Ils seront proprement dressés et ravalés jusqu’au vif, en sorte qu’il n’y reste après l’exécution, aucun vestige de traits de scie ou de rencontre.
Les feuillures, languettes, reverseaux et autres saillies quelconques, seront élégis et non pas rapportés. Les tenons rempliront exactement les mortaises et seront toujours recouverts aux extrémités.
(86) Les planchers seront exécutés en planches de chêne ou de. sapin de 0m 027 (vingt-
sept millimètres) d’épaisseur au moins.
Les planches seront d’égale largeur, blanchies à la varlope sur les deux faces et assemblées à rainures et languettes, ou à joints recouverts, selon qu’il sera prescrit
Battage de pieux et palplanches.
Menuiserie.
Conditions générales v d’exécution.
Planchers et cloisons.
Plats fonds et lambris.
Escaliers.
Portes.
Contrevents.
Croisées.
On les fixera sur les solives qu’on aura dressées de manière que le plancher puisse être parfaitement plan, et que les planches y reposent exactement. Il sera employé deux clous à chaque rencontre de solive, et trois clous à chaque extrémité. Les planches seront aussi longues que possible. Quand il y aura nécessité d’en employer plus d’une -par rang, les joints d’un rang seront placés en liaison avec ceux du rang voisin.
Les cloisons et autres revêtements, assemblés à rainures et languettes, seront assimilés aux planchers et auront la même épaisseur.
(87) Les plats. fonds ou lambris auront 0m 015 (quinze millimètres) d’épaisseur et seront
travaillés comme les planchers ; seulement, les planches pourront n’être blanchies que du côté apparent.
(88) Les escaliers seront exécutés en bois de chêne, bien blanchi et bien dressé sur toutes
les faces. Tous les assemblages seront faits avec soin, de telle sorte qu’on puisse à peine distinguer les joints. Une petite moulure sera profilée sur le devant dés marches.
(89) Les portes intérieures des maisons éclusières seront, suivant leur destination, ou
pleines ou à panneaux;
Les premières auront 0m 027 (vingt-sept millimètres) d’épaisseur ; les planches en seront blanchies sur les deux faces, assemblées à rainures et languettes avec clefs et bien collées, emboîtées par le haut et avec barres à queue, ou emboîtées, par le bas.
Les secondes auront deux panneaux deOm 018 (dix-huit millimètres d’épaisseur, avec encadrements de 0m 032 (trente-deux millimètres) d’épaisseur ; elles seront accompagnées de chambranles dits à la capucine.
Les portes extérieures ne différeront des portes pleines intérieures qu’en ce que les planches auront 0m 04 (quatre centimètres) d’épaisseur, au lieu de 0m 027 (vingtsept millimètres), et qu’elles porteront un rejet d’eau qui fera partie de Temboîture inférieure et ne pourra être rapporté.
(90) Les contrevents auront, comme les portes pleines, 0m 027 (vingt-sept millimètres)
d’épaisseur. Les planches en seront de même blanchies avec soin sur les deux faces elles seront emboîtées aux deux extrémités et reliées, en outre, par une traverse en écharpe de 0m 10 (dix centimètres) de largeur sur 0m 03 (trois centimètres) d’épaisseur.
(91) Les croisées seront à deux battants, fermant à gueule de loup.
Les châssis dormants auront 0m 07 (sept centimètres) de largeur sur 0m 054 (cinquante-quatre millimètres) d’épaisseur.
Les pièces d’appui auront 0m 1 1 (onze centimètres) de largeur sur 0m 08 (huit centimètres) de hauteur ; elles seront arrondies à l’extérieur avec regingot en dessous.
Les châssis à verre auront 0m 06 (six centimètres) de largeur et 0m 04 (quatre centimètres) d’épaisseur, à l’exception de la traverse du bas dont l’équarrissage sera de 0m 08 (huit centimètres) dans les deux sens. Cette traverse portera un reverseau avec regingot en dessous.
Le battant meneau aura 0m 05 (cinq centimètres) de largeur sur Om 04 (quatre centimètres) d’épaisseur.
Le battant de gueule de loup sera à côtes et aura 0ra 07 (sept centimètres) de largeur sur 0“ 054 (cinquante-quatre millimètres) d’épaisseur).
(92) Au lieu de lattes, on emploiera dans, les toitures en ardoises ou en zinc des voliges
en sapin de 0m 015 (quinze millimètres) d’épaisseur, bien saines, délignées, posées pleines avec recouvrement à biseau et perpendiculairement aux chevrons et arrêtées sur chacun d’eux par trois clous. Chaque planche aura au moins 2m 00 (deux mètres) de longueur ; les joints se trouveront toujours sur un chevron et seront recoupés d’un rang de voliges à l’autre.
Les ardoises seront posées à un tiers de pureau, en bonne liaison, et fixées chacune par trois clous. Chaque rang sera bien aligné de niveau et le premier, formant égoût, sera posé double et parfaitement droit.
Des tuiles vernies ou faîtières, faisant un angle presque aussi ouvert que celui des deux pans de la toiture, seront placées sur le faîte, à bain de mortier hydraulique.
(93) Les tuiles plates des toitures en tuiles seront posées bien jointives, en bonne liaison
et à un tiers de pureau, sur lattes en cœur de chêne de première qualité et solidement -fixées aux chevrons par des clous.
(94) Les couvertures en zinc seront à dilatation libre; les clous qu’il sera nécessaire d’em¬
ployer seront en zinc ou en fer galvanisé ; l’emploi de clous ordinaires en fer est interdit.
(95) Le plomb employé dans les couvertures, soit en faîtage, soit autrement ; le zinc
employé dans les chéneaux, tuyaux de descente, etc...., seront façonnés et posés avec tout le soin qu’exigent la solidité et la propreté que doivent présenter ces sortes d’ouvragés.
(96) Les carreaux seront coupés de manière à remplir exactement l’ouverture à laquelle
ils-sont destinés ; ils seront posés avec mastic, après avoir été fixés aux angles par des pointes de fer.
(97) Les goudronnages ne s’exécuteront que parles temps bien secs. On grattera les
bois à goudronner, afin d’en rendre les surfaces nettes, puis on les chauffera avec un feu de paille ; on les nettoiera une dernière fois et on appliquera le goudron bouillant.
Les goudronnages seront faits, suivant les cas, à deux ou trois couches. On n’étendra la seconde et la troisième que lorsque la précédente sera parfaitement sèche, et on mêlera à la dernière six à sept pour cent de chaux hydraulique, éteinte eh poudre par immersion et tamisée.
(98) Les joints à calfater seront préalablement ouverts au ciseau et même, si cela est
nécessaire, élargis en chanfrein, à leur entrée, avec le calfat tranchant, de manière à leur donner environ 0m 004 (quatre millimètres) de largeur. On introduira ensuite, dans les joints ainsi préparés, la première étoupe filée à l’avance en cordon non serré et séché au feu. Lorsque cette étoüpe aura été bien comprimée.
Couverture en ardoises.
Couverture en tuiles.
Couverture en zinc.
Plomberie et ferblanterie.
Vitrerie.
Goudronnage.
Calfatage et brayage.
ni.
Peinture.
Radigeonnage.
Fer forgé.
on en fichera une seconde apprêtée de la même manière et qui, tout en étant bien serrée contre la première, devra remplir le joint à l’affleurement du bois. Immédiatement après cette opération, on appliquera sur le joint calfaté une couche de brai bouillant, composé de parties égales de goudron liquide et de brai sec, chauffées ensemble jusqu’à ce que le mélange ait pris une consistance sirupeuse.
Ces opérations ne seront exécutées que par un temps bien sec, et lorsqu’on sera assuré que les joints à remplir sont eux-mêmes très-secs.
Lorsque les bordages à calfater devront supporter une pression d’eau, le calfatage aura lieu à la face d’amont et le brayage sur les deux faces.
On n’emploiera aux travaux de calfatage, de brayage et de goudronnage que de bons ouvriers, bien exercés à ce genre d’ouvrage et choisis, autant que possible, parmi les mariniers.
(99) La peinture sera appliquée à deux ou trois couches, suivant qu’il sera prescrit, mais toujours par un temps très-sec.
On commencera par gratter les bois à vif; on les poncera, au. besoin, pour faire disparaître les inégalités de leurs surfaces, et on donnera ensuite la première couche en l’étendant avec soin, de manière que ces surfaces en soient entièrement couvertes, et que la matière pénètre jusqu’au fond de leurs gerçures. Lorsque cette première couche sera sèche, on remplira les gerçures avec de bon mastic à l’huile siccative et l’on appliquera successivement les couches suivantes, en ayant soin d’attendre,, pour en donner une nouvelle, que la précédente soit parfaitement sèche.
La première couche sera donnée avec de l’huile de lin, cuite avec de la litharge et appliquée bouillante.
Les fers qu’il s'agira de peindre seront, au préalable, parfaitement décapés et nettoyés avec soin. La première couche sera toujours au minium pur. L’entrepreneur donnera, d’ailleurs, aux autres couches, tant sur les bois que sur les fers, les couleurs qui lui seront demandées par l’ingénieur.
(100) Les blanchissages ou badigeons seront faits, dans chaque cas, suivant les prescriptions de l’ingénieur. Ils consisteront dans un lait de chaux, soit pur, soit à la colle, auquel on ajoutera, suivant la couleur que l’on voudra obtenir, du noir de fumée ou de l’ocre et de l’alun.
Ces badigeonnages se feront à deux couches; la première après que les surfaces seront bien époussetées ; la seconde, lorsque la première sera parfaitement sèche.
(101) Les fers seront travaillés suivant les règles de l’art et avec toutes les sujétions nécessaires pour obtenir de bons résultats. Les fers plats et carrés seront bien dressés,
suivant leurs faces ; les fers ronds seront bien calibrés. Tous seront sans gerçures ni brûlures.
Les assemblages et les soudures seront faits avec le plus grand soin, et les trous seront percés à froid, notamment dans les pièces de fonte. Les surfaces seront limées pour être unies et régulières, et les dimensions devront être exactement celles qui auront été demandées.
Les étriers embrasseront exactement la forme du bois ; les entailles pour les équerres et autres ferrures seront faites avec beaucoup de précision, de manière à ne pas excéder la largeur des ferrures qu’elles doivent recevoir, et de telle sorte que la face de ces ferrures affleure parfaitement celle du bois.
Les tiges et les écrous des boulons seront taraudés avec soin, ceux dont les filets ne seraient pas à vive arête ne seront pas admis. Les faces des têtes et des écrous seront bien perpendiculaires aux tiges, de manière qu’elles portent également, sur toute leur étendue, contre les pièces qu’elles doivent serrer. Ces tiges devront, d’ailleurs, remplir parfaitement les trous percés pour les recevoir.
Toutes les pièces de mécanique seront retouchées et ajustées à la lime ou au tour avec la plus grande précision ; les dents des roues, pignons et crémaillères auront rigoureusement les formes géométriques en usage.
(102) Les pièces de fonte devront présenter une grande pureté de formes, et être exacte- Fonte de fer.
ment des dimensions prescrites. Les pièces dites de mécanique devront être finies et ajustées avec tout le soin et la précision qui viennent d’être prescrits pour les pièces semblables en fer forgé.
(103) Les ingénieurs choisiront entre les divers métiers en usage pour la confection des Câbles des ponts
câbles des ponts suspendus, celui qui leur paraîtra préférable, et l’entrepreneur suspendus, sera tenu de le faire exécuter à ses frais : cette main-d’œuvre étant comprise dans le prix du fil de fer qui entre dans les câbles. L’entrepreneur suivra, d’ailleurs, pour obtenir une bonne exécution, les précautions et procédés qui lui seront prescrits. Dans tous les cas, les câbles seront examinés, avant que l’on ne commence les ligatures, et ceux dans lesquels on trouvera des fils inégalement tendus seront refusés.
Les brins de fil de fer n° 18, destinés à la confection des câbles, qu’il faudra réunir pour obtenir la longueur nécessaire à chaque câble, seront liés bout à bout avec du fil de fer n° 3. Ces brins se recouvriront de 0m 20 (vingt centimètres) au moins et seront aplatis à leurs extrémités, pour que le glissement en soit rendu impossible : l’étendue de la ligature sera de 0m 15 (quinze centimètres) au moins.
Les câbles, après leur confection et avant d’être enlevés du métier, seront reliés au moyen de fils de fer n° 12. La distance entre les ligatures, mesurée de milieu en milieu, sera de 0m 50 (cinquante centimètres) et l’amplitude de chaque ligature de 0“ 20 (vingt centimètres) au moins. La partie qui enveloppe les croupières, jusqu’à 0m 50 (cinquante centimètres) au-delà de la bifurcation, sera entièrement recouverte par des ligatures.
Cuivre.
Plomb
pour scellements.
Les fils de fer destinés à ces ligatures seront recuits au four avant leur emploi.
Les ligatures seront faites conformément aux règles de l’art et suivant les indications qui seront données en cours d’exécution.
(104) Les pièces en fonte de cuivre devront, comme celles en fonte de fer, être exactement
coulées suivant les modèles que l’entrepreneur devra faire exécuter, d’après les dessins qui lui seront remis.
(105) Lorsqu’il y aura lieu d’exécuter des scellements en plomb, la pièce à sceller sera
d’abord bien fixée, au moyen décalés en fer, dans la position qu’elle doit occuper; les plus grands vides du trou seront ensuite remplis avec de la grenaille de fer et le plomb sera alors coulé, mais très-chaud et sans discontinuité. Après le refroidissement du plomb, on le martèlera et on le poinçonnera pour remédier aux effets du retrait.