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DES NOUVEAU-NÉS

lue ; tels sont les moyens dont on relire le plus d’efficacité.

L’hydropisie considérée en elle-même, réclame trois sortes de médicaments : les diurétiques , les purgatifs et les sudorifiques. On emploiera et on variera ces moyens selon l’exigence des cas qu’il est impossible de préciser. La pratique seule fournit les indications à suivre.

Souvent il faut avoir recours à des moyens externes et chirurgicaux, dans le but d’ouvrir au dehors une voie à l’écoulement delà sérosité ; à cette fin , on a conseillé les vésicatoires, les cautères elles sétons. Il faut remarquer cependant que les plaies qui en résul ten t exposent souvent les parties à être frappées d’une inflammation gangrénense. On doit en dire autant des scarifications; il est plus prudent de se contenter de simples mouchetures pratiquées avec une lancette enfoncée perpendiculairement jusqu’au devant du derme, ou de simples piqûres faites avec une aiguille à acupuncture, multipliées autant de fois qu’il est nécessaire. On peut aussi faire de simples incisions linéaires d’un demi-pouce à un pouce d’étendue , mais très-superficielles et n’intéressant que l’épiderme.

OEDÈME COMPACTE DES NOUVEAU-NES

Cette maladie a reçu un très-grand nombre de dénominations; connue sous lesnoms d’ewdurcissement , d’ induration , de sclérème, etc., elle a été appelée, tout récemment, Asphyxie lente des enfants nouveau-nés , dans un travail très-remarquable de M. Valleix (1), où ce point de la science a été élucidé, et dans lequel nous puiserons toutes les considérations que nous avons à vous présenter à ce sujet.

Caractères anatomiques. Le corps d’un enfant mort d’asphyxie lente avec œdème est, en général, d’une couleur rouge foncé, comme pendant la vie; mais, par un effet cadavérique , les parties les plus élevées sont quelquefois seulement marbrées , le fond est blanc ou jaunâtre et parsemé de larges taches livides. Cet effet dépend du passage du sang aux parties les plus déclives, dont la coloration violacée est uniforme.

Des incisions pratiquées sur les parties tuméfiées en font écouler une sérosité abondante ordinairement colorée en jaune. Si on examine les lèvres de l’incision , on voit d’abord que le derme laisse suinter de grosses gouttes de sang noir provenant de la division des vaisseaux engorgée ; au-dessus , le pannicule graisseux offre un aspect granuleux. Cette couche graisseuse est divisée en petits grains séparés par des interstices œdémateux ; et , lorsque l’infiltration est très-considérable,

(1) Thèses de Paris, 1835, n° 1.

184 MALADIES DES APPAREILS DES SÉCRÉTIONS

ces corpuscules , surtout les plus inférieurs , sont assez éloignés les uns des autres et ne paraissent plus faire partie de la même membrane.

En s’approchant davantage de l’aponévrose, on trouve une niasse comme gélatineuse , transparente, de laquelle la pression fait sortir beaucoup de sérosité; c’est le tissu lamelleux, énormément distendu par ce liquide.

Le tissu intermusculaire est à l’état naturel.

Les poumons sont, en général, gorgés de sang et remplis d’air. Trois fois M. Valleix les a trouvés engoués et deux fois indurés. On trouve très-souvent, dans les plèvres, une quantité notable de sérosité citrine , ou plus rarement de liquide sanguinolent. Plus souvent encore , M. Valleix a vu de la sérosité dans le péricarde, toujours rougeâtre et transparente. Toutes les cavités du cœur sont distendues par un sang noir et toujours liquide. Sur vingt cas où M. Valleix a examiné le trou ovale, il l’a vu trois fois largement ouvert ; dans tous les autres, il était fermé par la valvule plus ou moins adhérente. Le canal artériel n’est presque jamais entièrement oblitéré. L’aorte et toutes les grosses artères sont distendues par du sang noir et liquide ; les veines en sont énormément gonflées.

Le foie est le plus souvent dans un état de congestion évidente ; lorsqu’on l’incise, il en coule une très-grande quantité de sang noir et fluide; mais son tissu n’a jamais offert à M. Valleix de ramollissement ni d’induration, et son volume lui a toujours semblé naturel. La vessie est pleine d’urine.

Il est rare qu’on ne trouve pas les membranes du cerveau gorgées de sang, elles forment un lacis noir très - remarquable ; mais la substance cérébrale ne paraît pas toujours injectée en proportion de cet engorgement.

Causes et nature de la maladie. Voici comment s’explique M. Valleix à cet égard:

J’examine ces deux questions dans un même article, parce qu’elles s’éclairent l’une par l'autre.

Uzembezius est le premier qui ait attiré l’attention sur l’endurcissement des nouveaunés. Son observation, qui date de ms, est incomplète : il est impossible de décider s’il y est question de l’œdème ou de l’endurcissement adipeux; la rigidité dont il parle me fait pencher vers la seconde opinion. Son explication de la maladie par la stase du sang, et son épaississement qui produit le froid et la rigidité, est fausse, puisque le sang n’est pas épaissi. En somme, on ne peut pas tirer de grandes lumières de son observation. On a dit qu’elle était un exemple d’endurcissement avant la naissance. M. Denis, à qui appartient cette assertion , n’a sans doute pas pris garde

qu’Uzembezius avoue n’avoir été appelé qu’après l’accouchement, sans dire combien de temps s’était écoulé; et que, s'il a jugé la maladie antérieure à la naissance, c’est peutêtre parce qu’il la voyait pour la première fois et ne pouvait pas croire à un développement aussi rapide. Plusieurs auteurs, depuis, ont dit avoir vu des enfants durs à leur naissance. Ces faits sont fort rares, puisque madame Legrand, sage-femme en chef de l’hospice de la Maternité, n’en a pas vu d’exemple. Ceux qu’on a cités ne sont pas assez bien décrits pour fixer notre opinion ; et d’ailleurs , que prouverait leur démonstration ? que des causes particulières peuvent produire cette maladie dans l’utérus aussi bien que l’ascite, l’hydrothorax et beaucoup d’autres. Ce serait aux observateurs à rechercher ces causes et à en expliquer l’effet. Ce travail difficile est loin d’être fait.

Nous avons vu comment une erreur d’Andry, dans une citation tirée d’Underwood, avait entraîné les auteurs qui ont écrit après lui, et avait fait admettre que l’observateur anglais confondait l’endurcissement avec l’érésipèle. Underwood ne connaissait d’autre endurcissement quel’adipeux. Il n'estdonc pas étonnant qu’il ait trouvé la peau dure comme adhérente aux os, blanche comme de la cire, et qu’il ait vu cet état succéder toujours à une phlegmasie gastro-intestinale. Denmann est dans le même cas. Je laisserai donc de côté leur explication de l’endurcissement par » .un spasme de la peau, effet sympathique d’une affection intestinale.

Trois auteurs ont vu la cause principale dans le froid , et la nature de la maladie dans une péripneumonie : ce sont Hulme, M. Troccon et M. Dugès. Le premier n’a connu, comme je l’ai démontré, que l’endurcissement adipeux. M. Troccon a décrit des cas d’œdème véritable et d’induration graisseuse sans distinction ; il commence par établir que le froid repousse les fluides vers le centre , théorie bien peu applicable ici , où le sang est en si grande quantité à la périphérie, que l’enfant est livide. De plus, selon lui , le froid tonifie les organes intérieurs, et produit la péripneumonie ; mais, comme je l’ai fait voir plus haut, les caractères qu’il donne à cette lésion ne sont d’aucune valeur, et sa théorie s’écroule.

M. Dugès, quia fort bien distingué les deux états, ne fournit pas de preuves suffisantes â l’appui de son opinion, lia trouvé, il est vrai, le poumon hépatisé; j’ai vu aussi des lésions semblables ; mais j’ai pris soin dénoter l’époque à laquelle l’inflammation du poumon est survenue. Sans cette précaution , pas de conclusion possible. M. Dugès s’appuie sur le mémoire de Hulme, dont nous connaissons l’insuffisance.

On peut d’ailleurs répondre victorieuse-

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