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I. MALADIES DE LA MEMBRANE SEREUSE CÉriIALO-RACHIDIENNE

Irc CLASSE. — LÉSIONS DE CIRCULATION.

HYPERÉMIES.

Dans certains cas, des symptômes fugitifs des méninges ne peuvent être attribués qu’à une hypérémie activé. Dans les affections organiques du cœur, il se produit dans les méninges des hypérémies passiv es et mécaniques.

PHEGMASIES.

De la méningite aiguë.

Nous désignerons ainsi l’inflammation des trois membranes céphalo-rachidiennes.

Caractères anatomiques. i° Dans la duremère. Les lésions de la dure-mère sont beaucoup plus rares que celles des autres membranes qui enveloppent le cerveau. Nous avons trouvé des tumeurs développées à la surface interne de la dure-mère, tumeurs qui avaient une texture analogue à celle de la dure-mère. Ces tumeurs peuvent avoir leur siège soit dans la portion de la dure-mère en contact avec la voûte du crâne, soit dans l’une des deux portions de la tente du cervelet. Nous avons trouvé une ossification considérable de la faux du cerveau. Des plaques cartilagineuses peuvent se former dans le tissu cellulaire interposé entre le tissu propre de la dure-mère et celui de l’arachnoïde. Cette dernière membrane peut être séparée de la dure-mère par de petits foyers de pus. Enfin on peut trouver aussi un épanchement de sang entre ces deux membranes.

2° Dans l’arachnoïde. Différents produits morbides peuvent être trouvés dans la cavité même de cette membrane. Tantôt c’est de la sérosité trouble, lactescente, avec des flocons purulents; tantôt ce sont défaussés membranes organisées ou non, tapissant l’une ou l’autre des faces libres de l’arachnoïde. Dans d’autres cas, ce sont des adhérences, des brides semblables à celles que nous trouverons dans la plèyre et qui s’étendent de l’une des surfaces libres de la membrane séreuse à son autre surface libre. Au lieu de ces produits morbides, on n’observe, dans d’autres circonstances, qu’une sécheresse remarquable de l’arachnoïde à la surface non adhérente. Ce qu’il y a de remarquable, c’est que jamais nous n’avons trouvé, dans cette membrane, la moindre injection vasculaire, le moindre chagement de couleur , ni épaississement. Les épanchements de sérosité sont plus communs dans les ventricules que dans la grande cavité de l’arachnoïde. On doit en dire autant des épanchements de pus.

3° Dans la pie-mère. Les lésions de cette

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membrane sont de beaucoup plus fréquentes que celles des deux autres. Son tissu peut être infiltré soit par de la sérosité claire, incolore et transparente , soit par un liquide trouble, laclescent, soit par du pus ; il peut être passé à un état d’induration squirrheuse. On peut y trouver des kistes séreux de grandeur et de nombre variables , des plaques cartilagineuses ou osseuses, des tubercules en nombre variable, des adhérences établies entre les portions de pie-mère qui abandonnent l’arachnoïde pour tapisser l’intérieur d’une anfractuosité. Ces altérations occupent des sièges divers ; ainsi , la méningite peut être générale ou partielle. Dans ce dernier cas , on distingue : i° celle de la convexité dos hémisphères ; 2° celle de la base, toutes deux occupant les deux côtés, ou se bornant à un seul ; 3° une méningite ventriculaire seule ou coïndant avec l’une des deux autres , qui , reconnaissant pour lésion principale un épanchement, prend le nom d’hydrocéphale aiguë; 4° enfin, une méningite rachidienne générale ou partielle , et , dans ce dernier cas , bornée sôit dans le sens longitudinal , soit dans le sens antéro-postérieur.

Causes. L’enfance y est plus sujette que les autres périodes de la vie , elle n’est pas rare dans la jeunesse, plus dans l’âge adulte, et surtout plus encore dans la vieillesse, où elle est presque toujours liée à quelque complication. M. Guersent assure que les filles y sont plus sujettes que les garçons. Les coups, les chutes sur la tête , les commotions de cette partie, l’insolation, sont des causes fréquentes de méningite. Il en est de même des affections morales tristes, de la contention trop forte et trop longtemps soutenue des facultés intellectuelles. 11 n’est pas rare de voir l’inflammation des méninges se déclarer sympathiquement, en même temps que la phlegmasie d’une ou de plusieurs autres membranes de l’ordre des séreuses. M. Foville a donné des soins à un homme de soixante ans, chez lequel , une hydrocèle ayant été opérée par injection, il survint, presque immédiatement après cette opération, une phlegmasie violente de presque toutes les synoviales , y compris celles des articulations temporo-maxillaires,des dernières phalanges des doigts et des orteils, et même de l’atlas avec l’axis; l’ankylose de plusieurs de ces jointures en fut la suite. Tous les signes rationnels d’une méningite aiguë se déclarèrent en même temps ; que ceux de ces phlegmasies articulaires,

Celte maladie règne souvent épidémiquement; elle est très-fréquente dans certaines années, dans certaines saisons, d’autres fois aussi très-rare dans une période de temps assez longue; elle est, en général, plus fréquente au printemps et à l’automne que pendant l’été et l’hiver.

» Symptômes. Désordres fonctionnels des organes de la vie de relation. i° Sensibilité. Une exaltation plusou moins vive de leur sensibilité révèle les altérations des méninges, d’où production de la céphalalgie. Sur vingthuit cas d’affections des méninges rapportés dans la Clinique médicale , la céphalalgie a existé seize fois, et douze fois ce symptôme n’a pas été observé. Il est à remarquer que la céphalalgie a existé avec des altérations fort différentes les unes des autres par leur nature et par leur siège. Ainsi, deux fois nous avons trouvé des tumeurs développées dans la duremère ; deux fois un épanchement de sang dans la grande cavité de l’arachnoïde ; deux fois un épanchement considérable de sérosité limpide dans les ventricules cérébraux ; trois fois rougeur vive des méninges ; une fois concrétions pseudo- membraneuses déposées à l’in térieur de la grande cavité arachnoïdienne ; cinq fois la pie-mère infiltrée de pus ; une fois les ventricules remplis par un liquide purulent.

Chez les individus qui n’avaient point présenté de la céphalalgie, deux fois nous trouvâmes une infiltration de pus dans la piemère; une fois les ventricules remplis d’un liquide séro-purulent; trois fois de la sérosité soit épanchée dans les mailles de la pie-mère soit contenue dans des kystes; deux fois de la sérosité dans les ventricules ; une fois dans la pie-mère et dans les ventricules; une fois un épaississement notable des méninges.

En réunissant nos faits à ceux publiés par MM. Parent-Duchâtelet et Dance, nous trouvons un total de cent quatre observations dans lesquelles la céphalalgie a été notée soixante-dix-huit fois. De ces faits on peut conclure que, dans la très-grande majorité des cas, la céphalalgie existe dans l’inflammation des méninges; mais rappelons-nous aussi que nous l’avons vue exister presque aussi constamment dans la fièvre typhoïde , et que, par conséquent, son existence ne peut être donnée comme un caractère de l’inflammation des méninges. Quant au siège de la céphalalgie, si, dans un certain nombre de cas, elle indique le siège de la légion des méninges, il n’en est pas toujours ainsi. Il est des cas dans lesquels elle est, ou beaucoup plus étendue ou beaucoup plus limitée que ne semblerait l’indiquer le siège même de la céphalalgie. 11 peut* arriver aussi que la dou- ( leur se fasse sentir loin du lieu où les méninges sont malades.

Si la présence et le siège de la céphalalgie sont insuffisants pour aider au diagnostic de la méningite, il n’en est pas de même de son intensité, qui est toujours beaucoup plus grande dans la méningite que dans la fièvre typhoïde.

La na ture de la céphalalgie n’est pas la même

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chez tous les malades : chez les uns, c’est la sensation d’un poids énorme sur le crâne; chez d’autres, ce sont de violents élancements, soit continus, soit par accès. Tantôt c’est un bandeau qui leur comprimeforlement le front, tantôt c’est la tête qui est, disent-ils, serrée comme dans un étau. Ils ne peuvent supporter, sans d’effroyables douleurs, le moindre mouvement imprimé à la tête ou seulement au reste du corps. Chez quelques malades même la céphalalgie est augmentée par la pression la plus légère exercée sur le tégument du crâne.

La céphalalgie apparaît à une époque variable de la maladie , le plus ordinairement c’est au début, tantôt légère et sourde pour acquérir peu à peu une grande intensité, tantôt violente et à son summum d’acuité.

Tantôt la céphalalgie est le seul symptôme qui se montre au début de la maladie , tantôt elle l’accompagne, tout en paraissant au début d’autres symptômes, soit du côté de la circulation , soit du côté de l’innervation.

La peau. Dans plusieurs cas, la sensibilité de la peau est exaltée, et le toucher occasionne de la douleur qui se manifeste par des cris ; dans d’autres cas, elle est abolie, et cela souvent avant la perte de l’intelligence.

Vision. La vue peut rester intacte; elle peut être abolie , vers la fin de la maladie , surtout quand il existe un épanchement , spécialement dans les ventricules. Souvent on observe différentes aberrations de la vue , des hallucinations, de la diplopie, l’exagération de la sensibilité de la rétine, produisant, au moindre exercice de la vue, des Routeurs atroces, des convulsions, le délire/Tantôt, et c’est le plus souvent, la pupille est contractée au commencement de la maladie ; tantôt elle est immobile de dilatée, au moment où a lieu l’abolition de la vue; dans certains cas, elle offre une remarquable alternative de contraction et de dilatation.

L 'ouïe. Quelquefois exaltée , d’autres fois diminuée, tantôt pervertie, tantôt abolie.

En résumé , les diverses altérations de la sensibilité dans la méningite aiguë ne sont ni constantes , ni nécessairement liées à l’existence de telle ou telle forme de la maladie.

2° Motilité. Les lésions de la motilité sont plus fréquentes que celles de la sensibilité, sans être plus constantes. Elles peuvent se diviser en deux classes : i° mouvements persistants , mais s’exécutant d’une manière désordonnée; 2° abolition des mouvements.

1° Désordres des mouvements. Ils consistent dans divers spasmes, tantôt cloniques, tantôt toniques.

Les spasmes cloniques se traduisent quelquefois par un état d’agitation générale ; les malades se livrent à des mouvements continuels,changent sans cesse de position, comme

si le repos leur était insupportable. D’autres fois celte agitation n’est que partielle et bornée à quelque partie du corps. On voit des malades qui tiennent leurs bras ou leurs jambes continuellement en mouvement, d’autres dont le tronc , pendant des heures entières, se soulève et s’abaisse tour à tour; ceux-ci impriment à leur tête un mouvement perpétuel, la font tourner sur son axe et la portent alternativement de droite à gauche et de gauche à droite. Ceux-là sont pris, dans la mâchoire inférieure, d’un mouvement alternatif d’abaissement et d’élévation, semblable à celui de la mastication.

Tantôt on observe des soubresauts des tendons, tantôt un tremblement général ou partiel. Les convulsions sont un des phénomènes les plus communs de la méningite aiguë; elles sont générales ou partielles; ce dernier cas est le plus fréq.uent. On les observe tantôt constamment dans les mêmes parties, tantôt dans différents points du corps. Les parties où on les observe le plus fréquemment sont les globes oculaires,* les paupières, la face, les lèvres et les membres. Lorsque les membres sont le siège des convulsions, il n’y en a tantôt qu’un seul du même côté, tantôt deux, tantôt deux membres des deux côtés se convulsent simultanément. La langue peut aussi être le siège des convulsions, et le grincement des dents est un phénomène très-commun dans la méningite.

Parmi les spasmes toniques, on observe la flexion permanente des avant-bras sur les bras, phénomène désigné sous le nom de contracture, et qui a lieu soit d’un seul côté, soit des deux à la fois. Ce symptôme est plus fréquent que la contracture des membres inférieurs. La méningite donne aussi quelquefois lieu au renversement de la tête en arrière, à son inclinaison permanente à droite ou à gauche. Quelques malades présentent aussi de la roideur tétanique du cou, du tronc, des membres; quelques-uns éprouvent le trismus, quelques autres la courbure permanente du tronc à droite ou à gauche.

2° Abolition ou diminution des mouvements. La méningite peut donner lieu à la paralysie plus ou moins intense d’une partie du corps; tantôt® n’y a que simple engourl dissement d’un membre, qu’une difficulté à le mouvoir, tantôt il y a privation complète du mouvement.

Cette paralysie peut affecter les muscles de l’œil, des paupières, de la face, des lèvres ou des membres. Elle est lente ou subite, peut survenir de prime abord ou succéder aux spasmes, alterner avec eux, ou enfin exister en même temps qu’eux. Dans quelques cas, la paralysie se montre et disparaît tour à tour.

3° Intelligence. Les altérations de l’intelligence, sont, dans la méningite aiguë, plus

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constantes que celles de la sensibilité et de la motilité; elles se montrent sous deux formes, le délire et le coma.

La nature du délire est fort variable, tantôt bruyant, s’accompagnant de cris, de vociférations, de mouvements musculaires énergiques; tantôt taciturne et s’accompagnant de prostration. Les malades ne sont tantôt occupés que d’une seule idée, tantôt de plusieurs, et quelquefois des plus hétérogènes en même temps.

Ce délire arrive quelquefois brusquement, tantôt au contraire, insensiblement et peu à peu; alors on voit que les malades ont l’air préoccupé, distrait, leurs réponses sont lentes, ils semblent frappés d’idiotisme ; ou bien c’est par une vivacité inaccoutumée dans leurs réponses que se traduit le commencement d’un dérangement intellectuel, ou bien encore par une gaieté ou une tristesse insolites et sans motif.

II n’est pas sans importance de remarquer ici que ces différentes formes de délire ne constituent pas un caractère de la méningite aiguë, et que ce caractère se retrouve dans les diverses maladies cérébrales.

Le délire est continu avec exacerbation, ou , bien passager. Chez quelques malades, on n’observe d’abord qu’un trouble très-court des facultés intellectuelles; mais bientôt ce trouble recommence et se répète à des intervalles de plus en plus rapprochés, pour devenir enfin continu. Chez quelques autres, le délire n’a lieu que la nuit; il en est d’autres enfin chez lesquels le délire, après avoir duré pendant plusieurs jours, disparaît peu de temps avant la mort, en même temps que s’aggravent tous les symptômes.

' Ces cas viennent à l’encontre de l’opinion de ceux qui admettent que le délire est toujours continu dans la méningite et que le délire intermittent est un caractère d’une irritation purement sympathique du cerveau.

L’époque de l’apparition du délire est variable ; il est rare que ce phénomène marque le début de l’affection; dans la très-grande majorité des cas, il est précédépar la céphalalgie.

Il est rare que 1# coma existe dès le début de la maladie ; les cas où il ne survient qu’à la suite du délire sont lÉfcicoup plus fréquents.

Quelques auteurs ont avancé que le délire était un symptôme de méningite de la convexité, et que le coma était propre à la méningite de la base ; nos observations ne confirment pas ces opinions, et nous pensons que l’inflammation des méninges, quel que soit son siège, détermine d’abord une excitation vive qui se traduit par le délire, puis un état d’affaissement réel ou apparent qui s’annonce par le coma ; notez bien que ces deux étals s’observent dans la très-grande

majorité des cas qui se terminent par la mort.

Symptômes fournis par les appareils de la vie de nutrition : 1° Digestion. Il est assez fréquent que la méningite ne détermine, pendant la vie , aucune lésion fonctionnelle appréciable dans le tube digestif.

Chez quelques malades , il présente des désordres plus ou moins graves que nous allons passer en revue.

Sauf les cas de complication, la langue conserve toujours son état naturel.- La soif est médiocrement augmentée, l’appétit se perd souvent dès le début de la maladie. Chez quelques individus, l’épigastre est le siège d’une douleur assez vive et augmentée par la pression , douleur qui apparaît à une époque rapprochée du début de la maladie. Le vomissement et les nausées sont des phénomènes fréquents dans la méningite aiguë ; ils apparaissent presque toujours au début de la maladie, et souvent ce sont les premiers phénomènes observés. Tantôt , après une durée de Vingt-quatre heures, ils ne se reproduisent plus; tantôt ils durent plusieurs jours, et, dans quelques cas , pendant toute -la durée de la maladie. Quelques malades vomissent deux ou trois fois seulement dans la journée, d’autres vomissent toutes les heures et tous les quarts d’heuYe. La matière du vomissement est, chez les uns, une énorme quantité de bile jaune ou verdâtre, chez les autres ce n’est que du mucus.

Le ventre est souple et sans douleur , les selles sont naturelles , quand il n’y a pas constipation.

2° Circulation. L’état du pouls est variable : chez un assez grand nombre de malades il s’accélère notablement , chez d’autres il reste normal , chez un petit nombre il se ralentit. La force du pouls est aussi très-variable et ne peut servir à établir aucun caractère de la maladie.

La face est rouge ou bien pâle , dernière circonstance qui indiqüe ordinairement un épanchement. Il n’est pas rare de voir alterner ces deux états différents de coloration de la face.

La température de la peau est variable aussi; souvent élevée, souvent aussi elle se conserve parfaitement naturelle.

5° Respiration. Elle reste presque toujours à son état normal, elle ne s’altère que dans les derniers jours de la maladie, alors elle devient embarrassée , stertoreuse.

Périodes. Le plus souvent, la méningite aiguë offre, dans son cours, trois périodes :

Dans la première il y a céphalalgie , vomissements et souvent un mouvement fébrile.

La seconde est caractérisée par le délire et les différents désordres de la motilité.

Le coma et un collapsus plus ou moins profond caractérisent la troisième.

DE LA MÉNINGITE AIGUE

Tous ces phénomènes peuvent se succéder très-rapidement, et, dans certains cas, la maladie débute par la deuxième et même par la troisième période.

Variétés . Elles sont relatives 1° aux symptômes. Tantôt la méningite aiguë revêt la forme ataxique; tantôt ce sont les convulsions qui prédominent, tantôt les vomissements, tantôt la paralysie , tantôt le délire ou le coma; quelquefois elle prend la forme apoplectique ;

2° A la nature des lésions ; nous les avons déjà exposées ;

3° Au siège ; 4° aux complications, etc.

Durée : variable. Dans certains cas , la mort arrive le neuvième jour ; dans d’autres c’est le quinzième, le vingtième ou le trentième. Entre ces extrêmes se placent de nombreux intermédiaires.

Traitement. Dans cette maladie, les émissions sanguines doivent être faites largement et promptement : on pratique d’abord une forte saignée du bras, puis on applique des sangsues en grand nombre à la nuque, aux apophyses mastoïdes, aux tempes; on emploie des ventouses scarifiées , ou des ventouses sèches. A ces émissions sanguines on fait succéder des révulsifs, comme sinapismes, pédiluves, vésicatoires. Si à la période de réaction a succédé l’état comateux, on emploiera les stimulants à la peau; dans les cas où l’on soupçonnerait la présence de quelque épanchement, on administrera des purgatifs et des lavements irritants, en ayant bien la précaution de s’assurer si le tube digestif est dans l’état sain.

A ces moyens on joindra l’application du froid sur la tqte, soitde la glace, soit de l’eau dont on abaisse peu à peu la température. On se sert généralement de la glace pilée , renfermée dans une vessie, que l’on applique sur la tête comme une calotte : ces moyens sont très-utiles , mais trop sôuvent on y a recours trop tard, cas dans lequel ils sont nuisibles. Il en est de même des bains d’affusion qui jouissent d’une grande efficacité, si on les emploie à temps. Leur effet est d’éteindre* directement l’inflammation des méninges.

M. Foville , qui a eu beaucoup à se louer de leur emploi, donne sur leur administration les préceptes suivants :

« Il faut recourir aux affusions aussitôt qu’une saignée copieuse aura été pratiquée ; employer d’abord de l’eau à dix-huit degrés, la verser largement pendant neuf à dix minutes, et même plus, s’il ne survenait un frisson général dans cet espace de temps.

« Constamment, on peut le dire, après l’emploi de ce moyen, le mal de tête est dissipé, ou du moins considérablement amoindri, la bouche est humide , la soif calmée , et le pouls notablement diminué de fréquence et

de force; le malade exprime le sentiment de bien-être qu’il éprouve. Il faut alors recommencer les applications froides sur la tête du malade, soigneusement essuyé et remis au lit, et le laisser aussi calme que possible.

« Il n’est pas rare qu’un sommeil paisible succède à l’emploi de ce moyen ; mais, au bout de quelques heures, le plus souvent la douleur de tête , les symptômes fébriles reparaissent ; il faut, au plustôt, combattre le retour de ces symptômes de recrudescence du travail inflammatoire par l’emploi des bains d’affusion seuls, si les accidents inflammatoires sont plus modérés ; aidés de la saignée , s’ils sont encore très-intenses. Il faut ainsi réitérer plusieurs fois par jour l’usage des affusions, et, dans le plus grand nombre des cas, si elles ont été administrées d’assez bonne heure et secondées par l’usage des saignées assez copieuses, on triomphera de la méningite.

« Loin de diminuer les forces, d’être débilitant comme la saignée, ce moyen procure à la fois un sentiment de bien-être et de vigueur; c’est le meilleur procédé* que je connaisse de soumettre une inflammation violente de la tête, tout en ménageant les forces.

« L’emploi des bains d’affusion sera réitéré deux, trois ou quatre fois chaque jour, suivant l’intensité des accidents et leur tendance à se reproduire; s’il survenait après leur emploi une sueur abondante, il faudrait la respecter; c’est quelquefois par une réaction de ce genre que la guérison s’opère; mais c’est le cas le plus rare.

« Il est prudent de continuer l’emploi des affusions pendant quelque temps encore après la cessation complète des symptômes de méningite.

« Il est remarquable que leur application devient plus difficile à supporter quand les symptômes inflammatoires sont passés ; alors on en diminue la fréquence en même temps qu’on fait usage d’eau à une température moins basse.

« L’emploi judicieux des saignées et des bains d’affusion constitue le traitementle plus héroïque qu’on puisse opposer à l’inflamma lion des méninges; c’est de très-bonne heure qu’il faut recourir à ces moyens et les rapprocher un peu dans leur application pour suspendre et éteindre le travail inflammatoire. Tant que la céphalalgie, la fièvre, un délire actif et des convulsions sans symptômes de compression du cerveau annoncent une phlegmasie aiguë, simple, sans désorganisation, sans épanchement, les bains d’affusion jouissent d'uneinfluence toute-puissante; plus tard, leur emploi présente beaucoup moins d’avantages ; il devient même dangereux, si l’on attend , pour y avoir recours, que les forces soient épuisées, ou que l’inflammation, par sa durée, ait donné lieu à la formation

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de produits qui compriment le cerveau et déterminent le coma. A cette époque de la maladie, ce n’est plus à l’emploi des affusions qu’il faut recourir, souvent alors leur administration précipiterait la mort et compromettrait un moyen dont malheureusement l’emploi judicieux est loin d’être assez répandu.

« Quand les choses en sont à ce point, les révulsifs actifs sur la peau, sur le canal intestinal, la pommade stibiée , un vésicatoire sur la tête, le calomel, l’émétique à haute dose peuvent encore quelquefois provoquer une * guérison; mais ces cas sont bien rares.

« Je n’ai pas besoin de dire que, pendant toute la durée de la maladie , le médecin doit prescrire une abstinence complète , l’usage modéré de boissons rafraîchissantes , les moyens les plus simples de tenir le ventre libre.

« Quand la phlegmasie est éteinte, il faut longtemps encore persister dans l’usage d’un régime ténu et d’aliments peu excitants , tenir d’ailleurs la tête fraîche , peu couverte, les cheveux courts; interdire les travaux intellectuels , éviter les mouvements impétueux des passions, user fréquemment de bains frais , d’applications réfrigérantes sur ‘ la tête, et surveiller avec grand soin la liberté du ventre.

« En un mot, une méningite déclarée ne peut guérir sans le prompt emploi d’une thérapeutique essentiellement active, et, une fois guérie, elle laisse une disposition malheureuse au retour" d’accident» inflammatoires, qui se reproduiraient inévitablement, si l’on n’entourait de précautions les plus minutieuses la convalescence de ces affections. Il faut donc l’emploi combiné et successif de la médecine la plus agissante et de la prophylactique la plus attentive et la plus prévoyante pour obtenir les résolutions et prévenir avec certitude le retour des phlegmasies méningiennes. » — (Dictionnaire en 15 vol., tom. n.)

MÉNINGITE RACHIDIENNE.

C’est une maladie rare, surtout isolée de la méningite crânienne. Elle est caractérisée par le renversement en arrière du tronc, par sa courbure , par la contracture ou les convulsions des membres, par des douleurs dans la colonne vertébrale et dans les membres, avec conservation de l’intelligence , quand les méninges cérébrales ne sont pas simultanément enflammées.

Elle réclame le même traitement que la méningite cérébrale.

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