‹ Cours de pathologie interneChapitre 106 sur 232 · MÉNINGITE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

MÉNINGITE CHRONIQUE

Maladie rare; n’a été bien observée que dans les hôpitaux consacrés aux aliénés; elle est primitive ou consécutive à la méningite aiguë.

Caractères anatomiques. Ils sont souvent

les mêmes que ceux que nous avons décrits dans la méningite aiguë. Ainsi on trouve rougeur, épaississement, épanchement de différents liquides, soit d’une simple sérosité, soit d’une sérosité lactescente. Les altérations qui lui sont spécialement attribuées sont de fausses membranes établissant des adhérences en différents points, et la présence de petits corps granulés nommés glandes de Pacchieni. > . ■

Causes. On a remarqué que la méningite chronique attaque plus souvent les hommes que les femmes. Quant aux âges , les auteurs disent ne pas l’avoir rencontrée dans l’enfance. J’en ai vu cependant deux cas à l’hôpital des Enfants. Elle est encore rare de 20 à 25 ans , plus fréquente de 25 à so; elle atteint son maximum de fréquence de 30 à 50 ans. On n’a pas remarqué que certains tempéraments ou constitutions y prédisposassent. Dans certaines familles, il y a comme une espèce d’hérédité pour les affections cérébrales et surtout pour les méningites chroniques. On l’a vue succéder à des émotions vives, à des chagrins longtemps continués ; elle est quelquefois occasionnée par l’abus des liqueurs alcooliques.

Symptômes. Souvent il a existé, depuis longtemps , des signes de congestion cérébrale, permanents ou passagers. Souvent c’est par de la céphalalgie que débute la maladie ; puis survient un trouble de l’intelligence, et d’autres phénomènes dont la succession peut se diviser en trois périodes : dans la première, les malades déraisonnent sur un point seulement, il y a de l’exaltation dans les idées , du babil, de l’agitation. Ces phénomènes sont continus ou‘ intermittents. Les malades chancellent sur leurs jambes. Cesphénomènes peuvent durer quelques semaines seulement, ou plusieurs années. Dans la seconde période, le délire est devenu plus général, il y a toujours agitation extrême et un besoin de mouvement; mais les mouvements deviennent plus embarrassés. On n’observe encore aucune altération dans les fonctions nutritives ; quelquefois les malades sont remarquables par leur voracité, que d’ailleurs ils mettent à profit en engraissant; d’autres, au contraire, maigrissant et tombent dans le marasme. Le pouls, dans la plupart des cas, reste à l’état normal ; cette période a une^durée plus ou moins longue. Dans la troisième période, l’intelligence s’anéantit complètement, la motilité se perd; il existe une véritable paralysie, tantôt générale, tantôt partielle. Les malades sont dans une immobilité complète, et, par suite de cet état , les muscles s’atrophient. Alors aussi les fonctions nutritives s’altèrent profondément. Il y a amaigrissement progressif, diarrhée, dyspnée , sécrétion bronchique abondante.

Dans chacune de ces périodes, il peut survenir d’autres phénomènes fort variables : tan-

DE LA MÉNINGITE CHRONIQUE

tôt ce sont des attaques apoplectiformes, mais de peu de durée; tantôt des convulsions partielles ou générales; quelquefois des accès d’épilepsie, quelquefois des contractions musculaires , de la roideur tétanique , des tremblements, etc.

Tous ces symptômes peuvent être expliqués par les diverses lésions auxquelles donne lieu îa méningite chronique , et qu’on peut diviser en trois séries.

Dans la première, existé une irritation simple des méninges transmise au cerveau, et qui se traduit par le délire, les contractures , les mouvements continuels.

Dans la deuxième, un liquide, contenu dans les méninges et dans les ventricules, comprime le cerveau, d’où paralysie survenant graduellement, embarras delà langue, etc.

Dans la troisième, le cerveau s’est enflammé d’une manière intercurrente.

La marche de la méningite chronique est tantôt continue, tantôt rémittente.

La durée est variable; tantôt elle est d’un ou de plusieurs mois , tantôt d’une ou de plusieurs années. Sur 151 cas observés à Charenlon , 65 ont duré depuis un mois à un an , si depuis un an à six ans, 6 depuis six ans jusqu’à douze.

Terminaison : ordinairement par la mort.

Cette terminaison arrive rarement dans la première ou dans la seconde période, et même , quand elle arrive, est-ce d’une manière pour ainsi dire accidentelle , par apoplexie, par encéphalite, par méningite aiguë , ou par ramollissement. C’estle plus ordinairement dans la troisième période que survient la mort, mais de diverses façons : tantôt elle survient peu à peu par l’extinction successive des diverses fonctions, après une diarrhée colliqualive, de l'infiltration et un état plus ou moins prolongé d’adynamie, tantôt la mort arrive brusquement par un carus subit. Chez quelques malades, c’estl’apoplexie qui termine la scène; chezd’autres, c’est par quelque maladie intercurrente de quelque principal organe, comme le poumon, la plèvre, le .cerveau, ou par un érésipèle, etc.

Traitement. Il est simple et malheureusement peu efficace. Dès le début, on ne peut recourir qu’aux émissions sanguines ; mais , à mesure que la maladie se prolonge, il faut en être avare. Alors on emploie les vésicatoires, les sétons, les moxas à la nuque. On se trouve bien quelquefois des révulsifs sur les intestins. Il importe d’exercer le système musculaire et de ne pas contrarier les malades.

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