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HÉMORRAGIES

Elles affectent des sièges divers , entre le crâne et la dure-mère , entre la dure-mère et l’arachnoïde, dans la grande cavité de cette dernière , dans les mailles de la pie-mère de

la convexité des hémisphères, dans les ventricules cérébraux : ces lésions se présentent seules ou accompagnent l’hémorragie cérébrale.

Dans ces différents cas, les accidents sont ceux de la compression, c’est-à-dire perte subite de connaissance et des mouvements, et fondent une espèce d’apoplexie que M. Serres a désignée sous le nom d’ apoplexie méningée.

IIe CLASSE. — LÉSIONS DE SÉCRÉTION.

Une exhalation abondante de sérosité , ayant son siège soit dans la grande cavité de l’arachnoïde, soit dans la pie-mère, dans les ventricules, à la base du crâne, peut se faire avec une rapidité plus ou moins grande et se présenter sous trois formes :

1° Exhalation se formant tout à coup, comprimant le cerveau , déterminant l’ensemble des symptômes de l’apoplexie , et prenant le nom d "apoplexie séreuse. Rarement elle déterminera une sÿmple hémiplégie, parce que rarement l’épanchement n’aura lieu que d’un seul côté ;

2° Exhalation se formant un peu moins rapidement, mais toujours d’une manière aiguë, et s’accompagnant de certains troubles du sentiment, du mouvement, de l’intelligence, enfin de tous les symptômes de méningite aiguë, et qui prend le nom d’hydrocéphale aiguë des enfants ou des adultes ;

3° Enfin exhalation graduelle et insensible, constituant V hydrocéphale chronique, maladie très-différente chez l’enfant et le vieillard, liée chez le premier à un défaut de développement du cerveau, très-rare chezl’adulte, assez fréquente chez le vieillard, et caractérisée par un affaiblissement graduel de l’intelligence et des mouvements, puis par le coma, respiration stertoreuse qui amène la mort.

Toutes ces diverses formes réclament un traitement plus ou moins actif, qui consiste spécialement dans les révulsifs.

On pourrait répéter la même division pour l’exhalation qui a lieu dans les méninges rachidiennes et qui produit souvent la paralysie.

IIIe CLASSE. — LÉSIONS DE NUTRITION.

PRODUITS ACCIDENTELS

Des plaques cartilagineuses ou osseuses peuvent se former dans les méninges, spécialement dans la dure-mère. Npus avons vu la faux du cerveau et la tente du cervelet ossifiées, sans que cette ossification ait déterminé aucun symptôme.

Des tumeurs fibreuses, tantôt fort petites et du volume de têtes d’épingles ou très-volumineuses , siégeant à la convexité des hémisphères, compriment le cerveau et usent les os du crâne, ou entre lès hémisphères et le cervelet, et compriment ces deux organes, ou à la base même du cerveau, occupant aussi les

méninges et produisant des accidents portant sur l’intelligence et le mouvement, quelquefois néanmoins à peine sensibles, sans doute à cause d’une formation très-lente.

On observe aussi des kystes séreux, qui quelquefois ont produit l’hémiplégie, des masses cancéreuses, des tubercules dont on a recueilli d’assez nombreux exemples, et qui siègent surtout dans la pie-mère, spécialement dans celle de la convexité. Autour d’eux s’établissent un travail phlegmasique et une adhérence des circonvolutions peu considérable. Tantôt ils ne déterminent aucun symptôme, tantôt ils causent des accidents de compression ou d’irritation cérébrale, et la mort avec des traces de méningite aiguë, après être restés longtemps latents par les symptômes.

2° MBLADIES Dü PERICARDE.

Ire CLASSE. — LÉSIONS DE CIRCULATION.

Les hyperémies et les anémies du péricarde sont des étals morbides sur lesquels n’existent pas encore de notions suffisantes pour en tracer l’histoire.

PHLEGMASIES.

De la péricardite aiguë.

Caractères anatomiques. La péricardite donne lieu à des altérations soit de la membrane elle-même, soit du liquide qu’elle sécrète normalement.

Dans une première période de la maladie, le péricarde présente une rougeur plus ou moins vive dépendante de l’injection de ses vaisseaux capillaires. Cette rougeur et cette injection ont plutôt leur siège dans le tissu cellulaire sous-jacent à la membrane séreuse que dans cette membrane elle-même. Il est des cas où cette rougeur et cette injection sont à peine marquées , et cela arrive surtout quand la mort est survenue brusquement.

Dans cette période, le péricarde ne présente aucune modification, soit dans son épaisseur, soit dans sa transparence, soit dans sa consistance. A peine, dans certains cas, est-il un peu plus épais et un peu moins transparent qu’à l’état sain ; dans certains autres, il est moins poli, moins doux au toucher. Quelquefois il est tout à fait sec , luisant et comme poisseux au toucher.

Le liquide sécrété normalement par le péricarde se coagule bientôt à l’instar du sang et se sépare en deux parties, l’une liquide, plus ou moins trouble et floconneuse, l’autre concrète, fibrineuse, généralement désignée sous le nom de fausse membrane, de lymphe plastique, coaguleuse, organisable. En même temps on rencontre des caillots de sang plus ou moins abondants, et dont quelques-uns sont manifestement antérieurs à la mort.

Le cœur est, dans quelques cas, tout à fait sain, ou bien il se présente rouge et ramolli dans son tissu.

Causes. Dans quelques cas, on ne peut rien recueillir de positif sur les causes qui ont déterminé la péricardite. En général, l’influence du froid et du refroidissement paraît jouer un grand rôle dans la production de celte maladie, et comme la pleurésie et la pneumonie, elle apparaît souvent après un passage brusque du chaud au froid pendant que le corps est couvert d’une transpiration abondante. Les vicissitudes atmosphériques, des violences extérieures , une suractivité habituelle des fonctions du cœur peuvent lui donner lieu. Elle coïncide souvent avec la pleurésie, la pneumonie, et surtout avec le rhumatisme arliculaiçe , ou bien elle succède à ces maladies. Quant à celte dernière cause, voici dominent s’exprime M. le professeur Bouillaud :

« Telle est , d’après notre expérience , la fréquence de la péricardite chez les individus rhumatisants, qu’on pourrait affirmer à priori, que , sur 20 sujets atteints d’un rhumatisme articulaire aigu général et accompagné d’une vive réaction fébrile , il y en aura la moitié , au moins , qui offriront des symptômes d’une péricardite ou d’une endocardite, et souvent de ces deux phlegmasies réunies. Jusqu’ici, les phlegmasies aiguës du cœur concomitantes du rhumatisme avaient été entièrement méconnues dans la très-grande majorité des cas; et, comme elles n’avaient point été combattues convenablement, plusieurs ont dû passer et sont, en effet, passées à l’état chronique. De là ces lésions organiques du cœur, sur l’origine desquelles si peu d’auteurs nous avaient laissé quelques données satisfaisantes , et que plusieurs praticiens ont néanmoins vaguement rattachées à je ne sais quel principe , vice ou virus rhumatismal et goutteux. » ( Traité clinique des maladies du cœur , tom. 1, pag. 472.)

Quant aux causes prédisposantes, on peut dire que cette maladie sévit plutôt sur les hommes que sur les femmes, et qu’aucune influence ne paraît exercée par les âges.

Symptômes. Quelquefois une douleur plus . ou moins vive se fait sentir au-dessous du mamelon ou vers l’extrémité inférieure du sternum , douleur occupant parfois toute la région précordiale et s’irradiant, tantôt vers le creux de l’aisselle et le bras gauche, tantôt vers la région diaphragmatique, épigastrique, et quelquefois vers les hypocondres gauches. Cette douleur est pongitive , lancinante , déchirante , atroce, et, comme la douleur pleurétique, elle augmente par la percussion, par les mouvements respiratoires, la toux; elle empêche les malades de redresser le côté gauche et de se coucher sur ce même côté; quelques-uns portent la main sur la région dou-

DE LA PÉRICARDITE AIGUE

loureuse pendant les inspirations et les petites secousses de la toux qui existe dans certains cas.

Dans beaucoup de péricardites , la douleur est sourde et si légère, que les malades ne l’accusent pas; elle n’est perçue alors que par la percussion, par la pression exercée de bas en haut vers le creux de l’estomac, et la partie voisine de l’hypocondre gauche.

Quand la péricardite est compliquée d’une pleurésie très-aiguë ou d’un rhumatisme articulaire très-violent, la douleur de la péricardite est souvent masquée, obscurcie par celle de la pleurésie ou du rhumatisme.

L’exploration du cœur fait reconnaître des battements plus forts et plus fréquents qu’à l’état normal. Ces battements sont tantôt réguliers, tantôt irréguliers, tumultueux, inégaux, intermittents et constituant des palpitations plus ou moins violentes. Ces battements sont ordinairement sensibles à la main, quelquefois à la vue. Quand, au contraire, il s’est formé un épanchement considérable dans le péricarde, ils échappent à la main et à la vue. Dans ces cas, les contractions du cœur, au lieu d’être plus fortes , plus énergiques qu’à l’état normal, paraissent plus faibles.

M. Bouillaud a observé qu’il survient quelquefois, au moment où l’appareil inflammatoire a disparu pour faire place au travail organisateur, un phénomène très-singulier, qui n’a été encore noté par personne : c’est que le second mouvement du cœur se fait comme en deux temps avec une espèce de craquement.

M. Louis a signalé, comme signe assez fréquent de la péricardite, la saillie ou la voussure de la région précordiale.

La région précordiale percutée rend un son mat dans une étendue en rapport avec la quantité de l’épanchement. La matité occupe quelquefois le tiers inférieur et même la moitié de la partie antérieure et externe du côté gauche de la poitrine; au reste, celte matité n’arrive qu’à une époque assez avancé de la maladie.

L’auscultation fait entendre tantôt un bruit de cuir neuf , tantôt un bruit de frottement ou de frôlement plus ou moins fort. Dans certrins cas , ce bruit imite celui d’une râpe ou d’une scie. Dans d’autres circonstances, c’est un bruit de soufflet qu’on entend. Le bruit de frôlement est isochrone aux battements du cœur, plus fort ordinairement pendant la systole que pendant la diastole, et ressemble exactement, dans certains cas, au frottement du taffetas, du papier de banque ou du parchemin.

A une époque de la maladie où il existe un copieux épanchement , on reconnaît aussitôt que le double bruit du cœur est plus éloigné de l’oreille qu’à l’état normal , ce qui le rend plus obscur, plus sourd.

Dans la péricardite aiguë, on observe un mouvement fébrile plus ou moins violent; tantôt le pouls est fréquent, plein, fort, développé, régulier; la peau chaude, humectée par la sueur ; tantôt il est petit, déprimé, inégal, irrégulier, très-précipité, la peau chaude et sèche.

« Il existe quelquefois, dit M. Bouillaud, une dyspnée, un sentiment d’oppression insurmontable ; alors le malade ne sait quelle position garder; il s’agite (jactitation), cherche l’air et le frais; le visage est pâle, grippé, empreint de la plus vive anxiété et d’une expression de terreur indéfinissable : il éprouve quelquefois des secousses spasmodiques, de légers mouvements convulsifs, ou bien même offre le phénomène si connu du rire sardonique. Lorsque la dyspnée et les angoisses sont portées à ce point, les narines se dilatent et se resserrent d’une manière très-sensible pendant les mouvements d’inspiration et d’expiration, lesquels deviennent petits et fréquents comme dans la pleurésie; la respiration est entrecoupée de soupirs, de sanglots, de hoquets; un délire, ordinairement léger et momentané, quelquefois violent, une insomnie des plus cruelles, et, chez quelques sujets, des attaques générales de convulsion peuvent s’ajouter aux phénomènes précédents.

« L’anxiété à laquelle sont en proie quelques malades est tellement insupportable , qu’ils implorent la mort.

« Lorsque les malades résistent, pendant plusieurs jours, aux accidents que nous venons d’esquisser, leur visâge devient blême, livide, violacé, leurs extrémités s’infiltrent, et leur habitude ainsi que leur attitude sont celles des maladies dites organiques du cœur parvenues à leur dernier terme.

« Il est des cas de péricardite très-intense dans lesquels cet effrayant appareil de réaction existe à peine. C’est tout au plus si les malades éprouvent un léger sentiment d’oppression. »

Une forte dyspnée et la lypothymie coïncident presque toujours avec un épanchement considérable dans la plèvre ou dans le péricarde, et avec la formation des concrétions polypeuses dans les cavités du cœur.

Les troubles de la circulation et de la respiration sont souvent liés à l’extension de l’inflammation au tissu charnu du cœur, et au boursouflement inflammatoire des valvules.

Diagnostic. Réaction fébrile avec compression plus ou moins considérable survenant tout à coup, petitesse, irrégularité, intermittence du pouls, anxiété, douleur dans la région précordiale, voussure de cette région, avec matité et bruit de frôlement qu de cuir neuf, tels sont les signes qui, réunis, ne devront laisser aucun doute sur l’existence de la péricardite, et qui, en plus ou moins grand

MALADIES DES APPAREILS DES SÉCRÉTIONS

nombre, devront donner de fortes probabilités.

Pronostic , marche et durée . Les dangers de la péricardite ont été exagérés. Pour s’en convaincre, il faut savoir qu’il est extrêmement fréquent de rencontrer des traces d’une ancienne péricardite à l’ouverture d’individus qui ont succombé à toute autre maladie. De plus, il est d’observation que la péricardite peut guérir, et que, par conséquent, le pronostic offre moins de gravité qu’on ne le pensait généralement avant les travaux de MM. Louis et Bouillaud. Lorsque la mort en est la suite, elle a lieu par une dyspnée toujours croissante, par des accidents nerveux, ou subitement, au milieu d’une rémission marquée ; celte maladie peut aussi passer à l’état chronique ou donner lieu à une affection organique du cœur.

Complications. La péricardite est le plus souvent compliquée d’une inflammation soit aiguë, soit chronique, de la membrane interne du cœur, d’une maladie organique du cœur, d’une pleurésie aiguë ou chronique, d’une inflammation du péritoine ou des membranes synoviales des articulations. Dans un cas cité par M. Bouillaud, il y avait inflammation de la rate avec suppuration.

Traitement. Les émissions sanguines, le repos, la diète, des boissons adoucissantes, rafraîchissantes et des applications émollientes, telles sont les bases du traitement de la péricardite.

Les saignées générales ou locales doivent être proportionnées à l’intensité de la maladie, à l’âge, à la force, au tempérament, au sexe du sujet et aux complications.

PÉRICARDITE CHRONIQUE.

Caractères anatomiques . Ils sont les mêmes que ceux de la péricardite aiguë, auxquels il faut joindre l’existence d’adhérences celluleuses partielles ou générales résultant plutôt d’une inflammation ancienne que d’une phlogose récente, et de taches blanches à la surface du péricarde.

La péricardite chronique est primitive ou consécutive à l’aiguë.

Symptômes. Us sont très-variables : i°quand elle est partielle et peu étendue, et qu’elle s’accompagne d’un faible épanchement, les symptômes sont nuis; 2» lorsqu’ils existent, ils se groupent diversement suivant la nature de la lésion et la disposition du cœur. Ainsi, chez les uns, on n’observe qu’une simple douleur continue ou intermittente, s’exaspérant par intervalles et faisant naître des palpitations, douleur plus ou moins intense, souvent d’une durée fort longue et fort pénible, simulant une névralgie, pouvant durer des mois et des années, et être néanmoins suivie de la santé. Chez d’autres , se montrent en

même temps des signes d’affection organique du cœur. Dans certains cas, la douleur s’accompagne de palpitations, de dyspnée qui, souvent, n’est annoncée que par l’exaspération des palpitations. De plus, le pouls peut être irrégulier et très-fréquent, et, cela, pendant longtemps. Lorsque les palpitations et la dyspnée persistent plus ou moins longtemps, il peut survenir de grands troubles dans la circulation veineuse, qui produisent des collections séreuses , la teinte violacée de la face, etc.

Du reste, les signes tirés de la percussion et de l’auscultation sont les mêmes que dans la péricardite aiguë et peuvent manquer comme dans celle-ci. Dans le cas d’adhérence entre les deux feuillets du péricarde, on observe un mouvement d’ondulation au-dessous du point où le cœur bat normalement.

La mort est la terminaison la plus fréquente de la péricardite chronique ; elle peut cependant se terminer par le retour à la santé, ou bien par une affection organique du cœur tôt ou tard mortelle.

On lui oppose comme base du traitement des révulsifs énergiques , et spécialement un séton à la région du cœur.

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