‹ Cours de pathologie interneChapitre 111 sur 232 · MALADIES DES GLANDES SALIVAIRES · texte numérisé non relu

MALADIES DES GLANDES SALIVAIRES

Ire CLASSE. — LÉSIONS DE CIRCULATION.

PHLEGMASIES.

La maladie la plus importante des glandes salivaires est l’inflammation de la glande

MALADIES DES APPAREILS DES SÉCRÉTIONS

parotide, maladie désignée sous le nom de parotide et de parotidite.

DE LA PAROTIDITE.

Nous ne voulons parler ici que de l’inflammation franche de la parotide, et non de ces tumeurs sympathiques connues sous le nom de parotides , qui se développent quelquefois dans le cours des fièvres graves (Voyez, art. Dothiénentérie.)

Les enfants , et surtout ceux du sexe masculin, sont assez fréquemment affectés de parotidite, à l’époque du travail de la puberté. Bien rarement elle affecte deux fois le même individu ; rarement aussi, elle survient après l’âge de 25 à so ans. Ordinairement, elle envahit successivement les deux parotides. Hamillon, Mongor, etc., ont publié des relations de parotidites aiguës épidémiques.

Elle reconnaît le plus ordinairement pour cause l’action du froid, spécialement celle du froid humide.

L’invasion de la maladie est annoncée par des frissons irréguliers, accompagnés de lassitudes spontanées dans les membres, suivis d’agitations, de fréquence dans le pouls et de chaleur à la peau. Bientôt une douleur fixe, profonde, incommode, se manifeste à la région parotidienne ; la mastication devient difficile, laborieuse, et, quelquefois, absolument impossible. Bientôt, au-dessous de l’une, et quelquefois des deux oreilles , une tuméfaction plus ou moins considérable , ordinairement accompagnée de rougeur, de chaleur aux téguments , et d’une grande sensibilité à la pression, se développe graduellement. Si l’inflammation est considérable* le gonflement se propage aux glandes sous-maxillaires, aux amygdales, aux parois voisins du pharynx, et rend la déglutition excessivement difficile et douloureuse. Alors la tumeur est presque toujours d’un rouge foncé, tendue, et quelquefois si considérable, que lorsque les deux côtés sont atteints en même temps , le visage devient énorme. Le pouls est plein, dur, fréquent, la tête douloureuse, la soif vive, l’appétit nul, çt le malade est plongé dans l’assoupissement. Il est des cas où le gonflement est plutôt œdémateux qu’inflammatoire, et dans lesquels la tumeur n’offre ni rougeur, ni résistance très-marquée, ni douleur vive, ni gêne dans les mouvements de la mâchoire. Les symptômes généraux sont aussi peu marqués.

La maladie se termine le plus fréquemment par la résolution. Cette heureuse terminaison est annoncée chez la plupart des sujets, vers le quatrième ou le cinquième jour de l’apparition de l’engorgement , par une transpiration abondante qui humecte la région parotidienne et les parties voisines du cou, des oreilles et de la tête. Dans quelques cas, c’est

par une sueur générale, qui précède le ramollissement graduel de la tumeur, son affaissement et la diminution de la tension et de la sensibilité.

Si l’inflammation arrive à un très-haut degré, la terminaison par suppuration est à craindre. Cette fâcheuse terminaison est annoncée parla diminution dans la douleur, par l’élévation de la tumeur qui prend une teinte bleuâtre , devient plus molle à son centre, et qui présente de la fluctuation dans une étendue plus ou moins grande.

Mais , dans un assez grand nombre de cas, la parotidite se termine différemment. La tumeur s’affaisse brusquement, tous les symptômes d’irritation qui l’accompagnaient disparaissent presque instantanément, etpresque aussitôt le testicule chez l’homme, les parties extérieures de la génération ou les glandes mammaires chez la femme s’engorgent. On a plusieurs fois observé aussi que l’engorgement du testicule peut disparaître et être suivi d’une parotidite nouvelle, laquelle est quelquefois déplacée encore par une seconde métastase.

Ordinairement, la parotidite n’est pas une maladie grave.

Cette maladie réclame un traitement antiphlogistique local proportionné en énergie à l’intensité de l’inflammation. Si ia tumeur est très-développée , très-enflammée et très-douloureuse , on pratiquera une ou plusieurs saignées générales, on fera des applications de sangsues sur la tumeur elle-même, et on recouvrira leurs piqûres de cataplasmes émollients. En même temps , on prescrira la diète, des boissons délayantes, le repos, et l’on garantira le malade du froid et de l’humidité. Si l’inflammation est médiocre, on se contentera de prescrire des cataplasmes émollients , la diète , le repos et la chaleur.

Si la maladie se termine par suppuration , on fera l’ouverture de l’abcès d’après les règles indiquées par la chirurgie.

Dans les cas de métastase, on emploiera la médication antiphlogistique sur les parties nouvellement affectées , en même temps que l’on recouvrira la région parotidienne de cataplasmes sinapisés chauds , ou de vésicatoires, afin d’y rappeler la fluxion déplacée.

IIe CLASSE. — LÉSIONS DE SÉCRÉTION,

Dans certains cas , sans qu’il y ait tuméfaction , ni douleur des glandes , ni stomatite , une salivation abondante se produit. Il y a véritablement un flux de salive qu’on ne sait à quoi rapporter. Cette salivation abondante est quelquefois occasionnée par un traitement mercuriel ; mais il s’en faut que cette cause agisse toujours d’une manière aussi innocente, et des désordres plus ou moins graves de l’ap-

Page 1