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OSSIFICATIONS DE LA VÉSICULE BILIAIRE

nal cyslique et à la distension de la vésicule ; il n’y a pas de jaunisse; mais lorsque des calculs obstruent ou enflamment les autres canaux, lorsque le foie devient malade à son tour, alors la peau se colore en jaune : de sorte que si l’on parvient à reconnaître, dans un cas particulier, une hydropisie de la vésicule non accompagnée d’ictère, on pourra ajouter que le foie et les canaux cholédoque et hépatique sont encore intacts.

Le diagnostic présente certaines difficultés. Quand la maladie est compliquée d’ictère, on est conduit tout naturellement vers le foie; et la tumeur, située un peu au-dessus de l’ombilic et au-dessous du rebord des fausses côtes, douloureuse, élastique et circonscrite, qui, percutée, donne un sôn humorique, ne pourrait être prise que pour un abcès du 'foie. Remarquez que ces tumeurs de la vésicule, distendue soit par la bile, soit par un autre liquide , sont considérées ici comme n’ayant contracté aucune adhérence inflammatoire avec les parois abdominales, et comme ne tendant pas à la suppuration. C’est surtout dans le cas de calcul que cet accident survient, et qu’il se forme des fistules biliaires. Celte remarque rend facile le diagnostic des abcès du foie et de la tumeur de la vésicule , laquelle ne présente pas l’empâtement des téguments, et qui, enfin, n’aboutit pas à la suppuration; mais il n’est pas possible de dire si la tumeur qu’on sent à i’hypocondre est due à une hydropisie de la vésicule ou à la distension de ce réservoir par la bile.

S’il n’y avait point d’ictère , ce ne serait plus à une rétention de bile dans la vésicule qu’on aurait affaire ; mais alors il serait fort difficile de la distinguer d’une hydropisie enkistée située à la même place ; il n’y aurait plus guère que les signes anamnestiques qui, s’ils se rapportaient à une maladie du foie, feraient admettre une accumulation de liquide dans la vésicule.

Il arrive quelquefois qu’une telle affection incommode à peine les malades , lorsque les autres lésions de l’appareil biliaire sont peu considérables ; mais il est toujours à craindre qu’une phlegmasie ne se développe dans cette poche distendue, et une semblable inflammation est des plus dangereuses. Les remèdes qu’on a à lui opposer n’agissent guère contre elle et sont plutôt dirigés contre les lésions qui peuvent l’accompagner, tels que calculs, inflammation, engorgement du foie. Il n’est qu’un moyen qui lui soit directement applicable, c’est la ponction.

IIIe CLASSE. — LÉSIONS I)E NUTRITION.

Nous empruntons au même auteur les descriptions suivantes :

OSSIFICATIONS.

Parmi les organes qui tiennent immédiatement au canal intestinal , la vésicule paraît la plus sujette à l’ossification. Baillie a vu les membranes très-épaissies de la vésicule transformées par places en une sorte de substance osseuse; et Valter, sur une femme de 84 ans, la vésicule changée en un réservoir osseux. Grandchamp l’a rencontrée , sur une femme de 67 ans , convertie eh une masse complètement osseuse , rougeâtre , dure et de la grosseur de la tête d’un fœtus de sept mois. Sa plus grande circonférence avait neuf pouces, la plus petite quatre. Elle contenait une gélatine grise , partout transparente , et qui avait d’autant plus de consistance qu’elle se rapprochait davantage des parois de la vésicule, où elle était presque cartilagineuse. Les parois de la vésicule qui pesait une livre deux onces, avaient près de deux lignes d’épaisseur. Ce n’était qu’à la fin du diamètre longitudinal qu’elle se partageait en deux crochets cartilagineux; du reste, elle était tout osseuse. Le canal cystique manquait et ne paraissait même pas avoir jamais existé. Le canal hépatique allait directement du foie au duodénum. De même M. Meckel a trouvé , sur une femme de 60 ans , la vésicule , qui avait la grosseur d’un œuf d’oie, transformée en une substance généralement osseuse , qui s’était formée entre la tunique péritonéale beaucoup épaissie, et la membrane muqueuse existant partout , et qui était fortement adhérente à toutes deux. Elle renfermait une bile claire et environ trente calculs biliaires. Il n’y avait que le col de la vésicule, un peu élargi , qui ne se fût pas ossifié; les voies biliaires étaient saines du reste.

Sœmmering rapporte un cas d’ossificalion du canal cholédoque. Hufeland en cite un exemple remarquable. Une femme enceinte avait été affectée , dans les derniers mois de la grossesse, d’un ictère opiniâtre; ayant éprouvé des hémorragies assez abondantes de l’utérus , des narines et des gencives , elle succomba. A l’ouverture du corps, on trouva le foie induré; le canal cholédoque, au point où les conduits hépatique et cystique se réunissent , transformé en une matière osseuse. On pense que ces indurations de la vésicule et des canaux tiennent aux mêmes causes que celles qui produisent les calculs biliaires. Cependant il faut admettre que là, comme ailleurs, les progrès de l’âge ou certaines causes qui nous échappent produisent l’incrustation de ces Organes.

Il n’est guère probable que ces diverses lésions puissent se soupçonner pendant la vie. L’ictère, la douleur dans l’hypocondre droit appartiennent bien plus souvent à d’autres affections de l’organe biliaire, et il n’est pas

MALADIES DES APPAREILS DES SÉCRÉTIONS

possible de tirer de ces symptômes un diagnostic précis de l’ossification de la vésicule ou des conduits de la bile.

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