DE L’INFLAMMATION DE L’ENCÉPHALE
tion du cerveau, à laquelle succèdent peu à peu les symptômes de l’encéphalite. lien est d’autres où, sans aucune espèce de prodrome, le délire éclate tout à coup sans autre phénomène morbide. Dans tous les cas où se présentera le délire accompagné de fièvre, serezvous en droit de conclure à l’existence d'une encéphalite? Non; car vous vous souviendrez que la fièvre typhoïde débute souvent de cette manière. Quelquefois vous la verrez débuter par des convulsions, par des contractures ou par la paralysie. Vous vous tromperez plus difficilement sur ces symptômes , puisqu’ils sont beaucoup plus caractéristiques de l’encéphalite. Enfin il est des cas insolites, dont il faut tenir compté, où la maladie débute d’une manière toute différente. Ainsi Abererombie ( des Maladies de l’encéphale, traduit par Gendrin, 2e édit., p. 114) a vu l’encéphalite débuter par la perte de la parole. Le même observateur rapporte une observation où le vomissement fut le premier symptôme.
Durée : variable. On voit des encéphalites qui se terminentpar la mort au bout de vingtquatre heures. On en voit d’autres qui durent un ou deux mois, après lesquels elles passent à l’état chronique.
Terminaison. Par la mort ou par le retour à la santé , qui peut être complet, ou bien présenter un affaiblissement, soit de l’intelligence ou de quelqu’une deses facultés, soitde quelque sens. Ainsi on a vu l’encéphalite être suivie de strabisme , de dureté de l’ouïe, etc.
Traitement. Au début, les émissions sanguines doivent en être la base. Quand on a abattu les phénomènes de réaction par une soustraction de sang plus ou moins considérable, on doit recourir à l’emploi du froid ; mais cet emploi doit être fait avec de grandes précautions, car il présente deux inconvénients qu’il faut savoir éviter. Si vous l’appliquez avant d’avoir pratiqué desémissions sanguines, il détermine une réaction si forte que vous ne pourrez peut-être plus vous en rendre maître. Si vous l’appliquez trop tard, votre malade tombera dans un collapsus dont rien ne pourra le retirer.
Plusieurs moyens sont en usage pour l’application du froid; on peut appliquer de la glace sur la tête en ayant soin de la piler et de la renfermer dans une vessie pour que son poids et son volume n’incommodent pas le malade. Il est nécessaire que la glace reste longtemps sur la tête pour qu’elle y produise quelque effet. Vous trouverez des malades qui seront péniblement impressionnés par cette application de glace; persistez pendant quelque temps pour voir si cette impression désagréable cesse; s’ils témoignent par des cris, par de l’agitation, quelquefois par des grimaces, que la présence de la glace leur est douloureuse, n’insistez pas davantage sur ce
moyen, il leur serait alors nuisible. Vous en trouverez d’autres au contraire qui témoigneront du soulagement et qui le désireront avec ardeur.
On emploie aussi les affusions froides sur la tête à des intervalles plus ou moins éloignés, l’eau étant à une température qui ne soit pas au-dessous de i6°, on peut diriger un courant continu d’eau froide sur la tête; on peut faire tomber l’eau goutte à goutte, on peut enfin faire des ablutions sur tout le corps.
Les révulsifs à la peau, tels que vésicatoires, sinapismes, etc., exigent les mêmes précautions que l’emploi du froid et ne doivent pas être appliqués à toutes les périodes de la maladie. C’est quand l’excitation a été diminuée que l’on peut les employer. Il est des malades qui ne peuvent les supporter et chez lesquels tout excitant à la peau est suivi d’une exaspération formidable de tous les symptômes. Je crois, somme toute , qu’il faut être très-avare des révulsifs dans l’encéphalite, et qu’ils ne sont réellement utiles que lorsque le coma est profond et la sensibilité générale et spéciale entièrement émoussée.
Je suis moins avare de dérivatifs sur le tube intestinal , et je les ai toujours vus produire de bons effets, toutes les fois que les voies digestives étaient parfaitement exemptes de toute alteration. Abererombie dit : « Dans toutes les formes de la maladie, les purgatifs actifs semblent être le remède dont on lire les résultats les plus satisfaisants. Quoiqu’il ne faille jamais négliger de recourir à la saignée dans les premières périodes de la maladie, mon expérience m’a prouvé qu’un plus grand nombre de succès ont été obtenus dans des affections cérébrales de l’apparence la plus alarmante par l’usage des purgatifs très-violents, que par tout autre moyen de traitement, Dans le plus grand nombre de ces cas, des saignées copieuses et répétées avaient été employées sans aucun avantage apparent pour arrêter les symptômes. Le purgatif le plus convenable, dans ces cas , est l’huile de crotontiglium. » ( Ouvrage cité, page 215.)
Les préparations mercurielles ont été décorées du nom de spécifiques, dans les inflammations cérébrales. Je n’ai jamais vu qu’on en retirât de grands effets, soit qu’elles fussent administrées en frictions , soit à l’intérieur. C’est surtout au calomel que l’on a recours dans ce dernier cas, et quand son administration a été suivie de quelque succès, on peut dire qu’il a plutôt agi comme purgatif que comme agent mercuriel.
2° Forme chronique. L’encéphalite chronique se rapproche à beaucoup d’égards de l’encéphalite aiguë.
Ses caractères anatomiques sont les mêmes, si ce n’est que le cerveau présente souvent de l’induration et plus souvent des
abcès que dans la forme aigue. Ces abcès sont renfermés dans des kystes à parois fibreuses.
Les causes sont les mêmes que celles qui produisent l’inflam mation aiguë.Elle peutsuccéder à l’encéphalite aigue ou être primitive. Les symptômes sont aussi les mêmes, si ce n’est qu’ils" se succèdent plus lentement.
V inflammation chronique du cervelet , dont on possède sept à huit exemples, s’est traduite avec des symptômes variables. Ainsi dans un cas il y a eu paralysie ; dans un autre, faiblesse, extrême des membres et imminence continuelle de chute en avant. Dans d’autres cas, ce n’était plus sur les mouvements que portaient les désordres, mais sur le sentiment; dans un cas il y avait exaltation de la sensibilité générale ; dans un autre , douleur atroce à l'occiput; dans un autre, cécité; enfin on l’a vue se traduire par des désordres de la digestion consistant en des vomissements.
Espérons que plus tard, et pour l’honneur de notre science, on arrivera à expliquer tous ces symptômes variables par la diversité de siège de l’inflammation dans le cervelet.
Le traitement consiste dans les émissions sanguines au début, et dans les révulsifs dans une période plus avancée delà maladie.