‹ Cours de pathologie interneChapitre 173 sur 232 · CANCER DES CENTRES NERVEUX · texte numérisé non relu

CANCER DES CENTRES NERVEUX

Cette affection est beaucoup plus rare que les tubercules; le nombre des observations est limité, et par cela même nous pouvons en faire une analyse rigoureuse.

La science en possède quarante-cinq cas.

Siège. Sur ces quarante-cinq cas, le cerveau en a été le siège trente-deux fois.

Le cervelet, cinq fois ;

Le mésocéphale deux fois ;

Le corps pituitaire, trois fois ;

La moelle épinière, cinq fois.

Le volume du cancer est très-variable. Tantôt petit comme une noix, il peut envahir le quart, la moitié et plus des masses encéphaliques. Tantôt le cancer existe sur un seul point, tantôt plusieurs parties offrent la dégénéralion cancéreuse. M. Esquirol a vu un cas où le cancer existait dans les deux masses hémisphériques.

La substance cérébrale autour de la masse cancéreuse peut rester saine. Elle peut présenter les diverses altérations qui ont été décrites à l’article Tubercules.

Les méninges peuvent tantôt rester saines tantôt présenter diverses altérations. Elles peuvent être injectées, enflammées, présenter l’altération cancéreuse. Elles ont quelquefois entièrement disparu , les parois osseuses elles-mêmes peuvent présenter la dégénération cancéreuse. 11 existe un cas où l,e cancer du cerveau coïncidait avec un cancer de l’oreille. Unautre cas avec celui de l’éthmoïde et de toutes les fosses nasales. D’autres cas où tous lesnerfs qui sortent par la base du crâne ont été trouvés profondément altérés. Les nerfs qui ont été vus le plus souvent altérés ont été les nerfs olfactifs et optiques. Ces nerfs ont présenté des lésions différentes; on les a trouvés : 1® cancéreux; 2° détruits ; 3° atrophiés.

Quand le cancer affecte les centres nerveux, dans quelles conditions se trouvent les autres j parties du corps? Ou bien, pour que lecan-

cer existe dans les masses nerveuses, y a-t-il nécessairement toujours diathèse cancéreuse ? Dans les quarante-cinq cas observés, il n’en existe que dix où il soit question de cancer dans les autres parties du corps, et dans ces dix cas, chose bien remarquable, c’étaient les testicules qui avaient été primitivement le siège de l’affection cancéreuse. En même temps qu’un sarcocèle s’était manifesté, plusieurs parties du corps étaient devenues le siège de tumeurs. Dans deux cas les sujets de l’observation avaient reçu un coup sur le testicule. Le sarcocèle se manifesta, tout le reste de l’économie semblait être resté étranger à celte affection. On ampute le testicule, la diathèse cancéreuse se déclare , les malades meurent, et à l’autopsie on trouve des points cancéreux dans le cerveau, la moelle épinière , etc.

Causes. Tout à fait inconnues. Sur ces quarante-cinq cas on donne pour causes deux fois l’abus des liqueurs alcooliques ; mais que de fois cet abus n’entraîne pas le même résultat. Les violences extérieures sur la tête sont citées deux fois, une fois un cas de phlegmon. La dégénération cancéreuse n’a jamais été vue succédant à une maladie de l’organe. C’est toujours graduellement et lentement qu’elle s’établit.

Ages :

Avant 20 ans, 9 cas : 2 enfants de deux ans; 1 de 3 : 1 de quatre; 1 de sept; 1 de onze ; 1 de douze; 1 de quatorze ; 1 de dix-sept.

De 20 à 30 ans, 3 cas : 1 à 21 ans, 1 à 26, 1 à 29. De 30 à 40 ans, 8 cas : 2 à 33 ans, 1 à 34, 1 à 35, 1 à 36, 2 à 37, 1 à 38.

De 40 à 50 ans, 11 cas : 1 à 40 ans, 1 à 41, 3 à 45, 3 à 47, 2 à 48, 1 à 50.

De 50 à 60 ans, 9 cas : 1 à 51 ans, 3 à 52, 1 à 55, 1 à 57, 3 à 59.

De 60 à 80 ans, 5 cas : 1 à 62 ans, 1 à 64, 1 à 66, 1 71, 1 à 77.

Symptômes. Ils diffèrent peu de ceux des - autres lésions du cerveau.

Intelligence. Il y a des cas où elle est restée intacte pendant toute la maladie. D’autres cas où elle s’est altérée vers la fin de la maladie. D’autres où cette altération s’est montrée par intervalles. D’autres où elle a été troublée tout le temps de la maladie. Tantôt cette altération n’était qu’un affaiblissement de l’intelligence, tantôt la raison se perdait tout à fait, il y avait aliénation mentale.

iliowemew^.Peuventresterintacts.Quand ils s’altèrent, cette altération arrive toujours graduellement. Il y a tantôt hémiplégie , paraplégie, paralysie entière. 11 y a des cas de convulsions qui sont quelquefois intermittentes qui peuvent aussi alterner avec la paralysie. Ces convulsions ont été quelquefois le seul symptôme appréciable. Enfin, l’épilepsie a été observée.

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