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DU CANCER DES CENTRES- NERVEUX

Lésions du sentiment. Un des désordres les plus constants, c’est la céphalalgie. Elle a existé dans presque tous les cas. Elle a une intensité variable. Elle est quelquefois vive, intolérable, atroce. Elle est encore remarquable sous le rapport de sa durée, on l’a vue exister pendant plusieurs années. Elle se fait sentir, tantôt vers lecôté malade, c’est le cas le plus commun, tantôt vers des points opposés. Elle peut être fixe sur un point ou s’irradier vers d’autres parties, cesser vers le point malade et être perçue vers des parties plus ou moins éloignées, vers la face surtout au point de simuler une névralgie faciale. On peut d’autant plus se faire illusion à ce sujet que la douleur cesse par la pression. Cette douleur n’est pas toujours lancinante. Sous le rapport de la durée, elle peut être persistante ou intermittente. On l’a vue quelquefois diminuer ou cesser sous l’influence d’une saignée ou de l’écoulement menstruel.

La douleur peut aussi exister sur divers points du corps.

On a vu trois fois une singulière exaltation de la sensibilité cutanée ; deux fois une démangeaison insupportable à la peau. Bans quelques cas, au contraire, la sensibilité cutanée a été abolie.’

Dans quelques cas on a observé un affaiblissement graduel et progressif. Dans une observation relative à une fille de dix-sept ans, tous les sens furent successivement abolis. Elle devint sourde, muette, aveugle, perdit la sensation du goût, de l’odorat et du toucher; le tronc fut paralysé et les membres conservèrent leur mobilité. Cette jeune fille, qui ne pouvait plus se mettre en relation avec les objetsextérieurs, conserva son intelligence entièrement saine ; la faculté de penser seule resta intacte.*

Enfin il existe quelques cas où les sens ont été perdus et recouvrés alternativement.

L’ouïe et la vue sont dans ce cas.

Les fonctions de nutrition ont été rarement altérées. On a observé un cas de vomissement; un cas de constipation qui a duré neuf mois.

La circulation est restée intacte.

La teinte jaune -paille qui caractérise si bien la diathèse cancéreuse, n’a pas été constamment observée.

Le cancer du corps pituitaire a été observé trois fois. Dans le premier cas, les symptômes ont été : sentiment de pesanteur à la partie antérieure delà tête, amaurose, coma, mémoire affaiblie.

Deuxième cas : Amaurose, céphalalgie pendant trois ans, affaiblissement progressif, coma.

Troisième cas : Amaurose; contracture.

Dans ce troisième cas, la tumeur cancéreuse était volumineuse et s’élevait de chaque côté

Mb

de la selle turcique. Ces trois cas ont été observés par M. Rayer.

On a observé cinq cas de cancer dans le cervelet, il faut en retrancher deux qui étaient compliqués de méningite chronique. Dans ces trois cas ona observé la céphalalgie occipitale revenant par intervalles, agitation généra-le, convulsions épileptiformes, démarche d’un homme ivre. Dans un de ces cas il y a eu renversement de la tête en arrière. 11 y a eu absence de paralysie, l’intelligence a été peu altérée. Dans un cas il y a eu amnésie partielle ou perte delà mémoire des mots. Dans un autre on a noté des éblouissements et des vertiges précédant le vomissement ou alternant avec lui.

Le cancer du mésocéphale n’a été observé que deux fois. Dans un de ces cas, publié par M. Dechambre, il s’agissait d’une femme de vingt-six ans, qui éprouva pendant quelque temps des étourdissements, des battements de cœur, de la céphalalgie et de la douleur à l’œil gauche; plus lard il y eut affaiblissement dans les muscles de la face, d’abord, et puis dans les quatre membres. On observa ensuite un singulier mouvement d’abaissement et d’élévation des globes des yeux. Du côté de la sensibilité il y eut engourdissement des membres, en même temps douleur trèsvive à la plante des pieds, aux mollets et aux genoux. La vue, le goût et l’odorat s’affaiblirent bientôt ; une plume introduite dans les narines ne provoquait aucune sensation; l’ouïe cependant resta intacte, car la malade aimait qu’on lui fîi la lecture. Les pupilles étaient contractées. On observa aussi des vomissements.

Les cancers de la moelle épinière présentent à peu près les mêmes phénomènes que ceux déterminés par les cancers du cerveau et du cervelet. Dans un cas publié par M. Velpeau, qui l’observa sur une femme de trentesix ans*, il y eut des mouvements convulsifs, des douleurs vives dans les membres, mais paralysie du mouvement et du sentiment.

Des produits morbides divers qui peuvent se développer dans les centres nerveux.

Calculs. Les centres nerveux ne sont pas exemptsdeproduclionscalculeuses. La science en possède sept cas, dont six dans les hémisphères cérébraux, et un dans le cervelet. Ces calculs ont déterminé des symptômes très-divers , dont la manifestation n’a jamais pu mettre sur la voie du diagnostic.

Productions fibreuses , cartilagineuses.

Un seul cas, observé sur une vache : il y avait affaiblissement des membres gauches.

Kystes. Des kystes variés ont été trouvés dans les centres nerveux : ils déterminent des symptômes de compression.

Productions adipeuses. Il en existe quatre

cas : un dans le lobe antérieur du cerveau, un dans le raésocéphale, deux dans la selle turcique.

Concrétions osseuses. On en connaît six cas. Dans un cas, où de petites concrétions osseuses siégeaient dans le corps strié, il y avait eu balancement de la tête. Dans les autres cas il ne s’était manifesté que des symptômes décompression.

Quant aux âges, on en a trouvé à 20 mois, à 20 ans et à 57 ans.

Entozoaires. Enfin, des entozoaires de différentes espèces ont été trouvés dans les centres nerveux. Deux fois on y a trouvé des acéphalocysles. Dans presque tous les cas il avait existé des convulsions.

DES MALADIES DES CENTRES NERVEUX QUI SE PRE- SENTENT SANS ALTÉRATIONS CADAVÉRIQUES.

Les nombreuses maladies que nous venons de passer en revue laissent constamment après elles des altérations cadavériques appréciables. Dans celles que nous allons maintenant examiner, il n’en est pas ainsi. Dans la plupart des cas, il nous est impossible d’apprécier, après la mort, les lésions organiques qui ont déterminé les altérations fonclionelles : le scalpel est impuissant pour nous faire découvrir la cause matérielle de la maladie ; ou, si, par l’investigation minutieuse, nous parvenonsàtrouverquelques altérations, elles ne suffisent pas pour expliquer les phénomènes, car elles ne sont point constantes, et dans l’immense majorité des cas elles ne sont point en rapport avec la gravité des symptômes. 11 ne faut pas douter néanmoins que le siège de ces maladies soit dans les centres nerveux, car, sous peine de s’égarer dans l’immense labyrinthe des hypothèses et des conjectures, il faut nécessairement admettre que toute lésion fonctionnelle reconnaît pour cause une lésion dé l’organe. 11 serait tout aussi téméraire d’affirmer que ces lésions organiques sont toujours appréciables ; l’impatience bien naturelle de vouloir rendre la science positive ne peut encore aller jusque-là, et l’étude à laquelle nous allons nous livrer ne démontrera que trop combien grande est encore notre ignorance sur l’anatomie pathologique des maladies des centres nerveux qui nous restent à examiner.

Nous sommes donc arrivés à l’étude d’un genre spécial de maladies très-diverses et très-complexes, généralement désignées sous le nom de névroses.

Nous avons déjà dit que dans quelques cas elles laissent après elles des altérations anatomiques. Quand on les rencontre, on est porté à croire qu’elles sont la cause des désordres fonctionnels, et qu’en elles réside le siège de la maladie. Mais ces lésions sont-elles causes ou effets? C’est ce qui est fort difficile de dé-

terminer. Dans l’épilepsie, par exemple, les lésions variées et diverses qu’elles laissent quelquefois après elles, ne suffisent pas pour expliquer les désordres fonctionnels; et dans les cas où ces lésions n’existent pas, il faut bien admettre qu’il y a quelque chose qui prédispose à l’épilepsie, et que souvent les altérations anatomiques ne sont qu’un effet de la maladie. Jetez, en effet, les yeux sur un épileptique au moment de son accès; vous voyez la face gonfler et rougir, la conjonctive s’injecter, etc. Nierez-vous que ce ne soit là un effet de la maladie? Or, ce qui se passe sur la face peut aussi se produire dans le cerveau. Et si, après la mort d’un épileptique, vous trouvez le cerveau hypérémié, vous ne pourrez tirer d’autre conséquence de cette hypérémie, qu’en admettant qu’elle est un résultat de l’épilepsie. 11 faut donc reconnaître que les altérations anatomiques, dans les névroses, sont tantôt causes, tantôt effets de la maladie.

Afin d’établir quelque ordre dans l’étude de ces maladies, il nous paraît naturel de les rattacher aux troubles fonctionnels qui les caractérisent. Ainsi, les unes consistent dans un troubie de l’intelligence, les autres, dans une lésion du mouvement , les autres, enfin, dans un troublg du sentiment.

De là, trois grandes classes de névroses à établir :

Dans la première, nous plaçons les troubles de rinlelligence;

Dans la seconde, les troubles du sentiment;

Dans la troisième, les troubles du mouvement.

Après avoir étudié ces trois grandes classes de névroses, nous placerons :

Dans une quatrième classe, les troubles fonctionnels de la vie dénutrition et des fonctions génitales;

Dans une cinquième classe, nous étudierons les troubles dont est susceptible la force vitale, en nous réservant d’expliquer plus tard ce que nous entendons par force vitale ;

Enfin, dans une sixième, nous rangerons les lésions fonctionnelles complexes qui résultent non du trouble isolé d’une seule fonction , mais de l’altération d’un grand nombre de fonctions, telles que celles de l’intelligence, du sentiment, du mouvement, etc.

Ire CLASSE. — MALADIES CARACTÉRISÉES PAR LA LÉSION DE L’INTELLIGENCE.

Nous distinguerons trois ordres dans celte

classe :

lerOrdre.— Désordre aigu de l’intelligence, ou les délires;

| 2e Ordre. — Désordre chronique, ou aliénation mentale;

Dü DÉLIRE.

3° Ordre. — Désordre, non plus complet de l’intelligence, mais d’une de ses facultés, comme celle qui préside à la coordination des mots ou le langage, celle qui préside aux souvenirs ou la mémoire, à l’imagination, etc.

Dr Ordre. — trouble aigu de l’intelligence.

Du délire.

Le siège de cette affection est évidemment dans le cerveau ; mais dans quelle partie du cerveau? Cette question n’estpas encore résolue. Plusieurs pathologistes modernes établissent que les troubles de l’intelligence coïncident avec une altération de la couche corticale des hémisphères. Ces pathologistes ont marché plus vile que la science. Il y a de grandes probabilités pour que cela soit ainsi, mais il n’y a point certitude : l’avenir seul peut dé-' cider celte question.

Quel que soit son siège , cette lésion est-elle toujours apparente? En nous étayant des faits que nous avons vus, nous répondrons que non. Mais dans certains cas nous avons vu le délire exister avec des lésions graves. Dans d’autres cas de délire existant depuis plusieurs jours avant la mort, on n’a rien trouvé ni dans le cerveau, ni dans ses membranes.

Ainsi, le délire n’est jamais en rapport avec les lésions du cerveau. Dans les cas où l’étal anatomique du cerveau ne donne aucun renseignement, peut-on admettre qu’il a existé une congestion passagère qui s’est dissipée au moment de la mort? Rien ne prouve, d’abord, l’existence de cette congestion ; mais en l’admettant même, on recule la difficulté sans la résoudre; car dans les cas de simple étourdissement, de tournoiement de tête, vous les attribuez aussi à la congestion. Voilà donc une même cause qui produit des résultats divers.

Quand on voit un malade affecté de délire, on est porté à penser et à dire qu’il y a chez lui excitation du cerveau. Il n’en est cependant pas toujours ainsi; et c’est aller contre les faits de dire que le délire est toujours dû à un état d’irritation et de stimulation. Sans invoquer ëncore la lumière des faits, la raison ne dit-elle pas que l’irritation et la congestion ne sont pas plus nécessaires à l’existence de deux idées qui s’associent mal, d’où résulte le délire, qu’à l’existence de deux idées qui s’associent bien, d’où résulte la raison? Une fois le délire produit, la congestion peut bien survenir, mais alors c’est comme résultat, et non comme cause. Ainsi, quand un homme se met en colère, et qu’il survient une congestion cérébrale, dira-t-on que c’est parce qu’il y a eu congestion, qu’il s’est mis en colère? Non, car c’est la proposition inverse qui est la vraie. Or, la colère peut être considérée comme un léger délire : Ira delirium brevis , a dit Sé-

nèque. Il en est de même pour un individu chez lequel un travail intellectuel long, assidu, opiniâtre, a déterminé une congestion cérébrale. Un homme qui délire est en travail intellectuel comme celui qui compose un poème épique.

Nous croyons donc que tout ce qui apporte une modification quelconque dans le cerveau peut produire le délire. Remarquons même que ces modifications du cerveau, qui le font réagir sur lui-même, peuvent produire des effets bien différents du délire. Ainsi, nous avons vu, dans l’espace de quinze jours, deux paralysies de la face survenues, l’une à la suite de la colère, l’autre à la suite d’une nouvelle fâcheuse. L’explication de ces faits ne doit point être cherchée dans les amphithéâtres d’anatomie pathologique ; elle est sans doute dans le creuset du chimiste ou dans la balance du physicien.

En cherchant à diviser le délire d’après les causes qui le produisent et qui réclament un traitement. différent, on trouve qu’il importe d’établir un délire sympathique et un délire idiopathique.

1° Délire sympathique. Celui-ci n’a pas son point de départ dans le cerveau. Une vive douleur à une partie quelconque du corps peut le faire naître, et tandis que certaines personnes peuvent supporter les plus grandes douleurs sans que le cerveau en soit altéré, d’autres présentent le délire dont il est ici question, après la douleur la plus légère.

Ce délire peut être continu ou intermittent, et, dans ce dernier cas, régulier ou irrégulier, avec ou sans fièvre.

11 est fort difficile de connaître la nature de ce délire sympathique; tantôt il coïncide avec l’hypérémie du cerveau, tantôt il n’est point lié avec elle.

Il est évident que dans celte affection deux indications thérapeutiques principales se présentent: la première, de rechercher le point de départ, c’est-à-dire la cause; la deuxième, d’attaquer la modification cérébrale qui est îurvenue.

Ainsi, quand il y a phlegmasie évidente d’un organe, les saignées abondantes et le régime antiphlogistique sont les meilleurs moyens à opposer au délire. A une époque où l’on faisait abus des vomitifs et des purgatifs, Stoll écrivait que sous leur influence disparaissait le délire. Nous avons eu plusieurs fois l’occasion de voir des malades atteints de fièvre continue, chez lesquels existait un léger délire, des rêvasseries, revenir à un état sain de. l’intelligence, par l’emploi d’un vomitif. Chez ces individus, qui, sous l’impression d’une douleur plus ou moins vive, sont pris facilement de délire, il importe de calmer d’abord la douleur sous peine de voir naître des convulsions.

Quand on a vainement combattu la maladie ou la douleur, causes du délire, c’est vers la modification cérébrale elle-même qu’il faut diriger le traitement. Presque toujours le délire, cède alors aux évacuations sanguines.

Dupuytren a éveillé l’attention sur ces cas assez fréquents où le délire survient, chez quelques individus, à propos de certaines lésions extérieures, de plaies, de contusions, de luxations, de fractures, etc. Ce délire ne s’accompagne pas de fièvre. Dupuytren l’a nommé délire nerveux. Ce chirurgien célèbre a bien prouvé que ce n’est plus par les émissions sanguines qu’il faut combattre ce délire, mais par les narcotiques et les préparations opiacées.

2° Délire idiopathique. 11 y en a de plusieurs genres. Il peut être produit par une stimulation du cerveau ou de ses membranes {Voy. art. Méningite). Il y a une variété de ce genre de délire, qui est à noter. Les matelots qui cinglent vers les pays équatoriaux, sont quelquefois pris de délire et obsédés par une idée fixe. Au milieu de l’Océan ils s’imaginent voir des prés, des gazons, des champs de verdure, et croyant pouvoir les atteindre, ils se précipitent dans la mer. Les Espagnols ont nommé ce délire calentura. L’influence de la chaleur du climat est vraisemblablement pour beaucoup dans ce délire comme cause de congestion cérébrale. La nostalgie et le violent désir de voir la terre après une aussi longue traversée, agissent comme causes prédisposantes. Le traitement que réclame cette affection est le même que celui des congestions cérébrales : larges saignées, applications de corps froids sur la tête, etc.

Le délire idiopathique peut survenir par défaut d’excitation du cerveau, par faiblesse de cet organe ; aussi n’est-il pas rare de l’observer à la suite de grandes hémorragies. Il se manifeste aussi chez les sujets épuisés par des excès de fatigue, et qui viennent à être pris de maladies aiguës.

Le délire survient aussi dans la période avancée des maladies aiguës, à la fin d’un certain nombre de maladies chroniques, au moment où toutes les fonctions s’éteignent. On le voit encore survenir à la suite d’abstinences prolongées. Cette espèce de délire ne serait pas calmée par le traitement antiphlogistique; au contraire : car s’il est vrai de dire que quelques espèces de délire cèdent à l’emploi de ce moyen, il faut convenir aussi que celui dont nous parlons est victorieusement combattu par l’emploi de légers excitants et d’une alimentation graduelle. Ces faits sont incontestables. j,

Un autre genre de délire reconnaît pour ! cause l’abstinence de certains excitants aux- I quels l’économie est habituée. Ainsi on a vu ! des individus habitués aux liqueurs alcooli- |

ques, devenir furieux dès qu’ils en étaient privés. On a vu des malades entrer en délire dès qu’ils étaient privés de lumière. Ces exemples ne sont pas rares chez les femmes à la suite d’accouchements laborieux, ou quand elles sont en proie à la fièvre puerpérale. Pendant la convalescence de certains malades, on les voit entrer en délire dès qu’on les lève de leur lit.

Le délire peut être occasionné par l’introduction dans la masse du sang de substances étrangères qui ont sur le cerveau une influence telle, que le délire en est le résultat.

Il en est parmi ces substances qui agissent spécialement sur le cerveau, et d’autres qui n’agissent sur lui que par l’intermédiaire du sang.

Celles qui agissent spécialement sur le cerveau, sont :

1° les alcooliques,

2° les narcotiques.

Influence des alcooliques „ Le délire qu’ils occasionnent est connu sous le nom d 'ivresse. On ne peut pas douter qu’un dès effets des substances alcooliques soit de congestionner le cerveau. Mais cette congestion n’explique pas tout. Toutes les fois que le cerveau est congestionné on n’est pas ivre; il faut nécessairement admettre un effet spécial. Au reste, la preuve de cette congestion a été fournie par l’ouverture de sujets morts pendant l’ivresse. On a trouvé un engorgement considérable de sang dans tous les vaisseaux, dans les méninges, dans la substance cérébrale même. On a trouvé en même temps une infiltration séreuse à la base du crâne. Ce qui est digne de remarque, c’est l’odeur très-prononcée d’alcool qui se manifeste dans L’intérieur des ventricules. L’estomac a été trouvé parfaitement sain.

Ces faits prouvent d’abord que l’alcool congestionne le cerveau, et puis que l’alcool est déposé dans la substance même du cerveau. On trouve, dans le tome 20 des Archives de Médecine , des faits qui mettent hors de doute cette proposition.

Il est démontré aussi que ce n’eSt point en produisant une irritation à l’estomac, mais bien par absorption, que l’alcool agit. En voici les preuves r

Si l’on introduit de l’alcool dans l’estomac d’un animal, quelques instants après, l’alcool se trouve dans le sang et dans le cervéau.

On détermine tous les accidents de l’ivresse en introduisant de l’alcool, non plus dans l’estomac, mais bien dans les veines d’un animal.

L’alcool agit-il sur la masse encéphalique en général, ou sur un point déterminé?

M. Flourens pense que c’estsur le cerveau. L’anatomie pathologique n’a pas confirmé celte assertion. Tout ce que nous savons, c*esl que

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