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DU DÉLIRE

l'alcool a été absorbé , et que probablement il ,agit sur l’encéphale en général.

Cette espèce de délire a aussi ses symptômes spéciaux. On peut le diviser en trois degrés ier degré : trouble léger, exaltation des facultés intellectuelles que l’on désigne par l’expression d 'être gris; — 2e degré : perte de connaissance subite ou arrivant quelques instants après l’ingestion de substances alcooliques, et coma profond, perle absolue de mouvement et de sentiment, quelquefois perte plus complète d’un côté que de l’autre, pupilles larges, dilatées; face bouffie, vultueuse; roideur tétanique, tantôt partielle, tantôt générale, quelquefois des convulsions. Sous le rapport de la vie de nutrition, le pouls est nul, petit ou misérable; on ne le sent quelquefois qu’aux carotides; peau froide; respiration stertoreuse. Au bout d’un certain temps, cet ensemble de phénomènes commence à se dissiper ; il ne reste qu’un air d’hébétude, de stupeur; les mouvements reviennent graduellement, mais les membres conservent de la pesanteur, comme s’ils étaient retenus par un poids énorme ; la connaissance revient peu à peu , et à mesure que l’influence alcoolique cesse, le pouls reparaît ; une réaction fébrile se manifeste quelquefois , et de graves lésions , soit du cerveau , soit des poumons, soit du tube intestinal, peuvent survenir. Dans les cas»les plus fréquents , la réaction diminue et tout rentre dans l’ordre ; mais quelquefois la mort peut survenir , soit avant la réaction . soit consécutivement. — 3e degré caractérisé par l’ensemble de tous ces symptômes se montrant simultanément. Un individu qui ingère une grande quantité de. liqueurs alcooliques dans l’estomac, peut tomber et mourir sur-lechamp.

Ces trois degrés dépendent, en général, de la quantité de liqueurs ingérées. Mais une remarque qui, quoique vulgaire, n’en est pas moins importante, c’est qu’il faut tenir un grand compte des habitudes. Les influences physiques produisent en général sur nos organes des effets nuis , légers ou graves , selon les dispositions et les modifications que les habitudes font éprouver.

Si dans l’état d’ivresse, le médecin appelé auprès du malade atteint de cet état, ne remontait pas à la cause , il lui serait difficile de fixer son diagnostic.

Traitement. Dans l’immense majorité des cas, la guérison est spontanée, et l’art n’a rien à faire. Il y a une loi dans l’économie, en vertu de laquelle toutes les fois qu’une substance étrangère est introduite dans les organes, l’économie tâche de s’en débarrasser par toutes sortes de voies. Si les accidents prenaient un haut degré de gravité , il faudrait provoquer des vomissements, faire de larges saignées, appliquer des révulsifs aux

pieds, ingérer de l'eau pure en grande quantité. Sur les animaux chez lesquels on avait déterminé l’ivresse, l’eau pure a fait cesser les accidents. L’art possède quelques médicaments spécifiques empruntés tous à la classe des excitants. On a vu les accidents de l’ivresse au premier degré cesser comme par enchantement par une tasse de café. L’éther sulfurique, à la dose de 15 à 35 gouttes,. a été souvent employé avec succès. L’efficacité de ce moyen n’est pas constante, celle de l’ammoniaque liquide l’est davantage. On l’administre dans un verre d’eau , depuis 6 jusqu’à to gouttes. Quelques médecins en ont donné des doses plus considérables : l’effet en a été nuisible. M. Mazuyer de Strasbourg a proposé de lui substituer l’acétate d’ammoniaque. Ce moyen paraît préférable , en ce qu’on peut l’administrer à des doses plus considérables , de 30 à 40 gouttes.

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