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LUPUS

( Dartre rongeante ; Esthiomène de M. Alibert. )

C’est une maladie chronique de la peau , ayant le plus ordinairement son siège au visage, et caractérisée par le développement de tubercules larges et aplatis, d’un rouge obscur, qui s’ouvrent au bout d’un temps plus ou moins long, et se convertissent en ulcérations croûteuses rongeantes, Ces ulcérations s’étendent plus ou moins en surface et en profon- | deur, entraînent assez souvent la déformation ou la chute des cartilages du nez, et laissent dans les lieux qu’elles abandonnent pour ramper vers d’autres, des cicatrices inégales, labourées, irrégulières, assez analogues à celles qui succèdent aux brûlures.

Siège. Son siège le plus fréquent est la face; mais toutes les parties de la face n’en sont pas aussi souvent atteintes les unes que les autres. Ainsi, le plus ordinairement le lupus envahit le lobule du nez, les lèvres, les joues, le menton. On peut l’observer aussi sur les épaules, à la partie antérieure et postérieure du cou. Très-rarement il fait invasion sur les membres, et quand cela a lieu, c’est surtout autour des grandes articulations qu’on l’observe de préférence. Quelquefois il a envahi j les mains et la face dorsale des pieds.

Causes. Les causes qui peuvent donner naissance au lupus sont en certain nombre et de nature différente. Ainsi nous reconnaissons quatre principales lésions comme causes du développement du lupus.

1° L’ulcération peut avoir été précédée de

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tubercules devenanlplus ou moins nombreux. Au bout d’un certain temps , ces tubercules, de secs qu’ils étaient, passent à un autre état; ils suintent, des croûtes se forment, la peau se fendille, les tubercules disparaissent, et l’ulcération commence. Voilà, dans ce cas, la maladie commençant par un turbercule.

2° On peut n’observer qu’une simple rougeur précédant l’ulcération ; c’est un érythème. A la suite de cet érythème apparaît l’ulcération, et la peau se fendille. Cet érythème est trompeur en ce qu’il semble n’annoncer rien de grave.

3° La peau, sous l’influence d’une modification de la nutrition, s’amincit au point qu’il arrive un moment où elle se fend ; alors apparaît l’ulcération.

4° Une légère ulcération, qui paraît de peu d’importance et qui semble ne devoir donner lieu à aucune suite fâcheuse, survient dans les fosses nasales. Des croûtes se succèdent les unes aux autres. Le malade les arrache, elles reviennent sans cesse, jusqu’à ce qu’il se forme une ulcération grisâtre.

Dans tous ces cas divers on observe une tendance générale de la maladie à passer à l’état d’ulcération.

Le lupus s’étend en largeur et en profondeur. Les lèvres, les paupières peuvent disparaître, les cartilages et les os du nez peuvent être détruits; mais le lupus borne là ses ravages, il ne va pas plus loin : c’est là le caractère, essentiel qui le distingue du cancer.

L’ulcération est Tente ou rapide. On a vu des individus avoir des cartilages du nez détruits dans l’espace de quinze jours.

M. Biett a décrit une dartre rongeante avec hypertrophie ( c’est une variété analogue à l’éléphantiasis pour la forme.

11 arrive souventque la cicatrisation formée persiste pendant un certain temps, puis, que le lupus reparaît. Dans d’autres circonstances, la cicatrice persiste, et le lupus est guéri.

Le lupus abandonné à lui-même tend à s’étendre, c’est ce qui a lieu en effet. Sa guérison complète est rare.

Lorsque la guérison du lupus a eu lieu, ou lorsqu’il a quitté une surface pour s’étendre ou se porter sur d’autres parties, il laisse des cicatrices.

On a remarqué que le lupus est singulièrement influencé par l’apparition de l’érésipèle. En effet, l’érésipèle modifie tellement cette maladie, qu’il peut en hâter la guérison. La présence de l’érésipèle est certainement la condition la plus favorable pour la guérison de cette terrible affection. Il serait sans aucun doute avantageux, dans les cas de lupus, de pouvoir déterminer un érésipèle artificiel.

Le lupus atteint plus souvent les enfants

que les adultes. Il est extrêmement rare après l’âge de quarante ans.

Les tempéraments scrofuleux sont les plus exposés à cette maladie. Quelques auteurs disent qu’elle est plus fréquente chez les habitants des campagnes , que chez ceux des villes , sans doute, disent-ils , à cause de l’alimentation qui est très-différente, et qui consiste, chez les paysans , surtout en fromages et en viandes salées.

Traitement. 11 se divise en deux périodes; dans la première on emploie les émollients , dans la seconde les excitants.

Parmiles principaux agents thérapeutiques qui ont été et qui sont encore employés, on ‘ doit noter les suivants, qui paraissent jouir d’une certaine efficacité :

Le proto-iodure de mercure, depuis la dose d’un scrupule à un demi-gros uni avec une once d’axonge ;

Le deuto-iodure de mercure, depuis la dose de douze grains jusqu’à un gros , également mêlé avec une once d’axonge.

M. Cazenave remplace l’un et l’autre de ces iodures de mercure par l’iodure de soufre à la dose de douze grains à un scrupule , incorporé dans une once d’axonge.

La cautérisation est fréquemment employée.. Avant de la pratiquer , il faut préalablement employer les cataplasmes émollients pour faire tomber les croûtes lorqu’elles recouvrent le lupus. On emploie, pour pratiquer celle cautérisation , les caustiques suivants : le nitrate acide de mercure, dont on imprègne un petit pinceau que l’on promène sur l’éruption, le chlorure d’antimoine, la pâte arsénicale. Pour ma part, je préfère le nitrate acide de mercure. Dans ces derniers temps on a essayé la créosote. Mais on n’a pas encore retiré de ce médicament des résultats assez satisfaisants pour que nous devions y attacher quelque importance.

Ici nous devrions faire l’histoire du cancer de la peau ; mais le traitement de cette affection réclamant lçs secours de la chirurgie, c’est dans les cours et les ouvrages de pathologie externe que l’on trouvera ce qui concerne cette maladie.

Tel est en abrégé le tableau que je voulais vous présenter des différentes maladies de la peau. Vous trouverez le complément de cette étude dans les excellents ouvrages des dermatographes modernes. Mais avant de quitter ce sujet , je dois vous prévenir qu’une cause modificatrice puissante peut avoir de grandes influences, non pas sur la forme, mais sur la nature des maladies de la peau; cette cause c’est la syphilis. Ainsi la syphilis peut se traduire par une des formes des affections cutanées que nous venons d’examiner; de sorte qu’on admet aujourd’hui, i° une syphilide exanthématique (roséole syphilitique) ; 2° une syphilide

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vésiculeuse , très-rare ; 3® une syphilide bulleuse ( rupia syphilitique) ; 4° une syphilide pustuleuse {ecthyma syphilitique); 5° une syphilide tuberculeuse ; 6° une syphilide papuleuse , squammeuseet ulcéreuse.

Les caractères qui font reconnaître la nature syphilitique de ces diverses formes de maladies cutanées , sont la couleur cuivrée, les ulcérations profondes, arrondies, à bords durs , calleux , taillés à pic ; les croûtes épaisses, verdâtres, noirâtres; profondément enchâssées dans le derme qui recouvre quelquefois les ulcérations ; les cicatrices inégales ,. tournées en spirales ou arrondies , blanches et déprimées. A ces caractères qui , il faut l’avouer, demandent un œil exercé et une longue habitude , il est important de réunir toutes les données que peuvent fournir les circonstances commémoratives, la préexistence de phénomènes locaux primitifs, la coexistence d’autres symptômes vénériens.

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Du rhumatisme.

J’entends par le mot rhumatisme une affection de nature inflammatoire pouvant occuper primitivement les tissus fibreux et musculaires , et consécutivement le tissu séreux.

Celle manière d’envisager le rhumatisme s’éloigne beaucoup de celle d’un grand nombre de médecins qui admettent que le rhumatisme articulaire est différent du rhumatisme musculaire. Je ne puis partager cette opinion. Pour moi ces deux affections sont identiques par leur nature et ne diffèrent que par leur siège. Le rhumatisme peut se développer partout où il y a du tissu fibreux et du tissu musculaire. Nous allons passer rapidement en revue les sièges divers que peut affecter le rhumatisme.

Dans les organes de la vie de relation , le rhumatisme peut siéger dans le tissu fibreux qui entoure toutes les articulations, dans les muscles des membres , du tronc , dans le diaphragme. A la tête, il peut siéger dans le péricrâne, dans le muscle occipito-frontal , dans le cuir chevelu. Il peut même envahir les membranes du cerveau : on a en effet décrit le rhumatisme de la dure-mère. Les ophthalmologistes ont décrit une ophthalmie rhumatismale.

Si nous passons aux organes contenus dans la poitrine , nous voyons que le cœur et ses annexes sontfréquemment le siège de rhumatisme. Ainsi le péricarde , sac fibro-séreux, la membrane interne du cœur, le cœur formé de tissu musculaire et de tissu fibreux , sont souvent atteints d’affections rhumatismales. C’est surtout aux orifices et sur les valvules du cœur que se fixe le rhumatisme.

Les organes contenus dans l’abdomen sont |

souvent aussi atteints de rhumatisme. Ainsi l’estomac et les intestins, la vessie, les capsules des reins et du foie, peuvent présenter cette affection.

Ainsi donc on voit quepartout où l’on trouve du tissu fibreux ou du tissu musculaire, partout aussi on peut trouver le rhumatisme.

Mais est-ce à dire que le rhumatisme, développé sur le tissu fibreux et musculaire, borne là son étendue? Non. Si dans quelques cas il en est ainsi, dans quelques autres il s’étend et se propage ; et on ne peut mieux se le représenter qu’en le comparant à la marche de certaines névralgies. Si dans les points primitifs où s’est développé le rhumatisme, existe du tissu cellulaire ou des membranes séreuses, il les envahira. C’est ainsi que le rhumatisme articulaire peut se propager à la membrane synoviale ; c’est ainsi que le tissu séreux du péricarde ne tardera pas à se prendre de rhumatisme, et que le cœur lui-même et sa membrane seront bientôt envahis.

De cela il faut conclure qu’il importe de distinguer dans le rhumatisme, i° son siège primitif, qu’il soit de nature fibreuse ou de nature musculaire, 2° son siège secondaire, qu’il se développe sur le tissu cellulaire ou sur le tissu séreux. Nous remarquerons plus bas que le rhumatisme primitif est remarqua ble par sa grande et rapide mobilité, tandis que le rhumatisme secondaire perd cette mobilité en se fixant sur une membrane séreuse.

Caractères anatomiques. Quel que soit le siège du rhumatisme, il est bien positif que souvent on ne trouve rien à l’autopsie. Bien souvent j’ai ouvert des cadavres d’individus morts des suites de rhumatisme, sur lesquels je n’ai rien trouvé. Dans d’autres circonstances on trouve les veines qui entourent les articulations dilatées et gorgées de sang, les ligaments, le périoste et la membrane synoviale rouges, injectés, épais; de petites collections purulentes dans le tissu cellulaire environnant , des accumulations de pus ou de sérosité dans la cavité même de la membrane synoviale. Quelquefois et surtout à la suite de l’état chronique, on a trouvé les cartilages articulaires rosés ou piquetés de rouge, épais, ramollis, cariés et soudés entre eux.

M. Bouillaud, d’après des faits rapportés dans son mémoire sur le rhumatisme, admet que la terminaison par suppuration et par épanchement purulent est assez fréquente ; ce qui, selon lui, démontre que le véritable siège de cette maladie n’est point dans les ligaments, mais bien dans les membranes séreuses. D’après cet auteur, les tissus ligamenteux ne sont pris qu’accessoirement, ainsi que plusieurs autres parties voisines, telles que les vaisseaux, le tissu cellulaire extérieur des articulations , etc. Il voudrait que, pour 1 distinguer le rhumatisme des synoviales ar-

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ticulaires, de celui des autres parties qui con- { courent à former ces articulations, on lui don- | nât le nom de synovite rhumatismale. Nous j ne pouvons partager l’opinion de M. Bouil- j îaud; et en avançant davantage dans l’histoire j du rhumatisme , nous aurons soin d’en dire j la raison.

Causes. Les causes du rhumatisme sont extérieures ou intérieures.

Dans les premières, la plus puissante est l’impression du froid. L’efficacité de cet agent dans la production du rhumatisme s’exerce surtout lorsque le corps étant au milieu d’une atmosphère très-chaude , un courant d’air froid vient à frapper sur cette partie. Il en est de même lorsque l’on couche dans des draps ou sur un sol humides, ou que l’on s’endort couvert de vêtements mouillés, l’habitation dans une maison nouvellement construite ou dans un local humide quelconque , l’exposi- | tion, pendant le sommeil, d’une partie du corps au froid, les autres en étant préservées; l’action de l’eau sur les pieds , les mains ou tout le corps, tandis que l’on est en sueur; subir la pluie pendant qu’on a très-chaud et | que l’on ne peut pas changer promptement de j vêtements; enfin toute espèce de refroidisse- j ment, toutes ces causes favorisent singuliè- I rement l’apparition du rhumatisme.

L’influence du froid dans la production du rhumatisme peut se faire sentir instantané- i ment. Dans d’autres circonstances elle ne se j faitsentir qu’au boulde plusieurs heuresoude i quelques jours. Enfin il n’est pas rare, et cela i s’observe surtout sur les anciens militaires I qui ont passé une partie de leur vie dans les j bivouacs, de voir que cette cause n’agisse 1 qu’au bout d’un temps plus ou moins long. I

M. Chomel est peu disposé à accorder une : grande influence au froid humide dans la pro- i duction du rhumatisme articulaire aigu. Dernièrement, dans un relevé de la clinique de ce professeur, publié par M. Grisolle dans le Journal hebdomadaire, n° 13, 1836, on lit : ! « On a peut-être exagéré l’influence du froid humide dans la production du rhumatisme articulaire aigu. En effet, sur sept malades nous n’en trouvons que deux sur lesquels le froid humide ait paru agir comme cause déterminante. Deux de nos malades ont même gagné le rhumatisme, quoiqu’ils fussent placés depuis quelque temps dans des conditions plus favorables qui auraient dû les en préserver. Au contraire, la plupart des rhumatismes musculaires que nous avons observés à la clinique , sont survenus à la suite de l’impression du froid plus ou moins prolongé sur les parties devenues malades. C’est d’après l’exa- i men de ces faits, que M. Chomel a établi que ; le froid humide avait une grande part dans la j production du rhumatisme musculaire; tandis j que dans le rhumatismearticulaire, l’influence i

de la prédisposition est plus puissante, celle des causes occasionnelles plus problématique."

Pour nous le rhumatisme musculaire, et articulaire est, comme nous l’avons déjà dit, la même affection ; et l’influence du froid sur l’une ou l’autre forme de la maladie nous parait incontestable. Mais aussi, comme M. Chomel, nous sommes disposé à tenir un grand compte de la prédisposition, et àce sujet nous partageons l’opinion de notre savant confrère, M. Roche, que nous allons reproduire ici : « La prédisposition au rhumatisme paraît consister dans une grande activité de l’hématose, une vive sensibilité de la peau, et surtout un développement très-considérable du système capillaire de la périphérie. On remarque, en effet, que les individus qui sont le plus ordinairement affectés de rhumatisme, ont la peau rosée, la figure fortement colorée , et que chez eux tout le système capillaire cutanée s’injecte avec la plus grande promptitude et une extrême facilité, sous l’influence de l’exercice, ou des passions, ou de l’action solaire, etc. A l’occasion de cette remarque , je hasarderai une conjecture qui me paraît très-fondée. Je crois que chez ces individus le sang reçoit une trop grande imprégnation d’oxygène, d’une part, à la surface de la membrane muqueuse pulmonaire, comme chez tous les hommes, et, de l’autre, à la surface cutanée, plus considérable que chez les autres individus, en raison précisément de ce grand développement du réseau capillaire extérieur qui met le sang très-divisé en contact avec l’air ambiant, et cette double imprégnation lui donne promptement des qualités trop excitantes. On me demandera peut-être la preuve de cette oxygénation de l’air, que je suppose se faire à la surface cutanée chez tous les individus. Mais ce n’est pas ici le lieu d’administrer ces preuves. Je renvoie le lecteur aux expériences de Spallanzani, deVauquelin, d’Edwards, etc., qu’il me serait facile d’appuyer de nombreux arguments. La peau exerce incontestablement cette fonction importante et pourtant presque généralement méconnue. Or, elle doit y varier d’intensité selon les âges et les tempéraments, comme à la surface pulmonaire, et dès lors c’est, sans aucun doute, chez les individus à système capillaire extérieur très-déyeloppé, qu’elle doit s’exercer avec toute l’énergie possible. Enfin la vive sensibilité dont jouit la peau chez les mêmes hommes les rend plus impressionna blés à l’action du froid qui, comme nous l’avons déjà dit, est la cause principale de la maladie. Tels sont, ce nous semble, les véritables éléments de la prédisposition au rhumatisme articulaire. Mais, que nous en ayons au non découvert les conditions organiques, celte prédisposition existe, on ne saurait le nier. C’est elle qui fait que, sous l’influence

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de l’une des causes que nous avons énumérées,^un individu contracte un rhumatisme articulaire et non une autre phlegmasie. Elle s’accroît en proportion du nombre de fois que les individus ont été atteints de l’inflammation articulaire, parce que, comme on le sait, un tissu est d’autant plus disposé à s’irriter, qu’il l’a été déjà plus fréquemment. C’est alors surtout que la maladie se renouvelle par les causes les plus faibles, aux changements de saisons, à l’occasion des variations de température, tantôt à l’occasion de simples écarts de régime, et plus tard enfin sans qu’on puisse en découvrir la cause. » ( Roche, Dictionn. de Méd. et de Chir. prat., t. ni.)

Parmi les causes indépendantes des circonstances extérieures, on a observé que l’âge adulte, le tempérament sanguin, une forte constitution et le sexe masculin, sont des circonstances prédisposantes au rhumatisme.

Quelques faits mettent hors de doute que l’hérédité exerce une influence marquée sur certains individus, comme cause de rhumatisme. Ainsi j’ai saigné une jeune fille qui eut des attaques de rhumatisme à 9 ans, à 11 ans, et à 14 ans. Elle avait un frère qui était pris de temps en temps de rhumatisme. La mère de ces deux enfants était fréquemment sous l’influence de cette maladie. Je dois vous faire observer que ces personnes étaient riches et tout à fait à l’abri des causes ordinaires qui donnent lieu à l’apparition de cette maladie.

La plupart des observateursont noté comme causes de rhumatisme les circonstances suivantes : la disparition d’un affection cutanée, la suppression tropbrusqued’un exutoire, d’un flux hémorroïdal ou de menstrues; les coups et les chutes, l’abus des liqueurs spiritueuses, etc. Quelques médecins pensentqu’on peut le voir survenir à la suite de longs traitements mercuriels. Une cause moins hypothétique est l’influence des exercices immodérés, et principalemeut les marches forcées.

Répétons-le sans cesse, l’efficacité de toutes ces causes est surbordonnée à la prédisposition, sans laquelle dans le rhumatisme, comme dans toutes les autres maladies, on ne pourrait se rendre compte d’aucun phénomène morbide.

Symptômes. Pour faciliter notre élude, nous diviserons ce que nous avons à dire des symptômes, en deux sections; dans la première nous étudierons les symptômes du rhumatisme aigu ; dans la seconde, ceux du rhumatisme chronique.

1° Symptômes du rhumatisme aigu. La douleur est un des principaux symptômes du rhumatisme. Elle peut exister seule, ou être accompagnée d’autres désordres fonctionnels qui surviennent après ou en même temps qu’elle. La douleur a des sièges très-divers : nous allons les passer en revue.

Quand le rhumatisme attaque les membres, c’est dans les intervalles ou autour des articulations que les douleurs se font sentir. Le mouvement de ces parties, d’abord gêné, devient de plus en plus difficile et douloureux ; quand le rhumatisme est très-violent , il est impossible. Cette douleur peut s’accroître, et acquérir une telle violence, que la moindre secousse imprimée aux membres, le simple poids du drap , le contact le plus léger, deviennent insupportables. A son principe la douleur n’est accompagnée d’aucune déformation du membre. Elle augmente parles variations dans la température , que ce soit la chaleur ou le froid qui se fasse sentir. Quand le rhumatisme a envahi un grand nombre d’articulations, la situation des malades devient extrêmement pénible , car ils sont incapables d’exercer le moindre mouvement, et ils sont forcés de garder la dernière position qu’ils ont prise ou qu’on leur a donnée. Cette douleur est remarquable par sa mobilité. Remarquons néanmoins que celle mobilité est en rapport avec l’étendue et l’intensité du rhumatisme. Ainsi, comme l’a observé M. Bouillaud, un rhumatisme léger peut offrir une grande mobilité ; mais il n’en est pas de même d’un rhumatisme articulaire d’un degré plus élevé, qui tend à la suppuration , ou qui déjà s’est terminé parun épanchement purulent ou séro-purulent. Celui-là, s’il est abandonné à lui-même, ne se dissipe qu’au bout d’un certain temps, mais la douleur dont il était d’abord accompagné peut disparaître longtemps avant la résorption de l’épanchement articulaire, comme le point de côté avant la résorption d’un épanchement pleurétique (Bouillaud, Recherches sur le rhumatisme page 72).

Le cuir chevelu peut être le siège de douleurs rhumatismales. A la face , c’est le muscle masséter qui en est le plus souvent le siège; d’où une sorte de trismus qui s’observe dans ces cas. Les autres muscles de la face sont très-rarement pris de douleurs rhumatismales.

Elles sontfréquentes dansles muscles du cou et surtout dans le sterno-cléido-mastoïdien. Elles constituent à cette région le torticolis.

La colonne vertébrale est très-fréquemment le siégededouleurs rhumatismales. Elles sont dans quelques cas extrêmement aiguës. Elles peuvent être répandues sur toute l’étendue de la colonne vertébrale, ou sur une région seulement, la cervicale, la dorsale ou la lombaire. Ces douleurs donnent lieu à l’attitude courbée du malade , qui ne peut opérer des mouvements de redressement sans éprouver les douleurs les plus vives. Les douleurs rhumatismales qui ont leur siège à la région lombaire, sont les plus fréquentes, et ont reçu le nom de lumbago , dont le siège anatomique est , pour nous, dans les enveloppes de la

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moelle, tandis que les uns le placent dans les j muscles psoas, les autres dans les muscles de la région lombaire, ceux-ci dans l’aponévrose qui les recouvre , ceux-là dans les tissus articulaires des vertèbres, quelques-uns dans le périoste même de ces os et du sacrum , quelques autres enfin dans les nerfs de la région lombaire. Le lumbago peut être aigu ou chronique.

Les muscles des parois thoraciques sontsouvent le siège de douleurs rhumatismales. Ces muscles sont divisés en deux plans, un superficiel et un profond. Le plan superficiel, composé du grand et du petit pectoral , est fréquemment atteint de rhumatisme. Chez les femmes, les douleurs rhumatismales peuvent simuler une maladie des mamelles. Dans le deuxième plan sont compris les muscles intercostaux. Lorsqu’ils sont le siège d’une douleur rhumatismale, on observe alors l’affection désignée sous le nom de pleurodynie. Pour ne pas confondre celte douleur pleurodynique avec celle que détermine l’inflammation de la plèvre, il faut se souvenir que la première augmente par la pression et par le mouvement, que rarement elle s’accompagne de fièvre, tandis que la pleurésie donne toujours ! lieu à un mouvement fébrile, et que la douleur j qu’elle détermine n’augmente pas parla pression. La douleur pleurodynique peut être partielle ou générale. Elle augmente pardes mouvements violents du tronc ; et il est arrivé qu’on l’a confondue avec des lésions du foie, des reins ou des intestins.

Le diaphragme peut être pris de douleurs rhumatismales qui donnent lieu à une grande gêne de la respiration et au hoquet. Ces douleurs ont une durée variable; elles peuvent persister pendant longtemps ou disparaître en peu d’instants. Il est fort difficile de la distinguer d’une douleur pleurétique.

Quelques observateurs ont parlé d’une douleur rhumatismale siégeant dans le crémaster.

Dans le rhumatisme articulaire il peut se faire qu’une seule ou plusieurs articulations deviennent douloureuses. Bientôt la tuméfaction accompagne la douleur; la peau qui les recouvre devient chaude et prend souvent une couleur rosée. Ces symptômes se transportent avec facilité d’une articulation à l’autre. Si plusieurs articulations sont en même temps le siège du rhumatisme, presque toujours on en voit une qui est plus rouge , plus gonflée et plus douloureuse que les autres. Il arrive souvent que plusieurs articulations se prennent tour à tour.

La douleur rhumatismale peut siéger hors des organes de la vie de relation ; de là l’espèce de rhumatisme désignée sous le nom de rhumatisme interne. Dans cette espèce, la douleur peut exister et persister seule, ou être accompagnée et suivie d’accidents divers. Parmi

ces désordres, les uns sont simplement fonctionnels et causés par la douleur, exemple, les palpitations; mais cette douleur cessant, tout rentre dans l’état normal. Les autres accompagnent la douleur, persistent après elle et se traduisent par des congestions plus ou moins intenses, par des lésions de nutrition; en un mot , on peut , dans ces cas, observer toutes sortes de désordres , depuis la simple congestion jusqu’aux altérations de nutrition les plus graves. Parmi les organes qui sont le plus fréquemment exposés à ces altérations, il faut, au dire de M. Bouillaud, ranger au premier rang les membranes externe et interne du cœur. Voici comment M. Bouillaud a formulé cette coïncidence.

« La péricardite existe chez la moitié environ des individus affectés d’un violent rhumatisme articulaire aigu. Sous ce point de vue la péricardite n’est, en quelque sorte, qu’un des éléments de la maladie dite rhumatisme arliculaireaigu, laquelle, considérée d’unemanière plus large et plus exacte qu’on ne l’a fait jusqu’ici, constitue une inflammation de tous les tissus séro- fibreux, en général, développée sous une influence spéciale. Or, le péricarde étant de nature séro-fibreuse, comme le tissu oïl réside le rhumatisme articulaire proprement dit, il n’est pas étonnant que la péricardite coïncide si souvent avec ce dernier; que le rhumatisme du péricarde, en un mot, ait lieu dans les circonstances qui produisent un rhumatisme des synoviales articulaires et des tissus fibreux sur lesquels elles se déploient, lequel n’est, pour ainsi dire, qu’une péricardite articulaire.

« L’endocardite, à l’instar de la péricardite, se manifeste sous les mêmes influences que le rhumatisme articulaire aigu, pendant le cours duquel on la voit souvent éclater. Toutefois, bien que cette phlegmasie puisse ainsi se développer d’une manière purement métastatique, suivant l’expression decertains pathologistes, il n’en est pas moins vrai que, le plus souvent, du moins d’après les faits qui nous sont propres, le tissu séro-fibreux interne du cœur se prend en même temps que celui des articulations.

« Au reste, n’oublions pas que l’endocardite et la péricardite rhumatismales marchent presque toujours de compagnie.

« Jusqu’ici les phlegmasies aiguës du cœur concomitantes du rhumatisme, avaient étéentièrement méconnues dans la très-grande majorité des cas, et comme elles n’avaient point été combattues convenablement , plusieurs ont dû passer et sont effectivement passées à l’état chronique. De là ces lésions organiques du cœur, sur l’origine desquelles si peu d’auteurs nous avaient laissé quelques données satisfaisantes; de là de graves lésions dans les val-

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vules, et par suite des asthmes goutteux de certains praticiens. »

Quant à la fréquence de cette coïncidence, sur 92 observations de péricardite ou d’endocardite., M. Bouillaud en compte 31 dans lesquelles la péricardite et l’endocardite coïncidaientavec un rhu matisme articulaire, savoir: 17 pour la péricardite, et u pour l’endocardite.

Toujours d’après M. Bouillaud, que nous nous bornons à citer, l’existence d’uije péricardite est certaine chez un individu"affeclé d’un rhumatisme articulaire aigu, lorsqu’on observe les symptômes suivants : matité de la région précordiale beaucoup plus étendue qu’à l’état normal (doublée, triplée dans tous les sens); voussure de la même région; battements du cœur éloignés, peu ou nullement sensibles au toucher; bruits du cœur lointains obscurs, accompagnés de différents bruits anormaux, dont les uns dépendent du frottement des feuillets opposés du péricarde l’un contre l’autre, et dont les autres proviennent quelquefois de la complication de la péricardite avec une endocardite valvulaire. Une douleur plus ou moins vive à la région précordiale, des palpitations, des irrégularités, des inégalités, des intermittences du pouls, se joignent quelquefois aux symptômes précédents.

La coïncidence d’une endocardite avec un rhumatisme articulaire aigu est, pour M. Bouillaud, certaine, lorsque les signes suivants se présentent :

Bruit de soufflet , de râpe ou de scie dans la région précordiale, laquelle rend un son mat dans une étendue beaucoup plus considérable qu’à l’état normal, et présente aussi quelquefois, mais à un moindre degré que dans la péricardite avec épanchement , une saillie, une voussure anormale; les battements du cœur soulèvent fortement la région précordiale, et ils sont assez souvent irréguliers, inégaux, intermittents, accompagnés parfois d’un frémissement vibratoire. Pouls dur, fort, vibrant, inégal, intermittent, comme les battements du cœur.

La douleur rhumatismale peut se faire sentir à l’estomac, et y être si vive qu’elle peut déterminer des vomissements.

La douleur rhumatismale des intestins est aussi très-vive et très-mobile : elle constitue ce que les anciens auteurs ont appelé colique rhumatismale.

Si le rhumatisme envahit la vessie, une douleur très-vive se fait sentir à l’hypogastre et derrière les pubis. Elle est accompagnée de rétention d’urine.

Mais la douleur n’est pas le seul symptôme du rhumatisme. Cette maladie s’accompagne d’autres désordres des appareils de la digestion, de la circulation et des sécrétions.

Dans presque tous les cas la langue est blanche. Souvent il y a des vomissements. La

circulation est généralement troublée; il y a fièvre ; la peau est chaude et couverte de sueur ; le pouls est plein et fort. La fièvre présente des exacerbations et survit souvent à la douleur et à la fluxion rhumatismales. Pour expliquer ce phénomène les théories n'ont pas manqué. En dernier lieu, M. Bouillaud le rapporte à l’inflammation des membranes interne ou externe du cœur, survenues à la suite du rhumatisme. J’admets comme vraie cette théorie dans un grand nombre de cas, et je crois qu’elle est le résultat de l’observation. J’ai eu occasion de la vérifier dernièrement sur une femme qui a succombé à la Pitié. Cependant ne nous hâtons pas de prononcer d’une manière définitive; attendons des observations plus multipliées.

Le rhumatisme est lié à une modification si grande du sang, que celte humeur extraite par la veine présente toujours une couenne extrêmement épaisse.

Du côté de l’appareil respiratoire , il n’est pas rare que les rhumatisants présentent une toux et une oppression plus ou moins fortes , mais qui n’ont aucune suite fâcheuse.

Les sueurs sont abondantes ; les urines sont remarquables par la quantité d’acide urique ou rosacique qu’elles contiennent.

La marche de celte maladie peut être simple ou compliquée. Elle peut être marquée par des exacerbations plus ou moins violentes.

La durée du rhumatisme varie depuis quelques jours jusqu’à deux mois.

Sa terminaison est ordinairement heureuse , à moins que le cœur ne soit gravement compromis.

Le rhumatisme peut devenir chronique et donner lieu à une maladie du cœur.

C’est une des maladies les plus sujettes à récidiver.

Traitement. Le traitement du rhumatisme aigu doit être essentiellement antiphlogistique. Abandonné à lui-même le rhumatisme dure longtemps et peut aller jusqu’à 60 et 80 jours. Traité par des moyens convenables, je crois qu’on peut en abréger la durée.

Les saignées générales ont depuis longtemps été recommandées. Sydenham en faisait un grand usage. Le premier jour il faisait tirer dix onces de sang au malade, autant le jour suivant; il s’en abstenait ordinairement le troisième jour pour y revenir le quatrième jour. Trois ou quatre jours après, selon les forces , l’âge, la constitution du malade, il répétait la saignée de la veine. Rarement il faisait plus de quatre saignées.

M. Lherminier suivait à peu près cette pratique de Sydenham.

M. Roche pratique, dès le début, une copieuse saignée , et y revient trois, quatre et cinq fois de suite s’il est nécessaire , soit en mettant deux jours d’intervalle entre cha-

DU RHUMATISME

que saignée , soit en la pratiquant toutes les vingt-quatre heures, ce qui lui paraît préférable.

Voici la formule proposée par M. le professeur Bouillaud :

Le jour de l’entrée du malade (supposé bien constitué et dans la force de l’âge) à la visite du soir, une saignée de quatre palettes est pratiquée.

Deuxième jour. Une double saignée du bras, de 3 palettes et demie à quatre palettes , est pratiquée ; et dans l’intervalle de ces deux saignées on a recours à une saignée locale, soit par les sangsues, soit par les ventouses scarifiées. Par cette saignée locale on retire encore, s, 4 et même 5 palettes de sang. Les ventouses sont appliquées autour des articulations les plus malades, et sur la région précordiale quand le cœur est sérieusement pris lui-même.

Troisième jour. Une saignée du bras , pareille à celle de la veille, et une seconde application de ventouses (3 à 4 palettes ) soit sur la région précordiale, soit autour des articulations.

Quatrième jour. La fièvre, les douleurs, le gonflement, en un mot tout l’appareil inflammatoire a quelquefois cessé dès le quatrième jour. Dans ce cas , on s’abstient de nouvelles émissions sanguines. Dans le cas contraire, une nouvelle saignée du bras , de 3 à 4 palettes , est pratiquée.

Cinquième jour. En général , la résolution de la maladie est en pleine activité ce jour-là. Dans les cas très-graves cependant , la fièvre dite rhumatismale peut être encore assez prononcée, et une saignée du bras, de 3 palettes, ou bien une émission sanguine locale de la même dose est encore pratiquée.

Dès le sixième, septième ou huitième jour, la convalescence se déclare franchement, et l’on peut commencer à nourrir les malades.

S’il survient des récidives sérieuses ( la formule nouvelle n’en préserve pas, mais elle y expose moins peut-être que l’ancienne), on peut être forcé de recourir encore à la saignée. C’est, ainsi que, dans un cas où quatre saignées avaient jugulé un grave rhumatisme articulaire aigu , il survint une violente récidive dont nous ne pûmes nous rendre maître que par cinq nouvelles saignées.

Si les récidives sont légères , on peut s’en tenir aux émollients, à la diète, aux bains, aux opiacés, etc., et laisser la maladie se pro* longer pendant quelques jours de plus.

Pour éviter les récidives, la plus importante précaution à prendre de la part des malades , c’est d’éviter avec le dernier soin le plus léger refroidissement.

Les moyens adjuvants des émissions sanguines coup sur coup , sont : les boissons émollientes, les vésicatoires , la compression

exercée autour des articulations malades , l’application de compresses enduites de cérat mercuriel sur ces parties , auxquelles on donnera la position et l’attitude les plus favorables à la résolution ; les cataplasmes émollients, les bains, l’opium à dose ordinaire , soit intérieurement , soit endermiquemenl.

La quantité moyenne de sang que nous retirons , chez les sujets bien constitués , dans les cas de rhumatisme articulaire aigu intense , est de 4 à 5 livres , comme dans la pneumonie de moyenne intensité.

Danscertains cas de rhumatisme articulaire très-intense, on peut être obligé de retirer jusqu’à 6, 7 et même s livres de sang.

Dans les cas légers , au contraire, la dose du sang enlevé ne dépasse pas 2 ou 3 livres (Bouillaud, Nouvelles recherches sur le rhumatisme, page i35etsuiv.).

M. Piorry a conseillé de tenir les membres dans une position élevée , afin de diminuer l’engorgement des tissus.

Les préparations antimoniales, telles que le kermès, l’émétique et l’oxyde blanc d’antimoine, ont été beaucoup vantées. Pour mon compte, je n’y ajoute aucune confiance.

Quelques praticiens font un grand usage de l’opium. Je crois que son emploi n’est efficace que sur les sujets à constitution nerveuse , concurremment même avec la saignée. Je ne l’emploie que comme moyen auxiliaire.

2° Rhumatisme chronique.

Le rhumatisme chronique donne lieu aux mêmes symptômes que le rhumatisme aigu , si ce n’est qu’ils sont moins intenses.

Il peut succéder à un rhumatisme aigu, ou être primitivement chronique.

Il présente les mêmes désordres fonctionnels, une douleur disséminée ou concentrée sur un seul point. Le cœur , l’estomac, les intestins , la vessie peuvent en être atteints.

Les auteurs ont décrit un e paralysie rhumatismale; mais dans la plupart des cas ce n’est qu’une paresse,une sorte de lenteur des parties à exécuter des mouvements , résultat des douleurs d’une longue durée. Dans quelques cas la difficulté des mouvements est si grande , qu’on a pu certainement la prendre pour une paralysie. Mais ce phénomène est tout à fait indépendant d’une affection du cerveau ou delà moelle épinière, et cède presque toujours à l’emploi soit de la strychnine, soit de l’électricité et des excitants quelconques.

Le rhumatisme chronique a pour principal résultat de produire l’atrophie des muscles qu’il a envahis. Souvent une douleur rhumatismale de longue durée détermine une contraction permanente des membres. Les articulations sont souvent frappées d’ankylose.

MALADIES DE L’APPAREIL LOCOMOTEUR

C’est dans ces cas que l’emploi des douches est efficace.

Des tumeurs blanches , des coxalgies, des luxations spontanées du fémur , la carie des vertèbres, etc., peuvent être le résultat du rhumatisme chronique.

Traitement . Dans le rhumatisme chronique , les émissions sanguines ne sont utiles qu’autant que la douleur s’exaspère et prend un certain degré d’acuité; encore doit-on avoir recours aux émissions sanguines locales , aux sangsues et aux ventouses. L’application des vésicatoires , des moxas , est utile dans les cas les plus rebelles. On administre des douches, soit émollientes, soit excitantes, salines ou sulfureuses. On peut aussi donner en fumigations les baies de genièvre, le succin , le benjoin. En général , il faut agir sur la périphérie du corps. On donne aussi des bains simples , gélatineux , excitants, sulfureux, ou des bains de vapeur sulfureux, ou enfin l’usage des eaux minérales appropriées.

On peut employer une médication sudorifique, et pour cela on administre les quatre bois sudorifiques , et en même temps des boissons chaudes aromatiques. Dans le même but on donne la poudre de Dower, depuis 6 à 12 grains jusqu’à un scrupule. Cette préparation détermine une diaphorèse abondante, que l’on peut entretenir par l’administration d’une infusion de sauge.

Plusieurs praticiens emploient les narcotiques; d’autres, les préparations antimoniales, surtout l’antimoine diaphorétique. Dans certains pays on administre la digitale. Je n’ai pas observé d’heureux résultats de l’emploi de ces moyens.

La teinture et le vin de semences de colchique ont été beaucoup préconisés dans ces derniers temps, principalement en Angleterre, dans le traitement du rhumatisme soit aigu , soit chronique, mais surtout dans ce dernier. Ces préparations sont des purgatifs énergiques, et c’est à cette propriété qu’elles doivent de diminuer les accidents du rhumatisme. Le vin de semences de colchique se donne à la dose de plusieurs gros par jour ; la teinture à la dose d’un gros.

C’est aux moyens hygiéniques qu’il faut surtout demander l’amélioration dans cette maladie. La température exerce sur le traitement du rhumatisme chronique une influence manifeste. Aussi quand le malade pourra le faire , il se trouvera admirablement bien de quitter un pays froid et humide pour habiter un pays chaud.

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