DE LA GOUTTE
lière liquide et comme gélatineuse est déposée autour des articulations ou dans l’intérieur de leurs capsules, matière qui se solidifie, soit en petites granulations , soit en masses plus ou moins considérables qui déforment l’articulation , qui amincissent la peau , la distendent au point de la faire rompre, ce qui donne lieu d’abord à un écoulement de sérosité, et plus tard à la sortie par fragments de cette substance tophacée dont quelques maladespeuvent rendredes quantités considérables.
Gouttes mal placées, larvées, etc. La goutte peut-elle se montrer ailleurs quesur les articulations? Il y a quelques années-, personne n’eût osé faire cette question tant elle paraissait absurde. C’eut été demander , disait-on et disions nous nous-même, si un malade pouvait avoir une phlegmasie du système fibro-séreux des articulations , dans les poumons, l’estomac, le foie, etc. Mais aujourd’hui nous ne craignons pas de la poser de nouveau avec les anciens qui l’avaient résolue par l’affirmative. Nous en changerons seulement les termes, et nous dirons: les inflammations viscérales dont sont atteints les hommes chez lesquels il existe une grande surabondance de matériaux nutritifs, ou qui sont affectés de la goutte , ont-elles des caractères particuliers qui les distinguent des mêmes inflammations chez les autres individus? En ont-elles qui leur soient communs entre elles et leur donnent une physionomie spéciale qui permette de les désigner en masse par l’épithète de goutteuses ?
Ainsi posée, la question nous semble mériter une attention sérieuse. La théorie conduirait à y répondre affirmativement. En effet, il parait tout naturel , il semble même inévitable que chez des hommes dont le sang et tous les tissus sont surchargés de matériaux nutritifs, qui se trouvent par conséquent dam une condition particulière d’organisation, les inflammations viscérales revêtent, d’une part, des caractères particuliers qu’elles n’ont pas dans toute autre circonstance, et, de l’autre, présentent des traits communs, des traits de famille, si je puis m’exprimer ainsi, puisqu’elles sont toutes dominées par un même élément. Mais l’observation des faits ne confirme pas ces prévisions de la théorie. En vain on s’applique à chercher dans les pneumonies, les gastrites et les hépatites, des individus qui paraissent éminemment disposés à contracter la goutte , des symptômes qui mettent à même de les distinguer des pneumonites, gastrites et hépatites ordinaires, on ne découvre rien qui puisse même permettre d’asseoir des probabilités, et à plus forte raison point de signes qui soient communs à ces phlegmasies, en tant qu’elles auraient une nature spéciale. Cependant les anciens prétendaient reconnaître la nature
goutteuse de ces inflammations, qu’ils appelaient alors gouttes mal placées, larvées ou masquées. Pour justifier à leurs yeux ce diagnostic , il suffisait que le malade fût né de parents goutteux , qu’il fût lui-même d’une constitution qui le prédisposât à la goutte, qu’il fût intempérant et tourmenté souvent de troubles dans les digestions, que ses urines eussent déposé quelque temps auparavant un sédiment comme crayeux, que la maladie dont ils le voyaient atteints se fût développée sous l’influence des causes ordinaires de la goutte , qu’on eût vu quelquefois cette maladie suivie d’une attaque de goutte, qu’elle résistât aux moyens qui réussissent habituellement contre elles, qu’elle cédât au contraire aux antigoutteux ; enfin que la goutte fût endémique dans la contrée. Je ne discuterai pas ici la valeur de ces éléments de diagnostic, quelques-uns en ont une grande, et d’autres n’en ont aucune. Mais l’erreur consiste surtout à les avoir invoqués pour la solution d’une question mal définie et mal posée. De là ces théories si singulières sur les maladies goutteuses non articulaires ; de là ces exagérations qui ont conduit plusieurs auteurs, et Stoll en particulier, à voir la goutte se déguiser sous la forme de toutes les maladies; les vers, la gonorrhée, les fleurs blanches, V épilepsie , le tétanos , la paralysie , l’amaurose, l’hystérie, la danse de Saint-Guy, les hémorroïdes , les pertes utérines, le catarrhe, la pneumonie, la pleurésie, la phthisie, l’angine , etc., etc.
Sans doute, au fond de toutes ces exagérations, il y a une vérité d’observation. Les anciens ont sans doute bien vu, lorsqu’ils ont remarqué que, dans certaines circonstances, plusieurs maladies avaient parfois de l’analogie avec la goutte; mais ils n’ont pu ni bien préciser ces circonstances , ni reconnaître en quoi consistait celte analogie, ou plutôt ils ont pris ces analogies pour des témoignages d’identité; et oubliant qu’il n’y a pas de goutte là oû n’existe pas une phlegmasie articulaire, ils ont été entraînés à faire de cette maladie un être indéfinissable conservant sa nature propre dans tous les organes sur lesquels ils croyaient le voir voyager. La vérité est que, chez les individus dont le sang et tous les tissus sont surchargés de sucs nutritifs, toutes les inflammations ont avec la goutte, comme entre elles, cette analogie de se développer au sein de tissus dont la nutrition est modifiée d’une même manière; mais là s’arrête la ressemblance; et, je le répète, il n’y a et ne peut y avoir goutte que là où existe une phlegmasie articulaire. Ce qu’il importerait donc défaire aujourd’hui, ce serait de rechercher s’il existe des signes auxquels on puisse reconnaître cet état général de l’organisme résultant de la surabondance des
MALADIES DE L’APPAREIL LOCOMOTEUR
matériaux nutritifs, qui forme comme le canevas comnfmn, qu’on me permette cette expression qui rend bien ma pensée, sur lequel se dessinent et la goutte et les phlegmasies dites goutteuses , et auquel elles doivent ce qu’elles ont d’analogue. Ces signes existent sans doute, mais ils nous échappent encore. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il est permis de supposer l’état général dont il est question, chez les individus nés de parents goutteux, à constitution goutteuse eux-mêmes, intempérants et oisifs, et parvenus à l’âge de trentecinq à quarante ans, si on les voit tourmentés de douleurs vives mais peu durables, passant tour à tour d’un tissu à un autre, se portant indifféremment de l’estomac aux muscles pectoraux, de ceux-ci aux articulations , de ce nouveau siège au cœur, aux reins, aux poumons, etc., s’ils sont tourmentés de crampes et d’insomnies, et si leurs urines laissent déposer ur. sédiment crayeux ou de nombreux graviers d’acide urique.
Ce que nous venons de dire sur les prétendues gouttes larvées ou mal placées, est en partie applicable aux gouttes remontées , rétrocédées, c’est-à-dire aux inflammations viscérales qui surviennent dans le cours des attaques de goutte , et paraissent en suspendre les accidents. Encore une fois, la goutte n’existe plus dès qu’il n’y a plus d’inflammation articulaire. Quand une inflammation se déclare dans un organe quelconque , au milieu d’une attaque de goutte, soit qu’elle résulte d’une action directe exercée sur l’organe nouvellementaffecté, soit qu’elle succède à l’action de répercussifs ou d’astringents sur l’articulation malade; sa nature est la même que si elle était survenue dans les circonstances ordinaires ; ses symptômes n’offrent rien de particulier; elle ne réclame pas un traitement nouveau ; et la seule indication qui naisse des circonstances au sein desquelles elle s’est montrée, c’est celle de l’emploi des révulsifs sur les articulations précédemment enflammées.
Tous les médecins qui ont observé la goutte chez un grand nombre de malades, onl remarqué qu’elle alternait ou coexistait souvent avec la néphrite ou avec la gravelle. Morgagnia surtout insisté sur cette particularité. Les analyses chimiques, en démontrant la présence de l’acide urique dans les concrétions tophacées, comme dans les urines , et les graviers qu’elles charrient quelquefois , sont venues ajouter un rapport de plus entre ces affections. Cette analogie n’a rien qui nous étonne, car la gravelle se développe très-souvent sous l’influence de la même cause que la goutte, savoir l’intempérance. Qui ne sait que la gravelle est aussi, en partie, une maladie des gens riches ? qui ne sait qu’on l’a vue cesser et reparaître alternativement chez des in-
dividus que des revers et des retours de fortune faisaient passer successivement d’une table frugale à la bonne chère , et vice versa! La goutte et la gravelle ont donc souvent pour élément commun l’excès des matériaux nutritifs : il est donc tout simple qu’elles alternent ou semonlrent souvent ensemble, sans qu’il soit nécessaire pour cela d’admettre, avec Sydenham, Hoffman, Musgrave, etc. , une néphrite goutteuse. Cependant il faut convenir qu’en raison de la nature fibreuse du tissu qui entoure les reins, les rapports de la néphrite avec la goutte sont plus étroits qu’entre celle-ci et la plupart des autres phlegmasies, alors même qu’elles sont nées dans des conditions semblables de prédisposition ( Boche , art. Arthrite, Dict. en 15 vol.).
Traitement.' Nous ne vous ferons pas ici la longue énumération des médicaments qui ont été tour à tour vantés dans la goutte; il faudrait pour cela passer en revue la matière médicale tout entière. Disons seulement ce que l’expérience a constaté.
Les attaques de goutte aiguë doivent être combattues par les mêmes moyens qu’on oppose à toutes les autres inflammations. Si le sujet est fort et robuste, le pouls plein et dur, on débutera par une saignée générale. Hors de ces circonstances, c’est-à-dire chez les sujets maigres et non pléthoriques, on s’abstiendra soigneusement d’ouvrir la veine, car on a vu la saignée être rapidement suivie de la mort. En même temps on prescrira le repos le plus complet, une diète sévère et l’usage de quelques tisanes délayantes (Bouillon de veau, eau de poulet, etc.). Dans les cas de douleurs intenses , on prescrira des narcotiques à l’intérieur, l’opium, la jusquiame, l’aconit, la poudre de Dower, etc. 11 sera plus sûr de faire une ou plusieurs applications de sangsues autour des articulations malades. On pourra aussi employer des bains locaux dans une décoction émolliente et narcotique, ou de la vapeur d’eau sur la partie affectée.
Le traitement de la goutte chronique repose sur les mêmes bases, si ce n’est qu’il est inutile de recourir à la saignée générale , et que les applications de sangsues doivent être moins nombreuses et la diète moins sévère. On emploiera avec avantage les liniments huileux laudanisés et quelquefois camphrés , les lotions avec une dissolution d’extrait de belladone, des onctions avec des corps gras chargés de substances narcotiques et résolutives, la laine recouverte de taffetas gommé, les vaporisations de succin, de benjoin, de camphre, les bains de vapeurs, les douches d’eau sulfureuses, quand la douleur n’est pas trop vive, certainesboues, comme celles de Saint-Amand. On retirera aussi quelques avantages, dans la goutte chronique , de l’emploi du nitre et des sudorifiques.
DE L’URÉTRITE.
Nous avons vu qu’une formation trop considérable d’acide urique dans l’économie était la cause déterminante de la goutte. Or, tout ce qui tend à empêcher cette formation, ou à la détruire quand elle est opérée , devra être employé comme moyen préservatif et curatif de la goutte. Ainsi une alimentation végétale et l’abstinence de toute substance azotée , seront indispensables pour empêcher la formation de l’acide urique. L’expérience a prouvé que leseauxde Vichy sont un excellent moyen pour combattre les dépôts d’acide urique ; et les succès obtenus dans la gravelle par M. le docteur Petit ont engagé les praticiens à essayer ces mêmes eaux dans le traitement de la goutte. Souvent leur administration a été suivie d’une amélioration bien évidente, et à tout prendre, c’est le moyen le plus rationnel qu’on puisse opposer à cette douloureuse maladie.On pourra remplacer l’eau de Vichy par le bi-carbonate de soude, depuis la dose de t scrupule jusqu’à celle de 3 ou 4 gros dans une peinte d’eau d’orge ou de chiendent.
Un grand nombre de ces maladies sont du ressort de la pathologie externe. Nous ne nous occuperons ici que de celles qu’on a l’habitude de décrire dans les cours et les ouvrages de médecine proprement dite.
MALADIES DES ORGANES GENITAUX DE L’HOMME
De la posthite.
Laposthite(de ico<t0ti, prépuce) est l’inflammation de la surface interne du prépuce. Elle reconnaît pour cause l’accumulation de la matière sébacée entre le gland et le prépuce. C’est une maladie légère, en général, qui est caractérisée par de la douleur , de la démangeaison, à la suite desquelles se forme et s’écoule une matière purulente. On a vu quelquefois cette maladie négligée donner lieu à la grangrène du pénis.
Elle peut ê.tre aiguë ou chronique. Elle se développe à la suite d’abus du coït et d’excès vénériens. La déchirure du frein l’engendre quelquefois , comme aussi elle peut survenir après un herpes prœputialis.
On la combat par* des injections entre le gland et le prépuce, par des bains locaux, des lotions émollientes , des moyens de propreté , par le repos et la diète.
de l’urétrite.
Sous le nom A' urétrite ou d 'uréthrite, nous désignons l’inflammation de la membrane muqueuse qui tapisse le canal de l’urètre, affection désignée sous les noms divers de blennorragie , de gonorrhées , de chaude-pisse, etc., dénominations employées surtout pour dési-
gner l’inflammation déterminée par unecause virulente.
Les causes de l’urétrite sont diverses et nombreuses. Elle peut survenir à la suite d’excès vénériens entre deux individus parfaitement sains, sur l’un des deux, ou sur les deux à la fois. On l’a vue survenir à la suite de la masturbation , à la suite de contusions des parties sexuelles. L’équitation, alors que la région périnéale est soumise à des compressions et à des frottements plus ou moins douloureux, peut la produire. Les rétrécissements de l’urètre , la présence d’un calcul dans la vessie et surtout dans l’urètre, l’occasionnent quelquefois. On la voit parfois survenir à la suite de l’introduction d’une sonde, et surtout par son séjour trop prolongé dans l’urètre. Enfin elle peut être produite par tout ce qui peut irriter mécaniquement l’urètre, ou les parties avec lesquelles il est en relation directe ou sympathique.
L’urétrite occasionnée par l’injection d’irritants chimiques est assez rare. Elle survient plus souvent après un excès de certaines boissons, telles que la bière forte. Chez certains individus elle peut naître spontanément. Enfin l’urétrite virulente reconnaît pour cause le coït avec une personne infectée. La description de celle-ci n’est pas de notre ressort.
L’urétrite peut être aiguë ou chronique.
Les symptômes de l’urétrite aiguë sont les suivants : douleur vive se faisant sentir le long du canal de l’urètre ou en avant de la fosse naviculaire ; douleur variable, tantôt ne se traduisant que par de simples démangeaisons, tantôt par des cuissons ou des douleurs lancinantes, s’exaspérant par l’émission des urines; dans tous les cas la douleur ayant son summum d’intensité dans les premières vingtquatre heures, et diminuant ensuite; quelquefois gonflement et déformation du pénis; pour peu que l’urétrite soit intense, écoulement d’abord d’un liquide gris blanchâtre, puis d’un véritable pus, dont la couleur, grisâtre d’abord , finit par devenir verdâtre.
L’écoulement grisâtre succédant immédiatement après la cause qui lui a donné lieu, a été décrit comme un caractère distinctif de l’urétrite simple en opposition avec l’urétrite vénérienne, dans laquelle l’écoulement est précédé de trois à quatre jours d’incubation.
Cette maladie peut être compliquée de balanite, de l’engorgement des glandes inguinales , dont la durée n’est que de quelques jours quand il n’y a pas existence de virus vénérien, de l’inflammation du testibule'ou orchite, enfin d’ophthalmie.
La durée de l’urétrite aiguë est variable ; elle peut être de cinq à six jours ou de plusieurs semaines : le terme moyen est de vingtcinq jours.
Traitement . L’urétrite aiguë doit être traies
lée par les antiphlogistiques, avec une activité proportionnée à l’intensité de l’inflammation. Lorsqu’elle est peu intense, il suffit de simples lotions émollientes, quelques sangsues au périnée, après la chute desquelles on met le malade au bain, ou on lui applique des cataplasmes. Si l’inflammation est très-intense, on pratiquera une saignée générale, i et on fera des applications de sangsues plus nombreuses.
Quelques praticiens emploient les astringents dès le début de la maladie, en les ingérant soit par l’estomac, soit par l’anus. Dans ma pratique je n’y ai pas recours.
L’urétrite chronique est produite par les mêmes causes. Elle peut se développer à la suite de l’urétrite aiguë, ou être primitivement chronique. Les symptômes qui l’accompagnent sont les mêmes que ceux de l’urétrite aiguë, mais ils sont moins intenses, et ne sont pas ordinairement accompagnés de complications.
L’urétrite chronique peut être continue ou intermittente. On voit des individus porteurs d’un écoulement ancien qui vient de finir, et chez lesquels il reparaît sous l’influence d’un excès, de régime, d’un coït répété, ou d’une marche forcée.
Cette maladie a ordinairement une durée de trois à quatre mois, mais souvent elle se prolonge pendant des années entières.
Traitement. Il doit être émollient. Le malade doit suivre un régime sévère et ne pas s’écarter des règles hygiéniques. Rarement on doit recourir à l’emploi des astringents. Si cependanton trouve convenable de les employer, c’est à l’estomac qu’il faut les confier. A cet effet, on donne le baume de copahu. La potion de Choppart est sans contredit une des meilleures préparations propres à combattre cette affection. Elle se donne à la dose de 2, 4, 6 cuillerées par jour. De l’emploi de ce médicament résultent, chez les uns, des vomissements et la diarrhée, chez les autres une simple diarrhée. Ces accidents doivent le faire administrer avec prudence. Le baume de copahu peut être administré seul sous la forme de pilules ou de bols. Le poivre cubèbe a été aussi beaucoup employé ; mais j’ai observé dans ma pratique qu’il ne jouit pas de la même efficacité que le baume de copahu. Il vous sera facile de voir la différence de propriété de ces deux médicaments, en observant un même nombre d’individus soumis à chacun de ces moyens. H est remarquable cependant que le poivre cubèbe ait une action moins énergique sur les voies digestives que le copahu. O11 voit des individus prendre quatre gros et même une once de cette substance, sans que l’estomac en soit affecté. On le donne ordinairement depuis la dose de deux à quatre gros jusqu’à celle d’une once dans l’espace
j d’une journée. Quelques praticiens ont donné ! une grande confiance aux purgatifs; mais on ! ne peut pas les donner à tous les malades. On 1 peut encore donner des toniques à l’intérieur, ! tels que des extraits amers, des eaux sulfu- ; reuses , des ferrugineux , comme on le fait dans la leucorrhée.
Le traitement qu’on peut diriger sur la peau consiste en vésicatoires aux fesses, aux reins, aux jambes , dans l’emploi des bains froids. Plusieurs praticiens font usage des astringents ; je crois qu’il faut en être très-avare. Voici les plus généralement employés : la décoction de roses , l’extrait de saturne , le vin mélangé à l’eau , substances auxquelles on ajoute du laudanum quand la douleur est vive , le sulfate de zinc. Dans ces derniers temps on a employé le nitrate d’argent convenablement étendu d’eau. On en a obtenu de bons résultats. M. le professeur Serres , de Montpellier , a publié un mémoire sur ce sujet, etM. le docteur Rognetta a fait connaître des observations curieuses de guérison par l’emploi d’une solution de nitrate d’argent. Il est, au reste, peu de maladies contre lesquelles on ait employé plus d’agents divers.
DE LA SPERMATORRHÉE.
On a décrit sous ce nom une affection dans laquelle il y a écoulement involontaire de sperme, sans érection. M. Lallemand vient de publier un ouvrage à ce sujet, dans lequel il comprend sous le nom générique de spermatorrhée, les pollutions diurnes elles pollutions nocturnes. Suivant cet observateur, celte affection apparaît après des efforts faits pour aller à la selle, ou simplement en urinant. Dans le premier cas , il pourraitbien se faire que ce qu’on a pris pour du sperme fût tout simplement le mucus sécrété par les glandes de Cooper ou par la prostate. Dans le second cas, il estfortprobablequeles individus qui ont cru voir du sperme dans leurs urines, étaient des hypocondriaques. Je vous renvoie d’ailleurs pour ce sujet à l’excellent article de critique publié par M. Yalleix, dans le Journal hebdomadaire, tome 1er, 1836.
Le traitement consisterait à faire usage de bains froids, à prendre des toniques, du quinquina , des amers.
MALADIES DES ORGANES GENITAUX DE LA FEMME
Nous ne nous occuperons ici que des maladies de l’utérus et de l’ovaire, les autres étant du ressort de la chirurgie.
MALADIES DE L’UTÉRUS
L’utérus peut être affecté de toutes les classes de maladies que nous avons établies. Ainsi il peut présenter des lésions de circulation , des lésions de sécrétion , de nutrition
MALADIES DE L’UTÉRUS
et d’innervation. Nous allons les passer en revue.