cas
à 42, 44, 45, 49 ans.
à 52 ans.
à 56 et 57 ans.
à 58 ans.
Il serait naturel de penser que les enfants à tempérament sanguin y sont plus prédisposés que les autres , il n’en est rien cependant ; et on pourrait dire, au contraire, avec plus d’exactitude, que le croup se rencontre plus fréquemment chez les enfants faibles et à tempérament lymphatique. Le sexe masculin en est plus souvent affecté ; sur un relevé de 543 cas, nous trouvons 293 individus du sexe masculin , 21s du sexe féminin , et 32 cas où le sexe n’a pas été indiqué. Dans certaines familles , il existe une fatale prédisposition qui fait que tous les membres en sont atteints.
Les influences atmosphériques exercent une action non douteuse sur sa production. Le croup est plus fréquent dans les saisons humides et froides que dans les saisons sèches et chaudes. On l’observe surtout en hiver , au commencement du printemps et à la fin de l’automne. Les variations brusques de température favorisent aussi sa production. Il est fréquent dans les pays humides , sur les bords des fleuves ou de la mer , autour des marais. Ainsi il est constant que le froid humideest une cause puissante de cette affection. J. Franck rapporte qu’après une grande fête donnée à Saint-Pétersbourg’, pendant la nuit, une épidémie de croup se manifesta. Cependant on l’observe aussi dans les pays chauds du midi de la France et de l’Europe.
Cette affection est prédominante chez les classes pauvres , dont les enfants sont mal vêtus et mal nourris.
Le croup est ordinairement sporadique, mais il règne quelquefois épidémiquement. On compte 37 épidémies de cette affection une seule a régné dans les pays chauds , à Crémone , en 1747 , observée par Ghisi : en France il y en a eu plusieurs ; c’est en Allemagne qu’elles ont été plus fréquentes : aux États-Unis on en a observé trois.
Le croup est-il contagieux? Il s’est élevé de longues discussions à cet égard. Remarquons que le croup se complique presque toujours d’angine couenneuse , qui , d’après plusieurs médecins , peut prendre le caractère contagieux ; or , il est possible d’admettre que dans les cas où l’on a cru à la contagion du croup , on eût tout simplement affaire à des angines couenneuses. Dans les pensionnats , on voit un enfant être pris de croup sans que les autres le soient. A Paris , à l’Hôpital des enfants, on n’a jamais observé qu’il fût contagieux. Il est endémique dans celte ville , mais on ne peut pas dire qu’il y soit épidémique.
Quelques personnes ont avancé que cette affection était plus fréquente depuis l’introduction de la vaccine ; cette assertion est complètement inexacte ; la vérité est que depuis le commencement de ce siècle on l’a mieux observée et qu’elle a frappé les esprits davantage. Il en est de même de bien d’autres maladies.
Symptômes. Ils sont locaux ou généraux.
1° Symptômes locaux. La voix est constamment altérée dans le croup. Au début , elle peut ne présenter rien de particulier, mais bientôt elle éprouve des modifications importantes; on l’a comparée au cri du coq, à l’aboiement du chien, à la voix de quelqu’un qui parlerait à l’orifice d’un tube d’airain, etc. 11 est impossible de décrire celte voix croupale , mais elle a quelque chose de si spécial , de si tranché, qu’il suffit de l’avoir entendue une fois pour ne plus l’oublier. Plus tard , la voix n’existe plus , elle s’éteint complètement, et quand le malade veut parler on 11’entend qu’un souffle ou un sifflement. Ainsi donc dans le croup on constate deux phénomènes caractéristiques dans la voix , qui consistent dans une , altération spéciale et dans l’abolition complète.
La toux est violente, courte , revenant par quintes , et tout aussi caractéristique que la voix croupale; elle est rauque , éclatante, ordinairement sèche , quelquefois accompagnée de crachats muqueux dans lesquels nagent des débris de fausses membranes; dans certaines circonstances ce ne sont plus des débris, mais de larges lambeaux de ces fausses membranes dont la forme rappelle exactement celle du larynx.
La respiratiQn offre aussi des caractères distinctifs. L’enfant atteint de croup fait entendre, sans tousser, sans parler, un bruit qui seul est un signe non douteux pour le praticien : c’est celui que fait l’air à son entrée ;dans la poitrine et à sa sortie ; c’est un ronflement ou un sifflement continuel. La gêne de la respiration est d’ailleurs en raison directe des altérations de la voix et de la toux , puisque, comme elles, elle est un résultat mécanique de la difficulté qu’éprouve l’air à
90 MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
traverser ses conduits naturels. Cette dyspnée n’est pas toujours portée à un haut degré , mais elle est incessante et s’exaspère par accès. On voit quelquefois le petit malade se dresser brusquement sur son séant, faire des efforts inouis d’inspiration, porter brusquement la main au larynx comme pour en arracher l’obstacle qui s’oppose àl’inlroduclion -de l’air, se lever du lit, parcourir la chambre dans un désespoir frénétique et retomber épuisé pour mourir dans une agonie convulsive. Dans quelques circonstances, vers la fin de la maladie et dans le moment même où la mort est imminente , la dyspnée semble diminuer tout à coup, et cette circonstance pourrait tromper un œil peu exercé; ce n’est pas, en effet, l’obstacle à l’entrée de l’air qui diminue , mais bien les puissances inspiratrices qui perdent toute leur énergie, car l'asphyxie a commencé , et plus la mort est prochaine , plus la respiration semble tranquille.
La douleur au larynx se montre dès le début de l’affection ; elle s’irradie vers la trachée, derrière le sternum ; les efforts de la toux l’exaspèrent.
2 0 Symptômes généraux. A moins de complicajion d’une maladie. fies voies digestives , le croup ne s’accompagne que des vomissements, qui ont lieu pendant les quintesdeloux.
La fièvre, dans l’immense majorité des cas, apparaît dès Je début et continue pendant toute la maladie, avec un haut degré d’intensité.
^L’obstacle apporté ;à la respiration détermine tous les symptômes de l’asphyxie , qui peut être rapide. Ainsi tout à coup la face se congestionne, les yeux s’injectent, le cou se tuméfie, tonte la périphérie du corps devient violette , le pouls tombe et la mort termine la scène. D’autres fois l’asphyxie arrive lentement, la respiration paraît peu gênée; cependant fair n’arrivant pas en quantité suffisante, le sang mal élaboré traverse le poumon, revient ail cœur sans propriétés nouvelles et va porter aux organes une molécule sans vertus et sans force régénératrice. Alors survient un état adynamique qui rappelle le dernier degré du typhus.
En général , les sécrétions ne sont pas altérées. Dans la dernière période de la maladie, le corps se couvre souvent d’une sueur froide et visqueuse. Dans plusieurs circonstances, on a observé dansles urines une matière blanche abondante, qui se dépose au fond du vase; il est possible que ce soient de fausses paembranes formées dans la vessie.
Le trouble de l’innervation peut se traduire par des convulsions, par un abattement profond, ou bien par une réaction énergique. Il importe , à ce sujet , de noter deux formes de croup : dans l’une , le malade présente une réaction remarquable, qui se traduit par la
rougeur de la facefet un grand déploiement de forces musculaires; dans l’autre, il y a prostration profonde, rapide, et pâleur générale. Ces deux étals opposés peuvent se manifester pendant la durée du croup, et se montrer alternativement dans les vingt-quatre heures; ainsi, pendant la nuit, il y aura fièvre intense, agitations, mouvements désordonnés ; pendant le jour , le pouls s’affaiblira, ellemalade tombera dans unétatadynamique.
Début. Le croup ne débute pas toujours de la même manière. Dans quelques circonstances , au milieu des apparences d’une bonne santé , l’enfant est pris tout à coup de douleur à la gorge , sa voix s’altère subitement , la dyspnée est intense aussitôt, une fièvre violente s’allume , et la maladie arrive rapidement au plus haut degré d’intensité. Dans quelques autres , la maladie s’annoncera par une toux à laquelle on n’attachera aucune importance , par un petit enrouement sans mouvement fébrile, puis au bout de quelquesjours, ces symptômes s’aggraveront, et le croup se confirmera. Le plus ordinairement, le croup est précédé d’une inflammation simple ou coueoneusede la bouche et du pharynx. Quelquefois, enfin, cette affection s’annonce, non plus par quelque altération des voies aériennes, mais par de la céphalalgie, de Panorexie, d,es frissons, et par tous les prodromes de la plupart des maladies aigues.
Le croup ne débute pas indifféremment à toutes les heures; son invasion a lieu ordinairement pendant la nuit , et celte invasion n’est pas toujours la même. On a observé assez souvent une forme d’invasion fort singulière, cflest la forme intermittente; ainsi on voit un enfant qui s’est couché dispos et bien portant, être tout à coup réveillé, pendant la nuit, par une toux violente qui se calme bientôt , et qui lui permet de se rendormir; mais une demi-heure ou une heure après, il est réveillé de nouveau par un accès de toux plus violent encore, qui, comme le premier, se calme après quelques instants, pour faire place à un sommeil tranquille ; ces accès de toux peuvent paraître et disparaître plusieurs fois ; pendant l’intervalle qui les sépare , le sommeil devient de moins en moinsprofond, moins tranquille, jusqu’à ce que l’agitation s’empare du malade, que la respiration devienne ronflante, et que tous les symptômes du croup se manifestent. Dans quelques cas, c’est la dyspnée qui ouvre la scène , et qui va toujours en augmentant. Dans quelques autres, enfin, dès l’invasion, la toux et la voix deviennent croupales, et le* symptômes aôynaraiques dominent.
Marche. Elle est continue ; quelquefois, elle présente des exacerbations périodiques, et d’autres fois, au début surtout, cette singulière intermittence que nous avons déjà signalée.