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DE LA PNEUMONIE CHRONIQUE

Laënnec se demande : Connaît-on des péripneumonies chroniques ? M. Chomel ne se rappelle pas avoir trouvé plus de deux fois une lésion du poumon qui lui ait paru constituer une péripneumonie chronique ( Dictionnaire en 21 vol.). Nous pensons qu’elle existe plus souvent qu’on ne l’a dit, et sans être accompagnée de tubercules.

Caractères anatomiques. Le poumon se présente à l’état d’induration grise ou noirâtre ; sa densité est augmentée, il se déchire difficilement. Cette induration se rencontre dans tout un poumon, dans un seul lobe ou lobule et spécialement au sommet de l’organe, surtout chez les vieillards qui ont présenté des symptômes de bronchite chronique. On peut la rencontrer dans des lobes disséminés, ou enfin dans les vésicules agglomérées, et séparées par du tissu sain , ce qui constitue des granulations grises ou noires.

Ces lésions peuvent exister seules ou être accompagnées de tubercules.

11 est bien remarquable que les lobes supérieurs du poumon soient plus souvent affectés de pneumonie chronique que les lobes inférieurs, ce qui est le contraire pour la pneumonie aigue.

On a trouvé des abcès et des dilatations bronchiques.

Causes. Elles sont les mêmes que celles de la bronchite chronique et de la pneumonie aigue.

ment, et déjà l'appétit commence à se faire sentir. Dans quelques cas exceptionnels, une réaction, une sorte de recrudescence peut se manifester, et l’on peut être réduit à revenir, mais avec plus de réserve et de sobriété, aux émissions sanguines. C’est alors, ou jamais, qu’on pourrait tenter avec quelque avantage le tartre stibié à haute dose.

On peut varier la formule qui vient d’être exposée. Ainsi, quelquefois au lieu de deux saignées en un seul jour, à la dose indiquée, on peut n’en faire qu’une de cinq à six palettes.

La quantité moyenne de sang qu’on retire, peut être évaluée à seize ou vingt palettes, c’est-à-dire quatre ou cinq livres, quantité qui doit être enlevée dans l’espace de trois jours.

Les pneumonies légères, c’est-à-dire à la fois peu étendues et au premier degré, ne datant que d’un jour ou deux, sont enlevées ordinairement après la troisième émission sanguine.

Dans les pneumonies graves, savoir celles qui envahissent la majeure partie des deux poumons, et qui sont parvenues au deuxième et au troisième degré, il faut porter quelquefois les saignées du bras jusqu’à sept, huit, et même neuf, sans préjudice des émissions sanguines locales , telles qu’elles ont été précédemment indiquées.

Quantaux pneumonies qui envahissent la totalité du poumon, ou qui, sans être aussi vastes, sont décidément parvenues à la troisième période, elles tuent le plus souvent les malades, avant qu’on ait eu le temps de pousser aussi loin les saignées.

La pneumonie chronique peut être primitive et se développer lentement; elle peut être consécutive à la pneumonie aiguë ; elle peut naître pendant le cours d’une bronchite chronique ; enfin, elle peut compliquer les tubercules pulmonaires.

Symptômes. 1° Locaux. — Ce sont ceux de la bronchite chronique, seulement la dyspnée est plus considérable. Ces deux maladies marchent souvent ensemble. Quelquefois pendant le cours de la pneumonie chronique il se manifeste des hémoptysies, quand surtout existent en même temps des tubercules.

La percussion donne un son mat. Mais si les indurations sont petites et disséminées, elle ne fournit plus de signes exacts.

L’auscultation fait souvent entendre du râle crépitantdisséminé, tantôt la respiration bronchique, tantôt absence complète de respiration.

2° Généraux. — L’ensemble des symptômes généraux delà pneumonie chronique ressemble beaucoup à celui de la phthisie pulmonaire. Ainsi, comme dans celte dernière, il y a dépérissement, marasme, fièvre lente, des frissons, quelquefois des sueurs nocturnes.

Durée. Indéterminée ; elle peut être de trois à quatre mois ou d’une année et même de plusieurs années.

Terminaison. Quand l’affection est bornée et reste à l’étal d’induration rouge, la maladie peut se terminer par le retour à la santé. Mais si elle s’étend de plus en plus , elle se termine par la mort, soit par la désorganisation causée par l’affection primitive, soit en donnant naissance à des tubercules.

Pronostic. Toujours grave.

Traitement. Il repose sur les mêmes bases que celui de toutes les phlegmasies chroniques. Si l’état du malade le permet, évacuations sanguines; sinon, on a recours à de puissants révulsifs, aux moxas, aux sétons sur les parois thoraciques. On suivra, en général, le traitement indiqué pour la bronchite chronique.

HÉMORRHAGIES.

De l’Apoplexie pulmonaire.

Les centres nerveux ne sont pas les seuls organesoù puissent se faire des épanchements sanguins. Les poumons sont aussi, dans quelques circonstances, le siège de cette altération, fort différente de l’hémoptysie, qui n’est, comme nous l’avons vu, qu’une exhalation sanguine.

Caractè/Vs anatomiques. L’apoplexie pulmonaire s’est présentée, sur le cadavre, sous plusieurs formes. On a trouvé le poumon gorgé de sang, comme dans la pneumonie la plus intense, et sa surface offrant plusieurs

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