DES HTDATIDES DU POUMON
On n’a rencontré que des acéphalocystes.
Leur siège, dans la plupart des cas, est dans le parenchyme pulmonaire, soit dans un poumon, soit dans les deux. On peut en rencontrer aussi dansles veines pulmonaires. Les hydatides communiquent souvent avec les bronches ou avec les plèvres. Leur grosseur est variable : on en trouve depuis celle d’un haricot jusqu’à celle du poing, et envahissant un lobe entier. Quelquefois leurprésence coïncide avec une pneumonie ou avec des tubercules pulmonaires.
On a cru voir les hydatides du poumon coïncider avec les hydatides dans le foie. On les a vues communiquer entre ces deux organes.
Les causes de la production des hydatides du poumon sont complètement inconnues. On a voulu les attribuer à l’inflammation ; évidemment cette cause est hypothétique et n’explique rien.
On les a observées depuis l’âge de vingt ans jusqu’à soixante, et plus.
Les symptômes sont nuis si les hydatides sont eh petit nombre, si l’espace qu’elles occupent est circonscrit, enfin si elles coexistent avec une pneumonie aiguë ou avec toute autre affection pulmonaire. Le seul symptôme pathognomonique est l’expectoration des acéphalocysles. On a vu des cas cependant où des acéphalocystes formés dans le foie, sont sortis par les bronches; mais dans ce dernier cas
ils sont teints parde la bile. Cette expectoration peut n’avoir lieu qu’une fois, ou se répéter pendant trois ou quatre mois.
Les renseignements fournis par la percussion et par l’auscultation sont nuis. Dans un cas où la partie inférieure de la poitrine donnait un son mat, nous trouvâmes dans chaque lobeinférieur du poumon une vaste poche remplie d’hydatides.
La durée de cette affection ne peut pas se déterminer. La mort peut en être le résultat, soit par suffocation, soit par l’inflammation qu’elle peut déterminer. Le retour à la santé peut être aussi sa terminaison.
On ne sait rien de satisfaisant sur le traiment à opposer à cette affection.
DES CALCULS PULMONAIRES
Les calculs pulmonaires sont variables par leurconsistance. Ils sont durs ou mous et semblables à des grumeaux de plâtre délayés dans de l’eau. Ils sont gris, blancs ou noirs. Leur volume est variable : nous en avons'vu un gros comme le poing. Leur nombre varie aussi : quelquefois on n’en trouve qu’un seul; d’autres fois ils sont si nombreux, que le parenchyme pulmonaire en paraît comme parsemé. Ils sont composés de carbonate et de phosphate de chaux mêlésà de la matière animale. Ils sont seuls, ou ils coïncident avec la pneumonie, avec la bronchite chronique, et surtout avec les tubercules.
Les causes de ces productions calcaires au sein des poumons sont encore inconnues. On avait pensé que les ouvriers respirant un air chargé de molécules pierreuses, y étaient exposés; mais cette opinion ne peut être admise , car il n’y a aucun rapport entre ces susbtances et les calculs pulmonaires.
On les a observés à des âges très-divers, chez les vieillards et chez les adultes, seuls ou en même temps que d’autres concrétions se formaient dans d’autres organes. Cependant ils sont plus fréquents dans la vieillesse; et quand ils se forment pendant la jeunesse, ils coïncident presque toujours avec des tubercules pulmonaires. Nous en avons trouvé un cas coïncidant avec une carie d’un des os iliaques. Dans un autre cas observé sur une femme âgée, nous trouvâmes une destruction complète du corps de deux vertèbres. Tous les ganglions du corps, chez cette femme, présentaient des traces de substances osseuses ou phosphateuses.
Les symptômes des calculs des poumons, ne diffèrent pas essentiellement de ceux que déterminent la bronchite ou la pneumonie chronique. Si le volume des calculs est très-considérable , ou qu’ils soient très-nombreux, ils peuvent produire le dépérissement graduel ou la phthisie calculeuse de Bayle. Mais ces cas sont extrêmement rares, car il y a près-
MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
que toujours coïncidence avec les tubercules pulmonaires ; le nombre des tubercules est même toujours supérieur à celui des calculs. Le seul caractère propre à faire reconnaître la présence de ces productions, est l’expectoration; et encore ce signe ne suffît pas pour faire reconnaître si les calculs proviennentdes poumons, des bronches ou des ganglions bronchiques.
On sent bien que la thérapeutique est ici tout à fait impuissante, car le diagnostic est presque impossible. Parviendrait-on à avoir une connaissance complète de l’affection, qu’il serait toujours fort difficile de pouvoir s’opposer avec efficacité à la formation de ces produits.