‹ Cours de pathologie interne professé a la Faculté de Médecine de ParisChapitre 190 sur 227 · MOUVEMENT · texte numérisé non relu

MOUVEMENT

médecin qui ne les ait vues souvent chez les enfants à la suite d’une piqûre de sangsues que l’on n’a pas arrêtée à temps. Chez l’adulte elles surviennent après les grandes opérations ; chez les femmes après les pertes de l’accouchement ouïes hémorrhagies internes.

De toutes ces causes opposés , il faut conclure que le cerveau se trouble dans ses fonctions , soit qu’il reçoive trop ou pas assez de sang. Le cerveau a besoin d’une certaine quantité de sang pour se nourrir et être excité, si cette quantité augmente ou diminue il y aura convulsions.

Au reste , toutes ces causes de convulsions nous les avons trouvées les mêmes pour le délire.

Si des substances étrangères sont mêlées au sang , il pourra en résulter des convulsions , par exemple le camphre. 11 y a eu , au moyen âge et vers le milieu du siècle dernier, une épidémie de narcotisme convulsif due à certaines substances introduites dans l’économie ; les faits abondent pour prouver cette influence.

Les faits ne peuvent faire révoquer en doute qu’une femme nourrice, venant à éprouver une forte colère , son lait n’éprouve une modification telle, qu’il devient un poison pour son enfant. Une femme nourrissait son propre enfant sans inconvénient , elle donna le sein à un second enfant qui fut pris de convulsions , à un troisième également , et tous les êtres vivants , à l’exception de son enfant, à qui on donna de son lait, éprouvèrent un trouble dans les mouvements.

A une époque où l’on croyait rajeunir un homme par la transfusion , on a vu des individus être pris de convulsions après avoir reçu le sang d’un autre individu.

Influence des appareils sécréteurs. On peut établir en principe général, que toute sécrétion surabondante porte un trouble dans l’économie , auquel participe le système nerveux , trouble qui peut déterminer les convulsions. On a dit que certaines sécrétions morbides venant à être supprimées, pouvaient déterminer des convulsions ; ce fait n’est pas prouvé.

Le mouvement nutritif vient-il à se faire d’une manière trop rapide , ou dans d’autres termes , la croissance est-elle trop rapide , on voit les convulsions apparaître ; et la théorie peut faire comprendre quelle impression profonde doit porter sur l’Hématose une nutrition trop rapide.

L’enveloppe cutanée peut, par plusieurs circonstances, déterminer les convulsions; ainsi, on les a vues survenir par une sensibilité exagérée de la peau. Quelquefois des enfants, piqués par des épingles , sont pris de convulsions sans qu’011 puisse en déterminer la cause. Le froid plus ou moins rigoureux a une influence sur leur production. On les a vues quelquefois

survenir avant l’apparition des exanthèmes , tels que la rougeole, la scarlatine , etc. ; et si l’exanthème venait à cesser prématurément , on voyait les convulsions reparaître.

Influence de l’appareil génital. Les excès dans les plaisirs vénériens , la masturbation , surtout parmi les enfants, sont une cause puissante.de convulsions. La privation des fonctions génitales les amène aussi quelquefois. Chez certaines femmes l’hystérie ne recônnaît pas d’autre cause. Les règles exercent aussi une grande influence sur leur production. On voit des jeunes filles qui, à leur approche , sont prises de convulsions , des femmes qui en éprouvent à chaque retour mensuel. La suppression des règles en est aussi une cause. Enfin la grossesse peut les déterminer aussi, et ces convulsions peuvent persister après l’accouchement et la délivrance ; elles reconnaissent alors pour cause les hémorrhagies utérines.

Au milieu de toutes ces causes et lorsque les convulsions ont entraîné la mort , croyezvous que le cerveau vous présente une lésion quelconque ? Oui ; dans beaucoup de cas , on trouve ces lésions variées que nous avons déjà étudiées, depuis la simple hypérémie jusqu’au ramollissement le plus étendu. Mais aussi dans beaucoup de cas on ne trouve rien. Ici, comme dans le délire , on n’a pas besoin de recourir à l’excitation.

Symptômes. Ils peuvent survenir pendant le cours d’une maladie quelconque comme dans l’état parfait de santé. Ce sont des mouvements variés , des flexions des doigts et des orteils, l’agitation de la tête, convulsions des yeux qui tantôt sont relevés en haut, tantôt dans l’état de strabisme varié, mouvements bizarres de la face, des muscles abdominaux et thoraciques , contraction spasmodique du diaphragme, d’où production du hoquet; la langue est tantôt retirée , tantôt jetée hors de la bouche ; le larynx et ses muscles intrinsèques sont fortement contractés , d’où production de cris étranges et inarticulés. Les muscles les plus soustraits aux influences de la volonté, le cœur par , exemple, sont pris de palpitations violentes , la plan musculaire du tube digestif est pris de mouvements péristaltiques. Quelquefois enfin il y a vomissements et déjections involontaires.

Ces convulsions peuvent être générales , ce qui est rare, ou partielles, ce qui est beaucoup plus commun ; elles affectent quelquefois une certaine partie, allant tantôt d’une partie à l’autre; la face est la partie où elles se montrent le plus fréquemment, et c’est surtout aux paupières et à la commissure des lèvres qu’elles siègent ordinairement. Enfin, d’après leur degré de fréquence, on doit placer en première ligne les membres supérieurs , puis les membres inférieurs , et puis le tronc.

DE LA VIE DE RELATION

La perturbation du mouvement n’est pas le seul trouble qui se présente. L’intelligence peut aussi s’altérer; de là deux variétés.

Ire Avec perte incomplète de connaissance ;

2e Avec perte complète de connaissance.

Pouls , rien de constant , respiration souvent gênée , voies digestives troublées ou non, sécrétions ordinairement supprimées, transpiration cutanée absente, urines milles.

Les muscles si violemment convulsés peuvent devenir le siège de douleurs variées. Il peut arriver que ces convulsions déterminent des ecchymoses. On a vu se produire des luxations , des ruptures de tendons , des fractures , dq^ courbures d’os ; de là des difformités plus ou moins grandes.

La durée est variable.

Après leur cessation , tantôt les individus restent malades , tantôt ils reviennent à une santé parfaite.

Une fois produites , elles tendent à revenir.

Elles se terminent quelquefois sans phénomène appréciable ; ainsi un flux quelconque les termine quelquefois.

Le docteur Husson , dans ses belles recherches sur la vaccine , a noté que certains enfants sujets aux convulsions , ont été guéris par la vaccine.

Elles peuvent se terminer par les diverses maladies du cerveau ;

Aussi par la mort , et celte mort peut arriver, soit par le cerveau lui-même , soit par le poumon , asphyxie ; soit par le cœur, syncope prolongée.

Traitement. Y a-t-il un traitement unique? Non , et on doit bien le pressentir; car, en faisant l’histoire des causes , on fait l’histoire du traitement, qui doit être aussi "différent que les causes sont diverses.

Émissions sanguines : elles sont indiquées :

1° Dans un état pléthorique général ;

2° Dans la pléthore cérébrale;

3° Dans l’inflammation du cerveau ou des méninges ;

4° Dans l’inflammation d’un organe quelconque.

Si c’est vers le cerveau qu’il faut agir : sangsues à la tête.

Si la dentition est une cause de convulsions, on applique quelques sangsues aux gencives.

Dans quelques cas, elles sont formellement contre-indiquées. On n’a pas besoin de citer le cas d’anémie où elles seraient infiniment nuisibles.

Parmi les moyens qui agissent directement sur le système nerveux , le plus efficace est l’introduction de l’eau dans l’économie. Qn doit, à ce sujet, se rappeler lar belle expérience de M. Magendie , qui fit cesser le délire en injectant de l’eau dans les veines.

Les narcotiques doivent être employés quand

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il y a douleur vive et poignante. Dehaën en avait constaté les heureux effets.

Parmi les substances stimulantes , on emploie l’ammoniaque liquide, les préparations élhérées, la teinture de castoréum , les eaux de mélisse , etc.

Le sulfate de quinine a été quelquefois employé avec succès. On a beaucoup vanté le magistère de bismuth : l’expérience n’a pas justifié ces éloges. On a employé avec succès l’oxyde de zinc mêlé à l’extrait de jusquiame.

Les purgatifs doux , tels que le calomel , l’huile d’amandes douces , le sirop de chicorée , doivent être employés lorsque les convulsions sont dues à la présence de vers ou de matières fécales.

On peut diriger la médication vers la peau, par des bains tièdes , des fomentations émollientes, en appelant vers elle une douce chaleur et la sueur par l’application de coton cardé , de taffetas gommé , de vessies pleines d’eau chaude, et en dirigeant des vapeurs d’eau.

S’il y a un exanthème supprimé , on administre un bain chaud.

On peut aussi déterminer une irritation révulsive par des vésicatoires , des sinapismes , etc.

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