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CHAPITRE I IMPORTANCE DE L'ÉDUCATION

La première éducation doit se donner à l'enfant au sein de sa famille par les parents, qui en tiennent de Dieu le droit et le devoir, et plus particulièrement par la mère : on l’appelle éducution domestique.

Cette éducation est de la plus haute importance, puisque toute la vie s'en ressent, Les traces d’une bonne éducation de famille sont ineffaçcables, tandis que les hommes dont la première éducation a été manquée ou négligée, laissent percer ce défaut, dans quelque situation qu'ils se trouvent placés dans la suite.

De bons parents, surtout une mère tendre, intelligente et vertueuse : voilà donc la plus grande grâce que le Ciel puisse faire à des enfants.

Pour ceux qui ont le malheur d’être privés des auteurs de leurs jours, ou dont la mère est forcée par l'indigence à gagner sa vie hors de la maison, la Religion a préparé, dans son immense charité, des orphelinats et des salles d'asile. Là, dans les soins délicats et assidus de Vierges consacrées au Seigneur, ces pauvres enfants trouvent une seconde famille, de nouvelles mères.

Cette premières éducation paraît convenir particulièrement aux femmes, de manière que de tout jeunes enfants doivent être con fiés de préférence à des institutrices, lorsque les parents ne peuvent les diriger eux-mêmes.

Bientôt cependant les entants atteignent un âge où il leur faut une éducation plus forte, et surtout pour Îles garcons une éducation plus virile. Alors se présente cette question si controversée du choix à faire entre l'éducation privée sous la conduite de précepteurs, et l'éducation publique dans les écoles. Chacune d'elles présente certainement des avantages et des inconvénients ; mais l'éducation publique paraît plus propre à former le caractère, à dompter l'humeur, et à accoutumer l'enfant à vivre avec ses semblables.

Les institutrices sont en général préférables pour une école de filles : les instituteurs, pour une école de garçons lorsque ceux-ci ont dépassé la première enfance. Quant aux écoles composées d'enfants des deux sexes, la question est plus délicate. Les Supérieurs ecclésiastiques s'opposent avec grande raison: à ce que des filles, surtout un peu âgées, soient conduites par des maîtres, particulièrement lorsqu'ils sont jeunes et non mariés.

L'Eglise, sentant l’importance extrême de bien:‘élever la jeunesse, s’est de tout temps fortement préoccupée de l'établissement et de la direction de bonnes écoles. Elle à même encouragé, à différentes époques, la fondation d'Ordres religieux de l’un et de l’autre sexe, où les saines traditions d’un enseignement solide, et convenable soit aux hautes classes, soit aux enfants du peuple, pussent se perpétuer. Les membres de ces diverses communautés se dvouent pour la vie à cette œuvre admirable sans aucun espoir de rémunération ici-bas ; leurs jours se passent dans l'obscurité, le silence, l'étude et les exercices pieux.

L'éducation et l'instruction peuvent se trouver quelquefois séparées. Supposons un homme profondément ignorant, qui n’a jamais en l’occasion de s'instruire, mais intelligent, . d’un jugement sain et solide, poli, honnête et vertueux : voilà l'éducation sans instruction. Qu’un autre, au contraire, ait beaucoup étudié, beaucoup lu, beaucoup appris, il pourra être érudit, savant même ; mais Qu'il n’ait ni civilité, ni empire sur ses passions, ni principes religieux : c’est un homme sans éducation.

S il fallait done opter entre les deux, sans aucun doute la préférence devrait être donnée à l'éducation sur l'instruction, puisqne c’est la première qui “fait l’honnête homme, l'homme vertueux, bien élevé ; tandis que la seconde ne prépare que des hommes instruits et habiles dans les lettres, les sciences et les arts, Mais disons plutôt que l'une ne doit jamais être séparée de l’autre, puisqu'elles se complètent mutuellement, puisque de Jeur union seule peut naître un tout harmonieux. Disons encore que, pour certains caractères, l'instruction peut être dangereuse, pernicieuse ; tandis qu’une forte éducation leur est indispensable. Disons surtout que l'instruction doi’ toujours être accompagnée

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