ÉCOLES DE FILLES
lo Ursulines de Québec.—En 1639, M:1. de la Peltrie arrivait dans ces pays lointains et alors barbares, pour y fonder une maison d'Ursulines, destinée à donner l'instruction aux jeunes filles. L'apparition sur nos bords de ces Vierges intrépides fut une cause de joie et de bonheur pour la colonie, aussi bien qu'une source de bénédictions. Tout d'abord, elles se retirèrent dans une petite maison à la Basse-Ville, près du lieu où fut bâtie l'église de N. D. de la Victoire. Trois ans plus tard, le 21 Novembre, elle entrèrent dans leur monastère, situé sur l'emplacement où on le voit encore. Dès leur arrivée, les Dames Ursulines, qui avaient pour supérieure la vénérable Mère de l’Incarnation, s’occupèrent des petites filles sauvages, pour qui elles établirent un Séminaire, et des jeunes Françaises, pour qui elles iremt un pensionnat et un externat. (Comme nos autres communautés cdnadiennes, elles furent éprouvées par des incendie désastreux ; mais grâce à la divine Providence, le monastère est sorti de ses ruines avec une vigueur toute nouvelle, Là se sont formées des générations de femmes fortes, de mères
(a) Lettre pastorale de Mgr, Losquet, 20 février 1735.
pieuses, de vierges héroïques, qui ont été l'un des plus fermes soutiens de la nationalité canadienne-française,
Hotel Dion de Quibes. {Les Religieuses de l’Hôtel-Dieu,
lames Ursulines, se dévouent,
Diwine, au sontigement des malades ; mais
pendant asser lenttompe elles s'appliquèrent aussi à l'instruction
d'orphelns quelles avaient pris sous leurs soins, et c’est à ce
titre que nous les mveutionnons ici. La duchesse d’Aiguillon fut
leur fondatrice.
50. Hôtel.Dieu de Montréal.—Cet établissement, fondé par Mile, Mance en 1642, ct par conséquent du même âge que la ville même de Montréal, reçoit également des orphelins, qui s'y iastruisent.
40 Congrégation de Notre-Dame.—En 1653, une sainte fille, native de Champagne, Marguerite Bourgeoys,‘fondait à Montréal une Congrégation de Sœurs paroissiales, qui a pris avec le temps une extension considérable, et s'est ramifiée vers tons les points du pays. Le bien que les Ursulines faisaient déjà depuis 14 ans, les Sœurs de la Congrégation entreprirent de l'imiter ; elles vonlurent donc partager le mérite de leurs devancières, et des milliers de jeunes personnes dans nos villes et dans nos campagnes peuvent attester avec quel succès les filles de la Sœur Bourgeoys se sont acquittées de leur noble tache. Nous ne pouvons mentionner leurs diverses Missions ; nous dirons seulement qu’en 1689 elle s’établirent à la Buasse-Ville de Québec à la demande de Mgr. de St. Valicr.
Elles éprouvèrent deux affreux incendies à la maison-mère de Montréal, maïs ces tribulations ne purent abattre leur courage.
5o Hôpital-Général de Québec.—En 1693, Mgr. de St. Valier détermina les Sœurs de l’Hôtel-Dieu de Québec à fournir des sujets pour l'établissement d'un Hôpital-Général, destiné à recevoir les vieillards et les infirmes, dans l’ancien monastcre des Récollets, près de la Rivière St. Charles. Les deux maisons devinrent indéaendantes l’une de l'autre en 1701. En 1725, les Dames de J'Hôpital-Général ouvrirent un pensionnat pour l'in-
struction des jeunes filles, qui a rendu les plus grands services à la cause de l'éducation.
60 Ursulines des Trois-Rivières.—TLes Ursulines de Québec se décidèrent en 1697 à envoyer, sur les instances de l’infatigable évêque, Mgr. de St. Valier, trois de leurs Sœurs fonder aux Trois-Rivières une maison de leur Ordre. A l'instruction des jeunes filles, ces courageuses Vierges joignaient le soin des malades ; mais elles ont abandonné cette œuvre depuis qu'un hôpital a été ouvert dans la ville par les Sœurs de la Providencr,
To Sœurs Grises.—Cette excellente communauté fut fondée définitivement en 1747 à Montréal par Mad. d’Youville, et succéda avantageusement aux Frères Charon dans la direction de l'Hôpital-Général de Villemarice. Les bonnes Sœurs se chargèrent aussi d’instruire les orphelins et les enfants trouvés qu'ellcs prenaient à leur charge.
Résumé.— On le voit donc, l'Education fut presque exclusivement entre les mains du clergé ct des communautés religieus:s sous la Domination française : tout fut créé, soutenu, rétabli, arraché aux ruines, défendu contre l'ennemi, par leurs soins, leurs sacrifices et leur dévoument.