II. SOUS LA DOMINATION ANGLAISE
A la suite de la conquête, le Canada était trop épuisé pour que l’on püût de sitôt s'occupe: d'un plan d’Instruction Publique. Il s'écoula une trentaine d'années avant que le Gouvernement prît aucune mesure à cet égard. Ce ne fut donc qu'en 1789 que le gouverneur, Lord Dorchester, nomma une Commission d’Education, composée de neuf membres, dont quatre seulement étaient Canadiens. Le plan que proposa cette Commission, excluant tout enseignement religieux des écoles et voulant les rendre communes aux catholiques et aux protestants, fut vivement combattu par l’évêque, Mgr. Hubert, ot ne donna aucun résultat.
L'Acte Constitutionnel étant venu en force dans l'intervalle, le Pariement bas-canadien passa en 1801 une loi qui mettait les écoles sous la régie’de l'Znstitution Royale. C'était une seconde
tentative de protestantiser les Canadiens, qui n'eut pas plus de succès que la première, grâce à l'éncrgique vigilance du clergé catholique.
Après un essai infructueux de 23 ans pour soutenir ces écoles royales, la Législature établit en 1824 des Ecoles de Fabrique, c’est-à dire que les fabriques étaient autorisées à consacrer un quart de leur revenu annuel au maintien de ces écoles. Sur la permission de l'Evêque, un bon nombre de fabriques profitèrent de ces dispositions de la loi, et en 1830 on comptant 68 écoles de ce genre.
En 1829, il fut passé une nouvelle loi, qui établissait des écoles élémentaires dans les différentes paroisses, et leur allouait £20 pas an; de plus elle accordait £2000 par an pour la construction de maisons d'école, et faisait de soctrois à plusieurs établis sements d'éducation. Cette même loi encourageait l'introduction dans le pays du système mutuel appelé Zancastrien. Les écoles établiesen vertu de cette loi se montait en 1836 à 1321, fréquentées par 36,000 enfants, et en 1840, à 1569, fréquentées par 57,000 élèves.
Cependant, en 1835, la Législature adopta une loi pour la création de deux Ecoles Normales, l’une à Québec et l’autre à Montréal. On pria le Rév. M. Holmes, membre du Séminaire de Québee, qui passait en Europe, de vouloir bien y acheter des instruments et se procurer des maîtres pour ces institutions. Il réussit à engager deux professeurs, qui vinrent en Canäda l'année suivante; mais les troubles civils, qui arrivèrent presque aussitôt, empêchèrent l'établissement de ces écoles. Néanmoins le Gouvernement avait confié aux Dames-Ursulines de Québec le soin de préparer quelques institutrices, et six élèves étudièrent dans ce but jusqu'en 1838; ce sont Miles. Croteau (aujourd'hui Re:igieuse), Casault, Malherbe, Piché, Sénéchal (qui ont enseigné toutes quatre) et Colyer (qui est morte après quelques mois d'étude).
Sur ces entrefaites, eurent lieu les troubles politiques de 1837 et 1838, la suspension de la constitution, enfin l’union des deux
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Canadas. Ces divers événements interrompirent naturellement les progrès de l'Education parmi nous. Mais le Parlement du Canada-Uni passa bientôt, en 1841, une loi pour l'établissement d’écoles primaires. En vertu de cette loi, le Gouverneur nomma en 1842 un Bureau d'Education, composé de trois Surintendants: l'Hon. Robert Jamieson, pour la province entière, le Rév. Robert Murray, pour le Haut, ct le Dr. J. B. Meilleur pour le Bas-Canada. Des commissaires d'écoles, élus par le peuple, devaient faire rapport de leurs décisions aux Conseils de District, nommés par la Couronne. L'’impopularité de ces Conseils rejaillit malheusement sur les dispositions de cette loi d'éducation ; et, malgré la bonne volonté de ceux qui étaient appelés à la faire fonctionner, elle n'eut guère d'autre résultat que de faire surgir un certain nombre d'écoles indépendantes.
Voyant cette opposition à la loi de 1841, qui imposait une taxe directe pour le maintien des écoles, les législateurs eurent la faiblesse, en 1845, de céder à ce préjugé populaire, d'abolir cette taxe, et d'y substituer des contributions ‘’olontaires. Mais les cffets de cet amendement furent si nuisibles à l’avancement de l'Education qu'il ne put subsister qu’une année, et qu'en 1846 fut adoptée une nouvelle loi, dont les principales prescriptions sont encore en force et qui rétablissait la cotisation et la répartition obligatoire. En 1849 on permit de nouveau, par un amendement, la contribution volontaire, mais à la condition qu'elle soit réalisée dans le cours du mois de juillet de chaque année.
Il est difcile aujourd'hui d'imaginer l'opposition aveugle et acharnée qu'offrirent, dans plusieurs paroisses, au fonctionnement de cette loi quelques hommes, qui y cherchaient une vile popularité et que le bon sens des masses a affublés du titre d’éteignotrs. Il est également difficile de se figurer les obstacies qu'eut à rencontrer M. le Surintendant Meilleur, pour déterminer les gens à établir des écoles et à les supporter d’une manière quelconque : il a fallu un zèle à toute épreuve et une constance indomptable de sa part pour en triompher.
C'est sous son administration, en 1831, que furent établis des Inspecteurs d'écoles, officiers que nous osons dire indispensables
29( COURS DE PÉDAGOGIE au fonctionnement régulier d'un système d’Instruction Publique, Cependant les Actes de 1844 cet ° 1846 avaient organisé, à Québec et à Montréal, deux Bureaux d'Examinatcurs, devant l'un desquels les instituteurs doivent subir une épreuve avant de pouvoir enseigner : un autre Acte, passé en 1853, en établit six autres, pour les Districts de Kamouraska, Gaspé, St. François, Trois-Rivières et Outaouais.
Dans ses rapports, M, le Dr. Meilleur suggérait la fondation d'un Journal d'Education et celle d’Ecoles Normales. Son successeur, l'Honorable M, Pierre J, Q, Chauveau, ancien ministre, a pu, par son activité et sa persévérence, réaliser pleinement ces améliorations ct beausoup d’autres non moins importantes. Entré en charge en juillet 1855, il réussissait à obtenir des Chambres, dès le mois de mai suivant, des amendements bien désirables aux lois d'Education, I votation d'une somme pour la publication et la circulation d’un Journal de l'Enstruction Publique, et celle d’une autre somme pour aider à former une Cuisse de Retraite pour les Instituteurs devenus vieux.
La même loi établit un Conseil de l’Instruction Publique ct en définit les droits et les devoirs. Ce Conseil fut organisé en 1859, et il nomma pour son premicr président l’Ionorable Sir Etienne Paschal Taché.
Dans la même session de 1856, M. Chauveau obtint aussi la passation d’une loi paur l'établissement et le soutien d'Ecoles Normales dans le Bas-Canada. Il ne perdit pas de temps pour les ouvrir, ct il eut la satisfaction d'inaugurer à Montréal les Ecoles Jacques-Cartier et MeGill le 3 mars 1857, et l'Ecole Laval à Québec le 12 mai suivant.
T1 n’est que juste de recounaître combien toutes ces mesures si importantes doivent de leur sueccès à l'énergie et au bon vouloir de l'Honorable Sir. G. E. Cartier, aujourd’hui Ministre dé la Milice de la Puissance.
Le Surintendant profita de l'occasion pour organiser des Conlérences d'Instituteurs en ranport avec les Ecoles Normales, Ces
Associations ont tenu depuis lors des séances régulières trois fois l’anuée, et y ont discuté beaucoup de questions intéressant soit l'enseignement lui-même, soit le sort de la classe enseignante.
Les instituteurs du District de Québec avaient cependant formé entre eux une Société dès le 15 mars 1845, et ils réussirent à la faire incorporer sous le nom d’Associution de lu Bibliothèque des Tnstituteurs du District de Québec ; elle a compté jusqu'à 130 membres. Sa bibliothè ue importante a été réunie à celle de l'Ecole Normale Laval, du consentement d'une assem- ‘blée tenuc à cet effet,
Avec l'année 1857, M. le Surintendant cemmença la publication du Journal de l'Instruction Publique, et du Journal of Education ; ces revues sont rédigées, comme chacun sait, d'une manière digne de la plume élégant: et facile, du talent et des connaissances variées de celui qui a entrepris cette tâche laborieuse,
Sous le régime de la Confédération, la Législature de Québee, dans sa première Session, en 1868, a passé un Acte (chap X) pour établir la charge de Ministre de l'Instruction, Publie et conférer à ce haut fonctionnaire des pouvoirs très-étendus. Dans sa seconde Session, tenue cette année même (1869), elle a adopté des amendements importants aux lois d'éducation, et réorganisé le Conseil de l’instruction Publique (Chap XVI). Elle a aussi pourvu à l'établissement d'Ecoles d'Industrie (Chap. XVII), et d'écoles de Réforme (Chap, XVIIT).
L'hon. M. Chauveau, premier Ministre de Québec, a aussitôt été appelé, à bien juste titre, au nouveau Ministère de l’Instruction Publique.
Entrons maintenant dans certains détails sur les progrès de l'Education parmi nous depuis quelques années.
Statistique générale. —Rappelons d’abord qu'outre les Universités et les Colléges, il y a trois sortes d’écoles pour la grande masse des enfants du peuple : des Académies, des Ecoles Modèles et des Ecoles Elémentaires. Un très grand nombre de ces Ecoles sont sur un excellent pied, et repandent une instruction solide et pratique.
COURS DE FÉDAGOGIF
Dans le Bas-Canada, aujourd'hui Frovince de Québee
en 1853, on comptait 2358 institutions, avec 103284 élèves,
en 186], 3345 : avec 180815 si
en 1867, “ 3698 ce avec 206955 sous 4802 personnes donnant l’enseignement, c’est-à-dire que dans les six dernières années, l'augmentation des institutions de toutes sortes a été d'environ 350, ct eelle des élèves, d’un peu plus de 26000. On observe également un progrès considérable dans Je nombre des enfants qui étudient les branches les plus importantes.
Il y'avait aussi en 1867 :
3 Universités.
7 Ecoles spéciales supérieures.
15 Colléges classiques.
13 Colléges industriels. 67 Académies de garçons ou mixtes.
79 Académies de filles.
198 Couvents enseignants.
3 Ecoles normales.
317 Ecoles modèles, dont 240 de garçons.
3151 Ecoles élémentaires.
188 Eooles dissidentes.
305 Ecoles indépendantes.
lo ÉCOLES DE GARÇONS.
lo Collége des Jésuites à Québec.—Après une existence utile et brillante d’un siècle et quart, cette maison, asile des lettres, a été convertie en caserne, au mépris des intentions pieuses des fondateurs. D'après le traité de paix, les Pères de la Compagnie de Jésus, ne pouvant se recruter, fermèrent leur collége classique <n 1760, et leur école primaire en 1776.
20 Séminaire de Québec.—Les Messieurs du Séminaire des Missions Etrangères, qui avaient été chargés par leur immortel fondateur, Mgr. de Laval, de soutenir un grand et un petit sé. minaire, voyant la jeunesse du pays en général privée, par la disparition des Jésuites, des bicnfaits d'une éducation supérieure,
s’imposèrent généreusement la tâche de remplir ce vide regrettable. Ils ouvrirent done les classes de leur Petit-Séminaire à toi s les jeunes gens indistinctement, quelle que fût leur vocation, De nos jours plus de 400 élèves s’y instruisent annuellement. Le Grand-Séminaire renferme 50 étudiants en théologie.
30 Collége de Montréal.—M. J. B. Curateau de la Blaiserie, curé de la Longue-Pointe, avait entrepris de donner des leçons de latin dans son presbytère à quelques élèves; tels furent les modestes commencements d’une grande et belle institution, le Collége de Montréal. C’est le Séminaire de St. Sulpice qui le fonda le 1er. octobre 1773, et l'installa sous le nom de Collége de St. Ruphaël, dans le Château Vaudreuil, sur la place Jacques- Cartier actuelle. Ce bâtiment ayant été incendié en 1803, Messieurs les Sulpiciens construisirent, l'année suivante, le Collége de Montréal proprement dit. Il a été dernièrement transféré à la Montagne. Il est fréquenté par plus de 200 élèves. Le Grand- Séminaire renferme 70 étudiants en théologie.
40 Séminaire de Nicolet.— Cet établissement important a également pris naissance, en 1804, dans un presbvtère, celui de M. Louis Marie Brassard, curé de Nicolet. Il a été construit et soutenu principalement au moyen des libéralités de ce digne curé, et de nos Seigneurs Plessis, Panet et Signay, archevêques de Québec, A peu près 200 élèves en suivent les classes,
5o Collège de St. Hyacinthe.—Sept années après que M. Brassard jetait les fondements du Séminaire de Nicolet, M, Antoine Girouard, curé de St. Hyacinthe, commençait dans sa paroisse, au prix des plus grands sacrifices, un autre établissement du même genre, aujourd'hui très-forissant et fréquenté par 250 élèves. Le terrain où s'élèvent les nouveaux et splendides bâtiments est le don généreux de M. François Cadoret, de la ville de St. Hyacinthe.
6o Collége de Ste. Thérèse.—Æn 1825, le bon curé de Ste.- Thérèse de Blainville, M. Charles Ducharme, fondait lui aussi, en dépit de très-grands obstacles, une maison d’études classiques, qui a su se mettre au niveau des plus fortes institutions du pay. Elle compte 200 élèves,
254 COURS DE PÉDAUOGIE
10 Colége de Chambly.—1Ù a été fondé en 1825 par le vénérable M, Mionault, euré de la paroisse de Chambly. T1 a d'abord été classique, mais depuis plusieurs années, on n'y donne plus qu'une éducation primaire,
So Cullége de Ste, Anne —Encore un établissement dû au clorgé canadien, fruit des sucurs, des travaux et des sacrifices
d'un curé z6l6, secondé par des laïques remplis de bonne volonté ! On les a VHA» 008 homines à la volonté de fer, au cœur généreux, aider eux-mêmes à extraire la pierre de la carrière, à transporter les matériaux, à élever les pièces de charpente; on les a vus s'huposer de dures privations, pour arriver à l'accomplissement de leurs intentions bienveillantes. C’est ainsi qu'a fait M. C.F. Painchaud, curé de Ste. Anne Lapocatière ; c'est ainsi qu'il est
parvenu, en 1827, à élever dans sa paroisse nn nouveau monument aux lettres, où 240 jeunes gans viennent chaque année recevoir
une instruction commerciale ou classique, suivant leur vocation. Ce Collége s'ouvrit en septembre 1829,
90 Collége MeGill.—KEn 1827, un ami de l'éducation, l’'Hon. P,. McGill, de Montréal, fondait, en faveur de ses concitoyens protestants, une Université, qui a dû passer par beaucoup d'épréuves, mais qui, depuis son union, en 1850, avec le High School de la même ville, est devenue prospère. On donne l'instruction à environ 500 élèves dans ces deux institutions.
100 Cullége de l'Assomption.—En 1832, le joli village de l’Assomption a vu s'ériger dans son sein un beau collése, grâce à la générosité de son digne curé, M. Labelle, et de MM. les Drs. Meilleur et C. L. Cazeneuve. 180 élèves ca fréquentent les classes.
1lo Bishop's College. —FL'Evêque anglican de Québec, le Très-Révérend Dr. Mountain, fonda en 1843 à Lennoxville, une Université protestante, à laquelle fut attaché en 1846 un High- School où Colléve, Ces deux établissements réunis ont une centaine d'élèves.
120 Pères Obluts.—Les Oblats de Marie Immaculée, arrivés dans le pays en 1841, ont établi, dans la partie des villes de ’
Moatréal et de Québec qu'ils desservent, des écoles fréquentécs par une jeunesse nombreuse. Ils ne se livrent cependant pas eux-mêmes à l’enseignement.
130 Collége de Ste.-Marie.—Les Pères de la Compagnie de Jésus venaient en 1842 reprendre en Canada leurs travaux apostoliques, interrompus complétement depuis une quérantaine d'années. En 1849, ils ouvaaient à Montréal un ColKge, qui, sous ces maîtres habiles, a fait de rapides progrès, et compte actuellement plus de 250 élèves.
l4o Université Lava?.-—Tes membres du Séminaire de Québec voulurent couronner, en 1852, à la sollicitation des Evèques de la Province, les services inappréciables qu'ils rendaient.au pays depuis près de deux sièc'es, par l'établissement à leurs propres frais d’une Université, qui porte le noble nom de leur fondateur. Le 8 décembre, ils obtinrent une Charte royale, par la protection du gouverneur Lord Elgin et de ses ministres, ct le 21 septembre 1854, cet illustre Représentant de la Souveraine inaugurait ectte grande institution ct en conférait les premicrs degrés à plusieurs des professeurs. Elle compte déjà 110 élèves, et 21 professeurs; clle possède une bibliothèque d'environ 10,000 volumes, un cabinet de physique et un laboratoire de chimie magnifiques, et &s musées considérables de botanique, de minéralogie, de géologie, de zooluzie et de médecine. Les édifices coûtent au délà de $200,000, Les Facultés de Droit, de Médecine et des'Arts sont organisées. N.$, P. le Pape Pie IX, par un Indult du 6 mars 1853, a aussi autorisé l’Université Laval à conférer les degrés ordinaires en théologie. Elle s’est déjà affilié les Colléses de Nicolet, de Ste. Thérèse, de Ste. Anne et des Trois-Rivières, ainsi que le Grand-Séminaire de St. Germain de Rimouski. Cette grande et si utile institution a éprouvé ecpendant une perte immense, que l'on ne peut comparer qu’à celle qui venait frapper le Séminaire de Québec, le 6 mai 1708, dans la mort de son fondateur. L'Université-Laval, le 5 mai 1863, perdait à son tour son premier Recteur, l'âme de ces vastes projets, son prineipal fondateur, A, le grand-vicaire Louis Jacques Casnult.
150 St-Francis College.—Cc Colléac, fondé à Richmond on
200 COURS DE PÉDAGOGIR 1854, donne l'éducation classique et commerciale à environ 120 élèves protestants,
160 Æcole Normale Jucques-Cartier.—Depuis ‘son origine, cette école est sous l’habile direction du Rév. M. Hospice Verreau, ancien professeur du Collége de Ste. Thérèse, et bien connu par ses remarquables travaux sur l'Histoire de notre pays, 35 élèves-maîtres ont suivi les cours de cette écoleen 1867. Depuis son établissement jusqu’à cette dernière date, 203 diplômes y ont été octroyés : 20 pour académies, 98 pour écoles-modèles, et 85 pour écoles élémentaires.
170 Ecole Normale McGill.—Cette école a été aussi constamment sous la direction de M. J. W. Dawson, Principal du Collége Me Gill et savant distingué. Elle à eu en 1867, 62 élèves, dont 5 maîtres seulement. 448 diplômes y ont été accordés : 22 pour académies, 145 pour écoles-modèles, et 282 élémentaires.
180 Zcole Normale Laval.—C'est le Rév. M. Edouard Jean Horan, ancien directeur du Séminaire de Québec et ancien secrétaire de l'Université Laval, qui a présidé à l’organisation de cette école. Ses études préalables, ses connaissances étendués et son expérience lui faisaient remplir très-avantageusement ces fonctions, lorsque la Providence l'a appelé le ler. mai 1858, c'est-à-dire après une courte année, à un poste bien plus élevé, le Siége épiscopal de Kingston. T1 a eu pour successeur d'abord le Rév. M. Jean Langevin, consacré premier évêque de St. Germain de Rimouski le ler. mai 1867, puis le Rév. M. Thomas Chandonnet, Docteur en Philosophie, en Théologie et en Droit Canon, qui a pris possession de son poste le 10 septembre de la même année. Dans l'intervalle, le Rév. M. F.N. Fortier a rempli la charge de pro-principal. 122 élèves, dont 49 maîtres et 73 maîtresses, ont suivi les cours de cette école en 1868. 361 diplômes ont été distribués, dont 13 pour académies, 85 pour écoles modèles et 165 pur écoles élémentaires.
190 Collége de St. Joseph des Trois-Nivières.—Cette ville, la plus ancienne du pays après Québer, a aussi depuis neuf ou dix ans son collége, grâce à la générosité de plusieurs de ses concitaveus marquants, à Ja tête desquels s'est distingué feu l'Hon. 4. E. Turcotte, On y compte déjà 170 élèves,
200 Collége Morrin à Québec.—\Un ancien maire de Québee, feu M. le Dr. Morrin, a légué une grande partie de ses biens pour la fondation d'un collége à l'usage de la jeunesse protestante de cette ville, On a commencé à y donner des cours de Droit et de Médecine. Ce Collége vient de s'afilier à l'Université MeGill. 1l a pour Principal le Rév. Dr, Cook, membre du Conseil de l'Iustruction Publique.
210 Séminaire de St, Germain de Rimouski.—Cctte maison, commencée en 1862, par M. le curé Tanguuy, n'était d'abord qu'un collége industriel. C'est aujourd hui le séminairedu nouveau diocèse de Rimouski, et on ÿ donne l'instruction classique à 100 élèves. Le Grand-Séminaire renfermait 14 étudiants en théologie. La Fabrique a fait don à l'Evôque, du terrain où sont les bâtiments provisoires,
220 Colléges industriels.—A part les Universités, les Séminaires et Colléges classiques, et les Ecoles Normales, le pays possède plusieurs établissements portant le nom de Collége, et où l'on donne principalement une éducation commerciale, industrielle ou agricole. (a) Parmi eux, nous citerons le Collége Joliette, fondé en 1845 par l'Hon. B. Joliette, et dirigé par les Cleres de St.-Viateur , le Collézge Masson, fondé à Terrebonne en 1847 par Mad. Veuve Masson; celui de N. D. de Lévis, fondé en 1852 par M, le curé Déziel, et placé sous la direction des Messieurs du Séminaire de Québec ; celui de K. Michel de Bellechasse fondé en 1853 par M. le curé Fortier et M. le professeur F. X, Toussaint. Tous ces établissements ct plusieurs autres sont fort utiles.
230 Ecoles spéciales primuires.—Le Rév. M. Lagorce, mort en 1864 au noviciat des Trappistes, établit en 1869 à Montréal un institut pour les sourds-muets. Cet institut peut être regardé comme la continution de l'école établie à Québee en 1832 par la Législature, et qui subsista jusqu’en 1836 sous la direction de
M. Ronald MeDonald.
(a) Cette classification est conforme aux Rapports ofBcicls,
cs Le
258 COURS DE PÉDAGOU(É
Les Colléges de Nta, Anne et de l'Assomption ont établie
chacun une Ecole d'Acriculture, destinée à rendre de bons services aux enfants de nos eultivateurs.
24o Frères des Ecoles Chrétiennes.—Quatre de ces bons Frères arrivèrent à Montréal le 7 novembre 1839, et y ouvrirent deux classes le 25 décembre, Cet Ordre Religieux à été fondé en 1679 par le Vénérable J, B. de la Salle, chanoine de Reims, et a été approuvé par le St, Siége en 1725, Ce sont Messieurs les Sulpiciens de Montréal qui ont appelé ces Frères en Canada, ét qui ont établi et soutenu leur maison-mère et leurs différentes écoles avec une libéralité au-dessus de tout éloge, Ces écoles sont au nombre de 5 dans la ville de Montréal, comprenant 40 classes sous autant de maîtres, et 4104 élèves. Dans le pays entier les Frères des Ecoles Chrétiennes (1865) ont 15 établissements, qui renferment 118 Frères et 16 novices, 26 écoles partagées en 95 classes et donnant l'instruction à 7710 enfants, Quelques-unes de ces classes sont très-fortes.
250 Nociclé d'Education du District de Québec. — Plusieurs personnes «mies de l'instruction, prêtres et luïcs, fondèrent à Québec, en mai 1821, cette Société destinée à maintenir quelques bonnes écoles dans la ville et même dans tout le district, ile a été définitivement incorporée en 1844. C'est elle qui, dirigée par Myr. Baillargeon, alors curé de N.-D., a demandé pour Québec, les Frères des Ecoles Chrétiennes, et les a installés en 1842 dans sa belle propriété sur la Rue des glacis, Elle maintient aujourd’hui six classes dans une maison appartenant à M. le curé Auclair, en faco de l'église St. Jean Baptiste, et y instruit, par le moyen des Frères, 500 enfants, Ces Frères ont en outre plusieurs classes sous le contrôle des Commissaires. Ils comptent à Québee plus de 2000 élèves.
260 Clercs de St.- Viateur. — En 1846, l'Hon. Barthélemi Joliette, fondateur du village de l'Industrie, qui porte aujourd’hui son nom respecté, y appelait les Cleres de St.-Viateur pour prendre la direction du collége qu'il y avait élevé. Cet établissement, que nous avous déjà mentionné, est sur un pied florissaut,
APPENDICE nt
Los Cleres de $t.-Viatour ont encore sous leurs soins plusieurs autres maisons d'éducation dans le diocèse de Montréal,
20 Frères de St. Joseph.--Ces Frères sont venus en Canaüa en 1847 à la demande de feu M, Kt.-Germain, curé de St, Larrent dans l'Ile de Montréal. Ils sont sous la direction des Pers de Ste Croix du Mans, et ont plusieurs autres écoles dans diférentes paroisses du diocèse de Montréal.
280 Société de St, Vincent de Paul.—Cette admirable Société de charité a mis au nombre de ses œuvres eelle du patronage dis écoles, é'est-à-dive qu'elle fournit à uu certain nombre d'enfants pauvres les habits et les livres nécessaires pour qu'ils puissent recevoir une instruction ehrétienne, et qu'elle suit soigneusement leurs progrès dans la vertu et l'étude,
290 Associations littéraires ct -scientifiques.—Dans nos villes et dans plusieurs de nos campagnes ont été établies des Associations pour l'avancement des lettres et des sciences, mais dont la simple énumération nous rmènerait beaucoup trop loin, Plusieurs portent le nom d'Anstitit, de Cercle litiéraire, de Cubinet ve lecture, ete.
300 Amis de L'Education.-—-T} nous serait agréable de donner iei une liste de ces hommes zélés généreux qui n'ont reculé et ne reculent encore devant aucun sacrifice de temps on d'argent pour encourager l'Education au milieu de nous; on les trouve égale. ment parmi los Jaïques et au sein du clergé. Mais les bornes que nou* nous sommes prescrites nous rendent impossible l'aceomplissement de cette tâche.
310 Znsiituteurs laïcs.—Beuucoup d'instituteurs, vraiment dignes de leur nom. enseignent #ujourd'hui dans nos villes ct nos campagnes, avoc un dévouement au dessur de tout éloge. Plusieurs ont vicilli dans cette lahorieuse occupation ; les autres cherchent à les imiter, en marchant sur leurs traces. Pleins d'ardeur et d’une noble émulation, ils travaillent à rehausser dans l'opinion publique leur état si utile et si respectable, en se mettant au niveau de leur position par leur application à l'étude, leurs succés dans l'enseignement ct la régularité de leur conduite,
EEE En
Aussi voit-on un grand nombre d'académies de garçons, d'écoles modèles et d'écoles élémentaires sous la direction de maîtres très-capables,