‹ Cours de pédagogie ou Principes d'éducation [microforme]Chapitre 66 sur 134 · DE L’AFFECTION · texte numérisé non relu

DE L’AFFECTION

L'affection, lorsqu'elle est sincère et profonde, est un solide fondement de la discipline. Un maître qui est aimé de ses écolicrs, est comme un père au milieu de ses enfants. Ils craignent de lui déplaire par leurs étourderies, de l’affiger par leur mauvaise conduite, de mériter ses reproches par quelque faute grave. Pour tout obtenir d'eux, il suffit à un tel instituteur de leur montrer que telle ou telle chose lui ferait plaisir, que telle ou telle autre le contraricrait.

Mais vous ne pouvez gagner aïnsi le cœur de vos élèves, que s'ils sentent que vous avez pour eux une affection paternelle, que vous prenez un intérêt vif et réel à leurs succès, à leur avance-

A ‘| à € 71 : act ment, à leur santé, à tout ce qui les concerne, Il ne s’agit pas ici d’un attachement factice, qui ne consisterait qu’en quelques bonnes paroles, ni d’une amitié qui s’appuierait uniquement sur quelque agrément extérieur ou quelque amabilité de caractère ; non, ‘mais bien d’une affection solide, que ne rebutent point les défauts des enfants, ni même trop souvent leur ingratitude. Ayez en vue leur bonheur temporel et éternel ; qu'ils s’en aperçoivent, qu'ils en soient convaincus, et ils ne sauront rien vous refuser.

ARTICLE ?e,

DU RESPEC'",

Il ne suffit pas que les enfants vous aiment ; il faut encoze qu'ils vous respectent. A l'amour doit se joindre la retenue, de manière qu’ils soient animés envers vous d’uue affection révérencielle et d’une crainte filiale. Ce ne sont pas les coups qn'ils doivent redouter : vous ne voudriez sans doute pas paraître vis-àvis d'eux comme un régisseur au milieu d'une troupe d'esclaves. Il est cependant des maîtres de cette espèce, devant lesquels les élèves n'osent ni lever les yeux, ni ouvrir la bouche, ni permettre le sourire à leurs lèvres ; sorte de tyrans, qui parviendront à obtenir un certain ordre matériel, mais qui ne règneront jamais sur les cœurs, Ce qui subjugue les volontés et les entraîne, ce qui donne à un maître une autorité morale, un ascendant irrésistible sur ses écoliers, c'est un admirable composé de bonté et d'énergie, de gravité et de tact, auquel doivent céder les natures les plus brusques et les plus rebelles.

ARTICLE 3e.

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