DE LA GRADATION
D'après Théry, savoir graduer les moyens de discipline est tout à la fois un secret et une puissance. C’est un secret ignoré d'un trop grand nombre d'instituteurs ; c’est une puissance, car l'essentiel est d'avoir toujours en+réserve quelque nouvelle ressource, lorsque les premiers moyens n'ont pas réussi. Il n'est donc pas ordinairement à propos d'employer tout d'abord les grands instruments de discipline.
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D'ailleurs ayez soin de proportionner sans cesse les punitions aux fautes, et, parmi celles ci, distinguez soigneusement celles qui sont graves de celles qui sont légères,
lo Les fautes les plus graves sont celles qui sont directement contraires à la loi de Dieu; les plus légères, celles qui sont simplement opposées au règlement de l'école. Ainsi, un mensonge, un vol, un jurement, quelque légers qu'ils soient. doivent être punis plus sévèrement qu'un manquement au silence ou à l'attention. La conduite contraire est pourtant celle de beaucoup de maîtres.
20 Les fautes les plus graves sont encore celles qui sont commises avec réflexion, avec préméditation, avec malice ; les plus légères ne sont que le résultat de l’étourderie ou de l'imprévoyance. Un enfant, dans un moment de grande colère, répond une parole très- grossière à son maitre ; il est moins coupablé que celui qui lui dirait une impertinence à mots couverts, mais qui l'aurait complotée longtemps d'avance. Parcillement, de deux enfants qui cassent chacun une vitre, l’un par colère, et l'autre par légèreté, il n’est pas difficile de discerner le plus coupable. Il né suffit donc pas de considérer l’action extérieure de l'éc:lier
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eu faute ; il faut cucore et surtout chorcher l'intention, autant qu'on peut la connaître, puisquo cello.ci souls détermins la moralité de l'action et le degré de culpabilité.
Jo Les fautes les plus graves sont enfin celles qui sont répétées, et passées, par ectie répétition, à l'état d'habitude. Ainsi il n'y a pas d’injustice à traiter avec plus ou moins d’indulgence doux enfants qui ont commis la même, faute si pour l’un c’est un premier manquement, tandis que l'autre y tombe continuellement, Supposons, par exemple, qu'ils aient tous deux négligé de faire leur devoir : pour l’un cependant, c'est la première fois, il a coutume d'être bien laborioux ; l'autre est un paresseux de profession ; quelle différence dans leur culpabilité ! Quelle injustice, par conséquent, y auraitil à les reprendre de la même manière ! Plusieurs maîtres s'en rendent néanmoins coupables, précisément pour ne pas faire de passedroit,
Mais comprenez bien que les fautes d'habitude sont les plus dificiles à corriger, parce qu’elles sont plus profondément enracinées dans le cœur. Prenez donc le temps nécessaire pour y parvenir ; encouragez les premiers efforts, quelque faibles qu'ils soient, que font ces pauvres enfants pour se défaire de ces mauvaises habitudes, et n'exigez pas qu'ils arrivent tout d'un up à la porfection.
ARTICLE 5e.