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DES MARQUES DE DÉSAPPROBATION

La gradation, dont nous venons de parler, doit commencer à s'observer ici. Au lieu de disputer, de menacer, de frapper des

enfants qui se dissipent. tenez-vous d'abord dans une parfaite sérénité d'humeur et de figure ; en d’autres termes possédez votre âme dans la patience. Par cette gravité inaltérable, per ca calme, cette tranquillité pleine de dignité, vous impos

élèves qui seraient disposés à s'oublier, et d'autant mk que vous aurez eu un prédécesseur plus bruyant et plus emporte.

Vous joindrez, quand il sera nécessaire, à ce maintien impogant un regard fixe, quelquefois sévère. Mais un enfont qui

manque rarement, vour semblerez vouloir l'éparzner, ot ne fixer la vue sur lui qu'à l'insu de ses confrères. Ajoutez ensuite à cela un signe plus marqué des yeux, de la tête ov de la main, même un petit bruit des lèvres, ou de la langue contre les dents, et quelques légers coups du bout du doigt sur la table,

D'ordinaire, commencez à imposer le silence d'une manitre générale par un bruit des lèvres, par le mot chuf, silence, ou attention, où par un faible coup de clochette, et répétez ces avertissements de temps en temps, à de longs intervalles, Si cela ne sufit par poux arrêter certains écoliers plus dissipés, vous annoncerez d'un air de regret que vous allez être forcé d'en désigner et gronder nommément quelques-uns. La crainte d'être ainsi repris par leur nom les retiendra peut-être, Si pourtant la légèreté les entraîne à de nouvelles fautes contre le bon ordre, vous ferez bien de les nommer tout haut devant leurs compagnons; en disant, par exemple : silence un tel, mais d'un ton qui fasse impression. Tâchez que les enfants attachent une grande idée de déshonneur à ces avertissements directs.

Avec certains caractères cependant, des avis particuliers et secrets produiront plus d'effet.

N'oubliez jamais que Le ton fuit la chanson. Variez donc celui avec lequel vous donnerez ces avertissements, d'après

l'humeur et les dispositions de chaque élève, ct la nature du délit.

ARTICLE Ge.

DES REPROCITES.

Un maître se trouve dans l'obligation d'adresser des reproches à un grand nombre de ses écoliers, mais que ces reproches ne soient pas trop fréquents, surtout pas continuels. Il est des maîtres qui grondent, qui disputent sans cesse, comme il est des parents qui querellent, qui menacent leurs «enfants du matin au soir : ce sont ceux qui réussissent le moins dans la grande œuvre de l'éducation. Les enfants s’habituent à ces criaillerics sans fin, à ce tapage sans bornes, et ils viennent à n’en pas faire le moindre cas, ou bien à se fatiguer et à se décourager,

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Que les reproches ne soient pas non plus trop longs : ce n'est pas le grand nombre de paroles qui produit le plus de fruit, Quelques mots partis du cœur et appropriés à l’âge et aux circonstances du coupable, sont toujours sûrs de faire impression, Evitez donc que les écoliers puissent vous accuser de leur adresser des sermons ; c’est ainsi qu'ils désignent malignement des exhortations à perte de vue et pour ainsi dire, en plusieurs points que certains maîtres infligent.

Si la faute a été secrète, faites ordinairement votre réprimande en secret ; si elle a été publique, examinez-en la nature, consultez le caractère du délinquant, et décidez-vous ensuite à le reprendre publiquement ou privément, selon le cas.

Par les reproches il faut chercher à exciter chez les élèves : —

lo Les remords de la conscience.—Le sentiment religieux doit être le plus puissant sur des enfants élvés chrétiennement. Voir qu’il ont manqué à un devoir essentiel, qu'ils ont trans: gressé la loi divine, qu’ils ont donné mauvais exemple, scandale à leurs compagnons, qu’ils sont devenus les véritables esclaves de quelque passion, comme la paresse, la colère, l’orgueil, l'envie, le mensonge, la gourmandise, etc. : c'en devra être assez pour leur inspirer du regret de leur conduite passée, et un ferme pronos pour l'avenir. |

20 La sensibilité. —C'’est un bon signe chez un enfant que la sensibilité, pourvu qu’elle ne soit pas portée à l'excès, comme nous en avons déjà fait la remarque, qu’il ne soit pas un pleureur, S'il verse des larmes sur les remontrarices que vous lui faites, il prouve qu’il a du cœur, des sentiments, supposé toujours que ce ne soit pas les coups qu’il craigne. De même, s'il déplore ses fautes à cause de la peine qu’elles causent à ses parents, il se moutre par là même un fils affectueux.

30 Le sentiment de l'honneur.—Faites lui sentir que par ces défauts, l’inattention, la négligence, ke mensonge, la vanité,"ete., il se rend un objet de pitié, presque de mépris, pour ses compagnons ; qu'il se trouve à la queue de sa classe, ou exposé à être fréquemment grondé et puni ; qu'il fait la honte de sa famille,

et votre désespoir ; peut-être parviendrez-vous ainsi à raviver : chez lui ee sentiment de l'honneur si puissant sur tout cœur bien né, à le faire rougir de sa conduite et à le remettre dans la bonne voie.

40 Le sentiment du devoir.—Tnculquez profondément dans le cœur des élèves le sentiment du devoir ; qu'ils agissent, non par la crainte du regard de leur maître, mais parce que le devoir parle. Heureux, si vous pouvez leur faire prendre pour devise cette admirable maxime ‘ Fais ce qne dois, advienne que pourra !"? Alors, ils s’assujétiront nu travail, parce que Dieu le prescrit, parce que vous le leur commandez en son nom, parce que faire autrement, ce serait gaspiller, voler l'argent de leurs parents.

Bo L'intérêt. —Ce motif, qui est la cause de tant de fautes et même de crimes, peut aussi porter à l’accomplissement du devoir, quoiqu'il ne soit pas le plus parfait qu’on puisse désirer. Que l'enfant comprenne donc qu'en manquant à ses obligations, il perd, pour le présent, des places honorables dans la classe, l'occasion de paraître avantageusement aux examens et d'y recevoir des récompenses, et surtout son temps, les plus belles années de sa vie, qui ne reviendront pas: Time is money, disent nos voisins, Qu'il sente que, pour l'avenir, il se condamme à une ignorance honteuse ; il se met dans l'impossibilité de remplir convenablement aucune charge publique ; il nourrit des habitudes qui feront tout probablement le malheur de la vie entière.

Quand aux reproches en général, défiez-vous du défaut trop commun de prendre certains enfants en aversion, et d'être à les disputer sans cesse : rien n’est plus propre à aigrir leur caractère, à les décourager complétement, et à les dégouter du maître, de l'école at de l'étude.

ARTICLE 7e.

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