DES CONCOURS
Il est très-utile, pour exciter l’'émulation parmi les élèves d'une classe, de les faire concourir, c'est à-dire, de leur donner à faire un même devoir d'après lequel on leur assigne des places. Ces concours peuvent avoir lieu dans toutes les classes, même parmi les plus netits enfants ; ainsi ceux qui commencent à lire, concourent en récitant le même nombre de lettres, en épelant le même nombre de mots, en lisant le même nombre de lignes ; ceux qui écrivent, en écrivant les même mots ou les mêmes lettres, etc.
Ajoutons quelques remarques.—
19° Il ne faut pas faire concourir trop tôt, afin que les élèves
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aient le temps d’apprendre les choses nécessaires, et que eoux qui
étaient entrés à l'école mieux préparés, n'aient pas trop d'avantage sur les autres.—2® Les concours ne doivent être ni trop communs nitrop ra“es: un par semaine peut suflre pour les enfants qui étudient plusieurs branches, parce que le sujet sera tantôt sur une matière, tantôt sur une autre—3®© Les élèves doivent être surveillés de près pondant les concours, afin que tout se passe franchement ; ceux qui tricheraient d'une manière quelconque, devraient être punis sévèrement.—4® Le sujet du concours ne doit être ni trop difficile, pour ne pas décourager les éooliers, ni trop facile, pour qu'il n'y ait pas un trop grand noxbre de premiers.—5 ® Que l'instituteur s’empresse de cor. rigecr les devoirs, et de faire connaître le résultat du concours : rien n’anime plus les enfants que cet empressement.—6 © Qu'il corrige ces devoirs avec impartialité ; qu'il se défie de lui-même et du penchant presque imperceptible de favoriser quelque élève aux dépens de res confrères.—7 © Il paraît plus juste d'apprécier le mérite absolu d'un devoir, que sa valeur relative ; en d'autres termes, de faire compter les fautes ou le nombre de points conservés, plutôt que de computer la place de chaque écolier par rapport à ses compagnons.—8 © Ni monsieur le Curé y consent, ce sera un immense encouragement pour le premier, chaque semaine, d’avoir l’insigne honneur de présenter lu liste de la classe à son pasteur.
ARTICLE Ge. DES RÉCOMPENSES.
Jusqu'ici il n° été question que de marques d'approbation, de témoignages de satisfaction, de concours, en un mot, de moyens d'émulation qui n'exigent quasi aucun déboursé. Venons-en maintenantaux Récompenses proprement dites, mais obscrvons d'abord qu'à la rigueur c’est aux commissaires d'école à faire les dépenses nécessaires pour récompenser les enfants ; cependant, à leur défaut, un maître zélé ne devrait pas hésiter à fournir quelque chose de sa poche pour cet objet, sûr qu’il est d'en être amplement dédommagé par les progrès de ses écoliers.
Ces récompenses consistent 1 ® en bons points, 2° en objets destinés à les racheter, 3® en prix.
lo Bons points.—Après avoir marqué régulièrement de bonnes notes aux élèves pendant deux mois ou plus, comme nous l'avons conseillé plus haut, vous fixez un jour pour la distribution des bons points, Vous faites, pour le jour indiqué, l'addition de toutes les notes, et vous vous pourvoyez de bons points. Il peuvent être de diverses sortes : de petits carrés de papier blane jaune, vert, bleu ou rouge, valant un nombre plus ou moins grand de points ; et des cartes de différentes couleurs, auxquelles vous donnez divers noms: Curte .de mérite, de grand mérite, de distinction, de grande distinction, d'excellence, ete. Vous avez soin d'y mettre un signe qui ne puisse pas être facilement contrefait. Ces bons points sont conservés dans une armoire en classe, poux chaque enfant, sous une enveloppe fermée.
20 Cependant ils n'auraient pas tout le prix désirable aux yeux des élèves, si ceux ci n'étaient pas assurés d'obtenir, par leur moyen, une valeur réelle deux ou trois fois dans l’année, Vous annoncercez donc, pour ces circonstances, un rachat général des bons points, et vous pourrez l'effectuer par encan ou autrement. La vente par encan excite beaucoup plus l'intérêt des enfants, mais lemande plus de temps. Si donc vous êtes pressé, vous pourrez vous contenter d'attribuer une image, une médaille, ou un petit livre à tel nombre de centaines ou de milliers de points, ou même donner ces récompenses d’après le total des points gagnés par chacun.
30 Prix.—Les prix proprement dits ne se décernent qu''ne fois par année, dans une séance publique ou semi-publique. Observons l-dessus :—1 © que ces prix, pour avoir de la valeur morale aux yeux des enfants, et pour être un moyen d’émulation, ne doivent pas être trop nombreux ; encore moins les élèves doivent-ils en recevoir tous sans exception. La chose est tout bonnement absurde, un maître ne doit jamais s'y prêter. Ki les commissaires insistent à le faire, ils en sont les maîtres ; mais que l'instituteur ou l'institutriee ne prenne aucune part à une semblable distribution, contraire au sens commun.—?®? Ne