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DISCOURS, DIALOGUES, RÉCITATIONS ET DRAMES

Nous venons de parler de ce qui constitue proprement l'examen, c'est-à-dire des différentes branches d’instrueuon sur lesquelles les élèves doivent être interrogés ; mais parce que le reste n’est qu'accessoire, faut-il le bannir entièrement des exercices publics ? Nous ne le croyons pas ; nous pensons au contraire qu'il est toujours avantasweux de mêler l'agréable à l’utile. Sans doute,

on a quelquefois poussé les choses à l'excès, et l’on a consacré

une partie déraisonnable de ces exercices à des récitations litté-

des représentations dramatiques, même à de simples

raires ct à farces ; muus, parce que l’on est ainsi tombé dans un excès, estce une raison de se jeter dans l'excès contraire, et de ne plus vouloir que d'un examen tout sec ? À notre avis, c’est vouloir dégoûter la plupart de Sécu d'assister à ces fêtes de l'esprit, et l'on n'y a déjà que trop réussi: on fait les examens à huis clos, aueun étranger ne s'y rend à cause de laridité insupportable qui yrèone, puis on se coutente d’une distribution de prix faite publiquement. On semble par à mécounaître les avantages réels qni existent dans cette partie secondaire des exercices ; en voici les principaux : 1° on développe et fortifie la mémoire des eafants, tout en l'ornant de choses utiles ; 2% on les hæbitue à se présenter en public avec aisance ; 3 © on les initie à la déclamation ; rien .n’est négligé : posture, expression, ton, geste ; 4® on leur donne une faible connaissance de la rie Humaine, qui a bien son côté pratique ; 5% on leur inspire de bons sentiments, en leur montrant la morale en action.

ves le goût du théâtre. Avouons que ce danger est bien éloigné à Fa campagnc ;

Mais, dit-on, c'est s'exposer à donner aux élès

d’ailleurs il est toujours facile de leur représenter la différence

essentielle qu'il y a entre un drame bien moral, et une pièce où

tout inspire le vice. Il nous semble que l'objection aurait la

même force au sujet du chant, de Ja lecture, ete. En apprenant

la musique pour chanter des psaumes ou des cantiques, les

enfants sont également exposés à s'en servir pour chanter de

mauvaises chansons ; en contractant le goût de la lecture, ils peuvent aussi s’accoutumer à lire des romans, et ainsi du reste. De cette façon, il faudrait mettre de côté presque toutes les bonnes choses, par la crainte d’abus possibles.

Autre objection : on perd trop de temps à préparer ces dialogues et ces drames. Mais est-ce bien réellement du temps perdu, celui que l’on emploie à exercer les élèves à déclamer ? Au reste, il faut ici comme partout se tenir dans de justes bornes : prendre une partie des classes, surtout pendant des mois entiers, à se livrer à cette préparation, évidemment ce serait un abus ; mais qu'est-ce qui empêcherait de placer ces exercices après l’école deux ou trois fois par semaine, pendant quelque temps, particulièrement si l’on donne les rôles comme une récompense accordée au mérite ?

Nous nous permettrons d'offrir ici quelques conseils, qui nous semblent importants.

lo Décoration.—T'aites préparer une estrade élevée de quelques marches et solidement construite ; couvrez-la de tapis, et suspendez en avant des rideaux propres. Ayez soin de n’y point placer trop d'objets capables d'éteindre la voix. Mettez dans les coins de la chambre des têtes d'arbres résineux, pour y répandre une bonne odeur. Que les enfants s'avancent autant que possible au bord de l’estrade pour parler.

20 Discours.—Un discours d'ouverture et un autre de remerciment suffisent, Le maître ou la maîtresse aura soin de.les proportionner à l'âge de ceux qui doivent les prononcer, «uw genre de l’école, et à Z« qualité des personnes qui forment l'auditoire. Diction simple, posture et ton naturels, geste aisé, allusions délicates : voilà ce qui plaît davantage,

30 Récitations.—Klles doivent être éxalement proportionnées à l'école et aux enfants qui la fréquentent. Une fable, une anecdote, voilà ce qui convient aux plus petits ; une narration, une description animée, aux autres ; dans les académies, on pourrait ajouter quelques stances de poésie lyrique, ou un extrait de discours, Ces morceaux doivent être sus parfaitement : il ne »

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