DU MODE SIMULTANÉ
Le mode simultané (du latin simul, ensemble) consiste à enseigner à la fois à tous les enfants d’une classe. Il a pour principaux avantages : —-1° d'obligerle maître à moins de répétitions, puisque ses explications sont données à toute la classe ; —29 de faire profiter les enfants de tout ce qui se dit et de tout ce qui se fait dans la classe. Ainsi les remarques adresées à un seul servent à tous; les fautes mêmes, commises par quelques-
uns, sont utiles à tous leurs confrères ;—89 d’exciter puissamment l’émulation parmi lesélèves : ne formant qu’une classe, tendant tous au même but, ils doivent nécessairement chercher à se distinguer, pour peu qu'ils aient du cœur.
Ce mode a pour inconvénient que les explications ne peuvent être proportionnées à toutes les capacités. Mais il y a un moyen facile d'obvier à cet inconvénient : c’est, quand une classe est composée d'élèves forts et d'élèves faibles (ce qui est presque toujours le cas), de se proportionner à la capacité du plus grand nombre. L’'instituteur ne doit donc point passer trop rapidement d’une chose à une autre, parce que les élèves faibles ne pourraient 1- suivre ; il ne doit pas non plus avancer trop lentement» vu que ce serait une injustice envers les élèves forts. S'il y avait moyen même de faire monter ou descendre ces élèves dans une autre division, ce serait encore mieux.
Le mode simultané est celui qui fonctionne avec succès dans tous les colléges et les couvents, où l’on peut se procurer autant de professeurs ou de maîtresses que l’on forme de classes.
Malheureusement il ne peut s’employer que d’une manière restreinte et sous une forme bien modifiée dans les écoles. Là, en effet, se trouvent agglomérés des enfants d’âges, de capacités, de talents très-disparates, et un seul maître
d’exlèves :
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pour les diriger, pour les instruire tous. Voilà aussi le grand écueil du succès. Et combien de fois ne trouve-t-on pas réunies, sous la direction d'un même institateur, une école élémentaire, une école modèle, voire même une académie !
Ne faut-il pas alors, de toute nécessité, recourir à quelque expédient ? Piusieursontcruletrouvet dans le mode mutuel ; voyons ce qu'il faut en penser.
ARTICLE 3e.