RÉCRÉATIONS, CONGÉS ET VACANCES
Loin qu'il y ait de l'inconvénient à laisser aux enfants quelques moments de récréation avant la classe, nous croyons qu'il y a un grand avantage à leur fournir ainsi l’occasion de s'agiter un peu, et qu'ils n’en seront ensuite que mieux dispotés à l’étude. Mais il ne faut pas, pour cela, qu'ils prennent un exercice trop violent, ni qu'ils s’y livrent avec passion.
Pour de telles récréations, il est bien désirable qu’il se trouve devant l'école, ou en arrière, un terrain vaste et uni, où les écoliers puissent prendre leurs ébats en toute liberté sous l’œil de l’instituteur. Ce terrain devrait être divisé par une clôture élevée, lorsqu'il y a des enfants des deux sexes.
On doit interdire aux élèves tous les jeux peu décents, périlleux, nuisibles à la santé, ou qui exigeraient un trop grand déploiement de force physique. Les sauts sont souvent dangereux, à moins qu'on ne se bande le corps, et qu’on ne s’y accoutume graduellement.
La récréation est un temps ordinairement critique pour la morale; voilà pourquoi nous demandons que le maître ou la maîtresse yexerce
une surveillance intelligente et continuelle. C’est aussi un temps bien favorable pour étudier les caractères, pour que les enfants, au milieu de l'entraînement du jeu, y découvrent mieux leurs inclinations.
Serait-il à propos d'accorder quelques minutes de répit au milieu de la classe, pour que les élèves y conversent, et qu’ils en profitent en même temps pour boire etsatisfaire à des besoins naturels? Nour croyons qu’une semblable pratique, prudemment suivie, ne présenterait que des avantages, pourvu qu’elle rencontrât les vues des commissaires.
Quant aux congés, ilsne devraient pas être trop multipliés, et devraient être donnés à jour fixe, autant que possible. Rarement l’instituteur devrait-il en priver les élèves, et jamais sans s’y faire autoriser. Le Surintendant de l'Education . ou son député, l’Inspecteur, les Commissaires, et peut-être les Visiteurs, sont les seuls, croyonsnous, qui aient légalement le droit d'accorder un congé dans les écoles sous contrôle. On s'aperçoit facilement du tort que de longs et fréquents congés causent aux écoliers, en les interrogeant le lendemain d’une de ces interruptions d'école; ils répondent généralement mal, et ont beaucoup moins d'application et de goût pour l'étude.
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