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DES RAPPORTS DE L’'INSTITUTEUR AVEC LES ÉLÈVES

Ces rapports doivent être pleins de bienveillance et de bonté d’une part, et de l’autre pleins de respect, de soumission et d'affection. Le maître d'école, comme tout autre supérieur, doit à ses élèves amour, soin, bon exemple et correction. Comme nous avons déjà développé plusieurs de ces devoirs, nous allons ici nous borner à un petit nom} :e d'observations.

1° Soin du corps.—Intéressez-vous beaucoup à la santé de tous vos élèves; veillez particulièment à ce que les plus petits ne se fassent pas de mal en jouant ou par quelque imprudence.

Lorsqu'un écolier est gravement malade, ne manquez pas d'aller le voir, ou du moins de vous informer de son état ; les parents seront très-sensibles à cette attention de votre part. S'il arrive un accident à quelque autre, donnezvous la peine de l'envoyer mener au logis paternel.

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29 Soin de l'âme.—De bons conseils, des avis charitables, offerts à propos et délicatement, peuvent produire quelquefois un très-grand bien dans l'âme d’un élève. Plus un enfant paraît avoir de passions fortes, d'inclinations perverses, plus le zèle du maître doit s’enflammer pour remettre cet infortuné dans le droit chemin et y affermir ses pas chancelants, plus en un mot ce pauvre enfant a besoin d’un bras

ami qui le soutienne.

8° Bon exemple.—Le bon exemple est encore plus efficace que les plus beaux discours pour porter à la vertu. Le cœur de l'enfant, ne l’oublions pas, est comme une cire molle qui prend et retient, avec une extrême facilité, toutes les impressions. Un instituteur vertueux, une institutrice pieuse, formeront ordinairement leurs élèves à leur image. Si ceux-ci prennent,

. Sans s’en apercevoir, les manières de la per-

sonne qui les instruit, ils copieront de même sans effort sa vie régulière et chrétienne.

49 Vocation de l'enfant.—Si, parmi vos élèves, vous trouvez quelque enfant qui paraisse avoir des dispositions singulièrement remarquables, qui semble appelé à une destinée spéciale, ne négligez pas ces indices de la Providence, favorisez de tout votre pouvoir cette vocation naissante, et soignez d’une façon particulière cette âme privilégiée. Peut-être y a-t-il

là un grand homme, un apôtre, ou encore un saint en germe. Mais, si la vocation céleste doit être respectée, d'autre part elle ne doit pas

être violentée, il faut qu’elle soit parfaitement libre.

Si l’instituteur est jeune, nous lui dirons encore de ne pas se prononcer légèrement sur une matière aussi grave, et de consulter des personnes d'expérience, surtout le curé,

5Q Reconnaissance des élèves. —Que le maître compte peusurlareconnaissance desenfants qu’ii instruit ; plus souvent il ne rencontrera de leur part qu’ingratitude, ou au moins qu'indifférence et froideur. Si cependant ils se montrent sensibles à son dévouement pour eux, s'ils viennent lui offrir, en certaines circonstances, l'expression de ce louable sentiment, qu’il leur en sache gré ; car la reconnaissance est la vertu des belles âmes. Mais si les enfants lui demandaient, en commun ou en particulier, d'accepter quelque présent, à moins que ce ne fût un objet d’une faible valeur, comme un bouquet de fleurs naturelles, nous lui conseillerions de détourner les élèves de cette intention, sans refuser néanmoins pour cette fois Autrement, il se trouverait fort gêné vis-à-vis d'eux, étant en quelque sorte leur débiteur et leur obligé.

ARTICLE 6e.

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