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DES RÉCRÉATIONS

Un instituteur ne peut s’exempter de prendre des récréations chaque jour, s’il veut conserver sa santé et ne pas s’user avant le temps. Mais il ne peut se permettre toute espèce d'amusements. Disons d’abord un mot de ceux qu'il doit s’interdire, et ensuite un autre mot de ceux qui peuvent lui convenir.

Section 1ère.—AMUSEMENTS INTERDITS À UN INSTITUTEUR, |

1° Bals el réunions bruyantes.—Un instituteur est déplacé dans de semblables assemblées ; il y perd la considération L ma l'environner ;

ily donne l'exemple a dissipation et du

laisser-aller ; il s’y fatigue de manière à avoir de la peine à faire son école le lendemain; enfin et surtout il s’y expose à un grand danger d'offenser Dieu. Quant aux noces, il nous semble qu'il'ne devrait accepter d'invitation que pour celles de ses parents les plus proches; encore doit-il s'y vi das avec beaucoup de réserve.

2° Jeux publics.—Il n’y a pas d’inconvénient pour d’autres jeunes gens de s'amuser, de jouer en public ; mais pour un instituteur, la chose nous paraîtrait tout à fait inconvenante, surtout si c'était en présence de quelques-uns de ses écoliers. (Comment, après avoir été vu folàtrant ainsi, reprendre la ilieuite nécessaire avec eux?

8°. Jeux intéressés. —C'est une terrible pue que celle du jeu, et il est malheureusement bien facile de la contracter, pour peu qu’on

s’habitue. à des jeux intéressés. Si l'on a de la chance ou de l'adresse, on . veut. gagner encore ; si, au contraire, l’on est perdant, on joue toujours. dans l'espoir de se refaire, de manière que la passion s'accroît sans cesse. On y pense continuellement durant la journée, et les nuits ne sont plus assez longnes pour s’y. livrer.

Souvent, à cette vie-là; on perd la santé, la paix, l’hounêteté et FORTE

4° La boisson.—Il serait indigne d’un instituteur, comme nous l’avons dit ailleurs, de s’amuser à boire. Mais, s’il veut sincèrement s’exempter de ce vice détestable, il doit éviter deux choses : les tavernes et la compagnie de ceux qui aiment à boire. Qu'il se rappelle le proverbe : ‘ Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es.” Qu'il se souvienne également que les mauvaises habitudes se contractent peu-àpeu et, pour aïnsi dire, insensiblement.

59 Des occupations viles—Un maître qui se sent, qui respecte sa position, ne peut se livrer à destravaux qui, sans avoir rien de déshonorant par eux-mêmes, ne conviennent point à son état. Qu'un sordide amour du lucre ne l’engage donc jamais à oublier ainsi ce qu’il se doit.

6° La compagnie de gens inférieurs à sa condition.—Sans dédaigner personne, un instituteur doit éviter soigneusement de se faire mépriser en liant amitié, en allant souvent avec des gens d’une trop basse condition. Qu'il recherche, au contraire, la société des personnes instruites et importantes dans la paroïsse ; qu'il fréquente les salons, et non les cuisines.

7° L’'habitude de fumer à l'excès.—De l’aveu de tous les médecins, cet excès est préjudiciable à la santé. Il occasionne de plus une grande perte de temps, et quel@efois entraîne à l'intempérance.

Section 2e—AMUSEMENTS CONVENABLES À UN INSTITUTEUR.

I. Lectures récréatives.—Bian loin de défendre la lecture des gazettes, nous croyons au contraire qu’un instituteur doit en lire, afin de se tenir au courant de ce qui se passe soit ici, soit dans les autres pays. Mais nous dirons en même temps, —

1° Qu'il faut bien choisir les journaux qu'on veut lire. Il en est de dangereux par les principes qu'ils émettent, où par l'espèce de littérature qu'ils publient.

2° Qu'il ne faut pas en lire un trop grand nombre. Cette lecture est pour plusieurs l'occasion d’une grande perte de temps.

8° Qu'il ne faut pas embrasser avec trop de chaleur un parti politique. Les jeunes gens sont naturellement ardents, et souvent portés à adopter des opinions exagérées, échevelées même. Trop fréquemmentils se croient appelés à régénérer le monde, à conduire la société, et à blâmer tout ce qui s’est fait avant eux.

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Quant aux romans, les uns sont mauvais, les autres sont bons. Les premiers ne doivent être lus sous aucun prétemte : rien de si dangereux qu’un livre immoral, puisqu'on le lit sans avoir

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à rougir devant personne, qu’on peut le reprendre aussi souvent qu'on veut, et que le poison s’infiltre ainsi secrètement dans le cœur, et d'autant plus aisément que le livre est mieux écrit, et que les choses licencieuses y sont dites avec plus de finesse et de grâce. Si, à tous ces piéges, viennent s'ajouter les ülustrations et le luxe de la reliure, ou encore plus le bon marché fabuleux, alors malheur à l'imprudent qui ne fuire pas au plus vite !

Les bons romans ne doivent être lus qu'avec une grande réserve. Si l’on contracte l'habitude d'en lire, on y prendra bientôt goût ; cette lecture fera perdre un temps considérable, montera l'imagination, transportera le cœur et l'esprit dans un monde idéal et irréalisable, et fera trouver l'ennui et le désappointement dans le monde réel, et l’accomplissement des devoirs ordinaires ; enfin la passion du roman dégoûtera complétement des études sérieuses, et ruinera entièrement l’avenir d’un instituteur. ::r ne doit donc en lire que rarement, par exemple, comme un délassement, un jour de congé.

IT. Certains jeux,—comme celui de dames, de dominos, de trictrac, d'échecs, de cartes, etc, pourvu que l’on joue avec des personnes choisies, simplement pour se récréer, et seulement pendant un temps bien déterminé. Le jeu d'échecs, étant fort sérieux et exigeant une grande tension

d’esprit, devrait être réservé pour des jours de congé ou les vacances. Tricher au jeu n’est pas digne d’un gentilhomme.

JIL. Quelque art d'agrément.--comme la musique ou le dessin. Mais il faut prendre bien garde à la composition des chœurs dont on formerait partie.

IV. Quelque occupation manuelle, —lorsqu’on a besoin d’un exercice un peu violent. Du jardinage, ou quelques travaux avec un tour rempliraient bien ce but. Onpourraitainsiconfectionner beaucoup d'objets utiles, tout en s'amusant.

Pour une institutrice, de la couture ou de la broderie occuperait avantageusement ses moments de loisir.

ARTICLE 6e.

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