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qu'il commence par les aimer lui-même ; qu'il prenne avec eux un air bon et affable, un ton de voix paternel ; qu’il s'intéresse À tout ce qui les concerne, à leur santé, à leurs familles, à leurs joies comme à leurs tristesses ; enfin qu'il les traite avec affection et indulgence.
80 La patience—C'est une vertu dont un maître doit avoir une très-forte dose, car il trouvera à tout instant des occasions de la pratiquer. Beaucoup d'enfants sont légers, inattentifs, insouciants, paresseux, peu dociles, peu propres, peu polis, d’une intelligence lourde, lente, obtuse. Que d'épreuves pour la patience dé l’instituteur ! que d’écueils pour lui, s'il est naturellement colère, et s’il se laisse aller à son tempérament fougueux ! que de sources de déboires pour l’homme emporté, qui ne sait se modérer !
9Q La fermeté. —$Si un maître doit être doux et patient, qu’il n’oublie jamais que sa douceur doit être mêlée d'énergie, et sa patience, de fermeté. (Ce ne serait pas aimer les enfants, ce serait les haïr, que de n’avoir pas la force de les reprendre et de les corriger quand il est nécessaire. Ce n’est cependant pas la force physique qui domine les volontés, maïs bien l'autorité morale : la première peut obtenir une obéissance passive, une crainte servile ; la seconde seule obtiendra une soumission filiale, un respect
sincère. L'énergie de caractère est donc indispensable à celui qui veut gouverner les autres. Ce sont surtout les institutrices qui ont besoin de se prémunir contre une indulgence excessive envers les enfants, et une tendresse mal entendue pour eux.
109 Za gravilé.—Qualité bien nécessaire à un maître, mais d'autant plus difficile à acquérir que celui-ci est plus jeune ! Cependant il ne devrait pas oublier qu'il lui faut être toujours plus vieux que son âge. Le respect des enfants et la considération des parents ne peuvent s’obtenir qu’à cette condition. Tout doit être grave et sérieux chez l'instituteur, rien de guindé ni de prétentieux. (Cette gravité se montrera dans sa tenue, dans son maintien, dans sa démarche, dans ses propos, dans sa conduite hors de l’école comme dans la classe, enfin dans le choix de ses amis. Il se regardera comme déplacé dans toute réunion bruyante, dans toute assemblée trop dissipée. S'il ne se sent pas capable de s'imposer de telles privations, qu'il n’embrasse jamais un état pour lequel il n’est pas fait.
Les institutrices doivent craindre de donner une preuve de légèreté, en s’occupant trop de toilette et de frivolités, en suivant avec empressement toutes les modes, en s’habillant avec trop de soin et de luxe, en se livrant incon-
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sidérément à dos jeux, à des amusements que l'on ne reprocherait pas à d’autres jeunes filles, mais qui leur enlèveraient l'estime et le respect qu'une institutrice doit être jalouse de posséder.
En un°mot, que la tenue de la personne qui élève l'enfance, soit toujours digne et soignée, qu’elle ne soit jamais négligée ou recherchée ; qu'à son maintien, les élèves sentent qu'ils ne pourront jamais franchir la distance qui les sépare d'elle. Jamais de comparaison avec eux, jamais de familiarité.
119 L'équilé.—Accorder à chacun ce qui lui est dû, voilà un des grands devoirs d’un maître; être juste et équitable envers tous les élèves, voilà ce qui lui méritera un des éloges les plusenviables. Point de passe-droit, point de préférences indues : les seules distinctions qu’un instituteur puisse se permettre à l'égard des enfants confiés à ses soins, doivent avoir pour motifs la bonne conduite, l'attention, le travail, le talent mis à profit, jamais des dehors plus aimables, une plus jolie figure, plus de prévenances pour le maître, les richesses ou le crédit des parents. Que l’instituteur évite soigneusement denégliger un enfant à cause de quelque difformité naturelle, de la pauvreté de sa famille, ou de son peu de facilité pour l'étude. Qu'il se rappelle qu’il se doit à tous les enfants de son école, qu'ils ont tous droit à une certaine portion de
son temps, et que, s’il lui convient d'en donner davantage aux classes les plus avancées, il ne doit pas néanmoins négliger les commencants.
129 La probité. — Un maître montre sa probité en commençant ses classes à l’heure prescrite, en n'en diminuant jamais la durée, en n’y perdant point de temps, en se donnant toute la peine possible pour que les enfants fassent des progrès, en s’occupant sans exception de tous les élèves, en un mot, en remplissant consciencieusement tous ses devoirs, en gagnant fidèlement ses honoraires.
139 L'activité. —-Pour que les enfants aiment l'étude et prennent goût à l’école, il est désirable que l’instituteur ait une grande activité.
Avec cette qnalité, il y aura de la vie, de l'animation dans les classes : les matières se succèderont avec rapidité, et les progrès seront en proportion de cette activité du maître. S'il est au contraire d’un naturel lent et insouciant, une apathie désolante se communiquera de lui aux élèves : tout sera languïissant, ennuyeux dans son enseignement, et les enfants ne se livreront à l'étude qu'avec répugnance. Il ne faut pas néanmoins qu’il soit brouillon et irréfléchi.
14° Le zèle.—Il y a deux manières bien différentes d'enseigner : on peut le faire sans goût, sans entrain, uniquement pour gagner son
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15° La sobriété. —Un instituteur est peutêtre plus exposé que bien d’autres à contracter des hubitudes d’intempérance, à cause de l'isolement auquel il est si souvent condamné. Il doit donc se défier beaucoup de ce vice dégradant, qui ruineraïit bientôt sa santé, sa réputation, tout son avenir, et se rappeler en même temps que l’homme n’arrive ordinairement à l’ivrognerie que d’une manière insensible, en faisant société avec des gens qui ont du goût pour la boisson, ou en fréquentant les tavernes. Il serait sage et édifiant de la part
d’un maître d'école de s’agréger à une Société
de Tempérance.
Telles sont les qualités les plus nécessaires à un Instituteur. On le voit, elles sont nombreuses et variées. Bien peu de gens sans doute peuvent se flatter de les posséder toutes, et le soin de les acquérir doit faire l’objet constant des efforts des personnes vouées à l'éducation. Ceux qui out l'avantage de fréquenter une Ecole
Normale, doivent précisément employer le temps qu’ils y passent à examiner jusqu'à quel point ils en sont dépourvus, et à faire de
généreux efforts pour les acquérir. b.
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loyer le | qu’à quel faire de ! | | À DEUXIÈME PARTIE.