ÉCOLES DE GARÇONS
1° Collége des Jésuites à Québec.—Après une existence utile et brillante d’un siècle et quart, cette maison, asile des lettres, à été convertie en caserne, au mépris des intentions pieuses des fondateurs. D’après le traité de paix, les Pères de la Compagnie de Jésus, ne pouvant se recruter, .fermèrent leur collège classique en 1760, et leur école primaire en 1776.
2° Séminaire de Québec.—Les Messieurs du Séminaire des Missions Etrangères, qui avaient été chargés par leur immortel fondateur, Mgr. de Laval, de soutenir un grand et un petit
séminaire, voyant la jeunesse du pays en général privée, par la disparition des Jésuites, des bienfaits d’une éducation supérieure, s’imposèrent généreusement la tâche de remplir ce . vide regrettable. Ils ouvrirent donc les classes de leur Petit-Séminaire à tous les jeunes gens indistinctement, quelle que fût leur vocation. De nos jours 400 élèves s’y instruisent annuellement. Le Grand-Séminaire renferme 40 étudiants en théologie.
8° Collége de Montréal.—-M. J. B. Curateau de la Blaiïserie, curé de la Longue-Pointe, avait entrepris de donner des leçons de latin dans son presbytère à quelques élèves ; tels furent les modestes commencements d’une grande et belle institution, le Collége de Montréal. C'est le Séminaire de St. Sulpice qui le fonda le 1er. octobre 1773, et l’installa, sous le nom de Collége de St. Raphaël, dans le Château Vaudreuil, sur la piace Jacques-Cartier actuelle. Ce bâtiment ayant été incendié en 1803, Messieurs les Sulpiciens construisirent, l’année suivante, Île Collége de Montréal proprement dit. Il a été dernièrement transféré à la Montagne. Il est fréquenté par environ 200 élèves. Le Grand- Séminaire renferme plus de 100 étudiants en théologie.
4° Séminaire de Nicolet.—Cet établissiment important a également pris naissance, en 1804,
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dans un presbytère, celui de M. Louis Marie Brassard, curé de Nicolet. Il a été construit et soutenu principalement au moyen des libéralités de ce digne curé, et de nos Seigneurs Plessis, Panet et Signay, archevêques de Québec. A peu près 240 élèves en suivent les classes.
59 Collége de St.- Hyacinthe. —Sept années après que M. Brassard jetait les fondements du Séminaire de Nicolet, M. Antoine Girouard, curé de St.-Hyacinthe, commençait dans sa paroisse, au prix des plus grands sacrifices, un autre établissement du même genre, aujourd’hui très-florissant et fréquenté par plus de 280 élèves. Le terrain où s'élèvent les nouveaux et splendides bâtiments est le don généreux de M. François Cadoret, de la ville de $t.-Hyacinthe.
6° Séminaire de Ste.- Thérèse.— En 1825, le bon curé de-Ste.-Thérèse de Blainville, M. Charles Ducharme, fondait lui aussi, en dépit de trèsgrands obstacles, une maison d'’étndes classiques, qui à su se mettre au niveau des plus fortes institutions du pays. Elle compte de 180 à 190 élèves.
7° Collége de Chambly.—Il a été fondé en 1825 par le vénérable M. Mignault, curé de la paroisse de Chambly. Il a d’abord été classique, mais depuis plusieurs années, on n’y donne plus qu’une éducation primaire.
8° Collége de Ste.-Anne.—Encore un établis- ” sement dû au clergé canadien, fruit des sueurs, des travaux et des sacrifices d’un curé zélé, secondé par des laïques remplis de bonne volonté! On les a vus, ces hommes à la volonté de fer, au cœur généreux, aider eux-mêmes à extraire la pierre de la’ carrière, à transporter les matériaux, à élever les pièces de charpente ; on les a vus s’imposer de dures privations, pour arriver à.l’accomplissement de leurs intentions bienveillantes. C’est ainsi qu'a fait M. C. F. Painchaud, curé de Ste.-Anne de la Pocatière ; c’est ainsi qu’il est parvenu, en 1827,° à élever dans sa paroisse un nouveau monument aux lettres, où 240 jeunes gens viennent chaque année recevoir une instruction commerciale ou
classique, suivant leur vocation. Ce Collége s’ouvrit en septembre 1829.
9° Collége McGil.—Eu 1827, un ami de l'éducation, l'Hon. P. McGill, de Montréal, fondait, en faveur de ses concitoyens protestants, une Université, qui a dû passer par beaucoup d'épreuves, mais qui, depuis son union, en 1850 avec le High-School de la même ville, est devenue prospère. On donne l'instruction à environ 500 élèves dans ces deux institutions.
10° Collége de l’'Assomption.—En 1832, le joli village de l’Assomption a vu s’ériger dans son sein un beau collége, grâce à la générosité de
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son digne curé, M. Labelle, et de MM. les Drs. Meilleur et C. L. Cazeneuve. 180 élèves en fréquentent les classes.
11° Bishop's College.—L’Evêque anglican de Québec, le Très-Révérend Dr. Mountain, fonda en 1843 à Lennoxville, une Université protestante, à laquelle fut attaché en 1846 un High- School ou Collége. Ces deux établissements réunis ont une centaine d'élèves.
12° Pères Oblats.—Les Oblats de Marie Immaculée, arrivés dans le pays en 1841, ont établi, dans la partie des villes de Montréal et de Québec qu'ils desservent, des écoles fréquentées par une jeunesse nombreuse. Ils ne 8e livrent cependant pas eux-mêmes à l’enseignement.
13° Collége de Ste.-Marie.—Les Pères de la Compagnie de Jésus venaient en 1842 reprendre en Canada leurs travaux apostoliques, interrompus complétement depuis une quarantaine d'années. En 1849, ils ouvraient à Montréal un Collége, qui, sous ces maîtres habiles, a fait de rapides progrès, et compte actuellement plus de 200 élèves. Une Ecole de Droit, sous la direction de M. le professeur Bibaud, est attachée à ce collége.
14° Université Laval.—Les membres du $6minaire de Québec voulurent couronner, en 1852, à la sollicitation des Evêques de la Province, les services inappréciables qu'ils ren-
daient au pays depuis près de deux siècles, par l'établissement à leurs propres frais d’une Uni- .versité, qui porte le noble nom de leur fondateur. Le 8 décembre, ils obtinrent une Charte royale, par la protection du gouverneur Lord Elgin et de ses ministres, et le 21 septembre 1854, cet illustre Représentant de la Souveraine inauguraîit cette grande institution et en conférait les premiers degrés à plusieurs des pro: fesseurs. Elle compte déjà plus de 120 élèves, et 20 professeurs ; elle possède une bibliothèque de plus de 20,000 volumes, un cabinet de physique et un laboratoire de chimie magnifiques, et des musées considérables de botanique, de minéralogie, de géologie, de zoologie et de médecine. Les édifices coûtentau delà de $200,000. Les Facultés de Droit, de Médecine et des Artssont organisées. N. S. P. le Pape Pie IX, par un Indult du 6 mars 1853, a aussi autorisé l’IJniversité-Laval à conférer les degrés ordinaires en théologie. Elle s'est déjà affilié les Colléges de Nicolet, de Ste. Thérèse, de Ste. Anne et des Trois-Rivières, Cette grande et si utile institution a éprouvé cependant une perte immense, que l'on ne peut comparer qu’à celle qui venait frapper le Séminaire de Québec, le 6 maï 1708, dans la mort de son fondateur. L’Université-Laval, le 5 mai 1863, perdait à son tour son premier Recteur, l'âme de ces vastes projets, son principal fondateur, M. le grand-vicaire Louis
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Jacques Casault. L'héritier de sa tâche difficile et de son dévouement est M. E,. A. Taschereau, V.-G., Docteur en Droit Canon et membre du Conseil de l’Instruction Publique.
15° Sl.-Francis College.—Ce Collége, fondé à Richmond en 1854, donne l'éducation classique et commerciale à environ 90 élèves protestants.
. 169 Ecole Normale Jacques-Cartier. —Depuis son origine, cette école est sous l'habile direction du Rév. M. Hospice Verreau, ancien professeur du Collége de Ste.-Thérèse, et bien connu par ses remarquables travaux sur l'Histoire de notre pays. Il est aidé pour l’enseignement par MM. Devisme, Regnaud, Boudrias et Delany, et pour la surveillance, par un ecclésiastique. M. Brauneis est chargé de la partie musicale ; M. Ossaye a donné gratuitement jusqu’à l'année dernière des leçons d'agriculture; enfin, un ancien élève, M. Dostaler, professe depuis quatre ans les sciences mathématiques et physiques, qu’il a étudiées tout spécialement à l’Université-Laval. 51 élèves-maîtres ont suivi les cours de cette école en 1863. Depuis son établissement jusqu’à cette dernière daté, 135 diplômes y ont été octroyés à 97 élèves : 8 pour académies, 57 pour écoles-modèles, et 70 pour écoles élémentaires. -
17° Ecole Normale McGill.—Cette école a été aussi constamment sous la direction de M. J. W. Dawson, Principal du Collége MeGill et savant distingué. Elle a eu, en 1863, 80 élèves, dont 8 maîtres seulement. 272 diplômes y ont été accordés à 195 élèves : 1 pour académies, 88 pour écoles-modèles, et 188 pour écoles élémentaires MM. Hicks, Robine, Darey, Duncan, Fowler, Andrew et McGregor sont les professeurs.
184 Ecole Normale Laval.—C'est le Rév. M.
Edouard Jean Horan, ancien directeur du Séminaire de Québec et ancien secrétaire de l'Université Laval, qui a présidé à l’organisation de cette école. Ses études préalables, ses connaissances étendues et son expérience lui faisaient remplir très-avantageusement ces fonctions, lorsque la Providence l’a appelé le 1er. mai 1858, c'est-à-dire après une courte année, à un poste bien plus élevé, le Siége épiscopal de Kingston. Il a eu pour successeur le Principal actuel. 91 élèves, dont 39 maîtres et. 52 maîtresses, ont suivi les cours de cette école en 1863. 213 diplômes ont été distribués à 198 élèves, ‘dont 70 instituteurs et 128 institutrices : 13 diplômes sont pour académies, 121 pour écoles modèles et 79 pour écoles élémentaires. L'établissement s’est ouvert avec les professeurs suivants : MM. Toussaint, de Fenouillet, Gagnon, Juneau et Doyle. A sa
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mort; M. de Fenouillet a 6t6 remplacé par M. Lacasse, qui lui aidait déjà depuis une année ; à sa nomination comme Inspecteur d’ écoles, M. J'uneau l'a été par un ancien élève de la maison en même temps qu'ancien instituteur, M. Cloutier ; et depuis 1860 uün autre élève, M. Thibault, ‘donne ° une partie de l'enseignement littéraire, grammatical, historique etscientifique. M. McSweeney vient de succéder à M. Doyle; enfin, depuis son retour de Paris, M. Gagnon, orguniste de l'église métropolitaine, est chargé de l'enseignemont musical.
Le Principal, outre l'enseignement de la religion, de la pédagogie, de la littérature;: de l'histoire naturelle et de l'agriculture aux élèvesmaîtres et maîtresses, est encore chargé de remplir les devoirs de directeur, de préfet des études, de procureur, d'économe et de secrétaire archiviste et correspondant. La correspondance annuelle est considérable etaugmente sans cesse. Un maître d'étude ecclésiastique seconde le- Principal- pour la conduite-des élèves-maîtres. L'école. annexe renferme de plus 180 petits garçons, que ce dernier doit également surveiller.
19° Collége de Sk.-Joseph des’ Frois- Rivières:
Cette’ ville, 1x plus ancienne du’ pays après
Québec, a aussi dépuis trois ou quatre ans son
collége, grâce à-ia générosité dé‘ plusieurs dé’
ses citoyens. marquants, à la tête desquels se dis- MM :
tingue l'Hon. M. J. E: Turcotte. On y compte déjà plus. de 100:élèves.
209 Collége Morrin à Québec.--Un ancien maire de Québec, feu M. le Dr. Morrin, a légué une grande partie de ses biens pour la fondation d’un collége à l'usage de la jeunesse protestante de cette ville. (On a commencé à y donner des cours de Droit. et de Médecine. Ce Collége vient de s’affilier à l'Université McGill. Il a pour Principal le Rév. Dr. Cook, membre du Conseil de l’Instruction Publique.
20° Colléges industriels. —A part les Universités, les Séminaires et Collèges classiques, et les Ecoles Normales, le pays possède plusieurs établissements portant le nom de Collége, et où l’on donne principalement une éducation com- . merciale, industrielle ou agricole. (a) Parmi eux, nous citerons le Collége Joliette, fondé en 1846 par l’Hon. B. Joliette, et dirigé par les Clercs de 8t.-Viateur ; le Collége Masson, fondé à Terrebonne en 1847 par Mad. Veuve Masson ; celui de N.-D. de Lévis, fondé en 1852 par M. le curé Déziel, et placé sous la direction des Méssieurs du Séminaire de Québec ; celui de St.-Michel de Bellechasse, fondé en. 1853 par M. le curé Fortier et. M. le professeur, F, X. Toussaint; celui de Ste.-Marie de Monnoir, fondé en 1858 par M. le curé Crevier, et celui
(a} Cette classifieation est conforme aux Rapports officiels.
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