IMPORTANCE DE L'ÉDUCATION
L'Eglise, sentant l'importance extrême de bien élever la jeunesse, s'est de tout temps fortement préoccupée de l'établissement et de la direction de bonnes écoles. Elle a même encouragé, à différentes époques, la fondation d'Ordres religieux de l’un et de l’autre sexe, où les saines traditions d’un enseignement solide et convenable soi aux haules classes, soit aux enfants du peuple, pussent se perpétuer. Les membres de ces diverses communautés 8e dévouent pour la vie à cette œuvre admirable sans aucun espoir de rénumération ici-bas ; leurs jours se passent dans l'obscurité, le silence, l’étude et les exercices pieux.
L'éducation peut se trouver quelquefois séparée de l'instruction, de mêine que celle-ci peut être dépourvue de la première. Supposons un homme profondément ignorant, qui n’a jamais eu l’occasion de s’instruire, mais intelligent, d’un jugement sain et solide, poli, honnête et religieux : voilà l'éducation sans instruction. Qu’un autre, au contraire, ait beaucoup étudié, beaucoup lu, beaucoup appris, il pourra être érudit, savant même ; mais qu'il n'ait ni civilité, ni empire sur ses passions, ni principes religieux, c’est un homme sans éducation.
. S'il fallait doncopterentreles deux, sansaueun doute la préférence devrait étre donnée à l’éduca-
tion sur l'instruction, puisque c’est la première qui fait l’honnête homme, l’homme vertueux, l'homni: “ion é:.v6, tandis que laseconde ne prépare que des hommes instruits et habiles dans les lettres, les sciences et les arts. Mais disons plutôt que l’une ne doit jamais être séparée de l'autre, puisqu'elles ont des rapports trèsintimes, puisqu'elles se complètent mutuellement, puisque de leur union seule peut naître un tout harmonieux. Disons encore que, pour certains caractères, l'instruction peut être dangereuse, pernicieuse, tandis qu'une forte éducation leur est indispensable. Disons surtout que l'instruction doit toujours être accompagnée de l’éducation morale et religieuse. Dans tous les pays, les Pasteurs de l'Eglise ont condamné les écoles et toutes les maisons d’études où l’on prétend ne donner qu’un enseignement profane et séculier, où l'on ne parle jamais de dogme ni de morale, sous le prétexte que les enfants les apprennent des ministres de la Religion.
Un tel système ne peut aboutir qu'à l’indiftérentisme ou à l’athéisme.
Il faut donc que l’enfant puise chaque jour, dans les leçons qu'il reçoit, des principes chrétiens, capables de le guider sans cesse vers la fin pour laquelle il est créé: le salut de son âme, la volonté de Dieu ici-bas, la récompense dans un monde meilleur.
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IMPURTANOE DE L'ÉDUOATION. 49
Tous les enfants, à quelque ‘condition qu'ils appartiennent, ont besoin d’une éducation solide et soignée, ils y ont droit ; mais on sent qu'elle ne doit pas être la même dans les détails. Elle doit être calculée d'après les emplois que chacun devra exercer dans la suite, et propre à le préparer à s'en acquitter avec honneur pour lui-même et profit pour la société.
L'instituteur évitera donc de se préoccuper exclusivement de distribuer l'instruction à ses élèves ; il s’appliquera au contraire avec encore plus de soin à leur éducation. Les instruire,
c'est bien, c’est important ; les élever, c’est
mieux, c’est essentiel. Et quelle consolation pour un maître de voir des générations entières de gens de bien, d’honnétes citoyens, de vertueux chrétiens, mettre à profit la bonne éducation qu’il leur aura départie ! quel bonheur pour lui d'entendre des parents venir le remercier des services qu'il aura ainsi rendus à leurs bien-aimés enfants ! quels mérites n'acquiert-il pas aux yeux de Dieu !