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prudence de leur bonne! (Combien d’autres ont contracté des façons ridicules ou des habitudes de malpropreté, faute d’avoir été reprises au sein de la famille!
Cependant les instituteurs peuvent avoir une grande influence sur l'éducation physique des enfants qui leur sont confiés, quoiqu'il ne leur appartienne pas d'entrer dans beaucoup de détails réservés aux parents.
Cette partie de l'éducation se donne d’une manière plus ou moins étendue, suivant la nature de l'établissement dont il s’agit. Après avoir énuméré les diverses choses que comprend en général l'éducation physique, nous dirons celles dont il convient de s'occuper dans une école.
19 Le marcher.—Accoutumez l'enfant à marcher sans traîner les pieds, sans trop agiter les bras, sans se balancer en avant, en arrière ou de côté, et sans faire trop de bruit.
29 Le maintien.—Qu'il ait la pointe des pieds un peu tournée en dehors; que les jambes ne soient pas trop ouvertes, ni les genoux trop écartés; qu'il se tienne habituellement ferme sur ses pieds, sans s'appuyer; qu'il évite de courber le dos et de se rapprocher les épaules en avant; qu'il ne porte point inutilement la main au nez, aux oreilles, à la bouche, aux
cheveux. Il ne doit pas non plus s'asseoir sur
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les reins, ni s'étendre sur la table, ni se croiser les jambes de manière à avoir un pied placé sur le genou opposé.
80 La proprelé.—Le maître doit exiger que les enfants se lavent tous les matins le visage, le cou, les oreilles et les mains; qu'ils se nettoient les ongles ; qu’ils se peignent et se brossent les cheveux; que les habits soient nets, époussetés et raccommodés selon le besoïn ; que les chaussures soient propres; qu'ils aient à leur usage un ‘mouchoir de poclie; qu'ils ne crachent jamais à terre; qu'ils s’essuient ou 8e grattent les pieds avant d'entrer en classe.
L’instituteur leur donnera lui-même l'exemple de cette grande propreté, tiendra son école trèsnette, et leur fera comprendre l’avantage de ces soins personnels pour la santé.
4° Le bon usage des sens.—Comme on le sait, le corps humain est doué de cinq sens : la vue, l'ouïe, l’odorat, le goût et le toucher. Chacun de ces sens a un organe qui lui est propre ; c'est l'œil pour la vue, l'oreille pour l’ouïe, le nez pour l’odorat, la bouche pour le goût, et la main principalement pour le toucher, quoique ce dernier sens soit répandu dans tout le corps.
Il est fort utile d’habituer les enfants à avoir un coup d'œù juste, à bien juger des distances, des hauteurs, des couleurs, des proportions et de la symétrie des objets ; à apprécier convena-
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blement les sons et les notes musicales, etc. Par cette attention, on leur procurera des jouissances nombreuses ; ils auront nne idée saine du beau dans la nature et les arts.
59 L'hygiène.—On désigne par ce mot l’art de conserver la santé. Il est bien à propos qu'un instituteur en possède quelques notions, pour lui-même et pour ses élèves. Les srins qu’il leur donnera sous ce rapport, les précautions qu'il leur recommandera, l'intérêt qu'il leur témoignera ainsi, lui mériteront leur reconnaissance et leur affection.
Mais qu'il se garde de développer chez eux une trop grande sensibilité, et de les porter à une attention trop minutieuse pour leur santé ; ce serait les rendre bien malheureux. La ser. sibilité, effet du système nerveux, est naturelleme: : plus ou moins considérable chez les difrerents individus. (Cependant l'éducation peut contribuer beaucoup à la développer ou à la diminuer. Tel enfant gâté, objet de précau-
tions excessives, recherchera trop ses aïises, ne
pourra supporter la moindre émotion, se pâmera à la moindre douleur, pleurera et jettera les hauts cris à tout propos. Cette sensibilité outrée demande à être graduellement réprimée ; une éducation trop molle peut perdre le meilleur enfant. On voit encore ici combien le physique et le moral sont intimement liés.
54 . COURS DE PÉDOGAGIE.
Les soins hygiéniques ordinaires consistent à se tenir propre, à éviter le passage brusque du. chaud au froid, à être chaussé sèchement et chsudement, à prendre une nourriture saine, sans excès sous le rapport de la quantité ou de l’apprêt, et un exercice régulier et modéré, à vivre enfin avec sobriété et mesure en tout.
Ce sont là des règles importantes pour le maître et ses élèves.
6° La gymnastique. —Elle comprend généralement tous les exercices propres à donner de la force, de l’agilité et de la souplesse aux membres. Ainsi, soulever ou lancer des poids, monter le long d’un poteau ou dans une échelle de corde, prendre diverses postures gênantes et forcées, faire des sauts plus ou moins longs, des marches, des courses plus ou moins rapides :
voilà autant d'exercices gymnastiques. Mais la prudence exige qu'ils soient faits avec modération et graduellement, et que le tempérament de chaque enfant soit pris en considération.
Il serait téméraire pour un instituteur de tenter la plupart de ces exercices avec les enfants de son école, À moius d’en avoir suivi lui-même un cours spécial, et d’avoir obtenu l'approbation des parents.
Il est néanmoins quelques-uns de ces exercices qui, loin de présenter les mêmes inconvénients, offrent de véritables avantages dans le présent
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et dans l’avenir, pourvu qu’ils soient pris modérément : ce sont les exercices militaires.
79 La natation.—L'art de nager peut mettre quelqu'un en état d'échapper à do graves périls, ou de rendre les services les plus précieux au prochain. Maisil doit s’apprendre de personues prudentes et entendues, et les enfants doivent être avertis d'observer les règles de la modestie dans ces circonstances.
8° L'équitation.—L'art d'aller à cheval est encore un exercice agréable et salutaire lorsqu’il est contenu dans de justes bornes. Mais l’expériénce apprend qu'il est dangereux pour un jeune homme d'aimer beaucoup les chevaux, car il perd bientôt par là le goût de l’étude.
99 L'escrime.—Faire des armes est ün art très-utile au développement des forces physiques. Maïs il faut inculquer aux jeunes gens que l'épée ne doit s’employer que dans le cas d’une légitime défense, et leur inspirer une horreur convenable du duel.
Quant à l'usage des armes à feu, on ne peut leur recommander trop de prudence lorsqu'ils les manient.
La boxe ou le pugilai est également un exercice qui peut avoir son utilité, mais qui ne doit servir que pour se défendre.
10° La danse.—Danser, c'est-à-dire, snter
en cadence, n’a rien de mal en «oi ; c’est au contraire un exercice propre à donner de la grâce à la personne, et une action utile au corps. Mais la danse devient souvent dangereuse aux mœurs, par les circonstances de manière, de lieu, de personnes, de toilette, de temps ; voilà pourquoi St. François de Sales compare les bals aux champignons : les meilleurs ne valent rien.’ Il est même certaines danses, telles que la valse, la polka, qui sont mauvaises par ellesmêmes et toujours défendues, de sorte qu’il n'est permis ni de les apprendre, ni de les montrer, nigle les exécuter, ni de les laisser danser chez goi. PRE
Les instituteurs n’ont à s'occuper de l’éducation physique que d’une manière assez restreinte. Tout se borne à peu près pour eux à donner aux enfants un bon maintien, à leur enseigner à bien employer leurs sens, à les accoutumer à la propreté, et à diriger les jeux auxquels ils se livrent entre les classes C'est ce qu'un maître sage peut faire sans se compromettre.
Dans les grands établissements, au contraire, où il est aisé de se procurer tous les appareils et les instruments nécessaires, on fait une ‘beaucoup plus large part à l'éducation physique, et l'on a alors le nombre de professeurs requis.
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ARTICLE 2e, EDUCATION INTELLECTUELLE.
L'éducation intellectuelle s’applique à exercer, à développer et à fortifier les différentes facultés de l'esprit.
Il ne faut pas la confondre avec l'instruction ; celle-ci peut être médiocre, tandis que l’intelligence sera fort étendue par suite d’une culture convenable.
Remarquons d’abord que tous les esprits ne sont pas également susceptibles de cette culture ; quelques-uns y sont même tout-à-fait impropres.
Nous allons examiner successivement les principales facultés de l’âme.
1° L'attention.—L'enfant est naturellement léger et inconstant. Il faut donc un talent tout particulier pour arrêter son attention sur un objet, une idée, pour la fixer sur une explication, un raisonnement. Cependant c’est là une condition indispensable de succès dans l’enseignement. Vous ne devez donc être satisfait de vous-même que quand vous êtes parvenu à rendre les élèves ainsi attentifs.
Il y a deux sortes d'attention : l’une extérieure, qui souvent n’est qu'’apparente, l’autre intérieure
et réelle. Faute d'expérience, vous pourrez facilement être trompé par la première. Des enfants vous sembleront bien écouter ; leur regard paraîtra fixé sur le tableau ou la carte, et pourtant leur pensée voyagera au loin.
Poux obtenir la première, l'attention des sens, il ne faut pas se contenter de parler aux oreilles des enfants ; il faut encore s’adresser à leurs yeux. On doit donc écrire autant que possible sur le tableau, ou montrer avec une baguette, lorsqu'on explique quelque chose, et réciproquement toujours parler, pendant que l'on écrit, ou que l’on montre sur la carte.
On obtient la seconde, l'attention de l'esprit, 19 en variant beaucoup les exercices, surtout avec les plus jeunes élèves ; 2° en changeant fréquemment la forme et le ton des explications ; 89 en faisant des questions à l’improviste, tantôt individuellement, tantôt simultanément ; 4° en promettant, comme prix de d'attention, quelque anecdote intéressante ou quelque leçon de choses pour la fin de la classe ; 5° enfin, en rendant l'enseignement attrayant.
2° La mémoire.—La mémoire est une faculté précieuse, et généralement bien vive chez les enfants. Il faut donc l'exercer et la développer soigneusement en eux, et prendre garde néanmoins de le faire d'une manière excessive. Si nous rencontrons un élève d’une mémoire très-
heureuse, cultivons-la, mais défions-nous de la forcer et de l’user par des tâches trop longues, pour la vaine satisfaction de faire briller cet élève, et de le montrer comme une sorte de petit prodige.
La mémoire a deux objets : les mots et les choses. Celle des mots doit toujours êtreaccompagnée de celle des choses : autrement les enfants ressembleront à des perroquets, ils en réciteront bien long par cœur, sans y rien comprendre.
Pour exercer chez eux la mémoire des mots, il est utile de leur faire apprendre régulièrement par cœur et littéralement des leçons d’une longeur raisonnable, et, de temps à autres, des morceaux qui aient de l'intérêt pour eux, comme une pièce de poésie proportionnée à leur âge. Exiger le mot-à-mot, c’est leur rendre un vrai service.
Pour exercer chez les enfants la mémoire des choses, il faut les habituer à rendre compte du sens des différents mots, des lectures qu'ils font à haute voix ou qu'ils entendent pendant la classe, aussi bien que de l’usage des objets qu'ils rencontrent et qu'ils doivent s’accoutumer à remarquer.
89 L’imagination.—Certains enfants en manquent presque complétement, les uns naturelle-
ment, les autres par défaut de culture intellectuelle ; chez les premiers, c’est un mal sans remède, chez les seconds, il se guérit par la lecture et l'étude des bons modèles.
Certains autres enfants, au contraire, ont une imagination trop vive, trop ardente, et se laissent emporter par cette ‘‘ folle du logis, ”? comme l'appelle Delille. Ce sont des têtes chaudes, qu'il faut calmer par la réflexion. Il y à ici ordinairement beaucoup de ressources ; c'est au maître à en tirer parti, tout en modérant l’exubérance de sève et de vigueur. La surabondance d'imagination cependant se trouve exister quelquefois aux dépens du jugement :
c'est alors un défaut essentiel.
4° Le jugement.—Il est rare qu’un esprit soit absolument faux ; presque toujours ce défaut décroît sensiblement par les soins d’un instituteur intelligent. Mais quelle que soit la justesse de l’esprit, il faut beaucoup de pratique pour qu’il s’habitue à un raisonnement suivi et exact. L'analyse logique et les mathématiques peuvent contribuer puissamment à amener ce résultat si désirable.
Que tous les maîtres adoptent donc dans leur enseignement une méthode rationnelle ; qu'ils accoutument les élèves à rendre compte de tout ce qu'ils apprennent; et, par ce moyen, ceux-ci acquerront une lucidité admirable de jugement
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et de raisonnement. Des récapitulations, des résumés sont aussi bien propres à faire atteindre ce but.
5° L’observation.—Engagez les enfants à re- :
marquer ce qu'ils voient, à distinguer ce qui est véritablement digne d'observation ; encouragezles à vous faire des questions convenables, répondez-y avec bonté et prudence ; provoquez leursréflexions sur les spectacles, les cérémonies, les accidents, les événements quelconques dont ils ont été les témoins. Approuvez, blâmez, corrigez, rectifiez selon le besoin. S'ils ont fait une promenade entre eux, avec leurs parents ou avec vous, tâchez de savoir ce qui les a le plus frappés. De cette manière, ils retireront un vrai profit de tout ce qui leur arrivera.
ARTICLE 3e.