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CHAPITRE IV

Il y a deux formes générales d'enseignement, auxquelles peuvent se rapporter les diverses méthodes particulières que l’on a imaginées en différents temps : ce sont la forme synthétique et la forme analytique.

ARTICLE 1er.

DE LA SYZNTHÈSE.

La Synthèse (mot qui signifie composition) est une méthode qui descend des principes aux conséquences, des causes aux effets, des règles aux applications, du connu à l'inconnu, du simple au composé. C’est d'elle que l’on se sert pour exposer un sujet, et voilà pourquoi on l'appelle encore forme d'exposition. Tout traité sur une science quelconque procède d'après cette méthode, qui est la plus régulière. Elle convient mieux aux premières notions que l’on donne sur une matière, et qui se trouvent par là avoir plus de suite.

Montrons maintenant comment l’on fait usage de cette forme d'enseignement; mais auparavant disons ce que c’est qu’une définition.

Définir, c’est énumérer les propriétés d’une chose de manière à la faire distinguer de toute autre, ou donner le sens d’un mot. Il y a donc deux sortes de définition : celle de choses, et celle de mots. Une définition doit être claire et précise, c’est-à-dire ne renfermer aucune expression superflue. IL faut aussi éviter d’employer dans la définition le mot même qu'il s'agit de définir, ou quelqu'un de ses dérivés.

Quand on emploie la forme synthétique, on commence par définir les mots propres au sujet, ou mots {echniques, ainsi que les choses dont on veut traiter. Maïs comme ces définitions renferment presque toujours des termes dont les enfants ne connaissent pas la valeur, il est indispensable de les leur expliquer, et souvent d’en éclaircir la signification par des exemples.

O1 pose ensuite les principes fondamentaux de la science que l’on veut enseigner. Les uns

sont incontestables et évidents par eux mêmes : on les appelle axiomes. D'autres, quoique

certains, ont besoïn de preuves: ils se nomment propositions ou théorèmes, et la preuve, démonstraion. D'autres enfin sont appuyés sur l'usage, sur une convention, ou bien sur un système, une théorie, ou une hypothèse.

Puis on indiqueles divisions et les subdivisions du sujet, et on donne les règles générales, c’està-dire celles qui s'appliquent au plus grand

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FORMES D'ENSRIGNEMENT.

nombre de cas. Des exemples nombreux les font comprendre aux élèves. Remarquons ici qu'il est essentiel dans l'enseignement de répéter et de faire répéter beaucoup: c’est le seul moyen de graver les choses dans la mémoire des enfants.

Le maître passe ensuite aux règles particulières, ou exceptions, qui ne conviennent qu’à un moindre nombre de cas. Aux exemples, qu'il explique lui-même à ses écoliers, il joint des applications ou des problèmes, qu'il leur propose afin de les habituer à tirer les conséquences des principes.

L'enseignement est continu ou interrompu.

Dans l’enseignement continu, l’instituteur parle seul: c’est pourquoi on nomme aussi cet enseignementoral. Le maître développelesujet, et les élèves prennent des notes, qu'ils rédigent plus tard, et sur lesquelles ils subissent des examens. Cet enseignement suppose un professeur possédant à fond la matière et doué d’une élocution nefte et facile, et es élèves assez âgés et assez avancés pour profiter de semblables leçons. Comme système ordinaire, il ne peut donc convenir qu'à de hautes maisons d'éducation, où les ‘élèves sont assez réfléchis pour prêter une attention suivie pendant des heures ‘entières. |

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Dans l’enseignement interrompu, le maître coupe de temps en temps ses explications par des interrogations, c’est-à-dire qu’il adopte alors la forme caléchétique, par demandes et par réponses. Plus les enfants sont jeunes, plus souvent il faut ainsi s’interrompre.

L'enseignement oral ne suppose guère que le professeur se serve d’un ouvrage particulier pour texte de ses leçons, maïs plutôt qu'il les rédige à sa propre manière. Il doit cependant éviter soigneusement de les lire, sous peine d’ennuyer et de dégoûter ses auditeurs, à moins qu’il ne lise avec un talent extraordinaire. Il serait bien préférable pour lui de si bien étudier son sujet qu'il en fût tout-à-fait maître, et qu’il pût parler sur de simples notes (a).

ARTICLE 2e.

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