‹ Cours de pédagogie ou Principes d'éduction [microforme]Chapitre 49 sur 163 · ENSEIGNEMENT INTÉRESSANT · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENT INTÉRESSANT

T1 ne suffit pas que l’enseignement ait toutes les autres qualités ; il faut encore, pour que les élèves s'y attachent, qu'il soit attrayant.

Pour le rendre tel, un maître doit—-

19 Y mettre lui-même beaucoup d'intérét.—S'il enseigne ‘sans goût, sans zèle, les enfants s’en

tion, Lorsront à dition leur, ns inge, et les se omme seront

comnage.

e par onne ; e l’on réfié- 28 insat, au

outes que vant.

S'il

PR RER sl

QUALITÉS DE L'ENSSIGNEMENT. 99

apercevront, et ils prendront en aversion l’instituteur et ses explications. Mettez donc de l’âme dans ce que vous dites, dans ce que vous faites en classe ; que ce soit pour vous une œuvre de prédilection.

29 Eviter la monotonie dans le ton et la forme.— Les plus belles choses deviennent ennuyeuses, surtout pour des enfants, lorsqu'elles sont dites d'une voix trop uniforme. Prenez un ton naturel, changez-le selon ce que vous avez à répéter, faites de votre leçon une sorte de conversation instructive et agréable avec vos élèves, Il ne s’agit pas, bien entendu, d'ôter complétement son aridité à l’étade. Vouloir que les écoliers apprennent tout en s'amusant, est une utopie qui peut leur être bien nuisible, puisque c’est leur donner des habitudes de légèreté et d'irréflexion, puisque c'est négliger leur édu-

cation intellectuelle, Mais épargnez-leur au .

moins une partie des épines qu’ils doivent nécessairement rencontrer en cueillant le fruit de la science. Surtout si vous en avez de très-jeunes à instruire, usez de ces admirables expédients que l’on emploie dans les salles d'asile, de ces stratagèmes de dévouement des bonnes Sœurs qui les dirigent.

Les enfants sont naturellement agités, remuants : puisque, pour le bon ordre, vous êtes obligés de réprimer ce penchant, qui leur est

inné, donnez-lui occasion de s'exercer un peu dans la variété des formes que prendra votre enseignement. Tantôt donc vous parlerez, tantôt (et le plus souvent possible) vous ferez parler les élèves ; tantôt vous les placerez en rang, tantôt vous les renverrez à leurs pupitres. A un moment donné, vous les appellerez au tableau noir ; à un autre moment, vous les ferez travailler sur leurs ardoises. Vous changerez ainsi fréquemment leur posture, ce qui se prêtera beancoup mieux à la mobilité de leur âge.

89 Varier les exercices.—Ayez, pour chaque chose, un temps déterminé qui ne soit pas assez long pour lasser l'attention des élèves. Qu'un exercice moins sérieux succède à un exercice qui fatigue davantage. C’est par cette agréable variété que l’esprit des enfants pourra s'appliquer successivement aux divers sujets, sans trop d'efforts de leurpart. Rappelez-vous qu'un arc trop bandé perd son élasticité.

Nous parlerons ailleurs plus en détail de la division du temps et de la distribution des matières d’études.

40 Entreméler les explications de questions, d'exemples, d'applications et quelquefois d'anecdotes.—Rien ne coupe mieux la monotonie du discours, rien ne réveille mieux l'attention, un instant endormie, que des questions faites à

— Hs

Re

og propos ; mais nous allons traiter ce sujet imotre portant dans l’article suivant. Rien non plus ntot n'éclaircit mieux les définitions et les règles arler | que des éxémples bien choisis ; rien ne fait ADB) mieux voir aux écoliers la nature pratique, le À côté utile de ce qu'on leur enseigne, que les | us applications. Quant aux anecdotes, il ne faut | les pas trop les multiplier ; ce serait une perte de han- | temps et une cause de dissipation. Mais elles À is î sont très-convenables comme récompense d’une leur k sagesse et d'un travail soutenus, ou comme moyen de faire l'éducation morale des enfants. aque Pour vous convaincre de j'intérêt qu'elles pas excitent généralement, rappelez-vous le redouvel. , blement de silence et d'attention qui a lieu j'1HM dans le cours d’un sermon, lorsque le prédicabts teur annonce une anecdote, le récit de quelque She fait remarquable.

jets, 0 UE ARTICLE 6e.

g'là ART DE QUESTIONNÈER.

des | ; | Bien questionner ést un grand art ; asséz peu de personnes le possèdent. Il est aisé de s’en ons, apercevoir aux examens publics, Des questions enec- mal posées ne sont propres qu’à troubler, qu’à > du embrouiller les élèves les mieux préparés. Les La hommesquiinterrogentbien,sontcenxquiontus >s

esprit net, méthodique, et. qui soht maîtres da:

sujet. N’acceptez donc jamais un programme sur une matière que vous ne connaissez pas, ou que vous ne connaissez qu’imparfaitement ; autrement, vous ferez rire de vous par les gens entendus, et vous aurez la confusion, tout en vous compromettant, d'embarrasser ceux qui seront appelés à vous répondre, quelque capables qu'ils soient.

Les interrogations ont pour but de faire connaître deux choses : 19 Si les élèves écoutent ; 29 s'ils comprennent. Souvent ils paraissent attentifs, et ne lesont pas ; ils semblent comprendre, et ils n’ont pas saisi les explications. Le moyen de s’en assurer, c’est de les interroger.

Il faut poser les questions—

19 D'une manière claire et qui ne cause pas d'équivoque.—L'élève doit comprendre tout de suite ce que vous lui demandez, et ne pouvoir pas se tromper sur la portée de ce que vous désirez savoir. N'interrogez donc pas d'une façon vague, ou sur des choses que vous n’avez pas expliquées et que probablement les enfants ne savent pas. ÆEvitez aussi de répéter vousmême chaque réponse que vous recevez, comme le font certains maîtres.

29 Vivement.—Rien ne donne plus d'entrain à une classe que des questions faites avec vivacité. Sans doute, laissez à l’écolier le temps de réfléchir, si la réponse suppose quelque rai-

: s NN QHEE DEN à à D Oro mir Sc 25 ï mL CP RE En ÉD D LT ee ? Re F PAST NS PNR TR he Tr FT PT be Tee nés che F sc SAIS 0 RÉ MER NT SP RCANE - j ; ss Le SSSR Eggs ie ra <

ee

sonnement, et dites-lui souvent avec Boileau : Avant que de parler, apprenez à penser.

Mais si c'est simplement une affaire de mémoire, soyez prompt à passer de l’un à l’autre. Cette activité oblige les élèves à mieux écouter, et en même temps accoutume leur esprit à plus | de souplesse.

8° Sous des formes très-variées.—Cette précaution brise la monotonie, et découvre mieux l'intelligence des enfants. Combien répondent fort exactement lorsque la question est posée de telle manière, et s’embrouillent complétement ou restent coïs, pour peu que l’on en change la forme?

4° D'une façon méthodique. —Que vos interrogations s’enchaînent, qu’elles se suivent naturellement, qu’elles découlent les unes des autres. C’est un excellent moyen pour que les élèves mettent de l’ordre et de la liaison dans leurs connaissances. Ayez même souvent en vue, par les questions que vous leur posez, de leur faire découvrir des vérités ou tirer des conséquences : c’est ce que l’on appelle méthode : socratique ou euristique. (Voir page 110).

5° Tantôt à un seul élève, tantôt à tous ensemble. — La seconde manière de questionner est en général trop bruyante, et n'est pas aussi franche que l’autre. Qu'il est aisé en effet de faire ainsi

briller une classe au moyen de quelques écoliers capables et doués d’une forte voix, qui répondent saus cesse hardiment pour tous les autres ! Il est néanmoïns bon de ne pas adopter exclusive.

ment l’une de ces méthodes. Vous questionnerez donc plus souvent un élève en particulier, tantôt en suivant l’ordre de la classe, tantôt en désignant de côté ou d'autre celui qui doit répondre. Quelquefois cependant vous adresserez vos demandes à la classe entière, pour exciter davantage l'attention et l’'émulation. Dans ce cas, vous recommanderez aux enfants de ne pas trop élever la voix.

Leur permettrez-vous de vous faire un signe pour vous engager à les interroger ? Oui, pourvu qu'ils n’agissent pas ainsi uniquement par coutume et sans pouvoir répondre. Avant d’encou- ” rager cette habitude, vous devez donc voir s'ils font des efforts réels pour vous satisfaire.

oliers ndent Il est 18ivestionulier, antôt

qui vous tière, nula-

aux

igne urvu cou- CoU- ” s'ils

M, Voer 1 Poe F PRE ne dt a é sance ni *

Page 1