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pondant qu’il peut être quelquefois à propos d'y recourir. Nous appuierons notre sentiment sur les raisons suivantes, qui nous semblent concluantes :—1° Dieu dit au livre des Proverbes :
‘6 Celui qui épargne la verge, hait son fils ” (XII, 24), et plus loin : “ N’épargnez point la correction à l'enfant ; car si vous le frappez avec la verge, il ne mourra point. Vous le frapperez avec la verge, et vous délivrerez son âme de l'enfer.” (XXIII, 13, 14) Or, il s’agit ici d'une véritable punition corporelle, infligée même avec une verge, et c’est la Sagesse divine qui en fait une obligation aux parents et à tous ceux qui élèvent les enfants.—2° L'enfant, n'étant pas un pur esprit, mais étant composé d'une âme et d’un corps, doit être conduit, repris, corrigé d'une manière qui atteigne l’une et l’autre.—39 L'expérience de tous les temps nous parl® d'enfants corporellement punis par leurs parents et par leurs instituteurs. Or, la nature et le caractère des enfants n’ont point changé ; ce qu’ils étaient autrefois, ils le sont encore aujourd'hui. Mais, dit-on, de telles punitions rérugnent aux idées de notre siècle, elles n’y sont plus de mise. Cette objection, nous l’avouons, est faite quelquefois par des personnes ordinairement bien pensantes, mais elle ne saurait nous en imposer. Elle n'est, après tout, que du genre de ces prétentions trop communes de nos jours, qui ne vont à rien
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256 NAURS DE PÉDAGOGIE.
moins qu’à abolir la peine de mort pour les criminels, et à changer les prisons et les pénitenciers en simples maisons de réforme, où l'on puisse trouver toutes les aises de la vie. Depuis quand les hommes peuvent-ils donc être conduits uniquement par les sentiments, et n’y a-t-il plus besoin de sanction stricte aux lois ?
Cependant, afin que le lecteur ne se méprenne pas sur nos principes en cette matière délicate, hâtons-nous d’en venir aux explications.
1° Les punitions corporelles ne doivent s’employer que comme un remède extrême, lorsque
tous les autres moyens ont été vainement épui-
sés. L'âme étant la partie la plus noble de
l'enfant, c’est d’abord à elle qu’il faut s’a-'
dresser ; c’est par les sentiments, par les principes du devoir et de l’honneur qu’il faut le prendre, autant que possible. Ce n’est donc que dans le cas où tous ces efforts seraïent inutiles, où ces cordes ne vibreraient plus dans le cœur de l'élève, que l’on pourrait tenter l'effet de quelques corrections corporelles. Elles ne peuvent, elles ne doivent donc s’employer qu'avec certaines natures rebéiles, intraitables, endurcies, presque animales, qui se rencontrent rarcment, grâce à Dieu. Maïs même à l'égard de ces êtres à part qui ne paraissent sensibles qu’aux coups, souvent la bonté réussira mieux que la rigueur ; souvent ils ont été ainsi abrutis par les mauvais
ser a éb
traitements, et, si vous les prenez par la douceur et par la raison, vous en obtiendrez tout ce que vous désirez. Tout ceci se comprendra mieux par la lecture de la Section suivante de cet Article.
2° Les punitions corporelles doivent être très-rares dans une école : c’est la conséquence de ce que nous venons de dire. Un remède extrême, en effet, ne s'emploie que dans des cas désespérés, et ce serait une imprudence bien
coupable que d’en faire un fréquent usage. Que
penser donc de ces maîtres qui ont continuellement un fouet à la main, qui en menacent sans cesse leurs écoliers et qui les en frappent à tout propos? Ah! pour vous, au contraire, qu’une de ces corrections soit une chose assez rare, assez inouïe, pour constituer un véritable événement dans la classe ; qu’elle soit réservée pour quelque ‘faute d'une grièveté tout exceptionnelle ; qu’elle soit pour l'enfant qui la reçoit, comme une tache bien difficile à effacer.
8° Les punitions corporelles doivent être modérées. Que l'élève ne redoute pas le nombre des coups, mais la honte de s’attirer un châtiment si dégradant, qui suppose un sujet quasi incorrigible. Ve vous obstinez donc pas à faire pleurer le coupable à force de coups: il est des tempéraments froids, qui ont peu de sensibilité physique ; il est surtout des élèves
qui se feront un point d'honneur de ne pas verser de larmes pendant que vous les corrigerez, particulièrement devant leurs compagnons. Si vous savez vous y prendre cependant, ces écoliers, qui semblaient d'airain tandis que vous les battiez, pleureront à chaudes larmes si vous leur adressez une parole bien vive, que vous tirerez de votre cœur et qui leur ira aussi au cœur, si vous leur exprimez combien vous êtes affigé, humilié, de leur don‘ier un seul coup.
Ayez encore soin de ne jamais frapper ailleurs qne dans la main élendue, pourvu qu'elle n’ait pas de blessures. Car c’est imprudent, souvent dangereux, de frapper à la tête, dans le dos, etc., sans s'occuper où portent les coups.
Montrez entin votre modération dans l'instrument dont vous vous servez. Que ce ne soit jamais ni le poing, ni le pied, ni une baguette, ni une règle ; une bande de cuir, communément appelée férule, est l’instrument le moins dangereux.
49 Evitez absolument toute punition corporelle qui pourrait compromettre la santé des élèves, les blesser ou les estropier. Vous aurez donc soin de ne pas trop les priver de récréation et de pas les assujétir à un travail trop long ; de ne point les faire tenir debout ou à genoux pendant un espace de temps déraïsonnable. Ne les condamnez jamais à supporter une chaleur
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même de loin.
ou un froid considérable comme punition, ni à demeurer dans un lieu obscur, pour peu qu'ils soienttimides etnerveux. Vous devez également vous interdire toute correction qui laisserait des marques sur le corps ; si elles étaient même légères, avec quel empressement malin le coupable ne les étalerait-il pas aux yeux de ses parents et peut-être à ceux du public? quel orage une telle conduite n’amasserait-elle pas sur la tête de l’instituteur? I] se verrait sans doute traîné sans pitié devant les tribunaux, et condamné ignominieusement. Il nous répugne d'entrer dans de tels détails, qui peuvent blesser le très-grand nombre des inaîtres et maîtresses ; maïs malheureusement il s’en rencontre qui semblent avoir la vocation de bourreau plutôt que celle d’instituteur.
5° Enfin, qu'aucune punition corporelle que vous seriez obligé d’infliger, soit publiquement, soit privément, ne puisse offenser la modestie,
Pour nous résumer, disons donc qu'il est désirable, qu'il est souvent possible, qu’un maître acquière assez d'ascendant moral sur ses élèves pour ne jamais les punir corporellement ; néanmoins, s’il s’y trouve forcé par quelque caractère extraordinairement difficile, qu’il ne s'y décide qu’à la dernière extrémité, après avoir épuisé tous les autres moyens de répres-
sion, et qu'il le fasse avec tout le sang-froid et toute la modération possible, et très-rarement.
Quant aux menaces, il ne faut faire que celles que l’on peut et que l'on veut exécuter ; communément même il faut les accomplir, afin que les élèves ne les traitent pas légèrement. Si l'on a promis uue punition on ne doit en exempter l'écolier que si, par son repentir ct sa bonne conduite, il s’est rendu digne de cette indulgence.
Section 4ème.—SÉRIE DES PUNITIONS
Nous croyons devoir le répéter : pour le main- LE tien de la. discipline il faut {ouf un système de ‘châtiments et de punitions ; il faut même en ménager l'emploi, afin de n'être jamais dépourvu de ressources et de ne pas user son autorité en y ayant recours trop fréquemment. Chacun de ces moyens de discipline doit même revenir. bien des fois, pour qu'on ne soit pas obligé d'arriver subitement aux mesures extrêmes.
Qu'on ne s’étonne pas du reste que les enfants oublient vite les avertissements et les réprimandes ; la légèreté de l'âge en est la cause, et non pas en géuéral la mauvaise volonté.
Voici à peu près la série que l’on peut adopter, sauf à la modifier suivant les circonstances.
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pter,
1° Donner de mauvaises marques aux délinquants.—Que chaque faute un peu considérable soit notée vis-à-vis le nom de l’enfant, dans un petit cahier tenu exprès.
2° Leur ôter de bons points ; c’est une chose à
: laquelle les enfants sont généralement fort sen-
sibles.
8° Leur attribuer de mauvaises notes.—Ces notes peuvent être envoyées aux parents tous les mois, ou être communiquées au curé et aux commissaires lors de leurs visites ou d’un examen privé.
49 Leur assigner de mauvaises places.—Il est bon d'attacher une idée de déshonneur à certaines places dans l’école, et d'y faire asseoir les paresseux, les dissipés, etc., ou bien de faire passer à la queue de la classe ceux qui arrivent tard, ou qui manquent l’école sans de bonnes raisons.
54 Les soumettre à des privations.—$Soit que vous leur enleviez pour un temps quelque charge de confiance, comme celle de moniteur; soit que vous leur refusiez une permission, que vous leur interdisiez un jeu qui leur ferait grand plaisir ; soit que vous leur raccourcissiez une récréation ou un congé (ce qui doit se faire rarement, pour ne pas nuire à leur santé), ou que vous le leur fassiez passer en silence.
6° Leur imposer des pensums ;—mais nous y mettons plusieurs conditions : 1° que le pensum puisse être wlile à l'élève ; 2° qu'il ne soit pas trop long ; 8% qu'il soit bien écrit et bien travaillé ; 4° qu'il soit en rapport avec la capacité de l'élève. Recommencer un devoir mal fait, avoir quelques phrases à analyser, quelques problèmes d’arithmétique à résoudre, répéter une leçon mal sue, rédiger des notos qui ont été négligées, etc. : voilà autant de tâches extraordinaires que l’on impose aux écoliers avec avantage, et qui les punissent par où ils ont péché.
7° Inscrire leurs noms sur un {ableau ou dans un cahier de déshonneur ;—mais mettez-y des conditions bien définies, et environnez cette inscription de formalités imposantes. Qu'elle se fasse très-rarement, que l'élève soit sujet à certaines humiliations, à la perte de certains priviléges pour tout le temps que son nom demeure eur cette liste, et qu'il ait tous les inotifs du monde pour s’en faire effacer au plus tôt.
8° Obliger les coupables à des postures humiliantes.—Etre assis seuls dans un coin, ou par terre, ou le visage au mur; rester quelque temps debout ou à genoux, etc. (Ces punitions cependant, pour produire de l'effet, ne doivent pas être communes, fréquentes, ui imposées pour des bagatelles,
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9° Soumettre les élèves à des refenues.—Dans les écoles de la campagne, où les élèves viennent souvent de loin, il est rarement praticable de les retenir après la classe. Dans les autres, avant de recourir à ce moyen, qui peut déplaire aux parents, il est bon de consulter. Si l'on retient quelques enfants, on ne doit pas les laisser seuls. Un maître doit éviter ausei de garder quelque petite fille après l’école.
109 Donner des punilions corporelles.—Au risque de nous répéter à satiété, disons de nouveau que, loin de les prodiguer, un bon instituteur doit en être très-avare, et y observer une extrême modération.
11° Prononcer un renvoi temporaire ou définitif—Ne vous déterminez point au dernier sans avoir obtenu l'approbation des commissaires, ni sans être appuyé sur les raisons les plus graves, comme l’immoralité bien constatée. Quant au renvoi temporaire, n’y ayez recours que dans des cas extraordinaires, comme une insolence habituelle ou préméditée, une insubordination opiniâtre, etc. L'’expulsion est toujours une mesure odieuse et grave, qui demande à £tre mûrement considérée.
Avant de terminer l'Article des Punitions, voyons s’il est à propos d’en donner quelquefois de générales à toute une école. Cela est rarement opportun, et doit être rarement juste,
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