DISCOURS
un temps précieux aux dessins séparés des plans et profils géométraux des objets a représenter.
D'abord ces découvertes me suffirent k moi-même j elles me procurèrent de grandes facilités pour toutes les opérations nécessaires.
Appelé plus tard (en 1819) a l'enseignement dans une Académie de dessin que fréquentaient plus de cent élèves, j'appréciai mieux encore l'utilité des leçons de perspective. Je ne fus effi^ayé ni des difficultés de cet enseignement, ni du peu de succès qu'on en avait obtenu.
L'examen des traités les plus renommés m'avait déjà fait remarquer que, sous le rapport de Fart, on avait adopté et continué de suivre une méthode vicieuse, que je me permets de nommer trop géométrique^ qu'on avait surtout négligé de diriger le jugement des artistes par l'application prompte et raisonnée des problêmes, k des objets figurés propres k attirer leur attention.
Ces observations critiques me servirent de guide; par une explication courte, mais complète, des règles de la perspective et principalement par leur application immédiate k des tableaux, je parvins k faire comprendre cette science que jusqu'alors on avait vainement tenté d'enseigner avec fruit, k l'aide des démonstrations réunies de l'optique et de la géométrie.
Encouragé par ces succès, et voyant mes leçons recherchées, j'ai fait de la perspective l'objet de mes constantes méditations. Plusieurs peintres d'un mérite distingué ont bien voulu me consulter , et la rectification de leurs compositions m'a fourni l'occasion de joindre aux règles générales, celles qui sont particulières k chaque genre de peinture.
Enfin quinze années d'expériences pratiques m'avaient fourni les matériaux nécessaires pour former un nouçeau Traité de perspectipe apj/dquée à la peinture y dont la publication a été retardée par des circonstance indépendantes de ma volonté.
Pendant ce retard il a paru (en 1827) un Traité de perspective de M. Thibault, professeur k l'École royale des beaux-arts de Paris. La lecture de cet ouvrage me fit voir que l'auteur avait compris, comme moi,