RÉSUMÉ ET CONCLUSION
vj 1. — Les systèmes faux se ramènent à trois types. Si nous revenons sur cette grande variété de systèmes erronés, nous y distinguons comme trois types nettement caractérisés (1).
1. V empirisme qui ne voit dans les principes nécessaires et les idées abstraites qu'un résidu de l'expérience, le résultat fatal des phénomènes extérieurs sur notre esprit.
2. Le suhjectivisme. d'après lequel idées et principes se réduisent à des formes subjectives de notre raison, à des lois a priori, que nous appliquons inconsciemment aux choses extérieures.
3. La vision en Dieu, qui prétend que, les idées et les vérités nécessaires n'existant qu'en Dieu, c'est là aussi que nous les saisissons directement.
Donc, en résumé, trois solutions : Les idées et les principes n'ont de réalité que dans le monde de l'expérience; que dans notre entendement; qu'en Dieu. La première solution réduit la métaphysique à une simple plii/sique; la seconde la confond avec la psychologie. Quant à la troisième, elle n'y voit plus qu'une extase, et la science entière se trouve absorbée dans la théologie.
>5 2. — Part de vérité ce ces systèmes.
On peut appliquer ici le mot de J^eibniz : Laplupart des erreurs sont vraies en ce qxiellcs affirment et fausses en ce qu'elles nient.
\. Locke a raison d'affirmer que les idées et les principes se vérilienl dans la nature et dans les faits, et que l'expérience est
(I) On se rappollo que, au débul de celle étude, nous avions ramené jirori.ioircmcnl à deux types principaux les divers svslemes taux ou incomplets surroriginedes idéesà savoii l'empiiisine el ridéalisnie. Apres examen, il sera lacile de comprendre pour" quoi les syslèines idéalistes doivent se distinguer en deux variOlt's irréductiMcs : j'idcalisine <)|)jectiviste «lui ahoulil loRi(|uement a la vision en Dieu, cllidcalisme.sul»icctiviste qui tend à n'admettre d'autre objet que la pensrc
indispensable pour les formuler; mais il a tort de prétendre qu'ils n'existent que là, que l'expérience suffit à expliquer leur présence en nous.
2. Kant est dans le vrai lorsqu'il soutient que les vérités nécessaires sont des lois de notre intelligence, mais il se trompe en affirmant qu'elles ne sont que des formes purement subjectives, sans aucune valeur réelle.
3. A son tour, Malebranche a raison de penser que notre raison est comme un reflet de la raison divine, et que les notions et les principes nécessaires ont leur fondement dernier en Dieu; mais il a tort de croire que c'est en Dieu même que nous les percevons directement.
§ 3. — Synthèse des vérités éparses dans ces systèmes.
1. Si nous réunissons en les harmonisant les éléments de vérité épars dans ces différents systèmes, il s'ensuit que les principes nécessaires sont à la fois des lois de la pensée et des lois de la réalité; que l'accord existe entre la raison humaine et la raison des choses; qu'il y a une logique de la nature identique à celle de notre esprit, en vertu de laquelle ce que nous ne pouvons concevoir ne saurait exister, et ce que nous concevons nécessairement ne peut pas ne pas être. Ce qui le prouve, c'est l'efficacité de la science et le pouvoir qu'elle nous donne sur la nature.