LE PLAISIR ET LA DOT7LEUR
ART. I. — I\'ature et caractères du plaisir et de la doulcar.
Il est pratiquement inutile et théoriquement impossible de définir le plaisir et la douleur. Ce sont deux modifications caractéristiques de la sensibilité, deux phénomènes simples et irréductibles qui se refusent à toute analyse. D'autre part, l'idée que nous en avons est si claire, qu'une définition n'y saurait rien ajouter. Et cependant, certains psychologues ont contesté la valeur de cette distinction. A les entendre, tous les faits émotifs se ramènent à une seule forme primitive, dont l'autre n'est que la négation ; mais ils ne s'accordent plus quand il s'agit de décider laquelle des deux est la forme positive et fondamentale; pour les uns c'est le plaisir, pour les autres c'est la douleur.
Nous prétendons que le plaisir et la douleur sont deux phénomènes également réels et positifs et par suite, que la distinction proposée est absolument irréductible.
§ 1. — Caractère positif du plaisir et de la douleur. — Pessimisme et optimisme.
1. Fpicure chez les anciens, Kant et Schopenhauer chez les modernes, prétendent que la douleur seule est réelle ; qu'elle constitue l'état habituel et radical de toute vie consciente. Que
(1) Il ne faut pas confondre Cénesthésie (xotvô;, aiffÔYiai;), sensibilité générale, — Cinesthéste ou Kinesthésic (y.îvriHi;), sensations de mouvement, — Synesthésie (ffuv), sorte d'association de nature affective entre des sensations différentes.