I. — Importance des questions philosophiques
La philo.sophie est la science de l'càme et de Dieu, et. comme telle, elle agite les questions les plus vitales, les plus humaines qui se puissent concevoir : Qu'est-ce quelàme; est-elle immortelle ou destinée à périr avec le corps? — L'univers est-il éternel, et, s'il ne l'est pas, est-il l'œuvre de Tintelligence ou du hasard? — Qu'est-ce que Dieu et quelle est son action sur le monde? Et nous-mêmes, sommes-nous libres ou soumis à la fatalité? — La loi du devoir est-elle une illusion ou une vérité, une invention des hommes ou l'expression de la volonté de Dieu?
En vérité, est-il rien qui doive nous passionner davantage que la solution de pareils problèmes, et est-il raisonnable d'en aborder d'autres avant d'être fixés sur ceux-là? Car enfin, notre grande affaire c'est nous, c'est ce qui nous attend. Être ou n'être pas, cela est de la dernière gravité, et, s'il le faut, nous nous passerons plutôt de chimie et de géométrie que de cette étude et des espérances qui s'y rattachent. « La plus grande misère de l'homme, dit Etienne Lamy, n'est pas la pauvreté, ni la maladie, ni la mort; c'est le malheur d'ignorer pourquoi il naît, souffre et passe » (L'Apostolat) (1).