‹ Cours de philosophieChapitre 114 sur 328 · II. Le plaisir et la douleur dans la vie intellectuelle · texte numérisé non relu

II. Le plaisir et la douleur dans la vie intellectuelle

T 1. L'homme n'a pas seulement un corps à conserver, il a de plus une intelligence à développer et à nourrir ; elle aussi réclame son aliment. Hélas ! comme le pain du corps, le pain de l'esprit ne se mange, qu'à la sueur du front; la vérité ne s'acquiert, ne se conquiert que par l'étude, c'est-a-direpar le travail pénible et prolongé. Notre lâcheté reculerait sans doute devant un pareil effort au grand détriment de nos plus nobles facultés, si la Providence n'avait garanti, dans une certaine mesure, la satisfaction de ce besoin par le plaisir qu'elle y a attaché. L'inconnu nous pèse, le doute est un tourment, et nous trouvons dans la recherche et dans la découverte de la vérité une source de jouissances, qui stimule notre paresse.

Ici point dexcès à craindre, point de satiété qui nous arrête: au contraire, plus on sait et plus on veut savoir ; encore plus de lumière! encore plus d'e science ! — C'est que notre âme est faite pour l'infini, et rien que la beauté sans ombres et la vérité sans nuages ne saurait pleinement la satisfaire. . . , ^ 2. Et quand nous savons, peut-être que nous conserverions jalousement, égoïsteinent pour nous-mêine ce trésor de vérité si péniblement acquis, au o-rand dommage de nos frères moins favorisés. La nature ne le permet pas; elle a besoin de notre science pour la répandre ; elle a pourvu à la ditlusion de la vérité par le plaisir que nous éprouvons à communiquer a autrui ce que nous savons. C'est tout un pour l'homme convaincu, de connaître la vérité et de la vouloir répandre, d'en vivre lui-même el den faire vivre les autres.

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