TENDANCES AFFECTIVES — LES INCLINATIONS ET LES PENCHANTS
1. Nous venons de le voir, les facultés et les fonctions dont se compose notre nature, par là même qu'elles sont des pouvoirs d'agir, constituent autant de besoins, de tendances spéciales qui, étant satisfaites ou contrariées, donnent lieu à des plaisirs et à des douleurs spécifiquement distincts, proportionnés, en général, à l'importance de la fonction qui s'exerce (1).
Or ces tendances constituent précisément ce que nous appelons des inclinations ou des penchants, lesquels ne sont à leur tour qu'autant de formes diverses de cette tendance fondamentale de tout être qui vit et se sent vivre, à se conserver et à développer sa vie.
On peut donc définir le penchant ou l'inclination : une tendance innée à accomplir certains actes, qui résulte de notre nature même.
On voit que si, par ses effets, le penchant relève de la sensibilité, par sa racine, il appartient à l'activité, à l'instinct.
2. Pour procéder avec ordre dans l'énumération de nos divers penchants, remarquons d'abord que cet amour de soi, par lequel l'homme tend à se conserver et à se développer lui-rnême, est le principe d'une première classe de penchants appelés penchants personnels.
Mais l'homme n'est pas un animal solitaire, Çwov Iprijjtov comme dit Aristote, il est essentiellement un animai socta6/e s<îîov tcoaiti>cov, il se sent porté vers ses semblables. Cet amour d'autrui donne naissance à une seconde classe de penchants appelés penchants sociaux.
Enfin, l'homme raisonnable est fait pour l'infini; il tend au vrai, au beau et au bien absolus, c'est-à-dire en définitive à Dieu, en qui seul ces notions se trouvent réalisées dans leur infinie perfec-
confus de bien-être ou de mieux-être, car si une faculté se trouvait iileinementsatislaile, elle ne s'agiterait pas. Chi sla bene non si mnéve, dit le proverbe italien.
On peut donc affirmer en général que toute activité a i)our cause déterminante un mal ou un moindre bien, et pour cause finale un bien ou un plus grand bien, ces deux causes agissant simultanément.
,1) Nous disons en général, car il est des troubles insignifiants qui causent des douleurs hors de proportion avec leur importance : par exemple, une rage de dents ou une piqûre sous l'ongle.
IKNCllANTS KT INr.UNATIONS. 283
tioti. De col amour de /)ief( résulle une troisième clavsse de penchants : les penchants înovauv cl religieux [V).
AlxT. 1. — Penchants personnels^ {Amour de soi).
^l. — L'appétit et l'inclination .
1. L'homme est composé d'un corps et d'une âme; d'où deux sortes de penchants personnels : les appétits, qui tendent à la conservation et au développement de la vie physique, et les inclinations proprement dites, qui ont pour objet la conservation et le développement de la vie psychologique.