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De là les différences qui caractérisent ces penchants

a) L'appétit se rapporte exclusivement aux choses, en tant qu'elles sont capables de satisfaire nos besoins physiques; l'in- .lination a plutôt pour objet les personnes. On a de l'appétit pour un aliment, et de l'inclination pour un ami.

//) L'appétit donne lieu à une sensatio?i de plaisir ou de douleur, l'inclination provoque un sentiment de joie ou de peine, selon qu'ils sont favorisés ou contrariés.

c La vie organique n'étant susceptible que d'un développement limité, Vappclii cesse dès qu'il est satisfait, pour reparaître à des intervalles réguliers : il est périodique : tandis que la vie psychologique n'étant pas resserrée entre certaines limites, ses tendances ne sont jamais pleinement satisfaites en ce monde; aussi l'inclination n't}st-elle pas périodique, mais prrnianen le.

d) L'appétit nous est commun avec les animaux; l'homme seul est susceptible d'inclinations proprement dites.

1< 2. — Appétits naturels et appétits factices.

1. Les appétits naturels sont innés, communs à tous les hommes; ils tendent à la conservation de l'individu et de l'espèce ; aussi en possédons-nous autant que de fonctions physioloviques: nutrition, respiration, locomotion, exercice des sens, etc.;

: 3 représentent de véritables besoins : besoin de nourriture, d'air, 'le mouvement, de lumière, etc.

2. Les appétits factices sont acqnis, propres à certains individus. Ils sont le résultat d'habitudes personnelles, contractées à la suite de certaines expériences; aussi les appelle-l-on de préférence des habitudes. Ainsi l'habitude de fumer, le goût des liqueurs fortes, la morphinomanic, etc. Kn général, les appétits

(1^ De infime donc que notre connaissance emlirassc un Iriplc objol : le vioi par la conscience, lô monde extérieur par la porceplion, Dieu eniin, le nécessaire et l'absoln, par la raisun, ainsi notre vie aiïcclivt;, ci par suite ni'tre acUvito tout cnlirrc. se ramène à tiois inclinations, h trois amours : Amour il(; soi. amour crautrui, amonr de Dieu.

factices sont plutôt nuisibles qu'utiles; ils ne répondent pas à un vrai besoin de la nature, quoiqu'ils puissent à la longue devenir une servitude.

§ 3. — Diverses inclinations personnelles.

Nous possédons autant d'inclinations que de facultés; aussi peut-on les ranger en trois groupes, selon qu'elles se rapportent à l'intelligence, à la sensibilité ou àla volonté.

1. L'//i/e///<;e;iceestla faculté proprement humaine deconnaître: son objet est le vrai. De là deux penchants : la curiosité, qui nous porte à rechercher la vérité. QildLcrrdulité, qui nous porte à croire ce qu'on nous dit. De là le plaisir d'apprendre, de nous souvenir, d'imaginer, etc. ; de là aussi le malaise que nous éprouvons en présence de l'inconnu, la peine que nous cause une déception, le tourment du doute, de l'incertitude.

2. La sensibilif'' est la faculté d'être ému. D'oi^i ce penchant si prononcé qui nous fait préférer les émotions même douloureuses à l'absence de toute émotion; témoin l'attrait puissant qu'exercent sur nous les scènes tragiques, les représentations dramatiques, la lecture des romans à sensation, les jeux de hasard, les ascensions pC-rilleuses, les chasses émouvantes; témoin ce goût naturel des enfants pour les histoires de voleurs, de revenants, et les contes de fées ; ce penchant malsain des foules pour les combats de taureaux, pour les exécutions sanglantes, etc.

De là aussi, dans un ordre plus relevé, l'inclination que nous ressentons pour le beau, et les jouissances esthétiques que nous , procurent les œuvres d'art.

3. La voloDlé est la faculté d'agir librement et en connaissance de cause; aussi détermine-t-eîle en nous un penchant très marqué pour tout ce qui peut développer ou affranchir notre activité.

a) Tel est, par exemple, le penchant à la. propriété, à la richesse, qui nous rend indépendants des hommes et des circonstances; qui, en mettant à notre disposition une foule de ressources et d'instruments, rend notre action plus étendue et plus féconde.

Que l'objet propre du penchant à la propriété soit bien l'indépendance de l'action, plutôt que la jouissance de la chose possédée, on peut s'en convaincre par ce fait, que l'usage en commun, l'usufruit, même viager, ne nous satisfait pas pleinement : nous voulons posséder en propre, nous voulons que l'objet soit nôtre. Sans doute ce penchant peut dégénérer en travers, en cette passion odieuse qui s'appelle l'avarice; mais, en lui-même, il a sa raison d'être, il est dans la nature, il se manifeste dans toute sa force dès le premier âge.

b) Une autre inclination qui, elle aussi, se rapporte à la vo-

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