INCLINATIONS SOCIALES
lonté, est le penchant à raii^on^;', c'est-à-dire le désir, le besoin de commander, d'étendre notre action sur les personnes, de nous en faire des instruments, en leur imposant nos volontés et nos décisions. Tout homme se plaît à l'exercice du pouvoir, depuis le monarque absolu qui dispose de la vie et de la fortune de ses sujets, jusqu'à l'enfant qui prétend être le chef de ses camarades et diriger leurs jeux.
c) Le penchant à ïestime, à la réputation, à la gloire, qui constitue comme une domination sur les esprits, une sorte d'autorité intellectuelle, nous permettant d'imposer nos idées et nos opinions : autre manière d'exercer notre inlluence sur autrui.
AUT. II. — Inclinations sociales [Amourdu prc:hain).
Ce sont celles qui nous portent nalurellemeut vers nos semblables pour nous joindre à eux, leur faire du bien, profiter de leurs services, leur donner et en recevoir de l'aflection.
§ 1. — Origine des inclinations sociales.
La source commune de toutes nos inclinations sociales est la sympathie naturelle fondée sur la communauté de nature et d'intérêts. — INous parlerons plus au long de la sympathie dans un chapitre spécial.
L'on s'est demandé sous quelle forme primitive s'était exercée la sympathie naturelle dans la formation des groupements sociaux ; deux hypothèses sont en présence : celle de V origine familiale et celle de V origine grégaire.
1. Hypothèse de l'origine familiale ou de l'agrégation génétique. — Chaque société humaine proviendrait tout entière d'une souche unique ; tous ses membres seraient unis par des liens de parenté.
— Cette explication rend compte de la formation de groupements relativement restreints, mais on ne voit pas que la seule parenté puisse sufïire à unir en une seule société des individus très nombreux.
ti. Hypothèse de l'origine grégaire ou congrégative. — La société serait duc uniquement à l'instinct grégaire [grex, gregisj troupeau), tendance aveugle à l'union, fortifiée par les conditions physiques extérieures et les besoins delà vie. La première forme sociale ainsi réalisée est le clan; c'est dans le clan que s'organise la famille.
3, Conclusion. — Ces deux hypothèses, ainsi que le remarque Malapert, ne sont pas nécessairement inconciliables et chacune pourrait bien offrir une part de la solution. D'un côté, il faut reconnaître que les inclinations qui poussent à la constitution
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de la famille et à celle du clan, la tendance domestique et la tendance grégaire sont psychologiquement irréductibles et cependant primitives toutes deux; de l'autre, chacune contribue, quoique dans une mesure différente, à fonder les sociétés humaines. « Les agrégations génétiques et congrégatives se développent normalement de concert : le groupe normal est le produit d'un processus complexe... Une famille élargie qui ne comprend aucun membre adoptif ne peut être appelée une société, pas davantage qu'une congrégation temporaire d'individus sans parenté » (Giddings, Principes de sociologie).
Les sociétés formées surtout selon le mode génétique ou familial se nomment ethniques, les autres démotiques.
Outre ces notions très générales sur l'instinct social dans l'humanité, il importe d'examiner l'origine et la nature de ses principales manifestations.
Les inclinations sociales se ramènent à quatre, suivant l'étendue des groupes au sein desquels elles s'exercent :