Essai de conciliation : théorie des idées-forces
Nous venons de voir Leibniz essayer vainement de concilier la liberté :ivec sou déterminisme psychologique, en spéculant sur l'idée de conlin-
Oe son cùto, Kant prétend y réussir eu faisant du déterminisme la loi dcspfiéiwmènes, et en reléguant la liberté dans le monde des noumènes. Nous en parlerons dans l'Histoire de la philosophie. De nos jours, A. Fouillée a renouvelé cette tentative, sans plus de succès, au moyen de sa théorie des Idées-furct's.
Sous le nom d'idées-forces, A. Fouillée rappelle ce fait que l'idée ou plutôt l'image d'un acte ou d'un mouvement est en réalité un commencement de cet acte ou de ce mouvement (Voir plus haut, Vlmaginalion, pp. Vi'.), 130). Or, ilit-il, il y a outre les idées, comme entre les êtres eux-mémos, une sorte de lutte pour l'existence qui fait que les plus forts refoulent les plus faibles. Si donc une idée ne trouve en face d'elle aucune autre idée qui lui fasse échec, elle se réalise fatalement et par sa force même : c'est le cas du dclermi-
nisme. Que si elle se rencontre avec une idée d'opale force, il y a équilibre et aucune ne se réalise : c'est Vindélerminisme; c'est la condition du libre arbitre.
D'autre part, continue Fouillée, l'homme peut toujours, grâce à la l'écondité de son esprit, opposer à une image qui l'obsède une autre image plus forte qui enraj'e son action et l'affranchisse de sa tyrannie. Donc, conclut-il, l'homme ne naît pas libre, il le devient, et c'est la science qui lui en donne le moyen eu lui fournissant un grand choix d'idées antagonistes à opposer aux impulsions du déterminisme primitif.
Sans doute nous ne sommes pas libres à tel ou tel moment donné de prendre indifféremment l'un ou l'autre parti, mais il dépendait de nous de le devenir en contractant d'autres habitudes mentales qui nous eussent permis de résister à la force nécessitante de ccltL' idée.